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EAN : 9782267045697
Christian Bourgois Editeur (17/03/2022)
3.45/5   49 notes
Résumé :
Elle grandit au Nunavut dans les années 1970. Elle connaît la joie, l’amitié, l’amour des parents, l’art du camouflage et de la survie. Elle connaît l’ennui et l’intimidation. Elle connaît les ravages de l’alcool, la violence sourde, le courage d’aimer les petites peurs. Elle connaît le pouvoir des esprits. Elle scande en silence le pouvoir brut, amoral, de la glace et du ciel.

Dans ce récit venu de loin, d’un espace intime et profond où les frontière... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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blandine5674
  02 août 2021
Avis mitigé. Bien aimé les réflexions sur le réchauffement climatique avec la fonte des glaces et sur l'existence de l'être humain. Un peu déroutée par le côté imaginaire, notamment sur la grandeur des ours et de ses jumeaux à la naissance et certaines pratiques inuites. Un roman atypique pour une écrivaine qui l'est aussi puisqu'elle est chanteuse de gorge. Étonnant non ?
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bilodoh
  27 octobre 2022
Mélange de dure réalité et de rêves fantastiques au Nunavut canadien.
On y trouve aussi bien des ados qui sniffent de la colle que des envolées mystiques et poétiques. On y laisse une large place à la nature et la spiritualité.
Le mélange des genres est un peu déconcertant. Pendant la lecture, des moments d'émotions peuvent être suivis de moments d'admiration devant les images poétiques ou d'indifférence incrédule devant certains passages qui donnent dans le rêve et le fantastique.
Un avis mitigé, même si je ne regrette pas de l'avoir lu.
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Bookworm84
  28 février 2020
[Critique de l'édition VO]
Tanya Tagaq est davantage connue pour sa musique. La chanteuse de gorge offre pourtant avec Split Tooth un premier roman remarqué, puisqu'il a notamment remporté le prix Indigenous Voices Award en 2019 (catégorie Prose publiée en anglais).
Split Tooth est un livre qui se joue des cases. C'est un collage de morceaux de vie, peut-être de la même jeune fille, peut-être de plusieurs jeunes filles différentes. Entre deux passages décrivant la vie de cette jeune fille qui grandit dans le Nunavut des années 70 se trouvent des poèmes. Un texte rédigé en Innuinaktun (un dialecte Inuit) figure aussi sur l'une des pages. Quelques illustrations en noir et blanc de Jaime Hernandez parsèment le texte.
Split Tooth se joue aussi des genres. Fiction ? Autobiographie ? La mythologie Inuit et les esprits animaux comme ceux de la Terre s'entrelacent avec des scènes réalistes. On pourrait donc étiqueter le livre dans la catégorie du réalisme magique, mais ce sera là réduire le contenu de cet ouvrage.
Split Tooth est rédigé par une Inuite et il évoque sans fard les problématiques rencontrées par ce peuple. Les effets délétères de la colonisation, les traumatismes générationnels, les ravages de l'alcool et de la drogue, la difficulté de vivre alors que le gouvernement vous coupe de votre héritage culturel, occasionnant des blessures psychologiques profondes qui se répercutent de génération en génération. Split Tooth évoque aussi une spiritualité encore vivace, avec cette jeune fille qui voit des esprits, un renard humanoïde, qui tombe même enceinte d'une aurore boréale. Les croyances Inuites sont ainsi inextricablement liées au quotidien de cette jeune fille.
La jeune fille n'a pas de nom. Quasiment aucun personnage n'en a. Ils reflètent un peuple. Ils reflètent l'expérience de l'autrice comme celle de son entourage.
J'ai beaucoup aimé cet ouvrage. Il oscille entre poésie et crudité, entre instants de grâce et moments cruels. À l'image des paysages arctiques, magnifiques de blancheur mais sans pitié pour le voyageur impréparé. C'est le cri du coeur d'une artiste qui évoque par là de multiples facettes de son peuple, sans en occulter les aspects les plus sombres. le cri de colère d'une femme pour faire écho à ceux, nombreux, des femmes indigènes victimes de viol ou meurtre. le livre leur est d'ailleurs dédié, ainsi qu'aux survivants des écoles où le gouvernement a envoyé des Inuits pendant de nombreuses années, pour les déculturer. Des écoles où de nombreux abus ont été commis. Des écoles que Tanya Tagaq elle-même a connues.
Split Tooth est un magnifique livre, sans concession, aussi beau et mordant que la glace qui recouvre l'Arctique, aussi poétique et dangereux que les ours blancs, aussi délicat et froid que la neige. Entre phrases de pure poésie et vocabulaire cru se dessine la vie quotidienne de cette jeune fille du Nunavut, profondément entrelacée avec le folklore mythologique Inuit, vivant dans un environnement hostile où la frontière entre le bien et le mal, entre le réel et l'irréel, est brouillée.
Si vous ne lisez pas l'anglais, la version française de cet ouvrage paraîtra mi-mars aux éditions Christian Bourgois sous le titre Croc fendu.
Lien : https://lullastories.wordpre..
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Papiercrepon
  24 décembre 2021
Il y a des rendez-vous manqués qui m'attristent et celui-ci en est assurément.
J'étais pourtant ferrée au départ par le récit de cette enfance douloureuse aux confins du monde.
La narratrice raconte pêle-mêle les horreurs que son père lui fait subir, les jeux de gamins désoeuvrés, les langues collées par le froid et l'errance sous le soleil sans fin de la toundra.
Et puis le merveilleux surgit, d'abord doucement - je suis encore dedans. La rencontre avec les esprits, la prose entrecoupée de poésie, la magie dans laquelle se fond le personnage : je suis surprise, mais pas encore complètement perdue. Jusqu'au paroxysme de cette scène inouïe avec l'aurore boréale qui va changer sa vie.
Changer la donne aussi. le surnaturel prend alors une place majeure dans le récit. Et j'ai beau la trouver cohérente avec l'évolution du personnage, j'ai beau essayer de l'accueillir en m'ouvrant le ventre et l'esprit, l'incompréhension me gagne pour de bon.
Même si j'en ai pris plein les mirettes de paysages et de sensations, j'ai fini par marquer le pas.
Ce tout métaphorique, même magnifique, a eu raison de moi.
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Deej1223
  16 décembre 2020
D'hier à maintenant,
Entre palpable et mystique,
Au sein de l'Arctique,
Son firmament,
Où le pergélisol fait foi de reine,
Le froid son roi,
L'aurore sa muse,
Périple ancestral, immémorial,
Envoûté par la prose de sa plume,
Où le soleil du jour dure toute une vie,
Où la nuit derrière les yeux fermés, elle,
Flétrit,
Meurtrit.
« Croc fendu » de Tanya Tagaq,
Vent de fraîcheur polaire,
Où le cruel de sa brise
les écorche les viscères,
D'une larme chargée de douleur,
Mais certes, qui libère.
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critiques presse (2)
LaPresse   14 octobre 2019
Premier roman de la chanteuse de gorge inuit Tanya Tagaq, Croc fendu transperce le cœur, touchant droit à l’âme. Traduisant la solitude et l’isolement sur fond de paysages magnifiques, disant toute la magie de l’enfance, la douleur de grandir, la force de la maternité, et le désir de trouver sa place dans un monde glacé.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   07 octobre 2019
Avec ce premier roman, la chanteuse inuite Tanya Tagaq nous ouvre les portes d’un monde qu’on connaît trop peu.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   12 octobre 2021
Le ciel est occupé par une Aurore boréale. Il ne fait pas trop froid dehors. Soleil brille plusieurs heures par jour en ce moment, bientôt elle éclipsera complètement les Aurores. Je sors marcher sur la banquise et quand la ville n'est plus qu'un tout petit globe lumineux à l'horizon, je m'étends. Terre plate et glace lisse effacent les limites du Ciel. On dit que le temps est relatif. C'est vrai. Les humains n'ont rien compris au temps. Le temps ne se hâte jamais. Le temps n'écoute pas les horloges. Le temps obéit aux lois de la physique, tout comme la matière, mais peut aussi la contrôler. Le temps est Matière. Le temps est vivant. Le temps à un poids. Le temps s'accouple avec la gravité pour nous ramener sur terre. On ne voyage pas dans le temps, c'est lui qui passe à travers nous et nous mène devant lui. Le temps nous dirige à la baguette ; il nous envoie au tombeau. Endormi près de mon corps allongé sur la surface gelée, le temps aide mon cœur à battre moins vite et ma température à baisser.
La Paix me pénètre. À l'instant où le Corps entre en dormance, l'Âme s'éveille. Le Corps est tellement brut, visqueux, mal dégrossi. L'Âme a appris à hiberner dans son cachot de morve et de tendons. Notre viande distrait l'Âme et la tient occupée. Notre électricité prend l'Âme dans ses filets, et notre chair, dans son piège. On a beau passer notre vie à tenter de contempler et de canaliser la divinité de notre Âme, on chemine à pas hésitants sans jamais se déraidir suffisamment pour la Communication s'établir.
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Charybde2Charybde2   23 juillet 2020
Des fois on se mettait à l’abri dans le placard quand les ivrognes rentraient du bar. Assis, cachés, les genoux collés, on espérait que personne ne nous trouverait. Chaque fois c’était différent. Des fois on n’entendait que des coups, des cris, des plaintes, des rires. Des fois la vieille venait nous rejoindre et nous enserrait dans son amour déchirant. Son amour si puissant, si lourd qu’il ressemblait à un fardeau. À l’époque, je savais déjà que l’amour peut être une malédiction. Son amour pour nous la faisait pleurer. Le passé se changeait en rivière qui s’épanchait par ses yeux. Le poison de l’alcool, porté par son haleine, emplissait la pièce. Elle nous agrippait en gémissant pour nous embrasser, embrasser les seules choses dont elle n’avait pas à se méfier.
Les murs plaqués de faux bois, l’odeur de la fumée, du poisson. Les tableaux peints sur velours, les plus souvent Elvis ou Jésus, mais aussi des ours polaires et des Esquimaux.
Une nuit, comme les ivrognes étaient revenus plus tapageurs que d’habitude, on a opté pour le placard. Ils commencent à crier, et nous, à ricaner fébrilement. Quand ils se mettent à cogner, on se tait. Toute la maison tremble. Les femmes poussent des hurlements, mais le bruit des objets brisés l’emporte sur celui-là. Bruit mouillé de la chair qui se rompt, bruit sec du bois qui craque, à moins que ce ne soit un os ?
Silence.
Un fracas de pas pesants. Fuck ! Quelqu’un vient vers nous. On arrête de respirer. Les yeux écarquillés dans l’obscurité, on se blottit, on frissonne, on croise les doigts. Il y a quelqu’un juste de l’autre côté de la porte du placard, quelqu’un qui halète.
La porte s’ouvre en coulissant et mon oncle passe sa tête à l’intérieur. Il nous domine de toute sa hauteur, il a de la difficulté à se tenir droit, il articule mal. Il est blessé quelque part au-dessus de la racine des cheveux, le sang coule sur son visage.
– Je voulais juste vous dire de pas avoir peur, les enfants.
Et il a refermé la porte.
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Erik35Erik35   03 octobre 2021
Dans notre petite ville, il y a une sirène qui retentit pour annoncer le couvre-feu. À midi et à vingt-deux heures. Chaque fois qu'elle crie, tous les chiens de traineau se mettent à glapir et j'imagine qu'ils croient à un énorme dieu canin tonitruant qui fait régner la loi de ses hurlements. Je vois ça comme une religion. Une tentative désespérée pour instaurer un ordre raisonnable dans un univers qui nous échappe complètement. La vérité toute simple, c'est que nous sommes la pure expression de l'énergie du soleil. La glorieuse manifestation de la puissance de l'univers. Nous sommes le bout des doigts d'une force qui propulse les étoiles, alors fais ton boulot et ressens*.

[* en italique]
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Charybde2Charybde2   23 juillet 2020
Les odeurs libérées par le dégel printanier soulèvent en nous un furieux besoin de mouvement. L’air est si propre qu’on peut flairer la différence entre la pierre lisse et la déchiquetée. Humer l’eau qui ruisselle sur l’argile.
L’odeur sucrée du lichen. Le lichen vert ne sent pas la même chose que le noir. Au printemps, on respire la mort de l’automne passé et la croissance de cette année ; le lichen plus ancien apprend au jeune à pousser.
Le gel piège la vie, immobilise le temps. Le dégel les délivre. On renifle les empreintes de l’automne passé, la décomposition récente de tous ceux qui ont péri dans les griffes de l’hiver. Le réchauffement de la planète relâchera les odeurs les plus profondes, fera jaillir des histoires du pergélisol. Qui sait quels souvenirs enfouis se cachent sous la glace ? Qui sait quelles malédictions ? Les rumeurs de la Terre libérées dans l’atmosphère ne pourront provoquer que des ravages.
Des brins de verdure commencent à dresse leur vie timide à travers la couverture de glace. Les chants des oiseaux migrateurs résonnent comme des réveils qui nous arrachent à la torpeur de l’hiver. La vie est arrivée ! La glace recule à contrecœur, nous promet sa vengeance dans quelques semaines à peine. C’est toujours l’hiver qui gagne. Le soleil s’en moque. Rien ne pourra freiner la cacophonie de procréation vorace à venir.
La glace est encore solide sur la mer, mais les étangs ont dégelé et sont maintenant ouverts. Les larves de moustiques ondulent de leurs belles oscillations hypnotisantes. Dur contraste avec ce qu’elles seront dans quelques jours, métamorphosées en cyclone assoiffé de sang. Si on me l’offrait, l’ennemi que j’aurais l’occasion de torturer se retrouverait à poil sur la toundra en pleine saison des moustiques, les mains liées derrière le dos, aucun doute là-dessus.
Nous, les enfants du printemps, la ville est notre terrain de jeu. Aussi vrai qu’on ne supporte plus la compagnie de nos parents, ça fait la moitié d’une année qu’eux, ils endurent la frénésie de notre agitation encagée. Le soleil ne se couche plus, il nourrit nos visions, il nous tient chaud. On court après l’aventure dans les rues poussiéreuses. La ville est parcourue de grandes bandes d’enfants, de grosses meutes de chiens en liberté. Je me demande quel groupe est le plus enragé. Aucun de mes amis n’a de couvre-feu, sauf moi. Notre aventure doit prendre fin avant onze heures !
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blandine5674blandine5674   31 juillet 2021
Le réchauffement de la planète relâchera les odeurs les plus profondes, fera jaillir des histoires du pergélisol. Qui sait quels souvenirs enfouis se cachent sous la glace ? Qui sait quelles malédictions ? Les rumeurs de la Terre libérées dans l’atmosphère ne pourront provoquer que des ravages.
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Vidéo de Tanya Tagaq
Avec l'ami Gilbert Chevalier de Franceinfo, de modestes conseils de lecture... Avec lalibrairie.com et LIBREST - "Mauvaise graine", Nicolas Jaillet Ziziquettes, La manufacture de livres - "Croc fendu", Tanya Tagaq, Éditions Christian Bourgois - "Le cafard", Ian McEwan, Gallimard - "La vie mensongère des adultes", Elena Ferrante, Gallimard
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