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Alexandre Thiltges (Traducteur)
ISBN : 849375952X
Éditeur : 13e Note Editions (01/01/2011)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 18 notes)
Résumé :

Ce roman initiatique et récit autobiographique raconte le psychisme torturé d’un homme confronté à une situation de guerre, celle du Vietnam.

" Ne marche pas là-dessus, trop mou. Pas là, dangereux, mines. Pose le pied là, là et là, pas là, pose le pied là, là et là, attention, attention, fais gaffe. Vert, droit devant. Feux verts, vas-y. Les yeux tournent dans leurs orbites. Protège les jambes, prends pas de risque, fais gaffe aux putains de s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Stockard
  22 août 2019
Dans Si je meurs au combat, passé pour être devenu un classique sur le conflit Nord-Vietnamien, Tim O'Brien nous raconte sa guerre, l'horreur au quotidien pour lui et quelques uns de ses camarades et l'allégresse voire la délectation pour certains autres. Certains autres à qui, soulignons-le, on n'aurait même pas confié un crayon de bois à surveiller chez eux aux États-Unis et qui se retrouvent à diriger des divisions entières au Vietnam. Avec le recul et sachant cela, il apparait évident que ça ne pouvait qu'immanquablement conduire à des tragédies comme le massacre de My Lai (que quelques galonnés arrivent encore – un tel niveau d'indignité, ça me dépasse – à justifier, comme quoi que voulez-vous, c'était la guerre ma bonne dame... Par contre l'offensive du Têt par le Viet-Cong et l'APVN, alors là, non, pas d'excuse ! pas de quartier ! kill 'em all !!)
Tim O'Brien, envoyé là-bas alors qu'il n'était qu'un tout jeune étudiant et presque prêt comme des milliers d'autres à déserter au Canada et puis finalement non, apporte un témoignage précieux sur cette foutue trouille qui ne le lâche jamais, sur les amitiés qui se tissent, souvent improbables mais tellement bienvenues, sur l'incompétence de nombreux gradés, sur les drogues qui aident un peu à supporter et sur la littérature dans laquelle il trouve une échappatoire salutaire. Et enfin le retour au pays, sauf et presque sain.
Seul regret pour ma part, j'aurais parfois aimé quelques développements plus approfondis, My Lai par exemple doit se contenter de quelques pages et se concentre surtout sur l'ardeur que met un commandant gueulard à refuser de comprendre où se situait exactement le problème avec ce massacre (je précise tout de même que Tim O'Brien n'était pas au Vietnam lors de ce carnage, malgré tout puisqu'il a commencé à en parler...)
D'autres situations sont ainsi survolées qui auraient (peut-être) méritées qu'on s'y arrête un peu plus longuement. Malgré cela, Si je meurs au combat reste le témoignage sincère d'un jeune soldat qui n'a pas perdu les pédales une fois son bioutifoul AK-47 entre les mains, s'est posé les bonnes questions, y a parfois trouvé des réponses, parfois non, et nous livre finalement une analyse solide, pertinente et idéalement antimilitariste.
« Si seulement ce livre pouvait prendre la forme d'un plaidoyer pour une paix éternelle, un plaidoyer écrit par une personne qui sait de quoi elle parle, par une personne qui était sur le terrain et qui est revenue, un vieux soldat qui repense à une guerre en train de mourir !
Ça serait bien. Ça serait bien de pouvoir tout intégrer afin de persuader mes plus jeunes frères, et peut-être aussi d'autres personnes, de dire non à la guerre et à toute forme de combat. »
Tim O'Brien
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Jackiedream
  19 décembre 2015
J'avais hâte de pouvoir lire une autre oeuvre sur la guerre du Vietnam, période historique qui me fascine à tous points de vue.
C'est donc l'histoire d'un homme comme des milliers d'autres : il veut s'engager au nom de son pays mais ne comprend pas vraiment les enjeux de cette guerre dans la jungle, si loin. Il doute, a peur surtout et envisage la désertion, mais renonce et part au combat. Il se fait des amis, tout en sachant que ceux-ci peuvent sauter sur une mine avant que la nuit ne tombe. Il est horrifié des exactions commises sur les civils, mais pris dans la tourmente de cette guerre horrible il accepte, impuissant. Il marche les yeux rivés sur la terre vietnamienne, incapable de savoir si une mine est enterrée à deux pas. Il se demande ce qu'on ressent, quand ça nous arrive, de marcher sur une mine.
J'ai donc surtout aimé le caractère profondément humain et "normal" de cet homme. Ce n'est pas un sur-homme, qui ne ressent pas la peur. Il fait juste en sorte de survivre à cette journée et à celle d'après, histoire de rentrer aux Etats-Unis. Et c'est déjà beaucoup.
J'ai trouvé ce roman incroyablement juste dans le ton, pas trop dans le pathos, mais pas trop léger. Juste bien. En effet, les événements sont suffisants pour inspirer l'horreur et la compassion, nul besoin d'en rajouter. Et un peu d'humour là où il en faut.
L'auteur décrit également les supérieurs, ces lieutenants si différents les uns des autres. Il raconte ce qu'on ressent, la nuit, enterré dans la forêt et qu'on guette le Vietcong. Exprime ses doutes avant de partir, son incompréhension, ses sentiments contradictoires. Relate ce monde du Vietnam où chacun se raccroche au nombre de jours restant à tirer. Où chacun se démène pour obtenir un boulot tranquille à l'arrière.
La fin m'a vraiment beaucoup émue, je l'ai trouvée absolument parfaite. Ce moment où le soldat survole pour la première fois depuis un an le sol américain...
Encore une très belle découverte de la littérature de guerre !
Lien : http://lantredemesreves.blog..
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encoredunoir
  17 octobre 2017
« Mettez-moi dans une boîte et renvoyez-moi à la maison ». C'est là le sous-titre de ce poignant recueil de nouvelles autobiographiques de Tim O'Brien. Originaire d'une petite ville du Midwest autoproclamée « capitale mondiale de la dinde » et qui compte de fait plus de dindes que d'habitants, O'Brien, alors étudiant, est appelé sous les drapeaux durant l'été 1968. Il fera son temps au Vietnam, après ses classes, en 1969 et 1970 et en reviendra avec une partie des nouvelles de ce recueil.
Les amateurs de combats héroïques en seront pour leurs frais, tout comme d'ailleurs les zélateurs d'un discours totalement opposé.
Tim O'Brien est un pur produit de l'Amérique des années du baby-boom. Philosophiquement opposé à la guerre du Vietnam, il est aussi un enfant qui a grandi dans le culte des vétérans de la Seconde Guerre mondiale et même de celle de Corée. Cela signifie quelque chose dans cette Amérique et certainement plus encore dans la petite ville d'Austin, Minnesota, où tout le monde se connaît et où le patriotisme est une valeur cardinale. Certes, Tim O'Brien, étudiant féru de philosophie peut trouver la guerre menée par son pays au Vietnam mauvaise, mais Tim O'Brien, fils de la famille O'Brien, d'Austin, capitale mondiale de la dinde, ne peut que difficilement refuser d'y aller et, ce faisant, faire honte à sa famille et à sa communauté : « Comme des aimants, tous ces trucs tiraient d'un côté ou de l'autre, presque comme des forces physiques qui ajoutaient de la lourdeur au problème initial, de sorte que, au bout du compte, c'était moins la raison que la gravité qui prenait vraiment le dessus. »
C'est d'abord tout cela que raconte Tim O'Brien : les doutes, la peur, la pression sociale, et un projet de désertion avorté. Puis les classes, et enfin le Vietnam, les mines antipersonnel à travers un inventaire à l'ironie morbide, les embuscades – les vraies et les fausses que l'on monte ou pas pour satisfaire un officier dans son bureau –, les combats parfois, courts et meurtriers et pas seulement à cause de l'ennemi, la ségrégation de fait dans l'armée américaine, la peur, le courage, la peur de manquer de courage, la méfiance qui peut virer à la haine entre américains et population vietnamienne…
Tim O'Brien n'a aucune envie d'être là mais il y est pourtant et, porté par ses convictions, en particulier celle qu'il n'a rien à faire dans ce pays, pas plus que ces camarades, mais aussi celle qu'il n'a vraiment pas envie d'y mourir, il décrit avec précision ses états d'âmes comme les événements auxquels il assiste. Il y a là l'ennui de la guerre, la façon dont tous les honneurs ne peuvent effacer l'image d'un corps déchiqueté ou l'humiliation d'un vieil homme. Avec une écriture sans fard mais évocatrice, il dit ce qu'il voit et ce qu'il pense. C'est la guerre vue à hauteur d'homme et c'est moche.
« J'observais le sergent-chef. Il a fait marche arrière, s'est accroupi, et de la poussière et un nuage de fumée rouge sont montés dans les airs, tout autour de ses cuisses. Il s'est redressé et il est resté bouche bée en voyant la brève explosion. Il n'a rien dit. Comme s'il essayait de se protéger des éclats d'obus et de tout ce raffut, il a fait trois pas en arrière. Là, ses jambes se sont désagrégées sous son poids et il est tombé sur le dos comme une masse.
Ça a explosé juste sous ses pattes. Personne ne s'est senti vraiment triste quand l'hélico a atterri et qu'on l'a foutu à bord. »
Profitons-en au passage pour saluer le superbe travail de feues les éditions 13ème Note qui ont su, quelques années durant, dénicher de magnifiques textes et leur offrir un bien bel écrin. Au fond, c'est un peu tout le livre de Tim O'Brien qui est résumé dans la photo de couverture de Don McCullin représentant ce soldat hagard et qui pose plus de questions qu'elle n'offre de réponses.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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ogmios
  22 juillet 2017
Après avoir vu Platoon d'Oliver Stone, j'ai eu l'impression de lire le roman qui avait donné naissance au film. Mais une différence de taille, ce jeune étudiant américain qui part au Vietnam n'est pas si enthousiaste, il envisage même toutes les possibilités pour fuir avant le départ. Avec ce récit de Tim O'Brien, on est au plus près de la guerre vécue par le simple soldat. Les classes, la chambrée, la difficile cohabitation avec les autres, et puis la découverte du Vietnam, l'ennemi invisible, la peur omniprésente, l'ennui, l'attente et soudainement, l'irruption de la violence. C'est sans concession, c'est un excellent récit pour dénoncer l'absurdité de la guerre.
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Alaindexe
  14 septembre 2015
Après un entraînement qui fera de lui un soldat, O'Brien est appelé pour servir sous le drapeau. Talonné par sa conscience, il passe à un cheveu de déserter mais se rend finalement au Vietnam. Son quotidien consiste à éviter de piler sur une mine, creuser des tranchées et surveiller le ciel illuminé par les explosions la nuit. La vie de soldat n'est pas de tout repos et, au fil des mois, il voit plusieurs de ses potes —ou ce qui en reste— être emportés par l'hélico-ambulance.
Si je meurs au combat nous amène sur le champ de bataille et nous fait vivre la guerre, avec tout ce qu'elle a d'illogique et d'effrayant. C'est le récit d'un type qui a peur, qui ne comprend pas ce qu'il fout là et qui espère être envoyé à l'arrière, là où l'on fait un boulot peinard sans craindre de recevoir un mortier sur la tronche. Après avoir été inondé d'histoires abracadabrantes sur le Vietnam, ce livre brille par son aspect anodin. Et c'est sans doute son point le plus fort : l'aspect anodin de se retrouver coincé dans une technocratie qui se nourrit d'hommes et qui en sacrifie un de temps en temps.
Lien : https://alaincliche.wordpres..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
StockardStockard   24 août 2019
Ça m'a rappelé un vieux dessin animé avec Daffy Duck. Un chasseur extrêmement bien équipé – casquette rouge, fusil à calibre de dix, panier-repas – est tranquillement allongé derrière un filet de camouflage des plus sophistiqués, en train de glousser parce qu'il se dit qu'il est vraiment trop fort. Et pendant tout ce temps, le bon vieux Daffy est en train de se pavaner derrière ce pauvre bougre condamné, et il trimballe des masses et des bâtons de dynamite rouge qui ne demandent qu'à être utilisés. Tout le cinéma, rempli de préados sadiques, s'est mis à hurler d'un rire perçant lorsque Daffy a bazardé dans le décor ce chasseur complètement naze, l'air ahuri, et tout ça dans un raffut aussi gratifiant qu'assourdissant. C'est moi qui rigolais le plus fort. J'ai toujours été pour le gibier et contre le chasseur. Ça paraissait tout simplement normal.
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StockardStockard   20 août 2019
On a fait venir des avions de combat. Le village a été rasé ; ils ont fait ça au napalm. J'ai entendu des hurlements dans les décombres qui brûlaient. J'ai entendu les mitraillettes AK-47 de l'ennemi péter contre les avions, comme des petits pistolets à bouchon impuissants. Il y avait des Viêt-congs dans ce hameau. Et puis il y avait aussi des bébés, des enfants, des personnes qui n'en avaient rien à faire de la guerre.
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StockardStockard   17 août 2019
Les Grecs avaient fait le siège de Troie à cause d'une belle petite nana. Et bon Dieu, Hélène, c'était le genre de nana que la plupart des Troyens crasseux et couverts de verrues n'arrivaient jamais à toucher ; le genre de nana qui n'allait sûrement pas sourire au soldat qu'elle croiserait dans la rue. On avait fait le siège du Viêtnam parce qu'on était à la recherche d'un type de gouvernement et de style qui correspondait au modèle américain, un modèle gentil, mignon et aux moeurs plutôt légères.
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StockardStockard   13 août 2019
On a très peu de preuves qui nous permettent de savoir si le Sud-Viêtnam, sous un régime communiste, ça sera un endroit pire que le Sud-Viêtnam dirigé par un gars comme Diem ou comme Khanh. Ce que je veux dire, c'est qu'on n'a aucune preuve convaincante, en tout cas, moi, cela ne me convainc pas du tout : toutes les vies qu'on est en train de perdre, les enfants qu'on tue à coup de napalm et tout ça, rien ne prouve que toute cette horreur serve à quelque chose et justifie le fait d'empêcher Ho Chi Minh de succéder à Thieu. Vous voyez un peu ? Je cherche une preuve tangible.
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StockardStockard   11 août 2019
— Vous êtes des gars sur pattes, à partir de maintenant, et on n'a carrément pas besoin d'infanterie à Piccadilly ou à Southampton. En plus, le Viêtnam, c'est pas si mal que ça. J'y suis allé deux fois, maintenant, et j'suis toujours en vie, toujours prêt à baiser tout ce qui bouge. Vous, les gars, vous faites gaffe à ce qu'on vous dit pendant l'entraînement, et toutes les bites qui pendouillent dans le coin vont revenir en un seul morceau, vous pouvez me faire confiance. Faites juste gaffe à ce qu'on vous dit essayez d'apprendre quéqu'chose. Le 'Nam, c'est pas si mal que ça, pas si vous avez un peu la tête sur les épaules.
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