AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Rémy Lambrechts (Traducteur)
EAN : 9782264026767
256 pages
Éditeur : 10-18 (31/03/1999)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Après son échec cuisant lors d'une primaire à une élection sénatoriale, John Wade part en vacances dans le nord sauvage du Minnesota avec sa femme Kathy, où il compte panser ses blessures. Au tout début de leur séjour, Kathy disparaît sans laisser d'explications. Peu à peu, on apprend que la défaite électorale de John est due à des révélations publiées par la presse sur sa conduite au Viêt-nam. La disparition de Kate a-t-elle un rapport avec ces faits ? Pour découvr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  11 juin 2020
Malgré les très bons sondages au début de sa campagne qui le donnaient gagnant haut la main, John Wade, le gouverneur du Minnesota, essuie une défaite cuisante aux élections sénatoriales. Humilié, bafoué, blessé, il décide de louer, avec sa femme, Kathy, un vieux cottage dans la forêt au bord du lac des Bois afin de s'y ressourcer, oublier ces élections, se retrouver tous les deux et penser à leur avenir. Après tant de tumultes, le couple veut croire que, évidemment, tout n'est pas perdu. Mais, après quelques jours passés paisiblement au rythme des balades, des baignades et des soirées sous le porche, Kathy disparaît subitement un matin. John ne s'inquiète pas jusqu'au moment où il se rend compte que le bateau garé dans le hangar n'est plus là et que le soir venu, sa femme n'est toujours pas revenue. le shérif, prévenu de cette disparition, met aussitôt en place des recherches mais s'interroge aussi sur le rôle de John dans cette sombre histoire...
Après une défaite humiliante à des élections, quoi de plus ressourçant qu'une mise au vert ? Histoire de digérer cet échec personnel et professionnel et réfléchir à l'avenir. Sauf que la disparition inexpliquée de Kathy va mettre à mal John Wade. S'est-elle enfuie ? Perdue ? Ou pire noyée ? D'une grande habileté, Tim O'Brien tisse un roman patchwork mélangeant aussi bien le présent, le passé, les pièces à conviction, les témoignages ou encore les hypothèses. Il dévoile, petit à petit, le passé peu glorieux de John Wade lors de la guerre du Vietnam, nous plongeant ainsi dans une ambiance de plus en plus oppressante, et délivre peu à peu la relation unissant John et sa femme. Des personnages parfaitement dépeints psychologiquement au coeur desquels de nombreuses zones d'ombre surgissent. Un roman prenant, à la fois troublant et fascinant, campé autour de l'illusion, du mensonge et du secret.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          614
nameless
  11 août 2019
Grâce à un impur hasard, j'ai commencé la lecture de Au lac des bois en même temps que je terminais de regarder en replay sur Arte les 9 volets de la plus passionnante, complète et pédagogique fresque documentaire jamais réalisée sur la guerre du Vietnam, due à Kenn Burns et Lynn Novick, dans laquelle Tim O'Brien intervient pour témoigner sur des images d'archives où on le voit, lui et tous ses frères d'armes au combat. Quels chocs ! Le reportage et le roman ! Quels chocs !

Dans le roman, John Wade, après son retour du bourbier, alors qu'il n'est qu'un homme en ruines qui a perdu le contact avec une partie déterminante de lui-même, absent, ni là ni ailleurs, s'engage en politique après avoir achevé ses études d'avocat. Il est élu sénateur du Minnesota pour ne pas ressembler à de nombreux vétérans vite clochardisés qui dorment sous les ponts, méprisés par leurs compatriotes, oubliés du pouvoir, gommés de l'Histoire. Mais lors de sa réélection, il est balayé par l'opinion publique sous le choc de la révélation du massacre de My Lay perpétré par la Compagnie Charlie, le 16 mars 1968, au cours duquel entre 200 à 500 civils selon les sources, vieillards, femmes, enfants, bébés, ont été égorgés, sodomisés, violés, éventrés, énucléés, scalpés, abattus comme les chiens, veaux, vaches, poulets de la pauvre communauté... Or John Wade/Tim O'Brien, dans la vie comme dans le roman, était là, témoin des exactions. Voilà sa réputation politique flinguée, sa carrière foutue. Avec sa femme Kathy, avec qui il a cru pouvoir construire un bonheur post-traumatique, il se réfugie au bord du Lac des Bois, près de la frontière du Canada. Mais un matin, Kathy disparaît, le bateau n'est plus amarré au ponton...

Il s'agit d'un roman d'une puissance exceptionnelle, dans lequel étonnamment la part de fiction rend la réalité de la guerre plus grave, horrible, lui donne une netteté saillante, vivante. En alternance, John Wade parle de son enfance, il voulait être magicien, prestidigitateur ; il évoque sa vie sentimentale ; il incruste des citations d'écrivains ; des extraits authentiques de dépositions faites en cour martiale, qui après des bruits d'enquête, des blagues inquiètes et des rires forcés n'a retenu comme seul coupable du massacre, que William Calley, condamné à trois ans d'assignation à résidence.

Qu'est-il arrivé à Kathy ? Que s'est-il passé ? Qui le saura jamais ? En tout cas, comme prévient l'auteur, si l'on veut connaître la vérité, il faut lire un autre roman. Ici, plusieurs hypothèses sont émises par John, un homme en pleine confusion mentale et délitement moral, une âme perdue, brouillée avec la réalité du monde. Il porte des fardeaux, se mure dans le silence, cache une histoire démoniaque aux autres et à lui-même, escamote, verrouille et truque sa vie. Il cherche périodiquement l'oubli ou trahit le présent à chaque bouffée d'air tirée de la bulle d'un passé pourri. N'est-il plus qu'un esprit serpentant à travers le dernier mécanisme d'une dernière illusion magistrale pour s'auto-persuader que cela n'a pas existé, comme un magicien fin manipulateur sait tromper son public ?

Et si la vérité était inaccessible ? Et si tous les secrets ne menaient qu'à l'obscurité, et si au-delà de l'obscurité, il n'y avait que des peut-être ? L'épilogue est d'une beauté à couper le souffle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          534
le_Bison
  21 avril 2017
Il devait l'emporter. C'était couru d'avance. Tous les sondages le donnaient grand gagnant des prochaines élections sénatoriales. Une formalité même que de passer devant les urnes. Des années qu'il s'était consacré à cet avenir, la politique était devenu sa raison de vivre. Son obsession, même. C'était pourtant sans compter sur l'acharnement médiatique qu'il subit une semaine avant les élections.
La nuit est arrivée, les votes ont été dépouillés. Pas besoin de recompter. Une grosse claque. Une humiliation même. Prendre en compte ce cuisant échec : il n'a plus qu'à se retirer. de la vie politique. de la vie même. Mais comment en est-il arrivé là. A ce point. Aussi bas. Aussi méprisant. Et sa femme qui s'efface deux jours après. Étrange disparition. Dispute ? Fuite ? Pire...
Les médias s'emballent, la vérité devait sortir. Mais de quoi était-il question ? Emplois fictifs, costumes fictifs, j'ai piqué un peu dans la caisse, des emprunts sans intérêt juste pour le fun de prêter de l'argent ? Non, il faut regarder derrière soi, déterrer quelques cadavres et soulever les immondices du Vietnam. Lui, celui qu'on appelait Sorcier... Et regarder les mouches.
Là-bas, ça sent le cadavre en putréfaction, les mouches bourdonnent par centaines - par millier ? - dans l'air au milieu d'amas de chair et de sang coagulé. le massacre de Thuan Yen... Il faisait partie des troupes, simples exécutants d'ordre. Mais il y était avec son fusil chargé et des morts sur la conscience qu'il a essayé d'enfouir au plus profond de sa mémoire, jusqu'à ce que la presse s'empare du sujet. Oui, pour pouvoir prétendre à de hautes fonctions politiciennes, il faut être irréprochable. Lui, il a fait partie de la compagnie Charlie.
Mais revenons au Vietnam... Tim O'Brien écrit un réquisitoire dans cette guerre. Il ne dénonce pas. Il ne mésestime pas les faits, même les plus cruels. Il les raconte simplement, en toute objectivité, une plume froide, sans coeur, qui annonce les morts, les tueries, le napalm et les fumées de corps carbonisés dans des charniers à la sortie des villages vietnamiens. Les soldats tirent, ne savent pas sur quoi ou qui tirer, mais ils sont pris dans cet engrenage. Tire d'abord regarde ensuite. Entre roman et enquête journalistique, les faits sont difficiles à lire. le Vietnam hier, la Somme avant-hier, la Syrie maintenant. La guerre ne change pas, les morts continuent à s'amonceler dans des champs, cimetières improvisés logeant les cadavres de la barbarie.
[...]
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          434
Mimeko
  29 mars 2020
Après un échec cuisant à l'élection de 1986 pour le poste de sénateur des Etats-Unis, John Wade et sa femme Kath se réfugie dans leur chalet situé près du lac des bois dans le Minnesota. le couple a dû affronter le scandale qui a entaché la campagne de John et il essaye de tourner la page. Le site est idyllique, quelques voisins - le couple Rasmussen -, et une petite ville pour y manger de temps en temps au restaurant. Un matin, John se lève et ne trouve pas Kath à ses côtés, le hangar à bateaux est ouvert, le crist-craft (leur bateau à moteur) a disparu. John et Kath se connaissent depuis l'université, avant que John ne combatte au Vietnam et il pense simplement que Kath est partie, le temps d'une journée, pour évacuer le stress post-électoral. La disparition semble durer et, le lendemain John alerte les secours.
C'est dans l'ambiance envoûtante du lac, en ce début d'automne, où brouillards succèdent aux pluies et averses de neige, que l'enquête commence et Tim O'Brien s'ingénie à livrer un récit parcellaire, entrecoupant l'enquête de témoignages des amis, ou des personnes ayant côtoyé le couple, et surtout de flash-back évoquant la tuerie de Thuan Yen pendant la guerre du Vietnam, un massacre qui pourrait être un des verrous du comportement secret de John.
Alternant les périodes, les extraits d'interviews, témoignages, des coupures de journaux, les différentes hypothèses de l'enquête et le récit de John, le roman offre autant de pièces de puzzle qui font perdre pied, autant que les recherches dans ce lac particulièrement méandreux où disparaître est presque certain.
Cette construction très particulière du roman de Tim O'Brien a rendu ma lecture assez difficile et c'est avec un avis mitigé que j'ai terminé le récit. Si j'ai beaucoup aimé la partie historique, évoquant la guerre du Vietnam, les actes de cruautés et les traumatismes infligés aux victimes et aux tortionnaires, j'ai été moins intéressée par les personnalités de John et Kath, que j'avais plus de mal à suivre.
Un roman très psychologique, voire philosophique, où l'enquête - ou sa résolution à proprement parler - n'est qu'un prétexte pour dénoncer le déni que l'on peut s'infliger à soi-même, en s'appropriant et se forgeant un passé inventé pour se protéger.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          262
Renod
  11 février 2016
Un lieu. Au nord de l'Etat du Minnesota, à la frontière qui sépare le Canada des Etats-Unis. Des milliers de kilomètres carrés de nature sauvage. Rien que des arbres et de l'eau. Des étendues d'eau immenses et glaciales, une succession de vastes lacs parsemés d'îles, un maillage de chenaux secrets, une suite de portages et de baies. Sur la terre ferme, des enchevêtrements de forêts de pins et de bouleaux traversés par une étroite route de terre. Au bout de cette route, un vieux cottage situé au bord du lac des Bois. Un lieu idéal pour s'isoler.
Un homme. John Wade est âgé de 41 ans. Il s'est lancé dans la politique pour palier à son sentiment d'insécurité affective. Il est rapidement élu au poste de gouverneur du Minnesota et décide de se lancer dans la primaire démocrate aux élections sénatoriales. Donné d'abord gagnant, il sera largement battu après la révélation de sa participation au massacre de Mỹ Lai durant la guerre du Viêt Nam. Après cette défaite cinglante, il décide de se retirer quelques jours avec son épouse Kathy au cottage situé du lac des Bois.
Un événement. Un matin, il constate la disparition de Kathy. le canot en aluminium rangé dans le hangar attenant au cottage a lui aussi disparu. Après de vaines recherches, il décide de donner l'alerte. Les secours se mettent en place. Mais il est difficile de couvrir une région si vaste et si sauvage. le comportement de John Wade est singulier. Des enquêteurs commencent à le soupçonner d'être à l'origine de la disparition de son épouse.
Le roman est un patchwork de textes de différentes natures : récits, flashbacks, témoignages, listes de pièces à convictions, hypothèses… Ces éléments permettent de fouiller la psychologie des deux personnages principaux. John est un enfant réservé raillé par un père alcoolique. Il se passionne très tôt pour la magie. Il sort de la guerre du Vietnam traumatisé. Il recherche une relation fusionnelle avec Kathy, craignant plus que tout de la perdre. La politique est pour lui un exutoire affectif, il vit donc très mal sa lourde défaite. Kathy est elle-même assez complexe à cerner. Elle est parfois désemparée face au comportement étouffant de son mari. Elle se réjouit de la fin de sa carrière politique et fait de nouveaux projets : voyage, enfant.
L'écriture est précise et la construction du récit est subtile. Tim O'Brien délivre des hypothèses et différentes alternatives. Il appartient au lecteur d'interpréter les informations et les conjectures livrées et de choisir sa propre conclusion. J'ai trouvé cette fin ouverte très puissante. L'auteur parle extrêmement bien de la naissance d'une ambition en politique, des traumatismes de la guerre, du poids d'une culpabilité intériorisée et de la manière dont des faits anodins peuvent nourrir les soupçons et les rumeurs après un drame. J'ai trouvé le traitement du thème de la prestidigitation particulièrement pertinent dans le cas de cet homme qui a pris pour habitude de masquer ses souffrances et ses blessures. Merci aux éditions Gallmeister de donner une seconde vie à ce texte magnifique vingt ans après sa première publication en France.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220

Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   08 avril 2017
C'était le monde des esprits. Vietnam. Fantômes et cimetières. Je suis arrivé sur place un an après John Wade, en 1969, et j'ai foulé exactement le sol qu'il a foulé, à Pinkville et tout autour, dans les villages de Thuan Yen, My Khe et Co Luy. Je sais ce qui s'est passé ce jour-là. Je sais comment cela s'est passé. Je sais pourquoi. C'était la lumière. C'était la cruauté qui flotte dans le sang et se réchauffe lentement et se met à bouillir. Frustration, en partie. Colère, en partie. L'ennemi était invisible. C'étaient des fantômes. Ils nous tuaient avec des mines et des pièges ; ils disparaissaient dans la nuit, ou dans des tunnels, ou dans les rizières couvertes de brume, les bambous et les roseaux. Mais c'était plus profond que ça. Quelque chose de plus mystérieux. L'odeur d'encens, peut-être. L'inconnu, l'inconnaissable. Les visages impassibles. L'accablante altérité. Ceci ne vise pas à justifier ce qui s'est passé le 18 mars 1968, car, à mon sens, de telles justifications sont à la fois vaines et scandaleuses. Il s'agit plutôt de porter témoignage du mystère du mal. Il y a vingt-cinq ans, jeune soldat terrifié, moi aussi j'ai vu la lumière. J'ai flairé le péché. J'ai senti la barbarie grésiller comme de l'huile bouillante juste derrière mes globes oculaires.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
le_Bisonle_Bison   16 avril 2017
Tard dans la matinée du 17 mars 1968, après que Meadlo eut été évacué, la section reçut l'ordre de retourner au village de Thuan Yen. Ce fut une marche facile d'une vingtaine de minutes. Ils traversèrent deux vastes rizières en se guidant à vue de nez dans la chaleur du matin. Au bout de dix minutes, ils commencèrent à se nouer des serviettes et des tee-shirts autour du visage.
Ils entrèrent dans la frange nord du village juste avant midi. L'endroit était mort – une mort bruyante, agitée. Le long de la principale artère est-ouest, ils trouvèrent quelques tombes fraîchement creusées, quelques pierres blanches, mais la plupart des corps gisaient toujours au soleil, vilainement coagulés, leurs vêtements tendus comme des peaux de plastique. Les blessures bouillonnaient de mouches. Il y avait des taons, des mouches noires et de petites mouches bleutées iridescentes, par millions, et les cadavres semblaient frétiller sous le vif soleil tropical. Une illusion, Sorcier le savait. Il ne s'y laissa pas prendre.
Plus loin, juste au bord de la piste, ils tombèrent sur une jeune femme dont les deux seins avaient disparu. Quelqu'un lui avait gravé un C sur le ventre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
le_Bisonle_Bison   21 avril 2017
Il sauta dans la lumière du soleil, tomba à plat ventre et se retrouva seul dans la rizière. Les autres avaient disparu. Ça tirait de partout, un vent de mitraille, et ce vent semblait le soulever et le jeter de place en place. Il n'arrivait pas à se tenir sur ses jambes. Il resta un temps cloué au sol par des choses contre nature, le vent et la chaleur, la lumière mauvaise. Il ne se souviendrait pas de s'être remis debout. Droit devant lui, une paire de majestueux cocotiers s'embrasèrent d'un seul coup.
Juste à l'entrée du village, Sorcier trouva un entassement de chèvres mortes.
Il trouva une jolie fillette la culotte baissée. Elle était morte, elle aussi. Elle le regardait de travers. Elle n'avait plus de cheveux.
Il trouva des chiens morts, des poules mortes.
Plus loin, il rencontra un front humain. Il trouva trois buffles morts. Il trouva un singe mort. Il trouva des canards fouissant dans un bébé mort. Cela faisait longtemps que les événements prenaient cette direction, des mois de terreur, des mois de massacre, et voilà que, dans la faible lumière du matin, le cataclysme avait lieu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
le_Bisonle_Bison   19 avril 2017
Quelque chose clochait. La lumière du soleil ou l'air matinal. Tout autour de lui, c'était un feu de mitrailleuse, un vent de mitraille, et ce vent semblait le soulever et le jeter de place en place. Il trouva une jeune femme éventrée, sans poitrine ni poumons. Il trouva du bétail mort. Il y avait des feux aussi. Les arbres brûlaient, et les huttes et les nuages. Sorcier ne savait pas où tirer. Il ne savait pas sur quoi tirer. Alors il tira sur les arbres en flammes et les huttes en flammes. Il tira sur les haies. Il tira sur la fumée, qui répondit, et il se réfugia derrière un tas de pierres. Si une chose bougeait, il tirait dessus. Si une chose ne bougeait pas, il tirait dessus. Il n'y avait pas d'ennemi sur qui tirer, rien en vue, alors il tirait sans cible et sans désir, sinon celui de faire passer cette matinée horrible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
le_Bisonle_Bison   18 mars 2017
C'est un instant crucial dans la vie d'un soldat que celui où on lui ordonne de commettre un acte qui lui semble contredire totalement son propre sens du bien et du mal. Pour la première fois probablement, il découvre qu'un acte qu'une autre personne estime nécessaire est à ses yeux criminel. [...] Soudain le soldat se sent abandonné et dépouillé de toute sécurité. Sa conscience l'a isolé, et sa voix est un avertissement. Si tu fais cela, tu ne seras pas en paix avec moi à l'avenir. Tu peux le faire, mais tu ne devrais pas. Tu dois agir en homme et non en instrument d'une autre volonté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320

Videos de Tim O'Brien (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tim O'Brien
The Things They Carried - Tim O'Brien
Dans la catégorie : Textes diversVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature américaine en anglais>Textes divers (382)
autres livres classés : Guerre du Viet-Nam (1961-1975)Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2069 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre

.. ..