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ISBN : 2226438882
Éditeur : Albin Michel (04/09/2019)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Ils sont cinquante des femmes, des hommes de tous horizons. Ils ont définitivement quitté la Terre pour, au terme d'un voyage interstellaire de cent soixante ans, s'établir sur une planète lointaine qu'ils ont baptisée Pax. Ils ont laissé derrière eux les guerres, la pollution, l'argent, pour se rapprocher de « la nature ». Tout recommencer. Construire une Utopie. Mais très vite, des drames menacent leur idéal. Du matériel irremplaçable est détruit. Des morts survie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  13 septembre 2019
La « sémiose » est un terme utilisé pour désigner la signification en fonction du contexte : pour faire simple, un même signe peut vouloir dire des choses différentes selon la manière et l'environnement dans lequel il est utilisé. A priori rien à voir avec de l'exploration spatiale, or c'est pourtant la notion qui se situe au coeur du roman de Sue Burke, auteure américaine publiée en cette rentrée 2019 chez Albin Michel. le récit met en scène un groupe de terriens envoyés dans l'espace afin de fonder les bases d'une colonie sur une nouvelle planète, la notre étant sur le point de rendre l'âme en raison du réchauffement climatique et de ses conséquences dramatiques (catastrophes naturelles, guerres, famines…). Mais lorsque la cinquantaine de membres que compte l'équipage se réveille enfin après des années de sommeil artificiel, c'est pour découvrir que le vaisseau a opté pour une autre destination que celle initialement prévue. Qu'à cela ne tienne, les explorateurs décident malgré tout de s'installer sur cette étrange planète dont ils entendent faire leur nouveau foyer. Régie par une constitution dont les articles définissent les grands principes sur lesquels reposeront cette nouvelle expérience humaine, la colonie de Pax entend bien ne pas reproduire les mêmes erreurs que sur Terre et vivre en harmonie avec la nature qui l'entoure. Mais très vite, l'utopie imaginée tourne court. D'abord parce que l'effectif de départ se trouve fortement réduit à la suite de nombreux accidents. Ensuite parce que, si la faune locale n'a pas l'air hostile, la flore, elle, risque de poser davantage problème. Les colons se rendent en effet rapidement compte que certaines plantes possèdent une intelligence remarquable et qu'elles tentent, à leur manière, de communiquer avec eux. Mais comment entrer en contact avec une espèce certes consciente mais dont on ignore tout et qui ne nous ressemble en rien ? le roman se divise en sept parties plus ou moins longues mettant chaque fois en scène un narrateur et une génération différente. Bien que le procédé soit intéressant dans la mesure où il permet au lecteur de suivre progressivement l'évolution de la colonie, il a aussi ses limites puisque les différentes parties se révèlent d'un niveau très variable.
La première moitié du roman en fait malheureusement les frais puisque celle-ci souffre de nombreuses maladresses qui pourraient inciter à abandonner trop tôt la lecture. le premier chapitre (déjà publié sous forme de nouvelle dans une revue) se concentre sur la découverte par les terriens de leur nouvelle planète sur laquelle ils réalisent que deux plantes se livrent une guerre sans merci : l'une d'elle va choisir de faire d'eux des alliés, tandis que l'autre cherche à les détruire par tous les moyens à sa disposition (empoisonnement de ses fruits, destruction des cultures...). L'idée est originale et le mystère qui plane autour de la nature de ces végétaux et du degré de leur intelligence parvient sans mal à capter l'intérêt du lecteur. Cela permet également à l'auteur de commencer à aborder la vaste question de la communication inter-espèce qui sera développée plus en détail dans les chapitres suivants. On peut en revanche regretter un rythme un peu trop lent et des personnages peu attachants. le chapitre suivant met en scène la deuxième génération, celle des enfants des premiers colons qui n'ont donc jamais connu la Terre. Cette fois, la question du premier contact avec une autre forme de vie est reléguée au second plan, l'auteur préférant se focaliser sur les relations entre humains et les dérives de la société instaurée par les « Parents ». Il faut dire que l'utopie initiale se trouve sacrément mise à mal. Meurtres, mensonges, viols, secrets… : la société égalitaire rêvée a laissé la place à une dictature autoritaire des anciens sur les plus jeunes. La première génération mise en scène dans le premier chapitre en prend ainsi pour son grade, les individus la composant se révélant tour à tour lâches, mesquins, et surtout conservateurs. Tout cela ne paraît malheureusement pas très cohérent. D'abord parce que, s'ils ont justement été choisis pour cette mission, c'est avant tout en raison de leur ouverture d'esprit et de leur bienveillance. Ensuit, parce que l'auteur donne l'impression de faire dans la surenchère au point de réduire les personnages à des caricatures d'eux-mêmes. le chapitre suivant ne souffre pas des mêmes défauts mais n'est guère plus passionnant. Il met en scène un jeune homme de la génération suivante utilisé (avec son consentement) comme « reproducteur » par les femmes de la communautés dont les maris sont pour la plupart stériles. L'occasion pour l'auteur d'aborder les questions éthiques posées par la nécessité de l'accroissement démographique de la population de Pax. le thème traité est intéressant mais l'intrigue est malheureusement trop simpliste et le personnage un peu agaçant.
A ce stade du roman, je dois bien avouer que j'étais à deux doigts d'abandonner. Et j'aurais eu tort, puisque la suite se révèle, de manière surprenante, tout à fait passionnante. Cela commence dès le quatrième chapitre qui met en scène une enquête criminelle : un des membres de la communauté est assassiné dans d'atroces conditions, et une femme va mener l'enquête pour tenter de trouver le coupable dans une colonie qui compte environ trois cent habitants qui se connaissent tous et partagent (en théorie) les mêmes idéaux. On se prend très vite au jeu, l'auteur parvenant à créer un véritable suspens tout abordant de nouvelles thématiques, mais de manière plus subtile que précédemment. Après avoir esquissé une réflexion sur la nécessité de la désobéissance dans une société autoritaire, Sue Burke pousse cette fois ses personnages à s'interroger sur la manière de gérer la violence : comment punir le crime ? La peine de mort doit-elle être appliquée ? Que faire des personnes atteintes de maladies mentales… ? Les habitants de Pax se retrouvent une fois encore placés face à leurs contradictions qui vont d'ailleurs se multiplier au fil des crises rencontrées dans les chapitres suivants. La découverte de l'existence d'une espèce intelligente non végétale (les Verriers) dans le cinquième chapitre va notamment permettre à l'auteur de soulever une multitude d'autres problèmes que rencontre inévitablement toute société humaine, même sur une autre planète : quelle attitude adoptée face au racisme ? Comment réagir face à la violence ? Comment forcer des individus hostiles à coopérer et vivre avec les autres ? Comment faire pour cohabiter avec ces individus dont le fonctionnement et les codes sont totalement différents des nôtres ? L'utopie initiale se trouve une fois encore sacrément remise en question, mais chaque nouveau problème posé permet à la communauté d'évoluer et au lecteur de mesurer le chemin parcouru au fil des générations. Outre la qualité de la réflexion proposée, le lecteur appréciera surtout la précision avec laquelle l'auteur nous dépeint cette nouvelle espèce intelligente dont on découvre non seulement les particularités physiques mais aussi « sociales » (habitations, vêtements, langage, rites funéraires, stratification de la société…), ce qui donne une dimension presque anthropologique au texte.
Au-delà de la multitude de thématiques sociétales abordées via l'évolution de la colonie, la notion qui se situe au coeur du roman reste sans aucun doute celle de la communication inter-espèce (d'où le titre du livre). Les habitants de Pax vont en effet rapidement se rendre compte que les deux plantes qui s'opposaient lors de leur arrivée sont loin d'être les seules formes d'intelligence de cette planète à vouloir entrer en contact avec eux. La plus évoluée d'entre elles se révèle être un bambou qui va parvenir à se faire comprendre des humains et leur proposer de vivre en symbiose, chaque espèce participant au bien-être de l'autre : le bambou approvisionne les humains en fruits nourrissants et sert d'intermédiaire entre eux et les autres espèces végétales pour les pousser à coopérer, tandis que les humains lui apportent tout ce dont il a besoin pour se développer. Très vite, la question du contrôle exercé par la plante sur les membres de la colonie se pose, car il devient évident que le bambou dispose d'une intelligence supérieure et qu'il considère les humains davantage comme des créatures à apprivoiser plutôt que comme des partenaires. Là encore les questionnements soulevés par l'auteur sont d'autant plus captivants que celle-ci ne cherche pas à nous imposer un point de vue mais laisse au contraire au lecteur et aux personnages le soin de se faire leur propre idée sur la nécessité ou non de cette coopération inter-espèce. Les échanges entres les membres de la communauté et le végétal ou les Verriers sont, à ce titre, tout à fait passionnants, même si on peut regretter l'utilisation d'un style un peu lourd : le bambou comme les Verriers ne parlant pas la même langue que les humains, ceux-ci utilisent un charabia compréhensible mais pénible à déchiffrer à base de verbes à l'infinitif plutôt que conjugués, d'inversion de mots… Tout ce qui concerne la communication entre plantes se révèle aussi parfois difficile à saisir, cette fois non pas en raison des tournures employées mais plutôt du degré d'informations scientifiques utilisé. L'auteur nous abreuve en effet de détails concernant la manière dont les végétaux fonctionnent et communiquent (entre eux ou avec d'autres espèces comme les insectes), ce qui pourra perdre certains lecteurs s'y connaissant peu en botanique (dont moi) tout en se révélant passionnant par les perspectives qu'ils ouvrent concernant l'existence de différentes formes d'intelligence non humaines.
En dépit d'une première moitié peu convaincante qui pourrait malheureusement décourager une partie des lecteurs, « Semiosis » se révèle être une très bonne surprise. L'auteur y aborde une multitude de thématiques toutes plus intéressantes les unes que les autres, qu'elles soient sociétales ou écologiques. La seconde moitié de l'ouvrage, qui met en scène le premier contact noué entre plusieurs espèces conscientes radicalement différentes, est particulièrement passionnante et dépeint avec subtilité la complexité des rapports inter-espèces ainsi que la difficulté d'établir une véritable communication. A noter qu'un second tome intitulé « Interférence » devrait paraître en octobre prochain, et, même si l'ouvrage peut tout à fait se suffire à lui-même, je suis très curieuse de connaître la suite de l'histoire de Pax et de ses habitants.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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Le_chien_critique
  19 septembre 2019
Les hippies auraient eu le voyage spatial à disposition, croyez vous qu'ils seraient allés s'enterrer à Katmandou ?
Non ils seraient allés fonder Pax.
Voici leur histoire :
50 gugusses pleins aux as en ont marre des horreurs commises sur Terre et veulent fonder une nouvelle communauté en osmose avec une nouvelle planète. Ni une ni deux, ils remplissent le coffre de leur vaisseau spatial et vive la vie en communauté. de la bienveillance plein les poches, cette chienne de vie va leur montrer qu'entre idéal et réalité, les choses ne sont pas si simples.
Et cela, dès leur réveil devant une planète qui ne correspond pas à leur destination choisie. Sans compter que le déchargement du vaisseau ne se passe pas comme prévu !
Raconté sur plusieurs générations, chaque chapitre est narré par un protagoniste différent, le ton et le style s'accordant avec la psychologie du personnage. C'est bien fait, voir trop, j'ai failli reposer le livre au chapitre 2 en compagnie de cette ado chiante qui découvre que les adultes sont de fieffés menteurs. Même gageure un peu plus loin. Immersion un poil trop réussie donc.
J'ai eu aussi quelque mal avec une autre race que nos colons croiseront durant leur périples, et dont le langage m'aura énervé au possible. (un langage "petit nègre" si vous voyez de quoi je veux parler).
Parler aux plantes
L'histoire nous conte le rapport entre ces terriens immigrés, les Pacifistes, et une faune et une flore différente, radicalement étrangère. Comment s'y adapter ? Comprendre l'autre surtout si ce n'est qu'un bambou, même pas un roseau pensant ?
Rare sont les romans à nous parler d'aliens végétaux, Semiosis est de ceux là. L'autrice arrive à nous immerger dans les pensées du Bambou conscient, Bambouffon pour les intimes, et nous parle de sa biologie, de son développement et de sa communication. Elle nous parle du lien nécessaire entre les différentes formes de vie, pour que chacun puissent se développer à sa pleine mesure. Tout cela sans trop de lourdeur et de manière accessible le plus souvent.
Cependant, Bambouffon n'est pas la gentille plante verte, elle est l'espèce la plus intelligente de son ecosystème, et cela l'a rend un poil arrogante, voir manipulatrice. La question de savoir si Bambouffon veux vraiment le bien de nos colons traversera le roman, même si vers la fin du roman, ce doute s'estompe un peu trop.
"Reconnais que c'est une sacrée couleuvre à avaler"
On pourra reprocher une faune et une flore, une biosphère un peu trop ressemblante à ce que l'on trouve sur terre, mais cela rend l'acclimatation plus simple et rapide. Idem, on peut respirer sans problème, mais une robinsonnade en combinaison spatiale n'est pas des plus simples.
De même, le fait qu'une trentaine de personnes puisse recréer une population fiable sans bâtardise, cela peut surprendre. Mais contrairement à nombre de space-opera, il n'est pas question ici de se servir de la main d'oeuvre en hibernation pour sortir les corps de métiers nécessaires en fonction des situations.
Le récit multigénérationnel permet d'explorer les premières générations humaines sur Pax. Mais le découpage a aussi ses défauts : lorsque au chapitre 3 une esquisse de dialogue débute et qu'au chapitre suivant, plein de zones d'ombres sur cet apprentissage ne sont pas développés, cela est très frustrant. Nous sommes ici dans de la SF pour tout public, sans aucunes connotations péjoratives, l'amateur en voudra plus, celui qui s'initie au genre appréciera. Quoiqu'il en soit, j'ai trouvé le récit bien menée, et j'ai terminé le roman en 2-3 jours.
"Ils aspiraient à la joie, l'amour, la beauté et la communauté"
La dystopie est sur Terre, le monde bienveillant sur Pax. Heureusement que Sue Burke émaille son récit de doutes sur les actions des uns et des autres. Alors qu'ils venaient en paix, le quotidien va leur démontré que même dans un groupe bienveillant, la malveillance peut prendre forme. Heureusement, car lorsque je lis des phrases comme celle du dessus, mon envie de vomir refait surface (quels doux souvenirs que ma lecture du roman Les étoiles sont légion). Fascime, racisme, assimilation, meurtre, égaieront les journées de nos explorateurs.
Un roman utopique qui plaira à celles et ceux qui en ont marre du pessimisme en SF, mais qui reste mesuré.
Points de vue multiples et temporels, Sue Burke utilise aussi une autre méthode pour ne pas ennuyer le lecteur : chaque chapitre a son genre : on passe du roman d'aventure à l'enquête policière, du roman Young Adult à l'amateur confirmé, en faisant un détour par l'ethnologie ou l'étude de moeurs...
Cela donne un côté fix-up à ce livre, des nouvelles reliées par un fil conducteur : Pax et son bambou pensant.
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Les_lectures_de_Sophie
  11 octobre 2019
Un planet-opera utopique, où les colons terriens veulent laisser derrière eux les erreurs qui mènent la Terre au chaos et à la destruction… Ils veulent créer une nouvelle société dans le respect de chacun, de la nature, mais surtout dans le respect des formes de vie intelligentes rencontrées sur la planète où ils ont atterri. Pitch de départ fort alléchant. L'humanité est-elle capable de laisser ses travers derrière elle ? de respecter les intelligences rencontrées, de ne pas les coloniser mais vivre avec ? Grandes questions auxquelles Sue Burke tente d'apporter des réponses.
Semiosis est, comme le dit le sous-titre, un récit de premier contact. Premier contact entre des terriens et une nouvelle planète. Premier contact avec un nouveau système de société, qu'ils espèrent parfait. Premier contact avec des formes d'intelligence inconnues jusqu'alors.
La couverture de Manchu illustre parfaitement le premier contact rude avec Pax : une navette de transport abîmée, où les survivants récupèrent tout ce qui est récupérable à la mise en place d'une nouvelle civilisation, dont l'on aperçoit les prémisses en arrière-plan. On y découvre aussi une nature luxuriante et très présente. Ce « village » en lisière de forêt reflète bien l'atmosphère du roman. Les êtres humains veulent s'installer, mais doivent composer avec le préexistant, et ils sont très différents les uns des autres…
Dans chaque chapitre, l'autrice donne la parole à un membre de cette nouvelle société mise en place par les terriens. Chacun d'entre eux nous raconte la vie quotidienne de cette utopie, à différentes époques. On y découvre entre autres les premiers contacts avec des plantes qui semblent dotées d'intelligence, et ne pas vraiment apprécier l'arrivée de ces envahisseurs. Réussiront-ils à cohabiter ? Cette cohabitation perdurera-t-elle dans le temps ?
J'ai beaucoup aimé cette narration qui donne la part belle à la vie quotidienne, et ce sur des années, des décennies même. le fait de donner la parole à différents habitants, avec différentes formations, différentes expériences enrichit considérablement notre découverte de cette expérience. D'autant plus que la population endogène créée par Sue Burke est très intéressante. Et nous questionne sur les ravages que nous causons sur la nature…
L'autrice donne l'impression de tout détailler de l'installation et de l'évolution des humains qui ont survécu à l'arrivée sur Pax, alors qu'en fait, en moins de 50 pages, on a déjà fait un bon dans le temps de plus de trente ans. Son écriture semble aller dans le moindre recoin de leur vie quotidienne, en étonnamment peu de pages, de manière si efficace que j'ai l'impression de connaître leur lieu de vie et leur vie quotidienne comme si j'y étais !
Vous vous doutez bien que pour que cette utopie fonctionne, il faut que les protagonistes arrivent à se reproduire, et suffisamment pour qu'une génération en entraîne une autre sans trop de consanguinité. Cela induit des lois qui s'éloignent des relations monogames hétérosexuelles « courantes » sur Terre. Ajoutez qu'une partie de la deuxième génération (celle née sur Pax) semble stérile… Que va devenir l'incroyable projet de départ, sans de nouvelles générations d'êtres humains pour le faire perdurer ?
Semiosis pose de nombreuses questions pas si lointaines de notre quotidien. L'être humain est-il capable de ne pas reproduire ses erreurs passées, de vivre en harmonie avec la nature et les autres formes de vie qui l'entoure ? Saura-t-il s'adapter, et adapter son comportement non seulement à son environnement, mais aussi à sa nécessité de survie ? Est-il capable de vivre avec moins (une partie du matériel emporté ayant été détruit lors de leur arrivée sur Pax) ? L'expérience est très intéressante, car elle représente à une moindre échelle nombre des problématiques qui se posent à nous actuellement…
En ce qui concerne l'univers, j'aime cette planète choisie pour son atmosphère et sa biosphère, à la fois suffisamment proche de la Terre pour ne pas avoir besoin de décrire la moindre parcelle de terrain, mais aussi suffisamment différente pour découvrir des formes d'intelligence que l'on a du mal à considérer comme réalistes… Construire une civilisation d'entraide et de partage inter-espèce est-il envisageable sur Pax ?
Je ne veux pas trop en dire, même si j'ai lu des chroniques qui exposaient plus avant le système de narration, ou les enjeux de vie sur Pax, car le plaisir est aussi de découvrir comment, ce groupe de 31 personnes (au début du roman, car moins d'un an après leur arrivée, les « pionniers » ont déjà perdu 19 des leurs) arrivera à engendrer une génération assez forte et diversifiée génétiquement pour survivre et pérenniser l'espèce.
Je ne parlerai pas non plus en détails des formes de vies préexistantes sur Pax au moment de l'arrivée des humains, si ce n'est qu'elles sont multiples, et que certaines sont assez originales, d'autres plus proches de nous, par leurs caractéristiques humanoïdes, ou par leur capacité au cynisme (mention spéciale à Stevland^^).
Ce dont je vous parlerai, c'est de ce roman dans sa globalité, livre que j'ai dévoré et beaucoup apprécié, autant par sa narration multiple et le découpage des chapitres, que par les problématiques traitées et les compromis que les êtres humains doivent faire avec leur Constitution et leurs idéaux pour pouvoir tenter de s'implanter durablement sur Pax.
Semiosis est un roman très humain, de par ses narrateurs et ses thèmes, et si l'on part à la découverte de la faune et la flore endogènes, des êtres vivants doués d'intelligence, quels qu'ils soient, aucune explication scientifique n'est jamais indigeste ou incompréhensible pour les traumatisés de la science comme moi^^ C'est un roman de science-fiction, certes, mais avant tout une aventure humaine, faite de premières rencontres, avec un environnement, mais aussi avec des formes de vies intelligentes dont l'humanité ignorait jusqu'alors l'existence. J'aurais juste aimé avoir un peu plus souvent le vivant et pas juste l'humain au centre des préoccupations… mais c'est une très jolie lecture, qui plaira je pense au-delà des cercles d'amateurs de science-fiction. Car il n'est pas besoin d'être un lecteur d'imaginaire chevronné pour apprécier cette quête d'une vie meilleure, de cette volonté affichée de respect de la nature et des autres formes de vies.
J'ai reçu la version papier de ce livre dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire. Merci à eux pour la confiance.
Lien : https://leslecturesdesophieb..
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JustAWord
  18 juillet 2019
Après un formidable Terminus, les éditions Albin Michel Imaginaire continuent d'investir dans la science-fiction avec Semiosis, premier roman de l'américaine Sue Burke, surtout connue pour avoir traduit l'immense Angélica Gorodischer (Kalpa Impérial) en langue anglaise.
Avant de devenir un roman, Semiosis était à l'origine une nouvelle (qui correspond à présent au premier chapitre du livre).
Bien décidée à prolonger l'aventure, l'américaine ajoute six autres chapitres pour obtenir ce qui ressemble davantage à un fix-up de nouvelles qu'à un véritable roman.
À mi-chemin entre le récit d'exploration planétaire et l'expérience sociale générationnelle, Semiosis vous invite sur la planète Pax pour reconstruire l'humanité.
Une planète hostile
« La guerre avait commencé bien avant notre arrivée : c'était leur mode de vie. », voilà comment s'ouvre Semiosis et comment Sue Burke nous explique les conditions de vie de ses colons humains en une seule phrase.
L'expédition humaine sur Pax représente la dernière chance de survie d'une humanité décimée par son arrogance et sa violence. Si l'on comprend rapidement que la Terre est ravagée par des guerres pour l'eau et la nourriture, le but de Sue Burke n'est pas de nous conter l'apocalypse mais bien le début d'un nouveau monde où les Pacifistes (tels que se nomment les colons) vont tenter de bâtir une société meilleure où guerre, religion et argent sont des mots inconnus.
Rapidement, Octavo, un expert en botanique, s'aperçoit que les plantes locales possèdent une intelligence remarquable.
Problème, ces plantes sont-elles amicales ou hostiles… et peut-on même les décrire en ces termes ?
Au fur et à mesure du récit, le lecteur va découvrir la faune et la flore de Pax, du fippochat à l'aigle (très différent de ceux que l'on connaît sur Terre) en passant par le bambou arc-en-ciel.
C'est ce dernier qui constitue en réalité le coeur du récit de l'américaine puisque, dès le second chapitre, les colons doivent composer avec cet être végétal à l'intelligence remarquable qui semble les prendre pour une nouvelle espèce animale à domestiquer. Pax n'est donc pas une planète tranquille, loin de là, et c'est une histoire proche du survival qui s'installe progressivement dans Semiosis.
Premier Contact
L'autre grande thématique de Semiosis, c'est évidemment l'établissement d'un contact entre la race humaine et une race extra-terrestre, à savoir le bambou arc-en-ciel ou Stevland comme il se nommera lui-même par la suite. Pendant longtemps, Sue Burke joue sur l'ambiguïté des sentiments des colons à l'égard de cet être qu'ils craignent autant qu'ils l'aiment (et qu'ils en ont besoin).
Simili-Dieu, Stevland devient un véritable personnage point-de-vue et permet de donner une autre dimension à Semiosis tout en contournant l'archétype de la vilaine menace extra-terrestre. L'écrivaine américaine préfère à cela l'évolution et l'apprentissage pour montrer au lecteur comment deux races peuvent cohabiter et s'apprivoiser. Un thème qu'elle développera encore plus largement avec l'arrivée d'une nouvelle race, celle des Verriers, et qui permettra de comprendre que malgré toutes les bonnes intentions, il existe certaines incompatibilités insurmontables, peu importe la bonne volonté déployée.
Les paradoxes de l'Utopie
Sur plusieurs générations (et environ cent ans), Sue Burke imagine l'évolution d'une nouvelle société humaine capable de s'affranchir des démons de sa Terre originelle.
Malheureusement, les hommes restent des hommes. Bien vite, les soi-disant Pacifistes révèlent que la nature humaine ne sera jamais véritablement détruite. Meurtre, viol, complot, haine, xénophobie… tous les vices humaines refont surface un par un.
Ici, Sue Burke s'interroge sur la théorie de l'inné et de l'acquis. Sa position est claire : il y a quelque chose de pourri dans notre espèce qui ne changera pas avec le changement (radical) de décor.
Au fur et à mesure de son récit, l'américaine invite donc le lecteur à réfléchir sur ses propres sentiments, ne serait-ce qu'à l'égard de Stevland et de ses positions qui, finalement, ne sont pas aussi humaines que l'on pense (et donc pas forcément aussi mauvaises à chaque fois).
C'est d'ailleurs à la fois un défaut et une qualité pour Semiosis.
Sue Burke prend le parti de faire des êtres humaines des outils pour sa narration, des outils éphémères et sacrifiables à l'inverse d'un Stevland qui devient le pivot central de l'Histoire. Ce pari casse-gueule entraîne deux conséquences pour le récit : les personnages humains ne donnent que peu (voir pas) d'empathie au lecteur et Stevland s'affirme comme le principal intérêt/moteur de cette exploration sociale. Un choix contestable mais qui sort au moins des sentiers battus.
Ambition fanée
Malgré les nombreuses qualités de Semiosis, Sue Burke déçoit à l'arrivée.
Oui, Semiosis a des allures de page-turner.
Oui, Semiosis est dépaysant au possible et franchement bien construit.
Oui, Stevland est un personnage passionnant.
Mais ce qui partait pour un roman à l'ambition dévorante qui serait capable de décrire l'évolution d'une colonie sur des centaines d'années devient une aventure étriquée qui troque son ampleur narrative en cours de route pour un récit plus conventionnel où les derniers chapitres se déroulent à la même époque.
Il semble à ce stade que Sue Burke atteigne une sorte de plafond de verre où elle n'arrive tout simplement pas à conjuguer ellipses et inventivité pour nous sortir de ce village de colons certainement très intéressant mais finalement assez limité.
Lorsque l'on referme le livre, on se rend compte que sur une planète entière, on n'a à peine parcouru quelques centaines de kilomètres. Il en va de même pour les espèces rencontrées et la xénobiologie qui stagnent pour se concentrer sur des considérations sociales et anthropologiques.
Et même là, Sue Burke n'est pas Ursula le Guin et sa Main Gauche de la Nuit.
Sans l'émotion ou la puissance de ce dernier ouvrage, Semiosis s'enferme tout seul dans un récit d'aventures qui n'a finalement pas la résonance espérée au départ.
Semiosis vous propose une aventure sur une planète lointaine à la découverte d'une faune et d'une flore intrigantes et souvent menaçantes. Si le roman semble manquer les possibilités offertes par sa structure initiale, Sue Burke parvient tout de même à construire un univers passionnant où l'on réfléchit sur l'homme et sur ce qui l'entoure. Les amateurs d'exploration et de planètes lointaines seront ravis.
Lien : https://justaword.fr/semiosi..
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EmilieQuerbalec
  14 septembre 2019
« Reconnaissants de l'occasion qui nous est donnée de fonder une nouvelle société en pleine harmonie avec la nature, en scellant ce pacte, nous nous promettons confiance mutuelle et soutien. Nous serons confrontés à des épreuves, des dangers, voire à l'échec, mais nous rechercherons avec prudence et raison la joie, l'amour, la beauté, la communauté et la vie ».
C'est sur cette déclaration d'intention que s'ouvre Semiosis, roman de l'américaine Sue Burke traduit par Florence Bury chez Albin Michel Imaginaire.
Je dois dire que je l'attendais depuis longtemps, étant férue des récits d'aventure sur des planètes lointaines, façon Aldebaran en BD, par exemple. J'espérais aussi lire autre chose qu'une triste histoire de colonisation, mettant en oeuvre pour la millième fois la déplorable stupidité humaine. Et je n'ai pas été déçue.
Semiosis est une grande fresque qui retrace l'histoire d'une colonie humaine sur une planète habitable, a priori hospitalière. Animés par une belle utopie, ces hommes et ces femmes sont prêts à affronter les épreuves que leur réserve ce nouvel environnement. Leur rêve : fonder une civilisation qui ne reproduira pas les erreurs qui ont mené la Terre au désastre. Mais l'atterrissage a entraîné de grosses pertes matérielles et humaines, et la priorité est d'abord de survivre.
Dans cette trame qui se déploie sur une centaine d'années, viennent s'enchâsser des histoires individuelles, chacune offrant une vision différente des choses. Les narrateurs et les narratrices se succèdent au fil des générations, affrontant, à leur échelle, les défis qui se présentent à eux. D'une manière assez subtile, on les voit infléchir l'évolution de cette civilisation naissante, par leurs intuitions, leurs idées, leur personnalité et leurs actes. Ces voix sont toutes différentes : certaines sont austères, d'autres légères et joyeuses, jeunes ou matures, sages ou généreuses.
J'ai pris beaucoup de plaisir à naviguer entre ces personnages, appréciant l'exercice, même si certains narrateurs m'ont plus touchés que d'autres, comme Higgins, le maître-fipp, à la fois infatué de sa personne et généreux, doué d'une intuition et d'une empathie qui fera de lui le défricheur de la communication avec l'autre.
L'autre, c'est d'abord Steveland, le bambou-arc-en-ciel. Car sur Pax, les plantes sont intelligentes, certaines plus que d'autres. Steveland est un arbre puissant, doué d'une capacité d'adaptation extraordinaire, mais tragiquement seul, comme on l'apprend au fil de l'histoire. Pour lui, les humains sont des animaux, et il est amusant de voir qu'il doute d'abord de leur intelligence. Peu à peu se développe entre Steve et la nouvelle cité humaine une véritable relation symbiotique, qu'il qualifie de « mutualisme » ou de « domestication » selon la manière dont son ego s'affirme.
Au passage, j'ai beaucoup apprécié la manière dont l'autrice présente le métabolisme du bambou-arc-en-ciel, une sorte d'extrapolation, finalement, de ce que l'on sait aujourd'hui sur les plantes. Il y a juste ce qu'il faut de bio et de chimie dans le récit pour se figurer comment il interagit sur son environnement et développe son intelligence, à travers ses fruits, ou ses racines à la fois fonctionnelles et mémorielles. Certains lecteurs pourront trouver ce vocabulaire abscons, mais moi ça m'a plu. Alors il est vrai toutefois que le fonctionnement sensitif, cognitif et émotionnel de Steveland reste calqué, finalement, sur un modèle anthropocentrique. Certes, il a des limitations et des caractéristiques propres, mais sa manière de penser, son rapport au temps, à son environnement, sont très proches de celles d'un être humain. Ce qui est beau, c'est que la relation avec ses « animaux » le fait grandir et évoluer, comme le montre par exemple cette « racine humoristique » qu'il fait pousser sur une suggestion de Lucille, l'une des narratrices que j'ai trouvé particulièrement attachante.
Steveland apprend, s'adapte, évolue, devient meilleur et cherche à ne pas reproduire les erreurs du passé. Il est comme un miroir de cette humanité qui cherche aussi à donner le meilleur d'elle-même, et se transforme aussi à son contact. Moi aussi, je rêve d'un un monde où les hommes et les femmes auraient pour aspiration principale de donner le meilleur d'eux-mêmes au service du bien commun.
Une autre rencontre survient par la suite, cette fois avec une espèce animale, ou insectoïde. Les « verriers », probablement venus eux aussi d'un autre monde, vont être l'occasion pour les « pacifistes » de faire face à leurs vieux démons. Ces derniers chapitres sont riches en émotion, et passionnants quant aux questions posées. Car comment développer une civilisation fraternelle et non violente, quand les germes de la peur, de la haine et de la violence se sont déjà glissés au sein de la communauté ? Est-il possible de contrer l'agressivité par la bienveillance, ou faut-il élaborer des stratégies de domination et de soumission détournées pour domestiquer son ennemi ? N'est-ce pas, aussi, une forme de violence ? Qu'est-ce qui fera la différence ?
À ces questions d'ordre, disons, philosophique, s'ajoute la dimension psychologique du récit. La communauté pacifique est comme un laboratoire, où tous les aspects de l'âme humaine se côtoient, en condensé. Tout cela est montré sans didactisme, avec une sorte de fausse simplicité qui soulève des questions à laquelle le récit propose des réponses ouvertes, tout en nuances.
Le titre du roman Semiosis, évoque l'art délicat de l'interprétation des signes. Steveland s'exprime visuellement, en faisant apparaître des signes à sa surface grâce à des chromoplastes. Les Verrier, l'autre race extraterrestre, s'expriment oralement par des claquements et des crissements difficiles à interpréter pour les humains, mais pas que : ils font aussi intervenir tout un langage d'odeurs, chaque molécule portant sa propre signification en fonction du contexte. L'aspect linguistique n'est peut-être pas plus développé que ça, d'ailleurs, j'ai un peu regretté que les premiers colons aient décidé de choisir l'anglais comme seule et unique langue commune, dans le but louable d'éviter les conflits internes. J'ai trouvé ça vraiment dommage, étant donné l'esprit du roman. L'anglais, bon. En 2065, d'abord, il n'est pas sûr que l'anglais soit toujours la langue dominante dans le monde. Ce sera peut-être le chinois, allez savoir. Et puis, étant donné que ces premiers explorateurs sont porteurs d'une utopie, pourquoi ne pas s'être attribué une langue nouvelle, ça aurait déjà été une utopie en soi, et on sait qu'il en existe, je pense par exemple à l'esperanto. Je suis sûre que les pacifistes auraient approuvé.
Mais cela n'a pas entaché mon plaisir, et pour moi, cette lecture est un coup de coeur. J'ai aimé cette science-fiction qui fait voyager, réfléchir, rire ou et (presque) pleurer (je ne dirai pas à quel moment de l'histoire, mais vous verrez), et qui surtout, surtout, propose une vision réaliste mais positive de ce que l'homme pourrait accomplir, si on avait la possibilité, un jour, de faire table rase des paradigmes sur lesquels se sont construites nos civilisations. Est-ce vraiment possible ? L'histoire le dira.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Snail11Snail11   12 octobre 2019
- Il y a plus de victimes que je ne m’y attendais.
- Plus exactement, tu espérais qu’il n’y en aurait pas autant. Pèse ces deux mots : attente et espoir.
Il est resté muet un moment.
- La différence, c’est l’émotion.
- Exactement. Mais les sentiments ne sont pas des faits.
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Snail11Snail11   07 octobre 2019
Nous comprenons la nécessité constante de faire des choix, que nos choix ont des conséquences et que la santé, le bonheur et même la vie ne sont pas garantis.

Extrait de la Constitution de la Communauté de Pax.
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BleuopaleBleuopale   05 septembre 2019
Le porte-parole des noyers me donne une quantité généreuse d'ions zinc. "Bon travail, bambouffon. Tes humains sont de bons animaux. N'oublie pas notre accord.
- A quelle distance au sud voulez-vous aller ?" Je lui envoie assez de carbure de calcium pour m'éclater une radicelle.
" Rapproche-moi d'animaux utiles, loin de toi."
Je me rends compte que je ne suis pas la seule plante à avoir une racine humoristique. "lesquels veux-tu ?
- Les putois.
- Eteints." A cause des bambous.
" Les geckos dragons
- Lents, betes et venimeux. Parfaits pour toi.
- Quand je pense que les humains travaillent pour une grande herbe colorée qui donne des fruits ! Qu'est ce qu'ils te trouvent ?
- Les frugivores aiment les fruits colorés, lui dis-je. Je les traite bien."
Il m'envoie du fructose, le sucre des fruits. Je lui expédie du xylose, le sucre du bois. Avant même de me doter d'une racine humoristique, j'avais compris que le sucre est une substance comique car sa structure chimique est excessivement tarabiscotée.
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BleuopaleBleuopale   05 septembre 2019
L'eau c'est la vie. En tout cas, c'est ce que disent les plantes. Je n'ai pas discuté de croyances spirituelles avec les humains, mais ils célèbrent les équinoxes et les solstices, se livrent à des observations minutieuses des étoiles, et chaque étoile est un soleil. Je soupçonne que les humains révèrent implicitement le soleil. L'ensoleillement étant prévisible, le soleil est un objet de révérence qui convient à des êtres cycliques tels que les animaux. L'eau est vénérée par les plantes non parce qu'elle est indispensable mais parce qu'elle est imprévisible : inondations et sécheresses.
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YuyineYuyine   10 septembre 2019
Notre civilisation future serait fondée sur le meilleur de la Terre, dans le respect de toute forme de vie, la justice et la compassion, et on y rechercherait la joie et la beauté. Sur nos ordinateurs, les programmes éducatifs destinés à nos enfants n’évoqueraient pas les absurdités terriennes telles que l’argent, la religion et la guerre.
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