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ISBN : 2756039926
Éditeur : Delcourt (15/04/2015)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Quatre scientifiques surdoués, à l'aube d'avancements majeurs, se sont rassemblés en un groupe de chercheurs, la World Corp, à l'initiative d'un nouvel âge. Ils sont devenus les scientifiques les plus célèbres de leur temps. Ils ont changé le monde et sont aimés de tous pour cela. Pourtant, quelque chose a dérapé. Et lorsque l'objectif est le progrès à tout prix, qui finalement en paye le prix ?
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Presence
  14 juin 2016
Ce tome comprend une histoire indépendante de toute autre, et il constitue un chapitre complet. Il contient les épisodes 1 à 6, initialement parus en 2012/2013, écrits par Eric Stephenson, dessinés et encrés par Nate Bellegarde, et mis en couleurs par Jordie Bellaire.
Il y a quelques années (une vingtaine environ), 4 jeunes génies scientifiques se sont associés pour créer une entreprise World Corp. : Dade Ellis, Simon Grimshaw, Emerson Strange et Thomas Walker. World Corp. a révolutionné le monde grâce à ses technologies innovantes et révolutionnaires, en particulier en matière de prothèse oculaire. Entre 4 personnalités aussi fortes, des tensions et des dissensions sont vite apparues, conduisant à l'exclusion de l'un des leurs, le départ d'un autre, et le retrait de la vie publique d'un troisième. Des années plus tard (dans un futur proche de quelques années), une douzaine d'individus isolés dans un laboratoire subissent des transformations dues à un virus foudroyant. Chez lui, Emerson Strange essaye de gérer la situation de ces 12 individus, alors qu'il est sous le regard scrutateur de Darrow Fletcher, un individu travaillant en sous-main pour Simon Grimshaw.
Une uchronie développée (à partir de l'émergence de 4 scientifiques exceptionnels), une société ressemblant à la nôtre mais transformée par ces nouvelles technologies, des articles de journaux, une découverte progressive du passé et des relations entre les 4 scientifiques, des extraits de livres fictifs : l'intrigue n'est pas celle de Watchmen, les thèmes développés ne le sont pas non plus, mais les procédés narratifs rappellent cette oeuvre. Eric Stephenson ne se réclame jamais de "Watchmen", le récit ne comporte pas de clin d'oeil ou d'allusion, mais la similitude existe.
Malgré le recours à ces dispositifs sophistiqués, le lecteur se rend vite compte que "Nowhere Men" ne résiste pas longtemps à la comparaison. En premier lieu, la partie visuelle n'est pas à la hauteur. Nate Bellegarde utilise une approche réaliste, sans exagération des anatomies, avec un détourage des contours par un trait fin et assuré. Il fait montre d'un vrai talent pour donner une identité visuelle spécifique à chaque personnage, tous étant immédiatement reconnaissables, alors qu'il y en a une bonne vingtaine. Il s'avère très habile à poser un environnement pour le rendre unique. le lecteur s'installe avec plaisir et un peu d'appréhension dans un fauteuil du conseil d'administration, dans une pièce immense, avec une vue imprenable sur la ville. Il évolue avec précaution dans l'environnement stérile et technologique d'une station spatiale (avec de grands volumes peu réalistes). Il reste debout, un peu mal à l'aise dans la bibliothèque d'Ermerson Strange. Il respire la poussière d'une usine désaffectée.
Bellegarde réussit également à faire croire à la plausibilité des technologies d'anticipation. Il sait rendre l'âge de chaque personnage, sans jeunisme systématique (oui, les individus de plus de 60 ans ont même des rides). Il n'hésite pas à faire varier le nombre de cases par page en fonction des besoins de la séquence, d'un dessin pleine page jusqu'à 9 cases pour une seule page. Par contre il succombe de temps à autre à la tentation de s'affranchir de dessiner les arrières plans toute une page durant, diminuant alors l'intensité de l'immersion du lecteur. de même, Bellegarde éprouve quelques difficultés à dessiner des expressions de visage nuancées et variées, diminuant un peu l'empathie que le lecteur peut éprouver pour les personnages.
Eric Stephenson se montre très habile dans sa narration, exposant dès le départ la force d'évolution que représentent ces 4 scientifiques, ainsi que le pouvoir dont ils disposent dans le cadre de leur entreprise. Il a conçu une structure narrative dans laquelle le lecteur découvre la situation actuelle par bribes, à partir de plusieurs points de vue (celui des 12 cobayes, ainsi que celui d'Emerson Strange et de quelques autres), ainsi que les événements du passé (en particulier l'évolution des relations entre les 4 scientifiques, à la fois à partir de leurs réactions, mais aussi en tant que personnages publics).
Stephenson manie avec habilité le sous-entendu. Les 4 scientifiques n'exposent pas leur credo au travers d'une longue tirade, ou dans le cadre d'échanges d'opinion entre eux. le lecteur le déduit au travers de leurs actes. Néanmoins, Stephenson a donné une clef de lecture dès le départ. Dans un article de magazine, un journaliste dresse un portrait de chacun d'entre eux (naissance, ville natale, père, mère, chanson favorite, objectif, lecture favorite, etc.). Leur livre préféré révèle leur motivation profonde pour qui en a déjà entendu parler : le vin de l'été de Ray Bradbury, La Grève : Atlas Shrugged d'Ayn Rand, le Mage de John Fowles et L'orange mécanique d'Anthony Burgess. À l'instar de ce que faisait Alan Moore avec les additifs aux 11 premiers chapitres de "Watchmen", Stephenson dresse un portrait croisé de ses 4 personnages principaux par le biais de coupures de presse et d'extraits de livres.
Avec cette histoire riche en rebondissements, Stephenson sonde 2 thématiques principales. La première réside dans le culte de la personnalité dont jouissent Ellis, Grimshaw, Strange et Walker. Qu'ils le veuillent ou non, ils sont devenus des modèles pour la jeunesse qui leur accorde le statut d'idole, reléguant au placard les stars de rock ou de cinéma. Leur attitude publique donne lieu à la naissance de modes étranges et hors de contrôle. La deuxième thématique qui coure tout le long du récit est relative à l'usage fait de ces percées scientifiques. En plaçant Ellis, Grimshaw, Strange et Walker à la tête de l'entreprise qui exploite leur découverte, Stephenson concentre dans les mêmes individus la capacité d'innovation et son usage, la science et la conscience (pour paraphraser une maxime célèbre). Dans ce contexte, les convictions différentes de ces 4 individus sont lourdes de conséquences. Entre une forme de dictature éclairée imposée par une élite scientifique et entrepreneuriale (Ayn Rand) ou une quête de spiritualité en élargissant le champ des possibles (John Fowles), les conséquences (ou les dommages collatéraux) pour le reste de la population mondiale varieront fortement.
"Nowhere Men" n'est pas le nouveau "Watchmen", il n'y a pas de déconstruction du mythe du superhéros, il n'y a pas d'interrogation sur la construction de l'Histoire. Ce récit ne dispose pas d'une construction graphique aussi rigoureuse et intelligente. "Nowhere Men" est le fils spirituel de "Watchmen", avec sa volonté d'utiliser des dispositifs narratifs riches et intelligents, avec ses questionnements sur l'utilisation des découvertes scientifiques, sur l'évolution de la condition humaine qui découle de ces découvertes. Malgré l'incorporation un peu gauche d'individus dotés de capacités exceptionnelles, Eric Stephenson et Nate Bellegarde proposent au lecteur un récit d'anticipation divertissant à haute teneur en intelligence.
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Malahide75
  03 mai 2015
Temps passé : Quatre jeunes génies dans le vent s'associent pour fonder World Corp., la société scientifique la plus prometteuse de tous les temps. Unis autour d'un même idéal, « Rendre le monde meilleur », les dirigeants de World Corp. font feu de tout bois et leurs innovations technologiques vont être à l'origine d'un nouvel adage : « La science est le nouveau rock'n'roll ».
Temps présent : Victime de la mégalomanie et des divergences d'opinion de ses dirigeants, World Corp. est fauché en plein vol. Seul membre fondateur encore aux commandes, Emerson Strange s'est reclus dans sa propriété hi-tech. Pour les trois autres, le flou et les rumeurs abondent : Dade Ellis serait gravement malade, Thomas Walker est présumé mort et Simon Grimshaw, dont la perpétuelle jeunesse pose question, s'est retranché dans le silence.
Pendant ce temps, douze chercheurs d'une unité secrète tentent de survivre à leur contamination par un virus inconnu. Leur seul espoir : franchir le seuil incertain d'une machine de téléportation...
Pris dans une tourmente qui les dépasse, les anciens associés tout comme l'équipe de chercheurs vont, chacun à leur manière, essayer de trouver une explication à ce qui leur arrive et remonter des fils qui, tous, mènent à d'étranges et secrètes activités de World Corp.
Souvent suivi des termes peu élogieux de « publication de peu de qualité », « BD dessinées au kilomètre » ou « histoires de super-héros décérébrés pour jeunes ados boutonneux », le comics n'attire pas forcément les foules en liesse de lecteurs déchaînés... Heureusement pour nous, tous les comics ne correspondent pas à ces clichés, et « Nowhere Men » encore mois que les autres.
Il est vrai cependant que le dessin est particulier : une mise en case carrée, des arrières-plans inexistants, des lignes épurées... Mais passé un léger moment de déstabilisation, il reste une histoire de SF aux petits oignons.
Jouant sur les multi-supports de l'information, les auteurs ont parsemé leur histoire d'extraits de journaux scientifiques, d'interviews et de pages de pub, afin de donner aux lecteurs l'accès au maximum de sources et lui permettre ainsi de comprendre tous les enjeux en cours. Une méthode de narration très originale, qui ravira les adeptes de la SF, dans cette volonté de pousser plus loin encore la suspension de l'incrédulité, chère au genre.
Et puis, personnellement, je ne crache pas sur une bonne histoire de virus, de recherches scientifiques secrètes et de dimensions spatiales ! Et quand en plus s'y adjoint une bande-son subliminal très vintage, on ne peut qu'applaudir la créativité des auteurs et leur talent à jouer sur toutes les gammes.
Alors, futur lecteur, ne vous laissez pas décourager par une couverture peu folichonne : vous ne regretterez pas ce que vous trouverez à l'intérieur !
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critiques presse (3)
BDGest   16 juin 2015
Nowhere men essaye de dépasser le simple cadre du comics de supers héros pour s’essayer à aborder des questions plus existentielles.
Lire la critique sur le site : BDGest
ActuaBD   15 mai 2015
Une œuvre visionnaire de ce que sera peut-être le monde de demain...
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Sceneario   07 avril 2015
Une série qui commence très bien, montrant tout son potentiel pour les numéros à venir !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Malahide75Malahide75   03 mai 2015
Karen : Désolée de m'incruster, mais je vous entendais de ma chambre, et plus on est de fous, hein ? Je peux à peine dormir depuis que j'ai cette saleté, alors autant me lever un peu. Ça ne vous dérange pas ?
Kurt : Bien sûr que non. On est dans le même bateau. Viens.
Adra : Karen, tu n'as pas l'air bien...
Kurt : Elle n'est pas mal, celle-là. Je pense qu'elle attendait l'opportunité de dire ça à voix haute sans s'adresser à moi.
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