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Critiques sur La Bataille (41)
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Arakasi
  18 janvier 2013
Indispensable pour tous les fanas de l'épopée napoléonienne, ce court et dense roman de Patrick Rambaud s'attache à en raconter un des épisodes les plus incontournable : le Bataille d'Essling (du nom du hameau où s'affrontèrent devant Vienne les troupes françaises et celles autrichiennes). Pourquoi incontournable ? Parce qu'il s'agit de la première défaite – indéniable, écrasante, personnelle – de Napoléon. Essling, c'est le tournant de la guerre, la première étape d'une longue série d'affrontements dont les troupes françaises, à défaut d'être systématiquement défaites, ne se sortiront que grâce à des victoires à la Pyrrhus, accumulant presque autant de cadavres que leurs adversaires. Essling, c'est le premier pas vers Waterloo. Essling, c'est le début de la fin.

Le roman de Rambaud est tout entier imprégné de cette atmosphère funèbre. Si en surface, tout n'est que fracas de sabres s'entrechoquant, rugissements des canons, hurlements des hussards battant la charge, on devine sous cet épique chaos le parfum insidieux de la défaite et du désespoir. C'est qu'elles sont bien lasses, les troupes françaises, des maréchaux aux plus simples soldats ! Las, le petit soldat Vincent Paradis qui s'inquiète de ne pas rentrer en France à temps pour aider son père aux moissons. Las, le cuirassier Fayolle qui voit dans chaque ombre les fantômes des femmes qu'il a violées. Las, le maréchal Lannes, déchiré entre son amour toujours vivace pour l'Empereur et la désillusion qui le pousse à chercher la mort au combat. Las aussi et épuisés, le général Espagne, le maréchal Masséna, le colonel Lejeune… Tous autant qu'ils sont, ils ont cru en Napoléon Bonaparte et en la grandeur de l'Empire français, mais ce temps-là est bien passé : l'homme providentiel n'est plus qu'un monarque rongé par l'orgueil et la paraonia, et le rêve de gloire s'est enfui depuis longtemps, calciné sous les feux cruels de la guerre d'Espagne.

Si l'avalanche de prix dont a été couronné « La Bataille » de Rambaud peut un peu désarçonner, force est de reconnaître qu'il s'agit d'une excellent roman historique : splendidement écrit, immersif – chaque étape de la bataille y est retranscrite avec une fougue et une vivacité admirables – extrêmement bien renseigné et précis sans jamais une once de pédanterie. Un vrai plaisir de lecture que je recommande très chaudement. Personnellement, je ne manquerai pas de me procurer les deux suites écrites par Rambaud et narrant la fin de l'épopée napoléonienne : « Il neigeait » qui se déroule pendant la désastreuse campagne de Russie et « L'Absent » mettant en scène Napoléon sur l'île d'Elbe avant les Cent Jours.
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tiptop92
  04 juin 2019
On est loin de l'épopée Napoléonienne lyrique et flamboyante présentée par la plupart des livres d'histoire dans ce roman relatant la bataille d'Essling à hauteur des participants, petits ou grands acteurs de l'histoire. Après cinq années de combat pour l'empereur, les soldats et leurs chefs sont au bout du rouleau. Les maréchaux n'y croient plus, le simple fantassin ne pense qu'a rentrer chez lui pour faire les moissons et l'élite de l'armée en a assez des violences au point que certains se suicident pour ne plus en commettre. Et pourtant il faut combattre encore pour satisfaire l'ambition d'un seul homme, cynique, coléreux et complètement paranoïaque. Car Napoléon ici fait penser à l'Hitler de «la chute», même hystérie, même aveuglement, même mépris de la vie humaine. Bien sur l'idéologie n'est pas identique, mais on peut penser devant cette boucherie (45 000 morts en deux jours) que l'hécatombe aurait été bien supérieur avec des armes moderne. En tout cas le lecteur sera choqué par ces charges de cavalerie d'une violence extrême ou par le sort des blessés affreusement mutilés pour la plupart et condamnés à une agonie terrible du fait du manque de soins. Des épisodes forts comme la mort du général Espagne ou celle du maréchal Lannes émaillent ce récit qui pourra paraitre parfois un peu confus. Ce livre est obligatoire pour comprendre au delà des poncifs de la gloire la vraie nature de l'ambition napoléonienne et connaitre l'envers tragique de sa légende...
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carre
  28 février 2012
Une bataille napoléonienne comme si vous y étiez vous tente, "La Bataille" est pour vous. Patrick Rambaud avec un talent d'orfèvre nous mets au milieu de la bataille d'Essling, première défaite terrifiante de l'empire, qui fut un véritable carnage. Rambaud restitue avec une grande minutie cette défaite en suivant plusieurs grands généraux ou maréchaux de France mais aussi de simples grognards, tout y est méticuleusement raconté, c'est la grande force du roman, le travail historique impressionne par sa précision incroyable, Rambaud montre aussi les doutes qui assaillent les fidèles de Napoléon mais chacun est près au sacrifice pour cet homme qui leur a apporté richesse et gloire. Roman historique brillant et passionnant la "La bataille" reçut le Prix Goncourt 1997.
Archi mérité.
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Nursus
  06 mai 2015
Un livre dont je ne ressors pas indemne. Pourtant court, il est dur à digérer car il est dense et âpre. Un récit de bataille diaboliquement précis, entrant dans un incroyable nombre de détails.
Outre le contexte sanglant, une vraie boucherie en fait, on sent du pessimisme voir de la mélancolie d'un temps d'avant, pourtant pas si vieux. L'objectif stratégique de cette bataille volontairement occulté, contraste affreusement avec la proximité que nous vivons avec les différents protagonistes.
Essentiellement des hommes, à l'abnégation incroyable pour un civil du 21ème siècle, aux passions des plus simples, comme la survie, aux plus sophistiqués, comme l'art. le personnage de Massena est celui qui m'a le plus enthousiasmé.
Je n'ai pas d'élément de comparaison littéraire, mais le Napoléon présenté est assez détestable. Hormis son charisme et ses qualités de chef de guerre, on nous livre un personnage irritable, se sentant fragile politiquement et très sang bleu. Comme les soldats, j'ai pris un coup à entendre jouer à la flûte la Marseillaise par des soldats Autrichiens, sacré symbole.
Nos sens sont très sollicités, on sent la fumée, la gangrène, on est assourdit par les canonnades, écoeuré par le bouillon de cheval, aveuglé par le brouillard. Heureusement, il reste quelques élans du coeur et comme une caresse, du Haydn au piano par Haydn lui même...



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BrunoA
  04 mai 2013
Livre acheté en 1997 lorsque Patrick Rambaud reçut le prix Goncourt, j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire.
On vit la bataille d'Essling, pas la plus connue des campagnes napoléoniennes, comme si on s'y trouvait.
Une manière réaliste de voir ces batailles, loin des épopées habituelles.
Un très bon roman.
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beauscoop
  29 janvier 2019
Roman instructif nous plaçant au coeur d'une bataille de Napoléon en recréant toute l'ambiance. La plupart des grands maréchaux et généraux sont présents dans les tableaux de cette histoire de France.
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Arthas
  19 juillet 2019
Les 21 et 22 mai 1809 a lieu la bataille d'Essling, ou d'Aspern, ou d'Aspern-Essling c'est comme vous voulez. Elle est la première défaite de Napoleon Bonaparte depuis dix ans. 
Essling c'est le début des victoires laborieuses (malgré les magnifiques victoires de la campagne de France de 1814 avec la campagne des six-jours), la fin des campagnes victorieuses, Essling c'est le début de la fin.

A travers de roman l'auteur nous propose de revivre cette bataille qui constitue un tournant dans l'épopée napoléonienne. On y suit le colonel Lejeune, officier de l'état-major qui crapahute sur le champ de bataille pour transmettre des ordres, Henri Beyle (alias Stendahl) coincé dans Vienne qui se voit forcer d'observer de loin l'affrontement, Frederic Staps, illuminé qui projette d'assassiner l'empereur (c'est pas du spoil c'es de l'Histoire !) mais aussi Napoleon alors gonflé d'orgueil, ses maréchaux qui doutent de leur maitre, et les simples soldats perdus au milieu d'un tel carnage.

On revit à travers les chapitres les deux jours et deux nuits d'affrontement effroyables ou des dizaines de milliers d'hommes ont fait preuve d'un courage inouï, d'une abnégation admirable alors que le sort semble s'acharner contre eux et tout cela pour…rien. Deux journées de massacre qui laissent présager de la victorieuse boucherie que sera la Moskova. 

Les personnages qu'ils soient historiques ou fictifs sont crédibles, l'ambiance est parfaite et on apprend un millier de choses comme les rivalités entre les maréchaux d'Empire, la loyauté de certains officiers envers leur supérieur ou encore la paranoïa de Napoleon. On y découvre aussi toute l'atrocité des ambulances et du soins réservés aux blessés à qui le seul remède proposé est l'amputation, la vie faite de violence des soldats en campagne et les frasques des officiers.

Un roman cru, vrai qui fleure le sang et les larmes.

Un roman qui curieusement m'a fait grandement regretté qu'on ait pas de Sharpe français.
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sweetie
  19 avril 2017
Un titre qui était dans ma PAL depuis un bout de temps et c'est en lisant une entrevue qu'a accordée Patrick Rambaud à un magazine littéraire que je m'en suis souvenu. le thème de Napoléon Bonaparte et du premier Empire m'intéresse grandement mais je craignais un ouvrage lourd et ennuyeux. C'est tout le contraire! Rambaud raconte la bataille d'Essling en 1809 comme s'il y était; c'est dur et rigoureusement historique. Les généraux et les grognards apparemment tous unis derrière l'Empereur sur les rives du Danube mais on sent que le doute commence à s'insinuer dans les esprits. Certains sont volontaires, d'autres conscrits mais tous ont la hantise de retourner au plus vite à leur autre vie. Parmi ceux qui ont réellement participé à cette bataille, des personnages imaginés par l'auteur et Henri Beyle, celui qui deviendra Stendhal. Une grande reconstitution qui mérite son prix Goncourt.
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Ys
  20 octobre 2012
Mai 1809. Les armées impériales occupent Vienne. de l'autre côté du Danube en crue, l'Archiduc a rassemblé ses troupes pendant que Napoléon, installé à Schönbrunn, dresse ses plans pour la bataille.
La bataille, ce sera celle d'Essling - que ce roman s'attache à retracer depuis ses premiers préparatifs et dans ses moindres détails. La construction trop hâtive du pont sur le fleuve en furie, dont la fragilité ouvre la porte à tous les désastres. Les mouvements de troupes, l'installation et l'attente dans les villages désertés de leurs habitants, les premières escarmouches et la tuerie, deux jours durant, qui laissera quarante-cinq mille morts dans les blés.

On y suit les pas des maréchaux - Masséna, truculent, ne perdant pas une occasion de piller, Lannes, écoeuré et las, qui ne rêve plus que de rentrer chez lui. Tous les autres présents en ce jour, leurs rivalités, leurs sentiments ambigus pour ce Bonaparte qu'ils ont suivi autrefois avec tant d'enthousiasme et qui ne sait plus s'arrêter, emporté par sa propre course que guettent déjà, de loin, le vertige et la chute.
On y suit les pas de Louis François Lejeune, colonel du génie et artiste reconnu, amoureux fou d'une belle autrichienne. Ceux de son grand ami Henri Beyle, qui ne s'appelle pas encore Stendhal et travaille dans un bureau de l'intendance. Ceux de Fayolle, soudard banal habitué à survivre ou encore ceux de Vincent Paradis, simple paysan jeté à la guerre par les hasards de la conscription. Beaucoup d'autres, qui survivront ou qui mourront, dont les chemins entrecroisés dessinent un superbe tableau de bataille, pétri de vie et de sang.

Ce roman, Balzac l'avait rêvé, annoncé en 1833 : "Là, j'entreprends de vous initier à toutes les horreurs, à toutes les beautés d'un champ de bataille ; ma bataille, c'est Essling." Il n'en vint jamais à bout. Cent-soixante ans plus tard,Patrick Rambaud en reprend le projet et le complète avec talent, dans un style fluide, d'une belle puissance évocatrice, bourré de détails, de personnages et d'anecdotes empruntés à l'histoire, remarquablement documentés et mis en scène avec beaucoup de vie, d'humanité.
Le résultat lui a valu le Goncourt et le grand prix du roman de l'Académie française, à mes yeux très mérités. J'avais beaucoup aimé à 14 ans, et si entre temps mon regard a changé, j'ai tout autant, et sans doute même mieux, apprécié aujourd'hui !

Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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marc_tlse
  02 avril 2018
Dans une bataille, l'important c'est le matériel dont on dispose: la nourriture, les munitions, les chevaux et les hommes ... oui, oui, les hommes ! un général se demande même combien il en aura à dépenser. Cette bataille qui en tuera des dizaines de milliers ne servira à rien ... mais on recommencera à Wagram, avec plus de morts encore mais avec une victoire sur les autrichiens ... en attendant d'autres batailles. Ce roman décrit toute l'horreur de ces confrontations et le désespoir de ceux qui s'y engagent, les morts mais aussi les blessés au main de chirurgiens réputés (Percy, Larrey,...) dont l'unique question est de savoir ce qu'il faut couper à la scie de menuisier....
Et puis il y a Napoléon dont on pourrait penser qu'il s'intéresse à ses soldats lorsqu'il veut leur remonter le moral mais qui ne voit que des masses dans les batailles et qui peu de temps après la mort de son ami Lannes pense déjà à la bataille suivante.
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