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EAN : 9782729603670
530 pages
Dunod (23/06/1997)
4.75/5   2 notes
Résumé :
Les lois de la matière et celles de l'esprit seront-elles un jour unifiées ? L'ordinateur est-il la porte ouverte sur ce nouveau monde de la conscience et de la connaissance ? Face à ces questions nées du progrès des sciences et à la vision réductionniste de certains défenseurs de l'intelligence artificielle, l’auteur ose proclamer que «le roi est nu» : il soutient que la physique est encore loin de pouvoir apporter le moindre élément de réponse et que le problème s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Santarini
  24 octobre 2021
Qu'est-ce que la conscience ? Pour répondre à cette question fondamentale qui touche à notre être profond, la science ne dispose à ce jour d'aucune théorie. Et, ne sachant même pas définir de façon satisfaisante cette notion, comment pourrait-elle trouver une méthode rigoureuse pour aborder la question de sa nature ?
Pourtant, nous avons une perception subjective de ce qu'est la conscience, puisque nous sommes conscient. Mais nous ne pouvons pas exprimer cette perception en termes relevant de l'objectivité scientifique. Ainsi, nous nous trouvons face à une curieux paradoxe : la seule certitude absolue dont peut disposer tout être conscient, l'existence de sa propre conscience, reste aujourd'hui inaccessible à l'explication scientifique.
De nombreux scientifiques éludent la question en considérant que la conscience n'est qu'une sorte de phénomène émergent résultant de l'activité du cerveau, considérée comme voisine de celle d'un ordinateur.
Ce n'est pas l'avis de Roger Penrose. Dans ce livre, ce grand mathématicien et physicien s'efforce d'aborder avec rigueur cette question difficile de la nature et du fonctionnement de la conscience. Certes, il ne peut pas, pour l'instant, formuler une théorie rigoureuse, mais il nous entraîne dans un fantastique voyage dans le monde des découvertes scientifiques du vingtième siècle, un voyage conçu pour qu'il puisse nous livrer les pistes fascinantes qu'il entrevoit, des pistes qui permettront peut-être un jour à la science de comprendre la conscience et l'esprit.
Pour cela, il nous présente clairement et rigoureusement de nombreux concepts utiles à cette réflexion, comme les algorithmes, les machines de Turing, la décidabilité, la calculabilité. Il nous donne un aperçu de la physique quantique et de la relativité générale, ainsi que des problèmes posés par l'incompatibilité entre elles de ces deux grandes théories. Son analyse le conduit à penser qu'une future théorie unificatrice qui résoudrait ce problème fournirait un moyen de comprendre la nature de la conscience.
Ses réflexions le conduisent à imaginer un lien entre non-localité quantique et conscience, à formuler d'audacieuses hypothèses pour rendre compte aussi bien de la croissance des quasi-cristaux que du fonctionnement du cerveau. Il nous fait toucher du doigt le rôle troublant du temps dans la nature et le fonctionnement de la conscience.
Vous l'aurez compris, ce livre est une fabuleuse mine de réflexions pour tous ceux qui sont profondément intrigués par ce qu'est la conscience, et finalement par ce que nous sommes vraiment…
Mais, attention, bien que Roger Penrose s'avère être un excellent vulgarisateur et qu'il présente ses idées avec beaucoup de clarté, ce livre ne se lit pas comme un roman ! Si vous êtes allergiques aux équations, vous risquez de souffrir !
PS : j'ai moi-même toujours été très curieux de savoir ce qui pouvait bien se cacher derrière ces réalités profondes et intrigantes de conscience et d'esprit. Et j'ai même consigné quelques unes de mes réflexions à ce sujet dans mon récent livre "Croire ou savoir ?". Aussi ai-je été troublé et agréablement surpris, après l'avoir écrit, de découvrir cet ouvrage de Roger Penrose qui nous présente toutes ces pistes pour essayer d'avancer vers une compréhension dans ce domaine.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
SantariniSantarini   24 octobre 2021
La conscience me paraît si importante que je ne puis tout bonnement croire qu'elle soit simplement apparue « accidentellement » du fait de quelque calcul compliqué. C'est le phénomène par lequel l'existence même de l'Univers se fait connaître. On peut soutenir qu'un univers régi par des lois qui ne laissent aucune place à la conscience n'est pas un univers du tout. Je dirais même que toutes les descriptions mathématiques d'univers données jusqu'à présent ne satisfont pas ce critère. C'est seulement le phénomène de conscience qui peut faire venir un univers « théorique » hypothétique à l'existence véritable ! Certains des arguments que j'ai donnés dans ces chapitres peuvent paraître tortueux et compliqués. Certains sont, je le reconnais, spéculatifs, mais je crois que l'on ne peut vraiment pas échapper à certains autres. Pourtant, derrière tous ces détails techniques, il y a le sentiment bien « évident » que l'esprit conscient ne peut fonctionner comme un ordinateur, même si une bonne partie de ce qui entre en jeu dans l'activité mentale pourrait le faire.
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SantariniSantarini   24 octobre 2021
Peut-être le phénomène de conscience ne peut-il pas être entièrement compris en termes classiques. Peut-être notre esprit, plutôt qu'un simple algorithme mis en œuvre par de prétendus « objets » classiques, est-il une qualité, tirant son origine de quelque caractéristique étrange et merveilleuse des lois physiques quantiques qui gouvernent réellement le monde où nous vivons. Peut-être faut-il voir là, en un certain sens, la « raison » pour laquelle il nous faut, en tant qu'êtres sensibles, vivre au sein d'un monde quantique, plutôt que dans un monde entièrement classique — en dépit de la richesse et du mystère que présente déjà l'univers classique. Se pourrait-il que l'existence d'un monde quantique soit une condition nécessaire à l'émergence de créatures pensantes et sensibles telles que nous, extraites de sa substance même ? Il semblerait que ce type de question nous concerne moins qu'il n'intéresserait le Dieu qui se fixerait pour tâche de construire un univers habité. Pourtant le problème nous concerne également.
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SantariniSantarini   24 octobre 2021
Je suggère que ce peut être une grossière erreur d'appliquer les règles physiques habituelles pour le temps à l'examen de la conscience ! Il y a en effet quelque chose de très étrange dans la manière dont le temps intervient dans nos perceptions conscientes, et je ne serais pas étonné qu'une conception très différente soit requise là où nous essayons de placer les perceptions conscientes dans un cadre conventionnellement régi par le temps. La conscience est, après tout, le seul phénomène que nous connaissions pour lequel le temps ait besoin de « s'écouler » !
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SantariniSantarini   24 octobre 2021
Je ne pense pas qu'il soit sage, étant donné ce que nous en comprenons pour le moment, d'essayer de proposer une définition précise de la conscience, mais nous pouvons nous appuyer, dans une large mesure, sur nos impressions subjectives et notre bon sens intuitif pour dire quel est le sens de ce terme et quand cette propriété de conscience a des chances d'être présente. Je sais plus ou moins quand je suis moi-même conscient, et je suppose que les autres ressentent quelque chose qui correspond à ce dont je fais l'expérience.
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SantariniSantarini   24 octobre 2021
Un trait remarquable des modèles de pavage quasi cristallins que j'ai décrits est que leur assemblage est nécessairement non local. En d'autres termes, en assemblant les modèles, il faut, de temps à autre, examiner l'état du modèle, très loin en avant du point d'assemblage, si l'on veut être sûr de ne pas commettre une grave erreur en réunissant les morceaux. (Voilà qui paraît proche du « tâtonnement » apparemment « intelligent » auquel je faisais référence en relation avec la sélection naturelle.)
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