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EAN : 9782267032000
206 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (12/03/2020)
3.45/5   29 notes
Résumé :
Elle grandit au Nunavut dans les années 1970. Elle connaît la joie, l’amitié, l’amour des parents, l’art du camouflage et de la survie. Elle connaît l’ennui et l’intimidation. Elle connaît les ravages de l’alcool, la violence sourde, le courage d’aimer les petites peurs. Elle connaît le pouvoir des esprits. Elle scande en silence le pouvoir brut, amoral, de la glace et du ciel.

Dans ce récit venu de loin, d’un espace intime et profond où les frontière... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Bookworm84
  28 février 2020
[Critique de l'édition VO]
Tanya Tagaq est davantage connue pour sa musique. La chanteuse de gorge offre pourtant avec Split Tooth un premier roman remarqué, puisqu'il a notamment remporté le prix Indigenous Voices Award en 2019 (catégorie Prose publiée en anglais).
Split Tooth est un livre qui se joue des cases. C'est un collage de morceaux de vie, peut-être de la même jeune fille, peut-être de plusieurs jeunes filles différentes. Entre deux passages décrivant la vie de cette jeune fille qui grandit dans le Nunavut des années 70 se trouvent des poèmes. Un texte rédigé en Innuinaktun (un dialecte Inuit) figure aussi sur l'une des pages. Quelques illustrations en noir et blanc de Jaime Hernandez parsèment le texte.
Split Tooth se joue aussi des genres. Fiction ? Autobiographie ? La mythologie Inuit et les esprits animaux comme ceux de la Terre s'entrelacent avec des scènes réalistes. On pourrait donc étiqueter le livre dans la catégorie du réalisme magique, mais ce sera là réduire le contenu de cet ouvrage.
Split Tooth est rédigé par une Inuite et il évoque sans fard les problématiques rencontrées par ce peuple. Les effets délétères de la colonisation, les traumatismes générationnels, les ravages de l'alcool et de la drogue, la difficulté de vivre alors que le gouvernement vous coupe de votre héritage culturel, occasionnant des blessures psychologiques profondes qui se répercutent de génération en génération. Split Tooth évoque aussi une spiritualité encore vivace, avec cette jeune fille qui voit des esprits, un renard humanoïde, qui tombe même enceinte d'une aurore boréale. Les croyances Inuites sont ainsi inextricablement liées au quotidien de cette jeune fille.
La jeune fille n'a pas de nom. Quasiment aucun personnage n'en a. Ils reflètent un peuple. Ils reflètent l'expérience de l'autrice comme celle de son entourage.
J'ai beaucoup aimé cet ouvrage. Il oscille entre poésie et crudité, entre instants de grâce et moments cruels. À l'image des paysages arctiques, magnifiques de blancheur mais sans pitié pour le voyageur impréparé. C'est le cri du coeur d'une artiste qui évoque par là de multiples facettes de son peuple, sans en occulter les aspects les plus sombres. le cri de colère d'une femme pour faire écho à ceux, nombreux, des femmes indigènes victimes de viol ou meurtre. le livre leur est d'ailleurs dédié, ainsi qu'aux survivants des écoles où le gouvernement a envoyé des Inuits pendant de nombreuses années, pour les déculturer. Des écoles où de nombreux abus ont été commis. Des écoles que Tanya Tagaq elle-même a connues.
Split Tooth est un magnifique livre, sans concession, aussi beau et mordant que la glace qui recouvre l'Arctique, aussi poétique et dangereux que les ours blancs, aussi délicat et froid que la neige. Entre phrases de pure poésie et vocabulaire cru se dessine la vie quotidienne de cette jeune fille du Nunavut, profondément entrelacée avec le folklore mythologique Inuit, vivant dans un environnement hostile où la frontière entre le bien et le mal, entre le réel et l'irréel, est brouillée.
Si vous ne lisez pas l'anglais, la version française de cet ouvrage paraîtra mi-mars aux éditions Christian Bourgois sous le titre Croc fendu.
Lien : https://lullastories.wordpre..
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Deej1223
  16 décembre 2020
D'hier à maintenant,
Entre palpable et mystique,
Au sein de l'Arctique,
Son firmament,
Où le pergélisol fait foi de reine,
Le froid son roi,
L'aurore sa muse,
Périple ancestral, immémorial,
Envoûté par la prose de sa plume,
Où le soleil du jour dure toute une vie,
Où la nuit derrière les yeux fermés, elle,
Flétrit,
Meurtrit.
« Croc fendu » de Tanya Tagaq,
Vent de fraîcheur polaire,
Où le cruel de sa brise
les écorche les viscères,
D'une larme chargée de douleur,
Mais certes, qui libère.
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Zazie13
  05 juillet 2020
Ce premier roman de la chanteuse de gorge INUIT Tanya TAGAQ se déroule dans les années 1970 au sein d'un village de l'arctique un été sous le soleil de minuit, il raconte l'histoire d'une adolescente qui devient une femme en s'appropriant sa culture vivant des expériences mystiques.
Ce roman polyforme, poétique et atypique, traduit la grande souffrance des inuits dont la vie fut rude et marginale où l'alcool et la drogue amènent la violence au sein de ce peuple pourtant si proche de la nature dont les expériences initiatiques sont destinées à la connaissance de l'être profond.
Faire qu'un avec la nature pour transcender l'âme, la libérer de la prison qu'est le corps pour accéder à une autre dimension, c'est ce que cette adolescente tente de vivre.
Ce roman nous transporte de la violence physique à l'expérience mystique sous le rayonnement d'une aurore boréale, celle de la nature qui aime engendrer la vie.
Un beau Roman initiatique à découvrir.
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carolitne
  13 juin 2020
La libération de la vie.
Quand l'énergie du soleil , expression de force magnétique, brise le gel, délivre les odeurs et les souvenirs.
Quand la glace de change en eau, déchaînant ses flots sous la puissance de l'univers.
Quand la lumière exubérante illumine des visions d'espoirs.
L'été. Pause magique dans le défilement des saisons. Des années.
L'été. Auquel succède l'hiver. Toujours.
Inéluctable passage du temps.
A l'été succédera l'hiver.
A l'enfance succédera l'adolescence.
A la menace succédera la violence.
A l'emprise succédera la peur.
Une malédiction en chasse une autre. Toujours triomphantes.
Les blessures restent quand le temps passe. Immortel.
Le corps lui donne du pouvoir. de la gravité. Seul l'oubli peut libérer du poids de la chair. Quand son corps est une prison. Quand on est prisonnier d'un autre corps.
Passage de l'emprise charnelle à la liberté spirituelle.
Le salut viendra de la Terre.
La fonte des neiges sera eau baptismale, les divinités de la Nature imposeront leurs lois.
Un nouvel ordre naturel pour une mythologie des éléments , guidés par une Madone de la Lumière.
Déesse de la Vie, mère de violence et de guérison, porteuse d'un espoir de réconciliation.
Pour une victoire de la Nature sur l'Homme.
Pour une victoire de l'été sur l'hiver.
Pour une victoire de la vie sur la mort.
Tanya Tagaq croque le quotidien d'un village perdu dans le grand nord canadien.
Son roman raconte le froid, la violence, la menace, l'emprise.
Il nous dit aussi l'espoir, le courage, l'amour, les esprits et la Nature.
Entre les deux , une adolescente.
Qui traverse les saisons et les années.
Version féminine de Janus, elle nous emmène dans ce récit construit autour de la dialectique du passage.
Homme et Nature, chair et spiritualité, enfance et âge adulte, violence et paix. Autant d'antagonismes qui de rejoignent au terme d'une traversée initiatique et spirituelle. ▪️La langue de Tanya Tagaq emprunte le même chemin réunissant envolées lyriques et descriptions cliniques, poésie et prose, réalité et imaginaire. ▪️Ses mots sont ceux de la réconciliation. Avec la nature. Avec les autres. Avec soi-même.
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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LeaTouchBook
  16 mai 2021
[Chronique de Scarlett sur Léa Touch Book]
Tanya Tagaq dans « Croc fendu » nous livre un roman d'une rare poésie, celle originelle qui nous lie à l'univers, au grand tout, instinctivement, animalement, férocement.
L'enfant puis la jeune femme et enfin la femme qui nous parle dans ce livre vient d'un lieu lointain et froid du nord canadien. Dans ces contrées, des enfants jouent dans la rue lors de jours sans nuit et s'enivrent d'un soleil glacial. Dans ces contrées, des enfants s'enferment dans un placard pour fuir le bruit, l'alcool et la violence des adultes. Elle, adolescente voit l'enfance s'enfuir avec nostalgie, une enfance malgré tout violée comme tant d'autres dans l'indifférence coutumière de ces zones oubliées. Elle, elle se veut aussi forte que les garçons, elle possède une énergie tellurienne. Elle, elle subit la violence des hommes, leurs envies brutales et cruelles et leurs soudaines douceurs.
Elle nous raconte sa vie, ses envies, ses doutes, son ressenti dans cet univers rude des Inuits du grand nord. Elle est si connectée à la terre qu'elle flirte avec les réalités de mondes parallèles.
Ce roman court parsemé d'instantanés de vie, de dessins en noir et blanc, de poèmes tels des haïkus est un livre original qui nous parle de l'originel.
On y vit des moments rudes et d'autres hypnotiques, des transes mystiques quasi chamaniques.
Tout se mêle pour exprimer la vie parfois si simple et si complexe d'une enfant devenue femme dans une écriture à la fois poétique et crue, légère et brutale, réelle et hallucinogène.
Tanya Tagaq a su trouver les mots pour expliquer l'universalité, la chaîne qui relie tout vivant à l'univers, au tout. Elle nous livre aussi un message qu'il est temps d'écouter et surtout d'entendre et de comprendre

Lien : https://leatouchbook.blogspo..
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critiques presse (2)
LaPresse   14 octobre 2019
Premier roman de la chanteuse de gorge inuit Tanya Tagaq, Croc fendu transperce le cœur, touchant droit à l’âme. Traduisant la solitude et l’isolement sur fond de paysages magnifiques, disant toute la magie de l’enfance, la douleur de grandir, la force de la maternité, et le désir de trouver sa place dans un monde glacé.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   07 octobre 2019
Avec ce premier roman, la chanteuse inuite Tanya Tagaq nous ouvre les portes d’un monde qu’on connaît trop peu.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   23 juillet 2020
Les odeurs libérées par le dégel printanier soulèvent en nous un furieux besoin de mouvement. L’air est si propre qu’on peut flairer la différence entre la pierre lisse et la déchiquetée. Humer l’eau qui ruisselle sur l’argile.
L’odeur sucrée du lichen. Le lichen vert ne sent pas la même chose que le noir. Au printemps, on respire la mort de l’automne passé et la croissance de cette année ; le lichen plus ancien apprend au jeune à pousser.
Le gel piège la vie, immobilise le temps. Le dégel les délivre. On renifle les empreintes de l’automne passé, la décomposition récente de tous ceux qui ont péri dans les griffes de l’hiver. Le réchauffement de la planète relâchera les odeurs les plus profondes, fera jaillir des histoires du pergélisol. Qui sait quels souvenirs enfouis se cachent sous la glace ? Qui sait quelles malédictions ? Les rumeurs de la Terre libérées dans l’atmosphère ne pourront provoquer que des ravages.
Des brins de verdure commencent à dresse leur vie timide à travers la couverture de glace. Les chants des oiseaux migrateurs résonnent comme des réveils qui nous arrachent à la torpeur de l’hiver. La vie est arrivée ! La glace recule à contrecœur, nous promet sa vengeance dans quelques semaines à peine. C’est toujours l’hiver qui gagne. Le soleil s’en moque. Rien ne pourra freiner la cacophonie de procréation vorace à venir.
La glace est encore solide sur la mer, mais les étangs ont dégelé et sont maintenant ouverts. Les larves de moustiques ondulent de leurs belles oscillations hypnotisantes. Dur contraste avec ce qu’elles seront dans quelques jours, métamorphosées en cyclone assoiffé de sang. Si on me l’offrait, l’ennemi que j’aurais l’occasion de torturer se retrouverait à poil sur la toundra en pleine saison des moustiques, les mains liées derrière le dos, aucun doute là-dessus.
Nous, les enfants du printemps, la ville est notre terrain de jeu. Aussi vrai qu’on ne supporte plus la compagnie de nos parents, ça fait la moitié d’une année qu’eux, ils endurent la frénésie de notre agitation encagée. Le soleil ne se couche plus, il nourrit nos visions, il nous tient chaud. On court après l’aventure dans les rues poussiéreuses. La ville est parcourue de grandes bandes d’enfants, de grosses meutes de chiens en liberté. Je me demande quel groupe est le plus enragé. Aucun de mes amis n’a de couvre-feu, sauf moi. Notre aventure doit prendre fin avant onze heures !
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Charybde2Charybde2   23 juillet 2020
Des fois on se mettait à l’abri dans le placard quand les ivrognes rentraient du bar. Assis, cachés, les genoux collés, on espérait que personne ne nous trouverait. Chaque fois c’était différent. Des fois on n’entendait que des coups, des cris, des plaintes, des rires. Des fois la vieille venait nous rejoindre et nous enserrait dans son amour déchirant. Son amour si puissant, si lourd qu’il ressemblait à un fardeau. À l’époque, je savais déjà que l’amour peut être une malédiction. Son amour pour nous la faisait pleurer. Le passé se changeait en rivière qui s’épanchait par ses yeux. Le poison de l’alcool, porté par son haleine, emplissait la pièce. Elle nous agrippait en gémissant pour nous embrasser, embrasser les seules choses dont elle n’avait pas à se méfier.
Les murs plaqués de faux bois, l’odeur de la fumée, du poisson. Les tableaux peints sur velours, les plus souvent Elvis ou Jésus, mais aussi des ours polaires et des Esquimaux.
Une nuit, comme les ivrognes étaient revenus plus tapageurs que d’habitude, on a opté pour le placard. Ils commencent à crier, et nous, à ricaner fébrilement. Quand ils se mettent à cogner, on se tait. Toute la maison tremble. Les femmes poussent des hurlements, mais le bruit des objets brisés l’emporte sur celui-là. Bruit mouillé de la chair qui se rompt, bruit sec du bois qui craque, à moins que ce ne soit un os ?
Silence.
Un fracas de pas pesants. Fuck ! Quelqu’un vient vers nous. On arrête de respirer. Les yeux écarquillés dans l’obscurité, on se blottit, on frissonne, on croise les doigts. Il y a quelqu’un juste de l’autre côté de la porte du placard, quelqu’un qui halète.
La porte s’ouvre en coulissant et mon oncle passe sa tête à l’intérieur. Il nous domine de toute sa hauteur, il a de la difficulté à se tenir droit, il articule mal. Il est blessé quelque part au-dessus de la racine des cheveux, le sang coule sur son visage.
– Je voulais juste vous dire de pas avoir peur, les enfants.
Et il a refermé la porte.
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Charybde2Charybde2   23 juillet 2020
Le regard mûri d’amour
Je te montre mes dents
Par ma bouche entreouverte
Croc avide
Croc humide
Croc timide
Gorgé de vastes proies
Je te montre mes crocs
Par ma bouche aux trois quarts ouverte
Molaires égarées dans mes lamentations
Langue lisse
Croc fendu
Croc géant
Assommée par des poings perdus
Je te montre mes dents
Ramassées par terre
Dent pointue
Dent grondante
Dent brisée
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Bookworm84Bookworm84   19 février 2020
Inhale small fears they turn into doubts into words into ideas into anger into hatred into violence.

Exhale large fears and large words they tumble back onto you it's easy to get buried by our own mirrors.

Split Tooth (édition en VO)
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sandranaesandranae   18 juin 2020
Inspire les petites peurs elles se chuchotent un chemin vers ta tête observe-les-dis-leur merci d'avoir essayé de te protéger.
Expire la reconnaissance pour la beauté lovée dans tes instincts pour le courage d'aimer les petites peurs.
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Video de Tanya Tagaq (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tanya Tagaq
Avec l'ami Gilbert Chevalier de Franceinfo, de modestes conseils de lecture... Avec lalibrairie.com et LIBREST - "Mauvaise graine", Nicolas Jaillet Ziziquettes, La manufacture de livres - "Croc fendu", Tanya Tagaq, Éditions Christian Bourgois - "Le cafard", Ian McEwan, Gallimard - "La vie mensongère des adultes", Elena Ferrante, Gallimard
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