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EAN : 9782246671510
334 pages
Grasset (23/08/2006)
3.62/5   103 notes
Résumé :
Je vous raconte ici l'ascension d'un homme. Petit, maigre, avec un drôle d'accent, des cheveux raides et des yeux bleus, il a vingt-cinq ans, il s'impatiente : il n'est rien et il veut tout. Général en disgrâce, il monte de Marseille à Paris au printemps 1795. Après la chute de Robespierre, le pays est en plein chaos. [...] A force d'intrigues, de coups de gueule ou de caresses, notre général va réussir. En une saison il écrase une émeute royaliste, épouse la vicomt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Rien de plus versatile que le coeur des peuples ! En 1795, celui des français a changé : rassasiés de sang et de massacres, ils vomissent la Terreur et son cortège de têtes coupées. La Convention s'installe et inaugure un nouveau régime où l'insouciance est reine. Fêtes, banquets, ballets… le Tout Paris s'étourdit dans une suite sans fin de réjouissances où les muscadins, jeunes royalistes à la tête chaude et aux tenues extravagantes, mènent la danse. Tous pensent que le temps de la violence est révolu. Mais ils se trompent : à la porte fermée des magasins, la populace gronde, elle a faim, elle a froid et dévorerait bien tout cru ce gouvernement de pacotille qui l'affame et la néglige. Dans ce contexte lourd de menace, évolue le jeune Saint-Aubin, nobliau obsédé par le désir de venger sa famille massacré par les jacobins. Les hasards de sa vie agitée l'entraineront à croiser de nombreux personnages, dont un particulièrement intriguant : un général corse presque aussi jeune que lui, à l'accent épouvantable et à l'ambition vivace. Vous n'avez sûrement jamais entendu parler de lui… Il s'appelle Napoléon Bonaparte.

Avec son « Chat Botté », Patrick Rambaud nous prouve que le temps du roman historique n'est pas mort avec Alexandre Dumas. Avec un humour, une vivacité et un brio que n'auraient pas renié notre ventripotent romancier national, il fait revivre pour nous les dernières années, complexes et contrastées, de la Révolution française. Les fanatiques du petit corse pourraient râler en voyant leur idole presque relégué au second plan par les nombreux autres personnages du récit mais cela ne m'a nullement gêné. Plus que son portrait, c'est celui de l'époque qui l'a vu naître que dresse Rambaud. Il rappelle ce fait capital : Bonaparte aura beau décrier la Révolution, il en est l'héritier et son extraordinaire ascension n'aurait jamais été possible sans elle. le tout donne un récit court mais qui réunit tous les ingrédients d'un excellent roman historique, aussi divertissant qu'instructif.
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La Feuille Volante n° 1298

Le chat botté - Patrick Rambaud – Grasset.

Ce surnom, digne d'un conte de Perrault avait été donné à Bonaparte par une femme, Laure Permont, future épouse de son fidèle Junot dont il fera un général, à cause de ses grandes jambes maigres et bottées, un vrai chat efflanqué. Il n'était alors qu'un obscur général désargenté de 25 ans, au fort accent corse qui cherchait sa voie dans le tumulte de la Révolution, arrivait de Marseille dans une capitale qui venait de voir la chute de Robespierre. Nous étions au printemps 1795 et son ascension commençait. C'était une de ces situations surréalistes qu'on rencontre dans les périodes d'extrême tensions: le peuple de Paris affamé grondait et les muscadins fêtards que pourchassait la Convention dépensaient largement de faux assignats dans les restaurants à la mode, les agioteurs s'activaient, la violence et l'insécurité étaient partout, le pouvoir vacillait et avec lui les Institutions, l'armée. Lui dont les débuts avaient été difficiles, attendait son heure, observait les faits et les gens, apprenait, rêvait de guerre en Italie, méditait les auteurs latins qu'il affectionnait qui racontaient la vie d'hommes illustres où de simples citoyens, et parfois même des généraux, devenaient dictateurs ou empereurs… Une atmosphère insurrectionnelle terrorisait les gens, les Jacobins menaçaient de revenir, les royalistes relevaient la tête, la guerre civile s'installait, rappelant la Terreur et les exactions de Robespierre. Comme toujours en pareil cas, des noms émergent qui se perdront dans la tourmente de la révolte et d'autres comme Murat, Marmont, Junot seront favorisés par le destin ou par L Histoire. Bonaparte attendait, réfléchissait et agissait en vrai républicain.
Ce général inconnu qui avait refusé d'aller en Vendée combattre la rébellion anti républicaine n'hésitera pas à faire feu au canon sur les royalistes de Paris à l'église Saint Roch. Pourtant, dans cette ambiance ahurissante, malgré les canons qui sèment la mort, on dîne dans les restaurants parisiens, on danse, on va au théâtre, enfin ceux qui en ont les moyens. Après le siège de Toulon où il s'était illustré victorieusement, Saint Roch est le deuxième acte de son parcours républicain, mais c'est aussi le début de la reconnaissance, de l'ascension vers le pouvoir suprême, vers la richesse. Il devient rapidement une sorte de dictateur de Paris, fait surveiller tout le monde, croise Fouché, le futur ministre de la police, rétablit l'Ordre Public si malmené pendant cette longue période de chienlit. L'aigle se sent pousser des ailes, déjà, parce qu'il faut un chef à la France et qu'il sera celui-là. le Directoire n'a rien de bien sérieux, se trouve incapable de créer des richesses , de renflouer le Trésor, de juguler la hausse des prix, d'avoir de l'argent qui est le nerf de la guerre . Et c'est bien une guerre que ce général impétueux et ambitieux attend. Ce sera l'Italie.
Il ne lui reste qu'à tomber amoureux et à se marier, ce qu'il fait avec Rose de la Pagerie, veuve Beauharnais. Il fallait qu'il le soit parce que celle qu'il appellera désormais Joséphine n'était ni noble, ni riche, comme il le pensait, mais surtout pas vertueuse comme il aurait pu l'espérer, ce qui excite sa jalousie. Tout est en place pour que Bonaparte devienne Napoléon.
Alors qu'il était encore jeune, quelqu'un avait dit de lui qu'il fallait porter de l'attention à cet homme et ne pas oublier de le nommer à des postes importants, sans quoi il le ferait lui-même ! La suite de sa biographie a illustré cette appréciation pertinente.
L'ouvrage allie avec bonheur un travail d'historien, précis et authentique et un talent d'écrivain. le style est fluide et facile à lire, ce qui transforme ce livre en un bon moment de lecture. Nous sommes en effet dans un roman historique qui, certes s'inscrit dans un contexte très concret mais qui laisse aussi la place à la fiction, même si, à titre personnel, je ne suis que très peu entré dans certains épisodes qui laissent la place à l'imaginaire.
Cet ouvrage, paru en 2006 fait partie, avec « La Bataille » (1997), « Il neigeait » (2000) et « l'absent » (2003) de l'épopée napoléonienne.
© Hervé Gautier – Décembre 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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Le chat botté, c'est le surnom donné à Napoléon Bonaparte par la fillette d'une famille amie et un titre choisi par Patrick Rambaud pour illustrer les débuts patients d'un ambitieux militaire de carrière, qu'on qualifiait aussi d'impatient. le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), la chute de Robespierre entraîne avec lui la fin de la Terreur et laisse place ainsi à un nouveau régime... Ce roman fait partie d'une série d'ouvrages du même auteur sur Napoléon Bonaparte (La bataille, Il neigeait, L'absent) et dont l'écriture et la recherche minutieuse contribuent à restituer de façon magistrale la frénésie politique qui a marqué la montée de cette figure mythique. Un roman exigeant mais qui procure une intense satisfaction littéraire et historique.
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1795. Robsepierre vient de suivre à l'échafaud tous ceux qu'il y avait envoyés. La Convention s'installe, le Tout-Paris, après avoir beaucoup tremblé, se lance à corps perdu dans les plaisirs. Les agioteurs magouillent, les profiteurs profitent, les prix s'enflamment, le peuple crève de faim, les royalistes complotent, de jeunes élégants s'enflament contre les jacobins passés de mode. le contraste entre les deux France, celle qui danse et celle qui meurt, est plus cruel que jamais, et l'on songe vite à se révolter contre ce gouvernement de profiteurs qui ne sait rien apaiser.
Mais comme le fait remarquer un petit général corse récemment débarquer à Paris, ce n'est pas l'estomac qui crée les Révolutions, c'est le cerveau.
De cerveau, Saint Aubin - jeune muscadin résolu à se venger des bourreaux de sa famille et à servir la royauté - n'en a guère. Mais bien qu'un peu ridicule parfois, il ne manque pas d'un certain charme romantique.
Charmeur, le petit général corse sait l'être, parfois, lorsqu'il s'agit de se trouver une épouse riche et influente dans les salons mondains. Mais aussi impérieux, arrogant, sans scrupules - intelligent en diable et étrangement fascinant. Dans ce monde en plein chaos, toutes les occasions sont bonnes pour saisir la Fortune : il ne va pas y manquer, et comme chacun le sait, il ne la lâchera pas de sitôt.

Après Essling, la Russie et l'exil, Patrick Rambaud laisse derrière lui les ombres de l'Empire pour s'intéresser à l'entrée en scène de celui qui, au prix de quelques lettres dans son nom, s'apprête à devenir Napoléon Bonaparte. Mais autant que l'homme, si ce n'est plus encore, son sujet est l'époque qui le conditionne, le moment historique dont il profite pour prendre son élan. Et cette époque, Rambaud la retranscrit avec brio.
Une inscription très précise dans le paysage parisien historique, des personnages qui touchent juste pour incarner l'esprit (ou les esprits) du temps. Un excellent sens du détail - celui qui donne vie, consistance, profondeur à une scène. Des dialogues bien tournés, et juste ce qu'il faut d'esprit et de vernis ironique pour dédramatiser cette époque si dramatique, et qui tendait si facilement à surjouer son rôle.

Un excellent petit roman, aussi intéressant que savoureux, et dévoré avec le plus grand plaisir.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Preuve que je rencontre de grosses difficultés dans le domaine littéraire, c'est la première fois que je mets autant de temps à rédiger une chronique. J'en suis déjà au quatrième jour... En résumé, c'est parti pour être compliqué mais on va s'y coller tout de même. Concernant ce livre, je me suis puni suite à ma vilaine habitude : ne jamais lire les résumés des bouquins que j'emprunte. Ici, nous explorons une partie de la révolution française et jusque là, aucun souci. Là où j'ai rencontré mes premières difficultés de progression, c'est lorsque j'ai parcouru des passages centrés sur Napoléon. Faut savoir que cet homme n'est pas du tout mon personnage historique favori et j'ai un peu peur que cela joue sur la future note que je m'apprête à attribuer. Toutefois, un autre homme a su attiser ma curiosité même si ce dernier n'était guère fiable… tout comme l'empereur d'ailleurs. Bien sûr, je vais me plier à mon exercice favori afin de parler un peu plus de ce garçon. Tiens, pourquoi ne pas commencer ?

Points négatifs :

• Comme je l'ai dit quelques lignes plus haut, Napoléon. Très difficile de lui faire confiance et je n'aurais pas aimé être dans son entourage proche. D'ailleurs, je relève une certaine hypocrisie de sa part que je me dois d'expliquer. Bon, si le garçon a su provoquer sa grosse révolution, c'est parce que les pouvoirs en place, à cette époque, étaient devenus obsolètes. Toutefois, il veille à en conserver certaines pratiques pour mieux asseoir son pouvoir. Quitte à tout révolutionner, autant le faire entièrement.
• Toujours sur Napoléon. Lui aussi n'hésite pas à utiliser les femmes de sa famille pour favoriser certaines alliances et surtout, pour l'aider à prendre bien plus de pouvoir. Là encore, lorsque l'on veut changer les choses, on le fait vraiment.
• La lenteur de l'intrigue. Allez, sur les deux cents premières pages du bouquin, il ne se passe pas grand-chose concernant les échanges musclés. Beaucoup de discussions liées aux stratégies à mettre en place mais lorsque l'on s'attend à voir un passage qui prête justement à la mise en pratique, non, ce n'est pas encore pour tout de suite.

Points positifs :

• La taille aléatoire des chapitres.
• Saint-Aubin. Bizarrement, c'est le seul qui a su attirer mon attention alors que le garçon ne fait rien pour faciliter la sympathie. Tantôt il se veut royaliste et la seconde d'après, il devient leur ennemi avant de retourner une nouvelle fois sa veste. Très dur de lui faire confiance mais le seul domaine où là, on peut se reposer sur lui, c'est lorsqu'il se fait amoureux. C'est un homme qui se montre également déterminé et bien plus courageux qu'on pourrait le croire.
• Très heureux d'avoir fait la connaissance de cette chère Joséphine qui a su, d'entrée et sans le vouloir, retourner la tête et le coeur de Napoléon. C'est une femme qui a su se prendre en main très vite et de toute manière, la vie ne lui a guère laissé le choix.
• Mine de rien, nous apprenons quelques éléments qui aident à mieux comprendre la révolution ou du moins, sa grande histoire. Cette oeuvre a son mérite.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Le peuple préférait les convaincus, même sauvages, se disait Buonaparte aux corrompus du gouvernement qui les affamaient.
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Le mariage, il y songeait aussi pour lui-même comme un moyen de parvenir. Trois ans plus tôt, quand il rêvait de s'employer aux Indes , pendant un dîner de famille à Ajaccio il avait déclaré: "On arrive d'abord par les femmes". Depuis il cherchait.
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La guerre est un métier! Il faut à la fois de la science et de l'intuition, savoir décider sur l'instant, sans tarder, en étudiant ses chances.
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Je pense qu'il y a deux leviers pour soulever les hommes : l'intérêt et la peur.
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Vidéo de Patrick Rambaud
"Emmanuel le Magnifique" (Grasset, 2019)
Un soleil nouveau s?est levé sur la France. Est-ce Austerlitz ? Ou bien le sacre ? Au printemps de l?an de grâce 2017, Emmanuel le Magnifique est entré dans l?histoire, costume de banquier et sceptre à la main : jeune prince à la voix grêle, aux régiments start-up, annonçant un monde rénové. Fini, les rois fainéants ! Adieu, les rois chevelus ! Aux oubliettes, François le Petit, gaffeur, trempé, roi de la parlotte à l?embonpoint d?employé modèle. Aux barbaresques, Nicolas le Flambard, et son cortège d?embrouilles à talonnettes !
Après le dernier règne socialiste, voici la nouvelle saison du Royaume made in France : inattendue, pleine d?espoirs, impérieuse. Make France great again ! Dans le temps nouveau, Arcole est sur le câble, et les ennemis se nomment Plenel et Bourdin, non Mélenchon et Olivier Faure...Entre House of cards et Game of thrones, voici la chronique facétieuse, attendue, hilarante, d?un règne si neuf qu?il ressemble au précédent. Petit guépard deviendra peluche ?
Patrick Rambaud est l?auteur d?une ?uvre romanesque importante. On lui doit entre autres, une célèbre série sur Napoléon. Derniers livres publiés : Quand Dieu apprenait le dessin (2018) et Chronique d?une fin de règne (2017).
+ Lire la suite
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