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Francis Guèvremont (Traducteur)
EAN : 9782373050646
272 pages
Aux forges de Vulcain (03/09/2021)
3.68/5   45 notes
Résumé :
HONNEUR ! POÉSIE ! PHILOSOPHIE ! AMOUR !
« Je ne suis pas morte », dit-elle avec une voix douce et émerveillée.

Matari, qui s’était enfoncée dans la nuit neigeuse dans l’espoir d’y mourir, est sauvée et recueillie par Oboko, un poète et moine bouddhiste. Nous sommes au Japon, au début du dix-huitième siècle. Oboko et son ami Izzi, un poète de cour, aussi extraverti qu’Oboko est secret, s’éprennent, l’un comme l’autre, de la jeune femme, qui leu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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"Vents, rayons de lune
Neiges et ronflements gelés
Lucioles du feu
Ne sachant pas où aller
Meurent dans l'obscurité"

Comme une biche innocente, la belle Matari fuit son époux, le Seigneur Arishi, qui veut la décapiter. Oboko moine bouddhiste et son ami Izzi, poète à la cour ide Kyoto, la recueillent, dans la nuit glaciale.
Mais les serviteurs du Seigneur Arishi les poursuivent. Combien sont-ils? 3 d'abord, 10 ou bien 15 samouraïs...

"De naissance, j'appartiens au clan des Iridu. On m'a appris la danse, la calligraphie, le chant, à monter à cheval... Mais une fois mariée, je ne pouvais plus danser, écrire, chanter ou monter à cheval -sauf pour mon mari, mon seigneur."

- "J'ai seulement chanté devant un autre seigneur et pour cela, je vais devoir mourir. Oboko, je ne veux pas mourir." Matari voulait être libre, alors que cette liberté lui était justement interdite par la Tradition...
Oboko a rêvé cela ou est-ce la terrible réalité?

"Matari dégaina la courte épée du Seigneur Arishi. Dans sa petite main, l'arme paraissait immense:
-Vous me connaissez, si vous ne me laissez pas passer vous devrez me tuer, ou vous mourrez.
Les yeux levés sur Matari, les 2 samouraïs restaient immobiles et silencieux.

- Tant que tu vivras, tant que je vivrai, Matari. dit Oboko. Je ne te quitterai pas.
"-Je voudrais, commença Matari, pour l'amour que tu as pour moi...et pour l'amour... que j'ai pour toi ( des larmes emplissaient ses yeux) que tu ranges cette arme et que tu partes, Oboko".

"Elle est déjà morte, Oboko .Ne répands pas sur cette herbe le sang de ta jeunesse. "Fit doucement Arishi.
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Tragédie antique au pays du soleil levant

Ce qu'il y a de bien avec Luke Rhinehart, c'est que tu ne sais jamais en ouvrant un de ses livres dans quelle fulgurance littéraire improbable il va t'embarquer. Et ça ne loupe pas dans Vent blanc, Noir cavalier - traduit par Francis Guévremont - huis-clos angoissant malgré l'espace infini des montagnes enneigées où l'action se déroule, tension grandissante malgré l'humour omniprésent, réflexion profonde malgré les airs de comédie que prend parfois l'histoire.

Matari, l'épouse du seigneur Arishi a fauté et fuit dans le blizzard glacé des montagnes japonaises la vengeance mortelle de son mari, lancé à ses trousses avec ses samouraïs. Rencontrant sur son chemin les moines-poètes Oboko et Izzi, ces derniers sous le charme immédiat vont l'aider à fuir la mort annoncée. Jusqu'à risquer leur propre vie par amour naissant.

Rhinehart s'amuse à mélanger les genres : séquençant son texte en parties distinctes comme autant d'actes d'une tragédie classique où l'on retrouve le quintet habituel (la femme, le mari trompé, l'amant, le bouffon et les gardes) qu'il transpose hors les murs, en pleine montagne, là où le blizzard laisse planer le flou et le doute.

Posant ci-et-là au détour d'une page quelques traits d'humour balourds ou, à l'inverse, de délicats haïkus, il achève de poser le décor servant de cadre à sa réflexion majeure : l'amour, celui qui va jusqu'au don de soi pour autrui, celui qui amène le détachement absolu au point de ne plus craindre la mort annoncée, celui qui transcende les faibles et vient à bout des montagnes.

L'histoire est simple, la réflexion poussée, le décor sublime et le style souvent très inspiré. Un régal pour moi et une nouvelle découverte d'une facette d'un auteur déroutant, dont la mort récente ne devrait heureusement pas empêcher son éditeur français de poursuivre la réédition de l'oeuvre intégrale. On s'en délecte d'avance !
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Japon, début du XVIIIème siècle. Oboko, moine bouddhiste et poète, se rend dans un temple abandonné pour y passer la nuit, et éviter la neige. Il y retrouve un ami, Izzi, poète de cour qui se rend à celle d'Arishi, grand seigneur de contrées alentour, à sa demande. Quelle n'est pas leur surprise lorsqu'Oboko découvre, à l'entrée du temple, une jeune femme d'une grande beauté, écrasée en partie par son cheval qui vient de mourir de froid, en pleine tempête de neige. Après l'avoir sauvée et recueillie, nos poètes découvrent qu'elle n'est autre que Matari, femme d'Arishi qui s'est échappée pour fuir le courroux de celui-ci, et la mort : elle aurait offensé son seigneur par des comportements indécents. Nos deux compères vont devoir alors choisir : la vie d'une jeune femme, ou les leurs ?

Deuxième lecture d'un roman de Luke Rhinehart, et quelle différence ! Passer d'un récit post-apocalyptique américain à un roman historique japonais, cela peut en effet être déroutant. Mais le romancier s'en sort à merveille, et l'on est comme plongés avec nos trois personnages dans les contrées japonaises enneigées, dans le froid et la fuite face à des samouraïs surentraînés, prêts à tout pour que Matari meure, pour le respect d'une certaine idée de l'honneur et du sacrifice, qui deviendra progressivement une certaine idée, passionnelle et fusionnelle, d'un amour tragique. C'est bien mené, cohérent, ménage du suspense où il faut quand il faut, et c'est remarquable de délicatesse derrière la brutalité de la chasse qui est mise en scène.

Deuxième lecture du romancier, deuxième réussite : encore plus impatiente de m'atteler à l'homme-dé.
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Voici un livre qui vous transportera au Japon à l'époque des samouraïs, à cette époque ou les affaires d'honneur étaient questions de vie ou de mort...

L'histoire débute en plein blizzard une nuit d'hiver. Oboko est un jeune moine bouddhiste et poète, il va chercher refuge dans un ancien temple abandonné ou il va avoir l'heureuse surprise d'y retrouver Izzi, un vieil ami, lui aussi poète.
Ils vont vite être rejoints par Matari, une beauté ensorcelante, qui fuit son mari, le Seigneur Arishi... Si je vous en dis plus vous en saurez trop et je préfère vous laisser le plaisir de la découverte.
Sachez seulement qu'à partir de là, va se mettre en place une sorte de huis-clos entre tous ces personnages aux aspirations très différentes qui va nous amener à réfléchir sur les notions d'amour, d'honneur, de courage...
L'écriture est très poétique et j'ai particulièrement apprécié les petits haïkus de nos poètes disséminés ça et là. le rythme est assez lent, un peu contemplatif, certains diront ennuyeux mais c'est ce que j'aime dans ce genre de littérature.

Pendant cette lecture, les images me venaient très facilement en tête, j'avais le sentiment de regarder un film : l'ambiance, les décors, tout est parfaitement mis en scène, comme par exemple le changement de temps au fur et à mesure que l'on s'approche d'une fin annoncée.

Ce fut donc une très belle lecture pour ma part, et je suis contente de découvrir l'auteur avec ce titre.
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George Powers Cockcroft (1932-2020) est un écrivain américain écrivant sous le pseudonyme de Luke Rhinehart. Eduqué dans une académie militaire, il débute comme professeur de littérature américaine à Long Island. Dans les années 1960, il part avec sa femme vivre au Mexique et dans d'autres pays d'Amérique du sud puis à Majorque en Espagne. L'écrivain nous laisse neuf romans dont ce Vent blanc, noir cavalier (1975) qui vient de paraître.
Attention, roman « normal » ! Si comme moi vous avez lu l'homme-dé ou Invasion, vous vous attendez à un roman « spécial » dirons-nous, or pas du tout, ce Vent blanc, noir cavalier, est de la veine la plus classique qui soit, d'ailleurs il est inspiré d'une histoire vraie.
Japon, XVIIIe siècle. Oboko, jeune moine et poète, entame un pèlerinage pour retrouver maître Eno, son guide spirituel. Pris dans une tempête de neige, il se réfugie dans un temple bouddhiste abandonné et tombe sur un ami, Izzi, poète à la cour de Kyoto, gentiment paillard et picolant sec. Durant la nuit, une autre personne vient se réfugier là, Matari, une jeune et ravissante jeune femme qui fuit Arishi, un redoutable seigneur, lancé à ses trousses avec ses samouraïs, pour la tuer et venger son honneur…
Pastiche des vieux romans japonais, ambiance vue dans les films des grands maitres nippons du septième art, Luke Rhinehart séduit et passionne avec ce très beau roman. On sourit un peu, on s'inquiète souvent, on est ému tout du long par cette magnifique histoire qui mêle amour et honneur avec la mort au bout du chemin, peut-être ?
Les trois personnages déjà cités seront bientôt quatre, avec Arishi devenu leur prisonnier mais tous ses sbires, sabre à la main, rôdent autour d'eux. Il s'agit d'un roman psychologique où s'affrontent deux conceptions du monde ou de la vie, d'un côté Oboko le gentil garçon pour qui une vie humaine prévaut sur toute autre considération, de l'autre Arishi pour qui le code de l'honneur ne doit déroger à aucune exception. Arishi aime Matari, mais pour lui et selon les règles de l'époque et de son rang, elle n'a pas su tenir sa place, il se doit de la tuer de ses propres mains.
Oboko tombé sous le charme de la jeune femme pourra-t-il la sauver ou faire fléchir Arishi ? Arishi qui ne manque pas de noblesse malgré son funeste projet, cédera-t-il ? A moins que Matari, qui n'est pas une si faible femme qu'on pourrait l'imaginer, pleine de courage, ne trouve une astuce pour ménager la fierté de son époux ?
L'écriture simple mais soignée, sur un rythme collant parfaitement au thème et à l'époque de l'intrigue, séduit le lecteur tout autant que son sujet philosophique.

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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
- Matari a peut-être cessé d’être Matari, mais Arishi ne cesse pas d’être Arishi pour autant. Tant qu’elle vit, l’honneur et les serments n’ont plus aucun sens. Les fondations sur lesquelles mon univers repose tombent et s’écroulent. Je ne la tuerai pas parce qu’elle n’a pas d’importance pour moi (…) mais parce que si je ne la tue pas, cela signifiera que le seigneur Arishi est mort et indifférent. Matari est la pomme d’or du soleil, et si on ne la cueille pas aussitôt, elle pourrira et dégagera la pire puanteur de viscères empoisonnées qu’homme ait jamais humée.
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La où commence le mensonge, l’honneur meurt, l’univers s’écroule, et nous ne sommes plus que des porcs se vautrant dans la fange.
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Il appuyait son corps contre le sien, sa bouche contre la sienne, comme s'il voulait par cet effort dément, merveilleux, fusionner avec Matari, pour toujours, pour qu'ils fussent toujours, toujours ensemble. L'amour, le doute, le chagrin, la peur se déversaient en lui comme quatre torrents formant une vaste cascade et se jetant, après une chute extatique, dans le grand océan qu'ils avaient toujours désiré rejoindre.
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Quand il s'agit d'affronter un blizzard de printemps, toutes les familles sont égales !
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Mon mari est une montagne. On n’influence pas une montagne.
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Videos de Luke Rhinehart (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Luke Rhinehart
Le 17 novembre 2022, les éditions Aux forges de Vulcain, à l'invitation de leur diffuseur, devaient présenter leur titre de janvier aux libraires. Ce titre ? Une nouvelle traduction du roman "L'Odyssée de Vagabond" de Luke Rhinehart, traduit par Francis Guévremont. Pour rappel, les éditions Aux forges de Vulcain sont lancées dans la publication méthodique de l'intégrale de l'oeuvre de ce grand auteur américain.
Habituellement, c'est David Meulemans, éditeur, qui présente les titres à paraître. Mais, au dernier moment, il a été empêché. Qu'à cela ne tienne ! L'écrivain Gilles Marchand, qui avait lu le roman, s'est prêté avec éloquence à l'exercice, rappelant que les écrivains sont, avant toute autre chose, des lecteurs ! Merci Gilles !
Si vous êtes libraire, bibliothécaire, blogueuse, instagrammeuse, vidéaste et désirez recevoir un exemplaire de ce roman pour dire tout le bien que vous en pensez, et professer de manière spectaculaire l'absolue nécessité de lire ce texte, vous pouvez nous demander un service de presse en écrivant à editeur@auxforgesdevulcain.fr !
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