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EAN : 9782226438881
Éditeur : Albin Michel (04/09/2019)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 105 notes)
Résumé :
Ils sont cinquante des femmes, des hommes de tous horizons. Ils ont définitivement quitté la Terre pour, au terme d'un voyage interstellaire de cent soixante ans, s'établir sur une planète lointaine qu'ils ont baptisée Pax. Ils ont laissé derrière eux les guerres, la pollution, l'argent, pour se rapprocher de « la nature ». Tout recommencer. Construire une Utopie. Mais très vite, des drames menacent leur idéal. Du matériel irremplaçable est détruit. Des morts survie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
BazaR
  17 novembre 2019
Avant d'entamer ce livre, j'avais lu quelques critiques et vu quelques personnes qui avaient réussi à doucher mon enthousiasme a priori. du coup je suis parti sans espérer un chef d'oeuvre.
Subjectivement, j'ai pourtant bien eu mon chef d'oeuvre, de la taille d'un bon coup de coeur. Je dis « subjectivement » car Sémiosis traite d'un sujet qui, lorsqu'il est bien mené, me fait grimper aux rideaux ; le rythme et l'ambiance ne sont peut-être pas à la hauteur d'amateurs de récits typés action énergique.
Ce sujet c'est la communication, lorsqu'elle concerne des sociétés humaines exotiques, mais surtout lorsqu'elle s'adresse à des espèces extraterrestres.
Sue Burke nous a concocté une histoire de communication difficile et harassante entre les générations successives d'un groupe d'humains dont les « Parents » ont fui une Terre en pleine catastrophe sociale et environnementale, et un écosystème aux capacités d'interaction particulièrement développées, surtout sa partie végétale. Pax, c'est le nom de la planète d'accueil (on voit tout de suite les ambitions des premiers colons) a vu apparaître une domination inversée de celle de la Terre : ce sont les êtres à racine qui ont domestiqué les animaux qui se déplacent. Communiquer d'égal à égal, plantes et « animaux humains » ne sont pas sortis de l'auberge et plusieurs générations ne seront pas du luxe.
Mais ce n'est pas tout. Car d'autres « animaux » intelligents ont vécu sur Pax autrefois, et ont laissé des traces. Que sont-ils devenus ? Là aussi la communication aura un rôle difficile à jouer, parfois compromise par ceux qui n'envisagent le concept d'égalité qu'entre « gens de même espèce », quelle que soit celle-ci d'ailleurs.
Ce n'est pas la première fois que je lis un récit dans lequel le végétal dispose d'une sorte de conscience. Je peux nommer par exemple Les racines de l'oubli de Christian Léourier, ou très récemment la nouvelle « Pas de veine » avec le héros de Jack Vance Magnus Ridolph. C'est toutefois la première fois que la communication, on peut même parler d'intégration réciproque, atteint un tel niveau. Sur ce point j'y ai trouvé autant de plaisir que dans le magnifique La voix des morts d'Orson Scott Card. Cela d'ailleurs presque trop loin, trop anthropique. L'intégration « humanise » un peu trop le végétal qui finit par acquérir une pensée quasi-humaine. Je préfère quand il reste toujours une distance à combler. Côté positif : cela permet de partager le point de vue de « l'autre » et d'accéder en profondeur à la « géopolitique végétale » de Pax.
L'autre élément qui m'a fortement touché est l'attitude profondément pacifiste, intégratrice et bienveillante avec laquelle les humains procèdent pour l'essentiel. Je l'avoue, je pars automatiquement du principe que ce genre d'attitude est du suicide ; il y aura toujours quelqu'un pour considérer cela comme de la faiblesse et en profiter pour vous dominer.
Sue Burke s'emploie à montrer que cette attitude, sur le long terme, est extrêmement positive pour tout le monde. L'adopter ne va pas de soi ; il faut que des générations entières avalent des couleuvres, contrôlent leur colère, répondent aux menaces par l'offre d'amitié. L'auteure n'est pas naïve non plus, et les moments où l'action s'emballent à cause de l'échec temporaire de cette tactique m'ont carrément collé au fauteuil (tout en grimpant aux rideaux – c'est lourd à lever, un fauteuil). Sémiosis, c'est aussi le récit d'une tactique pacifique jusqu'au-boutiste qui m'a vraiment interpelé. Il donne un sens nouveau à l'expression « si on te frappe sur la joue droite, tends la gauche ».
Je l'ai dit au début, n'attendez pas un récit d'action où des adversaires se frappent à mort. C'est plus subtil que ça, et cependant par effet de contraste extrêmement violent par moments. Cela donne du plaisir à lire, du beau spectacle, et aussi de quoi réfléchir.
J'ai eu la chance de lire Sémiosis en commun avec la patiente Fifrildi qui n'a, encore une fois, pas hésité à se mettre à mon rythme. Je l'en remercie vivement. Nos échanges ont été très agréables.
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LePamplemousse
  17 novembre 2019
Quel roman époustouflant !
Si vous avez aimé "Le moineau de Dieu" de Mary Doria Russell, "Silo" de Hugh Howey ou "La main gauche de la nuit" de Ursula le Guin, vous aimerez "Semiosis".
Ce gros roman foisonnant nous emmène sur une autre planète que la terre, une planète que 50 hommes et femmes vont tenter d'apprivoiser car la vie sur terre est devenue trop difficile. Ils sont tous animés d'une énergie phénoménale et d'un désir ardent de tout recommencer à zéro, la bienveillance, l'harmonie et la paix étant ce qui guident toutes leurs actions. Nous allons les suivre pendant une centaine d'années, soit plusieurs générations.
J'ai beaucoup aimé suivre l'évolution de ces différentes générations de personnages, et on n'est jamais perdus, car les uns étant les enfants des précédents, on s'y retrouve toujours.
J'ai adoré découvrir cette planète en même temps qu'eux et j'ai été happée par l'intrigue.
L'écriture est palpitante, les réflexions philosophiques m'ont tenu en haleine et j'ai tremblé pour l'avenir de cette colonie d'humains perdus au milieu de nulle part.
Un très grand roman pour qui aime le suspense, l'exploration spatiale, la découverte de mondes inconnus, le tout, intelligemment écrit et donnant matière à réflexion.
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boudicca
  13 septembre 2019
La « sémiose » est un terme utilisé pour désigner la signification en fonction du contexte : pour faire simple, un même signe peut vouloir dire des choses différentes selon la manière et l'environnement dans lequel il est utilisé. A priori rien à voir avec de l'exploration spatiale, or c'est pourtant la notion qui se situe au coeur du roman de Sue Burke, auteure américaine publiée en cette rentrée 2019 chez Albin Michel. le récit met en scène un groupe de terriens envoyés dans l'espace afin de fonder les bases d'une colonie sur une nouvelle planète, la notre étant sur le point de rendre l'âme en raison du réchauffement climatique et de ses conséquences dramatiques (catastrophes naturelles, guerres, famines…). Mais lorsque la cinquantaine de membres que compte l'équipage se réveille enfin après des années de sommeil artificiel, c'est pour découvrir que le vaisseau a opté pour une autre destination que celle initialement prévue. Qu'à cela ne tienne, les explorateurs décident malgré tout de s'installer sur cette étrange planète dont ils entendent faire leur nouveau foyer. Régie par une constitution dont les articles définissent les grands principes sur lesquels reposeront cette nouvelle expérience humaine, la colonie de Pax entend bien ne pas reproduire les mêmes erreurs que sur Terre et vivre en harmonie avec la nature qui l'entoure. Mais très vite, l'utopie imaginée tourne court. D'abord parce que l'effectif de départ se trouve fortement réduit à la suite de nombreux accidents. Ensuite parce que, si la faune locale n'a pas l'air hostile, la flore, elle, risque de poser davantage problème. Les colons se rendent en effet rapidement compte que certaines plantes possèdent une intelligence remarquable et qu'elles tentent, à leur manière, de communiquer avec eux. Mais comment entrer en contact avec une espèce certes consciente mais dont on ignore tout et qui ne nous ressemble en rien ? le roman se divise en sept parties plus ou moins longues mettant chaque fois en scène un narrateur et une génération différente. Bien que le procédé soit intéressant dans la mesure où il permet au lecteur de suivre progressivement l'évolution de la colonie, il a aussi ses limites puisque les différentes parties se révèlent d'un niveau très variable.
La première moitié du roman en fait malheureusement les frais puisque celle-ci souffre de nombreuses maladresses qui pourraient inciter à abandonner trop tôt la lecture. le premier chapitre (déjà publié sous forme de nouvelle dans une revue) se concentre sur la découverte par les terriens de leur nouvelle planète sur laquelle ils réalisent que deux plantes se livrent une guerre sans merci : l'une d'elle va choisir de faire d'eux des alliés, tandis que l'autre cherche à les détruire par tous les moyens à sa disposition (empoisonnement de ses fruits, destruction des cultures...). L'idée est originale et le mystère qui plane autour de la nature de ces végétaux et du degré de leur intelligence parvient sans mal à capter l'intérêt du lecteur. Cela permet également à l'auteur de commencer à aborder la vaste question de la communication inter-espèce qui sera développée plus en détail dans les chapitres suivants. On peut en revanche regretter un rythme un peu trop lent et des personnages peu attachants. le chapitre suivant met en scène la deuxième génération, celle des enfants des premiers colons qui n'ont donc jamais connu la Terre. Cette fois, la question du premier contact avec une autre forme de vie est reléguée au second plan, l'auteur préférant se focaliser sur les relations entre humains et les dérives de la société instaurée par les « Parents ». Il faut dire que l'utopie initiale se trouve sacrément mise à mal. Meurtres, mensonges, viols, secrets… : la société égalitaire rêvée a laissé la place à une dictature autoritaire des anciens sur les plus jeunes. La première génération mise en scène dans le premier chapitre en prend ainsi pour son grade, les individus la composant se révélant tour à tour lâches, mesquins, et surtout conservateurs. Tout cela ne paraît malheureusement pas très cohérent. D'abord parce que, s'ils ont justement été choisis pour cette mission, c'est avant tout en raison de leur ouverture d'esprit et de leur bienveillance. Ensuit, parce que l'auteur donne l'impression de faire dans la surenchère au point de réduire les personnages à des caricatures d'eux-mêmes. le chapitre suivant ne souffre pas des mêmes défauts mais n'est guère plus passionnant. Il met en scène un jeune homme de la génération suivante utilisé (avec son consentement) comme « reproducteur » par les femmes de la communautés dont les maris sont pour la plupart stériles. L'occasion pour l'auteur d'aborder les questions éthiques posées par la nécessité de l'accroissement démographique de la population de Pax. le thème traité est intéressant mais l'intrigue est malheureusement trop simpliste et le personnage un peu agaçant.
A ce stade du roman, je dois bien avouer que j'étais à deux doigts d'abandonner. Et j'aurais eu tort, puisque la suite se révèle, de manière surprenante, tout à fait passionnante. Cela commence dès le quatrième chapitre qui met en scène une enquête criminelle : un des membres de la communauté est assassiné dans d'atroces conditions, et une femme va mener l'enquête pour tenter de trouver le coupable dans une colonie qui compte environ trois cent habitants qui se connaissent tous et partagent (en théorie) les mêmes idéaux. On se prend très vite au jeu, l'auteur parvenant à créer un véritable suspens tout abordant de nouvelles thématiques, mais de manière plus subtile que précédemment. Après avoir esquissé une réflexion sur la nécessité de la désobéissance dans une société autoritaire, Sue Burke pousse cette fois ses personnages à s'interroger sur la manière de gérer la violence : comment punir le crime ? La peine de mort doit-elle être appliquée ? Que faire des personnes atteintes de maladies mentales… ? Les habitants de Pax se retrouvent une fois encore placés face à leurs contradictions qui vont d'ailleurs se multiplier au fil des crises rencontrées dans les chapitres suivants. La découverte de l'existence d'une espèce intelligente non végétale (les Verriers) dans le cinquième chapitre va notamment permettre à l'auteur de soulever une multitude d'autres problèmes que rencontre inévitablement toute société humaine, même sur une autre planète : quelle attitude adoptée face au racisme ? Comment réagir face à la violence ? Comment forcer des individus hostiles à coopérer et vivre avec les autres ? Comment faire pour cohabiter avec ces individus dont le fonctionnement et les codes sont totalement différents des nôtres ? L'utopie initiale se trouve une fois encore sacrément remise en question, mais chaque nouveau problème posé permet à la communauté d'évoluer et au lecteur de mesurer le chemin parcouru au fil des générations. Outre la qualité de la réflexion proposée, le lecteur appréciera surtout la précision avec laquelle l'auteur nous dépeint cette nouvelle espèce intelligente dont on découvre non seulement les particularités physiques mais aussi « sociales » (habitations, vêtements, langage, rites funéraires, stratification de la société…), ce qui donne une dimension presque anthropologique au texte.
Au-delà de la multitude de thématiques sociétales abordées via l'évolution de la colonie, la notion qui se situe au coeur du roman reste sans aucun doute celle de la communication inter-espèce (d'où le titre du livre). Les habitants de Pax vont en effet rapidement se rendre compte que les deux plantes qui s'opposaient lors de leur arrivée sont loin d'être les seules formes d'intelligence de cette planète à vouloir entrer en contact avec eux. La plus évoluée d'entre elles se révèle être un bambou qui va parvenir à se faire comprendre des humains et leur proposer de vivre en symbiose, chaque espèce participant au bien-être de l'autre : le bambou approvisionne les humains en fruits nourrissants et sert d'intermédiaire entre eux et les autres espèces végétales pour les pousser à coopérer, tandis que les humains lui apportent tout ce dont il a besoin pour se développer. Très vite, la question du contrôle exercé par la plante sur les membres de la colonie se pose, car il devient évident que le bambou dispose d'une intelligence supérieure et qu'il considère les humains davantage comme des créatures à apprivoiser plutôt que comme des partenaires. Là encore les questionnements soulevés par l'auteur sont d'autant plus captivants que celle-ci ne cherche pas à nous imposer un point de vue mais laisse au contraire au lecteur et aux personnages le soin de se faire leur propre idée sur la nécessité ou non de cette coopération inter-espèce. Les échanges entres les membres de la communauté et le végétal ou les Verriers sont, à ce titre, tout à fait passionnants, même si on peut regretter l'utilisation d'un style un peu lourd : le bambou comme les Verriers ne parlant pas la même langue que les humains, ceux-ci utilisent un charabia compréhensible mais pénible à déchiffrer à base de verbes à l'infinitif plutôt que conjugués, d'inversion de mots… Tout ce qui concerne la communication entre plantes se révèle aussi parfois difficile à saisir, cette fois non pas en raison des tournures employées mais plutôt du degré d'informations scientifiques utilisé. L'auteur nous abreuve en effet de détails concernant la manière dont les végétaux fonctionnent et communiquent (entre eux ou avec d'autres espèces comme les insectes), ce qui pourra perdre certains lecteurs s'y connaissant peu en botanique (dont moi) tout en se révélant passionnant par les perspectives qu'ils ouvrent concernant l'existence de différentes formes d'intelligence non humaines.
En dépit d'une première moitié peu convaincante qui pourrait malheureusement décourager une partie des lecteurs, « Semiosis » se révèle être une très bonne surprise. L'auteur y aborde une multitude de thématiques toutes plus intéressantes les unes que les autres, qu'elles soient sociétales ou écologiques. La seconde moitié de l'ouvrage, qui met en scène le premier contact noué entre plusieurs espèces conscientes radicalement différentes, est particulièrement passionnante et dépeint avec subtilité la complexité des rapports inter-espèces ainsi que la difficulté d'établir une véritable communication. A noter qu'un second tome intitulé « Interférence » devrait paraître en octobre prochain, et, même si l'ouvrage peut tout à fait se suffire à lui-même, je suis très curieuse de connaître la suite de l'histoire de Pax et de ses habitants.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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Fifrildi
  17 novembre 2019
La colonisation d'une planète est un des thèmes qui m'accroche le plus en SF (après le voyage dans le temps). Qu'est-ce que j'ai déjà lu ? La Ballade de Pern de McCaffrey (L'aube des dragons), Mars la rouge de Robinson, Outsphere de Duvert, … Je suis loin d'en avoir fait le tour.
Semiosis est le premier roman de Sue Burke, le premier volet d'une duologie. « Interferences » est sorti en octobre dernier, il faudra donc attendre un peu pour lire la suite.
Une mise en scène plutôt classique : 50 colons – j'ai pensé au début que c'était peu mais ils étaient aussi 50 dans Tau Zéro de Poul Anderson – arrivent après un voyage de 158 ans sur une planète qu'ils nomment Pax. L'installation n'est pas aisée et tout donne à penser qu'il existe une forme de vie intelligente autochtone...
L'auteure nous emmène ensuite hors des sentiers battus.
J'ai beaucoup aimé que l'histoire ne se limite pas à l'installation sur la planète. Elle s'étend sur 7 générations (107 ans). Bien évidemment, cela implique qu'il n'y ait pas de personnage principal. Octavo, Sylvia, Higgins, Tatiana, Nye, Lucille et Bartholomé prendront chacun à leur tour la parole pour nous montrer comment la cohabitation va évoluer.
Ce n'est donc pas un roman d'action mais cela ne l'empêche pas d'être passionnant, fascinant et d'avoir quelques scènes d'une grande intensité.

Merci à BazaR de m'avoir proposé de savourer cette lecture à son rythme au cours d'une LC :)


Challenge défis de l'imaginaire 2019
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Le_chien_critique
  19 septembre 2019
Les hippies auraient eu le voyage spatial à disposition, croyez vous qu'ils seraient allés s'enterrer à Katmandou ?
Non ils seraient allés fonder Pax.
Voici leur histoire :
50 gugusses pleins aux as en ont marre des horreurs commises sur Terre et veulent fonder une nouvelle communauté en osmose avec une nouvelle planète. Ni une ni deux, ils remplissent le coffre de leur vaisseau spatial et vive la vie en communauté. de la bienveillance plein les poches, cette chienne de vie va leur montrer qu'entre idéal et réalité, les choses ne sont pas si simples.
Et cela, dès leur réveil devant une planète qui ne correspond pas à leur destination choisie. Sans compter que le déchargement du vaisseau ne se passe pas comme prévu !
Raconté sur plusieurs générations, chaque chapitre est narré par un protagoniste différent, le ton et le style s'accordant avec la psychologie du personnage. C'est bien fait, voir trop, j'ai failli reposer le livre au chapitre 2 en compagnie de cette ado chiante qui découvre que les adultes sont de fieffés menteurs. Même gageure un peu plus loin. Immersion un poil trop réussie donc.
J'ai eu aussi quelque mal avec une autre race que nos colons croiseront durant leur périples, et dont le langage m'aura énervé au possible. (un langage "petit nègre" si vous voyez de quoi je veux parler).
Parler aux plantes
L'histoire nous conte le rapport entre ces terriens immigrés, les Pacifistes, et une faune et une flore différente, radicalement étrangère. Comment s'y adapter ? Comprendre l'autre surtout si ce n'est qu'un bambou, même pas un roseau pensant ?
Rare sont les romans à nous parler d'aliens végétaux, Semiosis est de ceux là. L'autrice arrive à nous immerger dans les pensées du Bambou conscient, Bambouffon pour les intimes, et nous parle de sa biologie, de son développement et de sa communication. Elle nous parle du lien nécessaire entre les différentes formes de vie, pour que chacun puissent se développer à sa pleine mesure. Tout cela sans trop de lourdeur et de manière accessible le plus souvent.
Cependant, Bambouffon n'est pas la gentille plante verte, elle est l'espèce la plus intelligente de son ecosystème, et cela l'a rend un poil arrogante, voir manipulatrice. La question de savoir si Bambouffon veux vraiment le bien de nos colons traversera le roman, même si vers la fin du roman, ce doute s'estompe un peu trop.
"Reconnais que c'est une sacrée couleuvre à avaler"
On pourra reprocher une faune et une flore, une biosphère un peu trop ressemblante à ce que l'on trouve sur terre, mais cela rend l'acclimatation plus simple et rapide. Idem, on peut respirer sans problème, mais une robinsonnade en combinaison spatiale n'est pas des plus simples.
De même, le fait qu'une trentaine de personnes puisse recréer une population fiable sans bâtardise, cela peut surprendre. Mais contrairement à nombre de space-opera, il n'est pas question ici de se servir de la main d'oeuvre en hibernation pour sortir les corps de métiers nécessaires en fonction des situations.
Le récit multigénérationnel permet d'explorer les premières générations humaines sur Pax. Mais le découpage a aussi ses défauts : lorsque au chapitre 3 une esquisse de dialogue débute et qu'au chapitre suivant, plein de zones d'ombres sur cet apprentissage ne sont pas développés, cela est très frustrant. Nous sommes ici dans de la SF pour tout public, sans aucunes connotations péjoratives, l'amateur en voudra plus, celui qui s'initie au genre appréciera. Quoiqu'il en soit, j'ai trouvé le récit bien menée, et j'ai terminé le roman en 2-3 jours.
"Ils aspiraient à la joie, l'amour, la beauté et la communauté"
La dystopie est sur Terre, le monde bienveillant sur Pax. Heureusement que Sue Burke émaille son récit de doutes sur les actions des uns et des autres. Alors qu'ils venaient en paix, le quotidien va leur démontré que même dans un groupe bienveillant, la malveillance peut prendre forme. Heureusement, car lorsque je lis des phrases comme celle du dessus, mon envie de vomir refait surface (quels doux souvenirs que ma lecture du roman Les étoiles sont légion). Fascime, racisme, assimilation, meurtre, égaieront les journées de nos explorateurs.
Un roman utopique qui plaira à celles et ceux qui en ont marre du pessimisme en SF, mais qui reste mesuré.
Points de vue multiples et temporels, Sue Burke utilise aussi une autre méthode pour ne pas ennuyer le lecteur : chaque chapitre a son genre : on passe du roman d'aventure à l'enquête policière, du roman Young Adult à l'amateur confirmé, en faisant un détour par l'ethnologie ou l'étude de moeurs...
Cela donne un côté fix-up à ce livre, des nouvelles reliées par un fil conducteur : Pax et son bambou pensant.
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critiques presse (2)
SciFiUniverse   05 mars 2020
Les intrigues séparées pourront dérouter au début mais un fil rouge à travers le vécu de cette colonie et de ses règles les relie. Un ou plusieurs membres de la génération précédente seront présents dans la suivante, comme aide ou comme passé à dépasser. L’histoire globale est facile à appréhender, le style est fluide et accessible sans rien enlever à la qualité du propos.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
eMaginarock   04 novembre 2019
Cette lecture est vivifiante et le passage des générations donne un ton particulier à ce récit épique. [...] Ici, c’est un peu une réécriture de l’histoire qui se joue sous nos yeux ébahis, mais avec des règles du jeu totalement nouvelles. Une belle découverte.
Lire la critique sur le site : eMaginarock
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
PostTenebrasLirePostTenebrasLire   14 janvier 2021
Il faisait preuve d’une bienveillance et d’une compassion si justes que je sus qu’il serait une meilleure personne que moi, et cela fut mon réconfort matinal. Gentil, sincère, naturel, voilà ce qu’un homme devrait être…
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BazaRBazaR   06 novembre 2019
"Moi, je dis qu'il faut la détruire, déclara Uri en serrant les dents. Elle a tué Ninia. Elle va décimer toutes nos cultures."
Paula le fixa d'un oeil sévère. J'énonçai une évidence : "Le bosquet ne sera pas facile à détruire. Il couvre plusieurs hectares, et qui sait de quelles défenses il dispose.
— On a arrêté Napoléon, on a arrêté Hitler, on peut venir à bout d'une plante d'appartement meurtrière."
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BleuopaleBleuopale   05 septembre 2019
Le porte-parole des noyers me donne une quantité généreuse d'ions zinc. "Bon travail, bambouffon. Tes humains sont de bons animaux. N'oublie pas notre accord.
- A quelle distance au sud voulez-vous aller ?" Je lui envoie assez de carbure de calcium pour m'éclater une radicelle.
" Rapproche-moi d'animaux utiles, loin de toi."
Je me rends compte que je ne suis pas la seule plante à avoir une racine humoristique. "lesquels veux-tu ?
- Les putois.
- Eteints." A cause des bambous.
" Les geckos dragons
- Lents, betes et venimeux. Parfaits pour toi.
- Quand je pense que les humains travaillent pour une grande herbe colorée qui donne des fruits ! Qu'est ce qu'ils te trouvent ?
- Les frugivores aiment les fruits colorés, lui dis-je. Je les traite bien."
Il m'envoie du fructose, le sucre des fruits. Je lui expédie du xylose, le sucre du bois. Avant même de me doter d'une racine humoristique, j'avais compris que le sucre est une substance comique car sa structure chimique est excessivement tarabiscotée.
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Corboland78Corboland78   01 juin 2020
A présent, je porte des fruits qui plaisent aux étrangers et les gardent en bonne santé – un équilibre complexe entre le plaisir et l’utilité. Ils me donnent de l’eau et des nutriments, dressés comme des fippochats parles lianes blanches, mais ils sont bien plus forts que des fippochats car, comme les premiers étrangers, ils font des plantes et des animaux leurs serviteurs. Par exemple, les tulipes recherchent la domestication, leur intelligence infime les pousse à se soumettre ; je les ai encouragées ainsi que d’autres à servit les étrangers, et j’ai protégé leurs cultures de plantes concurrentes.
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BazaRBazaR   04 novembre 2019
Mais le blé m'inquiétait. Il ressemblait beaucoup à l’herbe terrienne, et s'il y avait de l'herbe, il y avait des herbivores – peut-être des équivalents de la gazelle, de l'élan ou de l'éléphant. Et s'il y avait des herbivores, il y avait des chasseurs.
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