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Éditeur : les crocs électriques (15/05/2017)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Antyryia
  19 mai 2017

Cher Marcelo Rios,
Je suis né le 26 décembre 1975 à Arras.
Tu es né le 26 décembre 1975 à Santiago, au Chili.
En 1993, j'obtenais mon baccalauréat économique et social. Toi tu remportais l'US Open junior.
En 1996 je parvenais de justesse à décrocher ma licence de lettres modernes. Tu entrais dans le top 10 mondial des meilleurs joueurs de tennis.
En 1998 j'effectuais mon service militaire. Toi tu étais numéro un mondial du classement ATP, sans même avoir remporté de tournoi du grand chelem. Tu as été finaliste de l'open d'Australie cette année là.
Un jour j'ai gagné 500 francs en grattant un morpion. Tes gains en compétitions s'élèvent à près de dix millions de dollars.
Tu as décroché dix-huit titres en tournois simple messieurs. Et moi trois concours administratifs.
Je n'ai jamais uriné sur personne. Toi si en 2003 lors d'une soirée probablement trop arrosée en discothèque.
* * *
Vous vous dîtes sûrement que ça y est, Antyryia a cette fois définitivement pété les plombs, et pourtant il y a bien un lien entre cette comparaison douteuse et la première des sept nouvelles proposées dans ce second volume de Porcherie.
Le premier des textes concoctés cette fois par Christophe Siébert s'intitule en effet "I am ( not ) Léonardo". Siébert et di Caprio ne sont pas nés le même jour mais ils ont juste un mois d'écart. L'aîné, c'est Siébert qui est né le 11/10/74 tandis que l'acteur américain est du 11/11/74. S'ensuit une étrange comparaison de leurs vies respectives, qui livre des pans autobiographiques de l'écrivain français et de l'acteur américain. On sait par exemple que le comédien doit son prénom à de Vinci et l'auteur à l'interprète d'Aline. Que tandis que di Caprio prenait des cours de comédie, Siébert n'avait pas le droit de sortir, ou qu'il était revenu vivre chez ses parents quand Titanic a explosé les entrées au box-office. Deux destins que tout semble opposer, une étrange obsession pour un tout aussi curieux alter-égo, d'où émerge une impression d'injustice et d'acharnement du sort.
J'ai l'impression que dans ce recueil, les textes suivants font tous suite à ces fragments autobiographiques délivrés par l'écrivain, ce qui va leur donner une unité. Aussi je ne m'attarderai sur celle-ci que pour introduire les suivantes.
Par exemple, à l'inverse d'un di Caprio qui a bel et bien l'intention de profiter de ses vieux jours, l'auteur confie ne pas savoir s'il veut vivre centenaire ou se suicider à un moment déterminé, restant à définir. Et "Pendu", la seconde nouvelle, met justement en scène le suicide d'un adolescent de dix-sept ans. Un véritable exercice de style. Un moment décrit minute par minute pour un résultat aussi malsain qu'atroce et décalé.
"A 08h14 j'ai resserré le noeud autour sur mon cou.
A 08h17 mon père a pissé à gros bouillons dans le fond de la cuvette.
A 08h17 j'ai sauté."
A nouveau un texte étrange qui, en peu de mots, nous fait suffoquer également en nous mettant dans la peau de ce garçon solitaire et malheureux qui nous décrit dans le détail son agonie, avant, pendant et ... après.
La couverture du recueil renvoie bien sûr plus particulièrement à ce texte.
Alors que les parents de Léonardo di Caprio ont divorcé en 1975, ceux de Christophe Siébert sont restés mariés et leur relation semblait bancale ( "Ma mère était folle, alcoolique, et battait mon père chaque jour." ). On retrouve de nouveau la nouvelle "La première fois que j'ai tué mon père" qui figurait déjà dans la première anthologie. Un doublon un peu discutable étant donné la taille du livre mais qui trouve bien sa place ici puisqu'il nous livre un souvenir de collège, l'un de ces moments trop rares où le père s'insurge, devient agressif, refusant cette fois de se laisser humilier par cette mère castratrice. Souvenir ou pure invention ? le texte se lit différemment cette fois étant donné que le lecteur prend conscience que ce moment, s'il n'a pas été vécu, aurait en tout cas pu l'être.
Quand Léonardo jouait le rôle d'Arthur Rimbaud dans le film Rimbaud Verlaine, Siébert a quant à lui fugué et est devenu sans domicile fixe. Sur son site facebook, on peut lire d'ailleurs qu'il s'est considéré un temps comme "clochard de la littérature" avant de passer aux étapes supérieures. "Batman" nous raconte une histoire non dénuée d'humour ( très noir ) avec pour héros un homme qui vit dans les souterrains parisiens, et plus précisément sous la station de métro Bonne nouvelle. Cet homme, alcoolique invétéré, a perdu les deux femmes de sa vie. Son épouse est morte des suites de son cancer, et sa mère a été tabassée à mort par son compagnon de l'époque. Tout en protégeant les passagers de la rame, notre homme cherche l'assassin de sa mère, multirécidiviste au vu des journaux retrouvés. En véritable détective amateur, il analysera le moindre déchet, les affiches, les poubelles, les papiers, les odeurs d'urine. Aidé par sa mère dont il entend les voix, torché du matin au soir, ce champion du bien rendra-t-il enfin justice ?
Tandis que di Caprio sortait avec le mannequin Bridget Hall, Siébert était toujours célibataire. Et la longue nouvelle "Abstinence" pourrait y faire écho. Récit d'anticipation, la particularité de ce monde futuriste c'est la partouze chimique. En effet, les fantasmes y sont mis en boîte et dans les love-boutiques, les acheteurs peuvent se procurer les ampoules et les seringues pour leur faire vivre celui de leur choix. Entre autres exemples : le professeur initie son élève, Coincé dans un ascenseur avec un policier, ou - à déconseiller aux âmes sensibles - Partouze au cimetière qui dégénère en viol nécrophile ( pour six à huit personnes ). Très croyant, le narrateur va trouver un travail au sein de la boîte qui fabrique ces recettes et luttera contre toutes les pensées impures qui lui polluent l'esprit. Ses prières s'accompagneront de mortifications. Arrivera-t-il à se préserver de toute cette débauche virtuelle ? Jusqu'où est-il prêt à aller ?
Toujours à la même période, Siébert évoque sa douleur d'aimer une fille sans qu'il n'y ait de retour. La sixième nouvelle, qui s'intitule "Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard" parle à nouveau d'un adolescent de dix-sept ans amoureux ( et comme dans "Pendu", la fille se prénomme Marie ). Un texte assez glauque encore où il dormira tour à tour aux côtés de deux couples en pleins ébats - dont celui de ses parents - sans jamais avoir la possibilité quant à lui de concrétiser ses sentiments ( ou pulsions ). le tout avec différentes chansons de Jean-Jacques Goldman en fond sonore. Un artiste dont les chansons deviendront d'ailleurs plus stimulantes qu'une revue pornographique.
Et enfin, "Monstre" fait sans doute écho à la femme qui a bien voulu de notre auteur, et avec laquelle il a eu un fils en 2008. Monstre, c'est l'histoire d'un homme au physique particulièrement disgracieux, qui gagne sa vie dans les fêtes foraines. A poil sur un tonneau, son boulot consiste à laisser les chalands lui jeter des fruits pourris au visage, en échange d'un lot éventuel.
"Après tout, ma gueule et mon corps, c'est mon gagne-pain depuis que j'ai quatorze ans."
Et un jour, il rencontre la jolie Mélissa, qui arrive à voir au-delà se sa monstruosité, et avec laquelle il se mariera et aura une petite fille, Zoé.
La belle et la bête version Siébert, est-ce que ça peut vraiment bien se terminer ?
Sept nouvelles dont six rares composent donc ce second volume de Porcherie, nouveau recueil qui ne fait pas non plus particulièrement dans la dentelle. C'est sale, c'est gluant. Ca pleure, ça transpire et ça saigne.
On y retrouve les mêmes thèmes que dans le premier volume mais cette fois l'auteur est plus présent. Comme s'il avait donné de sa
personnalité, de son vécu et de ses idées aux six narrateurs masculins qui prennent successivement la parole après un premier texte plus autobiographique.
Les histoires persistent à déranger, remuer, faire réfléchir.
Je vais me répéter par rapport à ce que je disais avec le volume 1 mais je les ai lus deux fois chacune afin de profiter pleinement des deux degrés de lecture. A chaque fois, la courte histoire proposée peut très bien se suffire à elle même, mais il est également possible de gratter sous la surface en se demandant quel message l'auteur a voulu faire passer, quelle absurdité il a souhaité dénoncer.
J'ai une légère préférence pour le premier recueil parce qu'ici j'ai eu l'impression que certaines histoires n'avaient pas trouvé de réelle
conclusion, et je crois que moins me resteront durablement en tête. Mais je me souviendrai longtemps de "Pendu", de "Batman" et d'"Abstinence"
qui sont pour moi les trois grands rendez-vous de ce livre, dans lesquelles on s'enlise, on suffoque, on se noie.
C'est violent, c'est provocant, c'est perturbant. Bref, c'est du Siébert tout craché.
Et il est en pleine forme.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
AntyryiaAntyryia   30 mai 2017
C'est drôle comme après coup les choses paraissent évidentes. C'est drôle comme les choses, quand on les apprend, plus elles te laissent sur le cul et plus tu as l'impression de les avoir toujours sues.
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