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EAN : 9782351786604
256 pages
Éditeur : Gallmeister (01/02/2018)

Note moyenne : 4.53/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Qu’est-ce qu’un jeune homme envoyé malgré lui dans l’enfer du Vietnam peut bien choisir d’emporter ? Et qu’ont emporté ses compagnons de patrouille ? À travers ces choix minuscules, comme à travers bien d’autres souvenirs et anecdotes mis en scène entre fiction et réalité, se dessinent les histoires de ces hommes, protagonistes malgré eux d’un conflit qui devient l’image même de toutes les guerres. Revisitant ce qui a été, imaginant ce qui aurait pu être, Tim O’Brie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
CasusBelli
  24 septembre 2020
C'est un livre que je n'aurais pas rencontré sans Babelio et ses lecteurs, une lecture atypique et originale, à savoir :
Qu'est-ce qu'un jeune homme envoyé malgré lui dans l'enfer du Vietnam peut bien choisir d'emporter ?
Si la réponse à cette question sera donnée, elle sera plutôt succincte et accessoire, car nous allons surtout lire les extraits choisis des souvenirs et réflexions de Tim O'Brien sur sa guerre du Vietnam.
Tim O'Brien a participé à cette guerre dans une unité de combat, groupe le plus souvent composé de 18 hommes. Vingt ans après, devenu écrivain il va avoir besoin de raconter et de se raconter, et des anecdotes et des histoires sur la guerre il en a "à la pelle".
Je vais faire une digression qui expliquera en partie mon ressenti global, mes seules connaissances sur la guerre du Vietnam me venaient des films "Apocalypse now" et "Full métal jacket", et je dois dire que ces deux films confirment parfaitement le contexte que l'on va trouver dans ce livre.
L'auteur nous le rappelle très tôt dans le récit, les GI's avaient majoritairement entre 18 et 20 ans, jeunes et immatures donc, ils disposaient de ressources quasi illimitées en terme d'armement ou de matériel et c'était la guerre, une guerre d'embuscades dans la jungle, probablement ce que l'on fait de plus stressant.
J'ai été un peu surpris et désappointé par le parti pris narratif, l'auteur l'admet, il ne dit pas la vérité, enfin pas vraiment, il invente souvent et assume de nous emmener dans une fantasmagorie permanente sur la guerre, celle qui justifie les actes les plus vils et les attitudes les plus troublantes, celle qui tord la réalité et transforme ce théâtre de guerre en un lieu en dehors du temps et de la logique.
Je pense que cet aspect m'a un peu contrarié, j'aime l'histoire, mais surtout l'histoire vraie et réelle, et là ce que nous avons avec certitude c'est une allégorie, certes puissante et parlante, mais composée d'images qui ressemblent seulement à ce qui est réellement arrivé, peut-être l'auteur s'est-il imposé une réserve ?
Je n'ai pas été happé par ces anecdotes comme je m'y attendais pour la raison évoquée plus haut, je n'ai pas non plus tellement apprécié le style, trop lent et souvent répétitif, cela dit je ne me suis pas ennuyé non plus et je peux comprendre l'intérêt que beaucoup y ont trouvé, je n'ai simplement pas vraiment trouvé ce à quoi je m'attendais...
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JIEMDE
  24 mai 2019
En décrivant méticuleusement, quasi cliniquement, le quotidien de ces jeunes appelés américains parachutés au Vietnam, Tim O'Brien – traduit par Jean-Yves Prate - nous embarque dans une vision des plus réalistes d'une guerre atypique.
Certes il y a Les choses qu'ils emportaient, mais O'Brien décrit surtout ces petits moments qu'ils vivaient, ces grandes peurs qu'ils affrontaient et ces fêlures irrémédiables qu'ils ramenèrent.
Page après page, souvenir après souvenir, il nous plonge dans un sentiment bizarre, partageant le déséquilibre de ces garçons venus à cheminer le long de la frontière peu évidente entre fascination morbide et dégout d'une guerre qu'ils subissent sans la comprendre.
C'est cette perte progressive de repère qu'O'Brien décrit parfaitement : la guerre « ce n'est pas exactement beau à voir. C 'est stupéfiant. Ça remplit l'oeil. Ça vous subjugue. Vous haïssez cela, c'est vrai, mais vos yeux ne le détestent pas ».
Après tant d'autres, O'Brien apporte sa pierre à cette grande blessure américaine dont les traces ne sont toujours pas effacées, décrit sa vérité, pas la vérité. Car « à la guerre, vous perdez le sens de ce qui est défini, par conséquent le sens de la vérité elle-même, et donc on peut dire que dans une histoire de guerre véridique, rien n'est jamais absolument vrai ».
Un livre exigeant, pas toujours passionnant sur le moment, mais qui fait sens une fois refermé.
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Jackiedream
  28 juillet 2019
J'ai adoré, sans doute le meilleur livre que j'ai pu découvrir sur la guerre du Vietnam. L'auteur parvient à raconter la guerre en parlant d'abord des hommes qui l'ont faite, de leurs objets, de leurs histoires, de leur mort...
Il nous lance sur de fausses pistes, montre qu'il y a pas qu'une vérité, une seule bonne manière de raconter la guerre et son horreur. Que la lâcheté, ça peut être de ne pas avoir le courage de s'enfuir, de déserter. Que les liens que les soldats tissent entre eux sont forts même si cette amitié est tacite et violente.
Le récit n'est pas linéaire, certains passages se déroulent avant, d'autres pendant ou après la guerre. On assiste plus à une suite d'histoires, d'anecdotes ou de légendes sans pouvoir démêler le vrai du faux, exactement comme si un soldat nous avait raconté ces histoires. Et finalement, par bribes, on a l'impression d'avoir une vision plus complète de cette guerre que si nous avions lu un livre d'Histoire.
Le style est excellent, le récit est fin, l'auteur mélange très habilement les faits et sa vision de la guerre, de la mort et de la vie.
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JCLDLGR
  07 juin 2019
Un livre écrit avec les tripes et avec le coeur. Une plongée dans la jungle vietnamienne et dans la mémoire de ce soldat. Un style qui nous fait vivre de l'intérieur des sensations, des images. On prend les émotions, les doutes, les obsessions en direct, grâce à un style simple, exprimé sans filtre à partir de sa mémoire traumatisée, et de celle de jeunes soldats à peine sortis de l'adolescence et subissant la violence d'une guerre qui ne les concernait pas.
Les descriptions de la forêt, de la pluie, du silence, des morts sont exceptionnelles de vérité. C'est vivant, traumatisant ! On en sort soi même choqué !
Magnifique !
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karmax211
  19 janvier 2020

Tim O'Brien est un gamin lorsqu'il doit s'envoler pour le Vietnam et participer à une guerre absurde, qui n'est pas la sienne mais va le devenir.
Si le bouquin s'ouvre effectivement sur l'énoncé détaillé de ce que ces jeunes soldats emportaient avec eux avant de partir en patrouille, en mission de reconnaissance, de repérage, de surveillance ou autres – cette revue de "détail(s)" a par ailleurs tout son pesant d'intérêt, ne serait-ce que parce qu'elle nous met d'emblée en immersion au contact de leurs réalités, de leurs univers, de leur quotidien, de leurs peurs, de leurs croyances, de leurs petites manies... bref, de ce qu'ils étaient, de qui ils étaient, et de ce à quoi ils étaient confrontés ou destinés -, il se poursuit sur un récit qui ne répond pas aux impératifs d'une narration linéaire et carrée, mais à l'accueil de souvenirs qui habitent et hantent une mémoire traumatisée qui a d'autres priorités que celles de respecter un ordre chronologique qui serait par définition un contresens absolu et une contrevérité préjudiciable au récit.
La force de ce bouquin réside dans son honnêteté, honnêteté que l'on ressent à travers des scènes crues sans concessions, d'où sont bannis lyrisme, pathos, plaintes, jérémiades, auto apitoiement... des scènes qui sont comme des bouffées mnésiques où les "protagonistes" vont, viennent, se croisent, s'effacent et reviennent, donnant cet effet – c'est ainsi que je l'ai ressenti – d'une mémoire en souffrance, une mémoire qui balbutie, qui veut essayer de dire ce qui trop lui pèse, ce fardeau trop lourd dont elle veut s'alléger, mais dont on sait qu'elle ne parviendra jamais à s'en défaire totalement... et le voudrait-elle ?
Le cinéma nous a offert des témoignages puissants grâce à des films comme – Platoon, Full Metal Jacket, Apocalypse Now,Voyage au bout de l'enfer, Né un 4 juillet, Nous étions soldats - ... la littérature, elle, est loin d'être en reste avec des oeuvres comme celle de Tim O'Brien.
Un livre dont croyez-moi, vous garderez les visages de ces jeunes hommes (vivants ou morts), dont l'auteur nous raconte ce qu'ils ont vécu, et auxquels ils donne la parole... au moment où celle-ci s'exprima à travers les mots simples et vrais qui furent les leurs... et que vous n'oublierez pas non plus.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   13 février 2018
Ces hommes tuaient et mouraient parce qu'ils auraient été gênés de ne pas le faire. C'est ce qui les avait conduits en premier lieu à la guerre, rien de positif, pas de rêve de gloire ou d'honneur, seulement éviter la honte du déshonneur. Ils mouraient pour ne pas mourir de honte. (...) Ce n'était pas du courage à proprement parler ; leur but n'était pas l'héroïsme. Ils avaient seulement trop peur pour être des lâches.
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JIEMDEJIEMDE   21 mai 2019
La guerre c’est l’enfer, mais c’est encore mieux que ça, parce que la guerre c’est aussi le mystère et la terreur et l’aventure et le courage et la découverte et la sainteté et la pitié et le désespoir et la nostalgie et l’amour. La guerre est méchante ; la guerre est amusante. La guerre est excitante ; la guerre est déprimante. La guerre fait de vous un homme ; la guerre fait de vous un mort.
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alphacepheialphacephei   06 août 2019
La nuit, quand je ne pouvais pas dormir, j'avais de violentes discussions avec ces gens. Je me mettais en colère contre eux, je leur disais combien je détestais leur acquiescement aveugle, borné, automatique à toutes ces choses, leur patriotisme de simples d'esprit, leur ignorance orgueilleuse, leurs platitudes du style : "America love-it-or-leave-it" , la façon dont ils voulaient m'envoyer combattre dans une guerre qu'ils ne comprenaient pas et qu'ils ne voulaient pas comprendre. Je les tenais pour responsables. Mais oui, bon Dieu, ils l'étaient vraiment. Tous ces gens - je les tenais personnellement et individuellement pour responsables -, les gars du Kiwanis Club en costume synthétique, les commerçants et les fermiers, les pieux paroissiens, les ménagères bavardes et les notables irréprochables du Country Club. Ils ne faisaient pas la différence entre Bao Dai et le Père Noël. Ils ne connaissaient pas l'histoire. Ils ne savaient absolument rien de la tyrannie de Diem, ni de la nature du nationalisme vietnamien, ni de la longue colonisation française - tout cela était bien trpo compliqué, il aurait fallu s'informer -, mais peu importe, c'était une guerre pour arrêter les communistes, un point c'est tout, ce qui était le genre de choses qu'ils aimaient, et on vous considérait comme un putain de fils-à-maman si vous n'étiez pas immédiatement partant pour tuer ou mourir en vertu de ces vertus pures et simples.
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JCLDLGRJCLDLGR   04 juin 2019
Ils portaient le langage émotionnel d'hommes qui sont susceptibles de mourir. Le chagrin, la terreur, l'amour, la nostalgie - tout cela était intangible, mais ces choses intangibles avaient leur propre masse et leur gravité spécifique, elles avaient un poids tangible.
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JCLDLGRJCLDLGR   06 juin 2019
Je ne considérais pas mon travail comme une thérapie, et maintenant non plus. Cependant, lorsque je reçus la lettre de Norman Bowker, j'eus l'impression que le fait d'écrire m'avait entraîné dans un tourbillon de souvenirs qui autrement auraient pu aboutir à une paralysie ou pire encore.
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