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ISBN : 281000711X
Éditeur : L'artilleur (21/09/2016)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
« En France, qu'il vienne d'ici ou d'ailleurs, le conservatisme a mauvaise presse : quand pour certains tout commence à la Révolution française, que la liberté ne se conçoit que comme table rase et que le Progrès et le progressisme jouent le rôle de religion moderne, on comprend qu'être conservateur y soit difficile. D'autant plus que depuis longtemps, le progressisme est majoritaire dans les milieux intellectuels. Cependant, l'un des plus grands philosophes anglais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
GeorgesSmiley
  13 juin 2019
Vous souhaitez que Notre Dame soit restaurée à l'identique ? Vous vous inquiétez de la disparition dans les programmes d'histoire du collège de plusieurs personnages que vous teniez pour emblématiques ou importants (Clovis, Saint Louis, Henri IV, Louis XIV et XV, Napoléon) pour « permettre l'étude des civilisations extra-européennes comme l'empire du Mali ou la Chine des Hans ». Vous êtes un peu nostalgique de l'époque où le rôle de l'école se limitait à transmettre des savoirs ? Vous préférez le Louvre au Centre Pompidou, le château de Versailles aux colonnes de Buren ? Vous sursautez lorsque vous entendez un Président de la république en exercice déclarer publiquement qu' «il n'y a pas de culture française » ? Vous commencez à avoir un léger doute sur la pertinence de déléguer la souveraineté de votre nation à un groupuscule de fonctionnaires bruxellois ne rendant compte qu'à leurs semblables ? le rythme d'arrivée des nouveaux immigrés vous semble un peu rapide au regard de nos capacités d'accueil et de leur volonté d'intégration ? Vous vous inquiétez, un peu, de pratiques culturelles (mariages forcés, excisions, crimes d'honneur) que vous pensiez réservées à de lointaines contrées et que vous découvrez soudain à quelques kilomètres de chez vous ? Vous respectez la loi, vous payez vos impôts et vous aimeriez que tous les habitants de votre beau pays en fassent de même ? Vous vous irritez, de temps en temps, que « l'état ne redistribue pas un bien commun (mais qu') il crée des redevances sur les revenus des contribuables (qu'il) offre à ses clients privilégiés ?» Vous aimez votre famille, vous respectez vos morts et vous aimeriez que vos descendants vivent aussi bien que vous, ce qui motive vos inquiétudes et vos actions pour la préservation de l'environnement ? Vous tenez à leur transmettre quelques valeurs morales et pécuniaires ?
Si vous vous sentez l'envie de répondre affirmativement à la moitié ou un peu plus de ces questions, je ne sais comment vous le dire avec ménagement, mais oui, vous êtes atteint d'un conservatisme plus ou moins aigu.
C'est grave, docteur ? Oui et non. Oui, dans la mesure où c'est une affection contagieuse et qu'il va vous falloir la dissimuler à votre entourage sous peine de mise en quarantaine et d'un traitement de cheval à base de la trithérapie classique : réactionnaire, passéiste, xénophobe. Pour vous en défaire et échapper à l'opprobre, il existe un traitement, long mais assez efficace : gardez le silence et écoutez la bonne parole à la télévision, à la radio (de préférence sur le service public) ou dans les journaux. Vous deviendrez en persévérant un vrai progressiste, un multi-culturaliste convaincu et un égalitariste implacable.
Non, ce n'est pas si grave que ça, parce qu'en vérité, comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, vous n'êtes pas un cas isolé. Vous êtes sans doute entouré de conservateurs qui s'ignorent .Pour vous en convaincre et, éventuellement, avoir quelques arguments étoffés à opposer aux Trissotins qui vous en feraient grief, lisez donc l'essai de Roger Scruton. Vous y trouverez une pensée brillante et solidement étayée sur l'importance des traditions et des racines, sur la nécessité et l'amour de la transmission, sur les excès d'un état obèse qui se mêle de tout et de rien au lieu de faire bien ce pourquoi il est légitime : assurer la défense, la liberté et la sécurité de ses citoyens. Vous comprendrez comment l'inflation galopantes des Droits de l'Homme aboutit in fine à le priver d'un de ses droits fondamentaux, la Liberté. Vous serez en mesure de différencier ethnicité et culture et vous aurez, sans doute, retrouvé le goût de défendre l'état-nation seul à même, de veiller à la conservation du Territoire, de l'Histoire et des Coutumes. Vous serez conforté dans votre intuitive conviction que l'enjeu principal se situe à l'école et vous serez en mesure de tordre le cou à quelques poncifs qui ont toujours du succès comme celui qui tient pour acquis que « le nationalisme, c'est la guerre ».
Et, « last but not least », vous aurez en tête la définition assez étonnante du conservatisme que donne Roger Scruton : « le conservatisme est la philosophie de l'attachement. Nous sommes attachés aux choses que nous aimons et nous souhaitons les protéger du déclin. Mais nous savons qu'elles ne peuvent durer pour toujours. Entre-temps, nous devons étudier les moyens par lesquels nous pouvons les retenir malgré tous les changements qu'elles doivent nécessairement subir, pour continuer à vivre nos vies dans la bienveillance et la gratitude. »
Non, Conserver n'est pas un gros mot, la preuve avec quelques synonymes : sauvegarder, soigner, préserver, sauver, épargner, entretenir, garder, ménager, maintenir, retenir, immortaliser.
Pas plus que transmettre : «Les bonnes choses dont nous héritons ne sont pas là pour être gâchées. Une ligne d'obligation nous relie à ceux qui nous ont donné ce que nous avons, et notre souci pour l'avenir en est la prolongation. Nous prenons en compte l'avenir de notre communauté non par des calculs de coûts et bénéfices, mais plus concrètement, en nous considérant comme les héritiers de bénéfices que nous devons transmettre».
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fklevesque
  21 novembre 2016
Un ouvrage remarquable en tous points.
Les indépendances d'esprit, d'évolution politico-philosophique et d'opinion de l'auteur sont posées en propos liminaire à travers l'auto-présentation de celui-ci. Ce qui permet au lecteur de constater que toute approche est sujette à une remise en question potentielle pouvant déboucher sur un nouveau positionnement.
Roger SCRUTON pose de manière simple et efficace les fondements du lien Homme-territoire au sein d'une association volontaire d'hommes et de femmes autour de Valeurs communes et acceptées. Lui succède une brillante analyse des systèmes socialiste et capitaliste puis une étude on ne peut plus pertinente de l'environnementalisme et de l'internationalisme. Cette approche lui permet enfin de poser les vérités du conservatisme et des Valeurs sociétales et religieuses qui lui sont attachées, loin des schémas réducteurs sans cesse avancés par les soit-disant bien pensants.
Cet ouvrage démontre de manière magistrale que le conservatisme se pose comme étant une approche ouverte reposant sur des piliers assis sur des valeurs fondamentales et éprouvées qui seules sont capables d'apporter une réelle équité à la société et de conduire l'homme à se conduire en être responsable et non en démiurge "éclairé" dont les actions ont souvent de graves conséquences pour l'humanité.
Sur une base parfaitement logique, le discours de Roger SCRUTON conduit le lecteur méconnaissant le conservatisme ou empreint des stéréotypes communément distillés par les idéologies socialisante ou capitaliste à réaliser qu'un "conservateur" n'est ni un "réactionnaire", ni un "fasciste". Qu'il est un homme attaché à son territoire et aux êtres qui constituent la communauté qui y vit sur la base d'une histoire passée, présente et future commune. Qu'il est un homme aspirant à une réelle équité, à à une véritable justice et à une égalité des chances reposant sur une implication réelle d'individus conscients de la valeur du travail, ayant le goût de l'effort et surtout engageant toutes les actions nécessaires pour ne pas être une charge pour la société.
Ce livre est une véritable bouffée d'oxygène à l'heure où bon nombre de pays partent à la dérive et perdent les sens des Valeurs du fait des politiques qui les gouvernent.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   20 juin 2019
(L'Histoire) a de la valeur, pour nous, parce qu'elle contient des hommes sans les efforts et la souffrance desquels nous n'existerions pas nous-mêmes. Ces personnes ont produit les contours physiques de notre pays; mais elles ont aussi produit ses institutions et ses lois, et se sont battues pour les préserver. Dans tous les sens de l'obligation sociale, elles méritent de notre part un devoir de mémoire. Nous ne faisons pas qu'étudier le passé : nous en héritons, et l'héritage apporte avec lui non seulement les droits de propriété, mais les devoirs de la fiducie. Les choses pour lesquelles certains se sont battus ou sont morts ne devraient pas être inconsciemment dilapidées. Car elles sont la propriété de ceux qui ne sont pas encore nés.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   20 juin 2019
Notre civilisation s'est mise à la recherche de la Jérusalem céleste, et nous la recherchons toujours dans les centres usés de nos villes historiques. Le pèlerinage à Prague, Venise ou Florence est un incontournable du Grand Tour de l'athée moderne. Mais le désir inlassable d'effacer le sacré persiste : presque chaque ville a sa version du Centre Pompidou parisien, une aire de jeu facétieuse implantée au milieu d'un panorama d'ordre et de grâce. Depuis ce centre de profanation irradie l'appel du Corbusier à la démolition totale, à un nouveau départ, à une nouvelle forme de ville, la ville de l'incroyance où le sens sera ouvertement tourné en dérision dans le miroir. Partout en Asie et au Moyen-Orient, nous assistons à l'érection de cette nouvelle forme de ville, sans recoins, sans ombres, sans secrets. Nous Européens résistons à cette maladie du mieux que nous pouvons, sachant que la perte de la ville sera la perte de trop. Et nous avons sûrement raison : car nous nous battons pour le foyer que nous aimons, contre ceux qui profitent de sa destruction.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   19 juin 2019
A gauche comme à droite, les hommes politiques ont pris l'habitude d'éviter ou d'ignorer les préoccupations de l'électorat, et d'étaler publiquement leur statut de célébrité. L'influence du "quatrième état" comme Burke nommait la presse de son époque, est inévitable; mais les hommes politiques, semble-t'il, n'ont plus de volonté affirmée de leur résister, et sont prêts, dans toute compétition électorale, à faire passer leur image médiatique avant l'intérêt national.
C'est en partie à cause de cela que la question de l'immigration est devenue politiquement litigieuse. Car l'immigration est un sujet sur lequel les journalistes progressistes peuvent exposer leur conscience à peu de frais, et adopter la posture de champions des plus vulnérables. La pression est constante aux Etats-Unis d'offrir une amnistie aux immigrés illégaux - en d'autres termes, d'accepter comme citoyens des personnes qui ont montré leur mépris pour la loi. Dans le cas de la Grande-Bretagne, le sujet est allé bien plus loin, le parti travailliste ayant encouragé l'immigration de masse sans égard pour sa quantité ou sa qualité, et le Traité européen ayant dans tous les cas annulé la souveraineté nationale en la matière. Cette question est devenue si importante, en effet, qu'il est désormais dangereux d'en discuter, par crainte des chasses aux sorcières et des persécutions qui s'ensuivent inévitablement.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   19 juin 2019
Savoir comment cette classe politique si détachée, en apparence, des loyautés ordinaires, est advenue, est une vraie question pour les conservateurs. Dans le cas de la gauche, le mystère n'est pas si difficile à percer. Il y a des chemins vers la politique, à gauche, qui passent outre toutes formes naturelles de vie humaine. On commence avec une cause, on rejoint une ONG, on essaie de se caser dans un "quango", on entre dans le gouvernement local, on acquiert l'habitude de dépenser l'argent des autres, et on apprend à manoeuvrer la machine politique. Tout cela peut s'obtenir sans prendre de risque ni jamais accomplir ce qui serait pour d'autres une bonne journée de travail. Dans une certaine mesure, de tels chemins vers la politique existent aussi à droite : on commence avec une sorte de vide moral élégant et on se présente comme un consultant - en d'autres termes, quelqu'un dont aucune entreprise n'a besoin avant qu'il n'apparaisse. Presque toutes les entreprises modernes sont recouvertes de ces parasites - consultants en management, consultants en relations publiques, consultants en "responsabilité sociale d'entreprise", etc., affairés à rappeler aux dirigeants les problèmes qui n'auraient jamais, autrement, traversé leur esprit. Pourtant, rien n'oblige à ce que ce processus produise une classe politique aussi détachée de l'humanité que celle que nous avons devant les yeux. Il doit y avoir des moyens pour un consultant de se frotter à la réalité de temps en temps, de façon à comprendre que nous vivons par et à travers nos attachements, et sommes perdus lorsqu'on nous les prend.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   18 juin 2019
La déqualification de la société s'est produite en partie parce que le système éducatif a changé en réponse à l'offre plutôt qu'à la demande de son produit. La croissance des diplômes de pacotille et de l'expertise charlatanesque a été amplifiée par la disponibilité du financement public pour les rentiers de l'éducation. Les victimes en sont les étudiants, séduits par la pensée qu'un diplôme en sociologie des médias permet de travailler dans les médias, ou qu'un diplôme en "peace studies" de corriger le monde. Le besoin est immense, dans le monde occidental, d'un système d'enseignement supérieur plus libre, qui offre aux étudiants des qualifications qui leur seront utiles, et où les enseignants doivent faire la preuve de leur expertise.
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