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EAN : 9782351786604
256 pages
Gallmeister (01/02/2018)
4.43/5   76 notes
Résumé :
Qu’est-ce qu’un jeune homme envoyé malgré lui dans l’enfer du Vietnam peut bien choisir d’emporter ? Et qu’ont emporté ses compagnons de patrouille ? À travers ces choix minuscules, comme à travers bien d’autres souvenirs et anecdotes mis en scène entre fiction et réalité, se dessinent les histoires de ces hommes, protagonistes malgré eux d’un conflit qui devient l’image même de toutes les guerres. Revisitant ce qui a été, imaginant ce qui aurait pu être, Tim O’Brie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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C'est un livre que je n'aurais pas rencontré sans Babelio et ses lecteurs, une lecture atypique et originale, à savoir :
Qu'est-ce qu'un jeune homme envoyé malgré lui dans l'enfer du Vietnam peut bien choisir d'emporter ?
Si la réponse à cette question sera donnée, elle sera plutôt succincte et accessoire, car nous allons surtout lire les extraits choisis des souvenirs et réflexions de Tim O'Brien sur sa guerre du Vietnam.
Tim O'Brien a participé à cette guerre dans une unité de combat, groupe le plus souvent composé de 18 hommes. Vingt ans après, devenu écrivain il va avoir besoin de raconter et de se raconter, et des anecdotes et des histoires sur la guerre il en a "à la pelle".
Je vais faire une digression qui expliquera en partie mon ressenti global, mes seules connaissances sur la guerre du Vietnam me venaient des films "Apocalypse now" et "Full métal jacket", et je dois dire que ces deux films confirment parfaitement le contexte que l'on va trouver dans ce livre.
L'auteur nous le rappelle très tôt dans le récit, les GI's avaient majoritairement entre 18 et 20 ans, jeunes et immatures donc, ils disposaient de ressources quasi illimitées en terme d'armement ou de matériel et c'était la guerre, une guerre d'embuscades dans la jungle, probablement ce que l'on fait de plus stressant.
J'ai été un peu surpris et désappointé par le parti pris narratif, l'auteur l'admet, il ne dit pas la vérité, enfin pas vraiment, il invente souvent et assume de nous emmener dans une fantasmagorie permanente sur la guerre, celle qui justifie les actes les plus vils et les attitudes les plus troublantes, celle qui tord la réalité et transforme ce théâtre de guerre en un lieu en dehors du temps et de la logique.
Je pense que cet aspect m'a un peu contrarié, j'aime l'histoire, mais surtout l'histoire vraie et réelle, et là ce que nous avons avec certitude c'est une allégorie, certes puissante et parlante, mais composée d'images qui ressemblent seulement à ce qui est réellement arrivé, peut-être l'auteur s'est-il imposé une réserve ?
Je n'ai pas été happé par ces anecdotes comme je m'y attendais pour la raison évoquée plus haut, je n'ai pas non plus tellement apprécié le style, trop lent et souvent répétitif, cela dit je ne me suis pas ennuyé non plus et je peux comprendre l'intérêt que beaucoup y ont trouvé, je n'ai simplement pas vraiment trouvé ce à quoi je m'attendais...
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Il y a quelques années, j'ai lu ‘Anatomie d'un soldat'. Harry Parker y racontait son expérience de la guerre d'Irak à travers divers objets. J'avais beaucoup aimé ce point de vue original.

C'est ainsi que je me suis laissée tenter par ‘Les choses qu'ils emportaient' de Tim O'Brien quand j'ai lu le pitch dans le catalogue Totem des éditions Gallmeister. Un énorme coup de coeur !

Tim O'Brien est Américain et le 17 juin 1968, une lettre a changé sa vie : il a été convoqué sous les drapeaux. Il a 22 ans et d'autres rêves que d'aller faire la guerre au Vietnam. Il n'a pas assez de courage pour se défiler, il se considère d'ailleurs comme un lâche.

Les choses qu'ils emportaient, c'est un aperçu de ce que ses compagnons d'armes ont amené en plus du paquetage de base. Mais ce n'est qu'une histoire parmi d'autres. A travers une écriture à proprement parler stupéfiante, il raconte son vécu et celui des hommes qui ont servi sous les ordres du Lieutenant Cross.

Un point de vue intimiste, poignant, inoubliable.




Challenge Totem
Challenge XXe siècle 2023
Challenge multi-défis 2023 (43)
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En décrivant méticuleusement, quasi cliniquement, le quotidien de ces jeunes appelés américains parachutés au Vietnam, Tim O'Brien – traduit par Jean-Yves Prate - nous embarque dans une vision des plus réalistes d'une guerre atypique.

Certes il y a Les choses qu'ils emportaient, mais O'Brien décrit surtout ces petits moments qu'ils vivaient, ces grandes peurs qu'ils affrontaient et ces fêlures irrémédiables qu'ils ramenèrent.

Page après page, souvenir après souvenir, il nous plonge dans un sentiment bizarre, partageant le déséquilibre de ces garçons venus à cheminer le long de la frontière peu évidente entre fascination morbide et dégout d'une guerre qu'ils subissent sans la comprendre.

C'est cette perte progressive de repère qu'O'Brien décrit parfaitement : la guerre « ce n'est pas exactement beau à voir. C 'est stupéfiant. Ça remplit l'oeil. Ça vous subjugue. Vous haïssez cela, c'est vrai, mais vos yeux ne le détestent pas ».

Après tant d'autres, O'Brien apporte sa pierre à cette grande blessure américaine dont les traces ne sont toujours pas effacées, décrit sa vérité, pas la vérité. Car « à la guerre, vous perdez le sens de ce qui est défini, par conséquent le sens de la vérité elle-même, et donc on peut dire que dans une histoire de guerre véridique, rien n'est jamais absolument vrai ».

Un livre exigeant, pas toujours passionnant sur le moment, mais qui fait sens une fois refermé.
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J'ai adoré, sans doute le meilleur livre que j'ai pu découvrir sur la guerre du Vietnam. L'auteur parvient à raconter la guerre en parlant d'abord des hommes qui l'ont faite, de leurs objets, de leurs histoires, de leur mort...
Il nous lance sur de fausses pistes, montre qu'il y a pas qu'une vérité, une seule bonne manière de raconter la guerre et son horreur. Que la lâcheté, ça peut être de ne pas avoir le courage de s'enfuir, de déserter. Que les liens que les soldats tissent entre eux sont forts même si cette amitié est tacite et violente.
Le récit n'est pas linéaire, certains passages se déroulent avant, d'autres pendant ou après la guerre. On assiste plus à une suite d'histoires, d'anecdotes ou de légendes sans pouvoir démêler le vrai du faux, exactement comme si un soldat nous avait raconté ces histoires. Et finalement, par bribes, on a l'impression d'avoir une vision plus complète de cette guerre que si nous avions lu un livre d'Histoire.
Le style est excellent, le récit est fin, l'auteur mélange très habilement les faits et sa vision de la guerre, de la mort et de la vie.
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Des lettres, des confiseries, des bandes dessinées, mais aussi bien entendu des armes et des munitions, car c'est la guerre... voici une partie des choses qu'ils emportaient.

Tim O'Brien livre ici un témoignage assez puissant sur l'enfer d'un conflit, le Vietnam en l'occurrence. Pas la vie des planqués qui jouent avec la vie des autres, mais bien l'expérience concrète, sale, effrayante, de jeunes troufions sur le terrain, envoyés en terre inconnue, impliqués dans une guerre qui les dépasse. Et qui ont tant de mal ensuite à revenir à une vie normale, pour ceux qui ont eu la chance de ne pas y rester...

Ce roman est la somme de chapitres pas forcément chronologiques, récits presque autonomes les uns par rapport aux autres, avec le sentiment de quelques répétitions parfois du fait de la construction. Mais c'est aussi un bel hommage aux camarades de l'auteur, cette compagnie alpha à qui ce livre est dédié. Une histoire de camaraderie, de solidarité, et de douleurs.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Emporter quelque chose, c'était se le coltiner, comme lorsque le lieutenant Jimmy Cross se coltinait son amour pour Martha en escaladant les collines et en traversant les marécages. A la forme réfléchie, se coltiner voulait aussi dire marcher, ou bien marcher au pas, mais il impliquait alors des fardeaux qui allaient bien au-delà de sa forme réfléchie.
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Ces hommes tuaient et mouraient parce qu'ils auraient été gênés de ne pas le faire. C'est ce qui les avait conduits en premier lieu à la guerre, rien de positif, pas de rêve de gloire ou d'honneur, seulement éviter la honte du déshonneur. Ils mouraient pour ne pas mourir de honte. (...) Ce n'était pas du courage à proprement parler ; leur but n'était pas l'héroïsme. Ils avaient seulement trop peur pour être des lâches.
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La guerre c’est l’enfer, mais c’est encore mieux que ça, parce que la guerre c’est aussi le mystère et la terreur et l’aventure et le courage et la découverte et la sainteté et la pitié et le désespoir et la nostalgie et l’amour. La guerre est méchante ; la guerre est amusante. La guerre est excitante ; la guerre est déprimante. La guerre fait de vous un homme ; la guerre fait de vous un mort.
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Ce n'était pas une question de vie ou de mort. Il n'y avait pas de péril réel. Il était presque certain que le jeune homme serait passé pas là. Et il en serait toujours ainsi. Plus tard je me souviens, Kiowa ma dit que c'était une cible parfaite, que j'étais un soldat et qu'on était en guerre, que je devais me ressaisir et arrêter de le regarder fixement en me demandant ce que cet homme mort aurait fait à ma place si les rôles avaient été inversés. Rien de tout cela n'avait d'importance. Les mots semblaient trop compliqués. Tout ce que je pouvais faire c'était observer, bouche bée, la réalité du cadavre du jeune homme. Même maintenant je n'ai pas encore tout démêlé. Parfois je me pardonne, d'autre fois non. Dans la vie quotidienne, j'essaye de ne pas m'appesantir sur le sujet, mais de temps en temps, lorsque je lis le journal ou que je suis assis seul dans une pièce, je lève les yeux et je vois le jeune homme sortir du brouillard matinal. Je le vois s'élancer vers moi, les épaules légèrement voûtées, la tête penchée sur le côté, il passe à quelque mètres de moi et soudain il sourit comme s'il avait un secret entre nous. Et puis il continue d'avancer sur la piste vers l'endroit où elle tourne pour s'enfoncer à nouveau dans le brouillard.
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Un homme sur trois ou quatre emportait une mine antipersonnel Claymore -1,6 kg avec son dispositif de mise à feu. Ils emportaient tous des grenades à fragmentation- 400 g chacune. Ils emportaient tous au moins une grenade fumigène de couleur M-18 -680 grammes. Certains emportaient des grenades lacrymogènes ou de type CS. D'autres emportaient des grenades à phosphore blanc. Tous emportaient le maximum de choses, et même plus, y compris la crainte silencieuse que leur inspirait la terrible puissance des choses qu'ils emportaient.
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Video de Tim O'Brien (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tim O'Brien
Tim O'Brien parle de son livre "Si je meurs au combat" sorti chez 13e Note Éditions.
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