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EAN : 9782072941047
224 pages
Gallimard (03/02/2022)
3.63/5   30 notes
Résumé :
Un monde en ébullition. Partout en Europe, des pannes d’électricité de plus en plus fréquentes alarment les populations. Privés pendant quelques heures de la lumière et des commodités technologiques, les humains s’enfoncent dans une lente détresse. Alors que les derniers fusibles de l’ordre social vacillent, l’obscurité gagne du terrain et révèle par contraste ce qu’une société de la compétition cannibale produit de plus saillant. Dans L’Obscur, l’histoire locale et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Déçue qu'il soit si peu lu parce qu'il mérite une excellente place au côté de la Route de McCarty et autres romans post-apocalyptiques. On découvre un narrateur qui semble blasé de cette vie sans espoir, sous des successions de coupures électriques par intermittences. Et puis un jour, black-out total. Et les gens ne se ruent pas dans les magasins pour s'acheter du PQ mais belle et bien pour survivre sur une Terre qu'ils ne connaissent plus, trop dépendants du système agro-alimentaire qui nous ont dit quoi manger pendant des décennies. Comment chasser? Comment cueillir? Cultiver? Alors l'idée effroyable la plus simple...
Beaucoup de citations m'ont plu et je vous les ai partagé. C'est ma bibliothécaire qui m'a conseillé ce roman et je vous le conseille aussi.
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"L'Obscur" de Philippe Testa est un roman que j'ai reçu de la part des éditions folio sf, que je remercie :)

Dans ce court roman de 200 pages, l'auteur développe un monde futuriste pas si futuriste que ça, régi par le capitalisme, les inégalités sociales et la course au travail. La culture n'est plus qu'un divertissement, la technologie et les médicaments ont remplacé les interactions sociales, et quelques groupes de personnes fortunées se sont réfugiés sur des îlots déserts afin de se pavaner en toute tranquillité dans leur argent.
L'action prend place en Suisse, où l'on suit un narrateur qui va assister au déclin de notre humanité jusqu'à la fin, et même après.

Tout d'abord, je dois bien avouer que cette dystopie est effrayante car elle est encore plus proche et réaliste de notre monde que peuvent l'être celles de "1984" ou encore "Le Meilleur des Mondes". En effet, à la lecture de ce roman on n'est pas tant dépaysés par les déviances décrites, ou les personnages impliqués, car ce pourrait LARGEMENT être notre propre futur. L'auteur a simplement imaginé notre fin, et comment tout pourrait se terminer quand notre société s'effondrera sur elle-même.

C'est donc une dystopie très bien construite, mais qui n'évite pas les légers "défauts" imputables à ce genre : les personnages peu attachants, une GRANDE place aux réflexions du narrateur principal qui ralentissent l'intrigue (cela m'a beaucoup gêné surtout dans la première partie), et la relation amoureuse qui m'a rappelé celle de"1984", un petit peu prévisible. J'aurais peut-être aimé que l'on nous situe ce roman dans un contexte plus actuel, surtout en ce qui concerne l'identité de genre, et même l'identité tout court.
Cependant, là où réside la surprise est dans le dernier quart du récit, ou l'auteur nous montre une des nombreuses manières dont l'humanité pourrait s'effondrer, et ce qu'il en resterait. Philippe Testa va au bout des choses dans son roman et j'ai bien apprécié cet aspect là.

Malgré les légers défauts que je lui ai trouvé, "L'Obscur" n'en reste pas moins une dystopie bien construite, actuelle, et effrayante. le genre de roman qui fait réagir et qui ne laisse pas indifférent.
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Après ma lecture de "Soleil Vert" et histoire d'être un peu plus déprimée, j'ai fini "L'Obscur" un autre charmant documentaire, tout aussi réaliste que "Soleil Vert" mais dans un autre point de vue. Ma lecture m'a rappelé celle de "Ravage" de Barjavel mais là où ce dernier livre n'a pas réussi à me convaincre, "L'Obscur" le fait bien plus facilement.

Pourquoi ? J'ai probablement plus accroché au réalisme de ce livre, avec une société qui ressemble bien trop à la nôtre qu'à celui proposé par Barjavel. Les personnages sont aussi bien plus attachants. Même si - et c'est le principal défaut du livre même si c'est aussi une qualité - le personnage principal semble bien trop en dehors de la réalité. Il ne nous offre pas des descriptions de la société dans laquelle il vit (ou du moins pas autant que ce qu'on pourrait avoir dans un livre de dystopie) puisque même lui n'arrive pas à s'y intégrer et la regarde s'effondrer presque avec détachement. Il préfère nous livrer ses pensées qui parfois m'ont malheureusement un peu sortie du livre bien que ses réflexions soient intéressantes. Mais notons l'idée originale de l'auteur de faire un point de vue interne qui semble si détaché que c'est comme si nous regardions ce monde d'un oeil extérieur. J'ai malheureusement eu du mal au début à m'accrocher au style de l'auteur mais on s'y fait.
Je m'attendais aussi à une fin bien plus sombre (les mots-clés m'ont induite en erreur) mais finalement je trouve qu'il y a presque une lueur d'espoir. Vu comment ça partait j'ai été étonnée mais ça ne rend pas le final mauvais, bien au contraire.

Malgré les quelques défauts que j'ai évoqué, j'ai beaucoup aimé ma lecture et l'auteur est convaincant dans sa manière de raconter. Il arrive à dépeindre notre société tel qu'elle risque de l'être dans quelques années (ce n'est pas pour rien que le résumé dit ("dans un futur très proche") et nous donne une belle leçon dont je me doutais déjà : le capitalisme n'aidera pas la civilisation humaine à s'améliorer. Cette manière de vivre est obsolète depuis bien longtemps et ne sauvera pas l'humanité du déclin qui la menace.
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L'auteur aime les nuages, en tout cas, il les contemple. L'espace du ciel est un espace d'évasion vitale, vitalisant. Il me semble néanmoins qu'il n'a jamais fait l'expérience d'un ciel nocturne dégagé loin de toute pollution lumineuse, qui fait paraître très proches les étoiles, lui les perçoit toujours très lointaines.
Tout comme Barjavel, et sans doute d'autres, il imagine la disparition soudaine de l'électricité, et le chamboulement que cette disparition produirait sur notre société. Mais ce roman me semble surtout voiler un manifeste sur l'absurdité auto-destructrice de notre société contemporaine, et notre situation tout aussi absurde dans cette société.
Le style direct, percutant, pouvant être poétique, déroule sa pensée sans ambiguïté. Une pensée pessimiste, très pessimiste. Cet ouvrage est-il plus ou moins supportable que « La route » de Cormac McCarthy ? A lire en alternant avec un ouvrage comptant sur les tendances humaines à la coopération, et à la résistance à la robotisation. Ou bien, l'on aime s'enfoncer dans la perspective de la fin...
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Apocalyptique devenir de l'ultra-libéralisme, portrait pessimiste de nos sociétés où l'économie de la distraction déploie la hiérarchisation et une compétition sans limite au service d'happy few. Même si l'on peut penser que Philipe Testa commente un peu trop l'inscription politique de son action, il parvient dans L'obscur à inventer une langue pour cet avenir proche, une jolie sémantique pleine d'anglicismes apte à rendre la normalisation de cette société qui, surtout en ce moment, ressemble à la nôtre comme un cauchemar révélateur.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Ils peinent à admettre que la violence puisse être l'expression de la rancœur, de la colère, de la frustration accumulées par des pans entiers de la société humaine et notamment les plus pauvres, ceux à qui aucun rêve n'est vraiment proposé, ceux qui n'ont aucune perspective, ni surtout de réelle utilité. Combien d'hommes en ont marre d'être ignorés et veulent rappeler leur existence?
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Mais la vérité c'est que nous sommes des morts vivants, isolés, proches de la fin, des êtres que la vie a quittés, maintenus par des gestes automatiques répétés, réduits à des pantomimes de nous-mêmes, à des comportements préréglés, des parodies de socialisation, sans autre choix que ceux de de notre conso.
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On peut facilement imaginer l'interaction, ces êtres d'exception finissant crucifiés, empalés, brûlés vifs, sacrifiés sur l'autel du ressentiment, de la colère et de la frustration. C'est ce qui arrive quand tout un bel édifice construit sur des millénaires d'inégalités sociales euphémisées, relativisées voire même occultées, commence à se fissurer.
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Malgré les campagnes des Komités Anti-Ostentation, malgré les critiques de certains commenteurs vis-à-vis du luxe de masse, l’envie de ressembler aux Winners, aux Happy few et aux Rich Kids est toujours un ressort puissant, menant la majorité des gens à consommer et à se conformer. Toujours cette fascination pour tout ce qui est plus coûteux et plus visible. Toujours ce manque de confiance en soi méthodiquement entretenu et, en conséquence, ce besoin de se distinguer symboliquement. La course à l’apparence alors que l’Überklasse est la première à privilégier la discrétion. Mais c’est vrai que l’ostentation a toujours été une préoccupation de pauvres et de nouveaux riches.
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Apparemment Formose n'a jamais pleinement réalisé - peut-être à cause de son optimiste obstiné - , que comme la quasi-totalité des habitants de cette planète, il n'est qu'un pion.
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