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Critiques sur Underground railroad (188)
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democratz
  06 octobre 2017
La majorité des critiques littéraires sont unanimes sur le dernier roman de Colson Whitehead, Underground Railroad : un chef-d'oeuvre ! Rien que cela... C'est vrai que le livre a fait grand bruit outre-Atlantique et a obtenu deux prestigieux prix (National Book Award 2016, prix Pulitzer 2017) mais la raison de ce succès vient-elle de l'histoire ou bien d'un contexte ?

Retour au XIXème siècle aux Etats-Unis. L'auteur nous raconte l'histoire de Cora, une jeune esclave qui décidera de s'enfuir de la plantation de coton où elle trime depuis sa naissance afin d'échapper à la violence d'un propriétaire sans scrupules et d'espérer une vie meilleure.

Mais la liberté a un prix. Elle n'est jamais gratuite surtout dans les états du sud. Cora l'apprendra tout le long de sa cavale en évoluant dans un environnement hostile et raciste. Sauver sa vie sera sa principale préoccupation, aidée par plusieurs abolitionnistes blancs qui risqueront la leur et celle de leur famille pour faciliter la fuite de la jeune fille via un réseau souterrain de chemin de fer, l'Underground Railroad.

L'auteur n'hésite pas à décrire la haine qu'ont subit les esclaves noirs via des actes de violence d'une cruauté sans nom des propriétaires blancs. En parallèle, il met en valeur les rares américains qui se battent dans l'ombre pour aider à leur échelle, les fugitifs noirs traqués par une populace collaborationniste et des chasseurs d'esclaves avides de sang et d'argent.

Pour ma part, ce livre n'est pas un coup de coeur mais au delà de ce récit, l'auteur nous pousse à avoir une réflexion sur l'état de l'Amérique d'aujourd'hui.

La ségrégation raciale n'a jamais vraiment disparu aux Etats-Unis surtout dans les états du Sud comme en témoignent il y a encore peu, les nombreux faits divers racistes.

Pour en revenir au livre et conclure, il faut prendre ce récit comme un témoignage même si le découpage des chapitres est parfois déconcertant, que certains (longs) paragraphes n'apportent rien à l'intrigue principale, l'auteur nous adresse un message : n'oublions pas le passé afin d'éviter que L Histoire ne soit qu'un éternel recommencement.
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joedi
  27 mai 2018
L' Underground Railroad est une voie ferrée souterraine, un réseau clandestin qui permit la fuite de nombreux esclaves noirs.
Cora est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d'avant la guerre de Sécession. Dès le plus jeune âge, pour survivre, elle doit se débrouiller seule, abandonnée par Mabel, sa mère, qui a pris la fuite et n'a jamais été retrouvée. Sa grand-mère cultivait un petit carré potager qui revint à sa mère ; Cora défend son lopin de terre contre toutes les convoitises.
À seize ans, après avoir refusé dans un premier temps, elle s'enfuit avec Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie.
Colson Whitehead, d'une belle écriture, décrit admirablement l'ambiance de l'époque, la haine des Blancs pour les Noirs et les lieux traversés par les fugitifs.
Un roman magnifique, un coup de coeur ! Assurément, je lirai d'autres romans de Colson Whitehead.
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TheWind
  19 décembre 2017
A l'horizon, très loin, où ne portent nos yeux,
La liberté.

Ils ont vendu nos frères, battu nos mères, violé nos soeurs,
Ils ont volé la terre, soumis les peuples, meurtri nos coeurs.

A l'horizon, loin, où s'envolent les corbeaux,
La liberté.

Ils ont foulé nos vies, ravagé nos familles, détruit nos corps,
Ils ont cru que nous n'étions que du bois mort.

A l'horizon, là, où le train s'enfonce dans la terre,
La liberté.

Ils nous ont enchaîné …
Mais, l'espoir était là, sous nos pieds.

A l'horizon, à l'autre bout du marais, tu trouveras,
La liberté.

Ils ont continué à nous chasser, à nous traquer,
Ils ont fini par nous rattraper.

Mais, de toute éternité,
Jamais personne ne pourra se glorifier,
De posséder nos âmes, de posséder nos peines,
De dominer nos coeurs, de dominer nos joies,
de nous priver à tout jamais,
De notre liberté.

A l'horizon, sous une grange,
L'Underground Railroad chemine,
Et emporte avec lui,
Le souffle de la liberté.
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tynn
  28 septembre 2017
Les premières questions, en refermant ce livre:
Est-ce que tout cela est exact?
Montage romanesque ou roman historique ?

Et quelques recherches sur Internet confirment que l'imagination de l'auteur s'est nourrie d'une solide documentation, et renouvelle de belle façon la thématique, déjà beaucoup racontée, de l'esclavage américain dans les États du Sud.

Ici, il faut oublier les belles maisons de planteurs et les crinolines. Les esclaves en revanche sont toujours là, et le calvaire de vie de la jeune Cora est un voyage dans l'énumération quasi exhaustive des diverses formes de violences envers la communauté noire.

Le mouvement anti esclavagiste prend forme en 1820 dans les États du Nord et l'organisation d'entraide aux fuyards dit "Chemin de fer clandestin" est une terminologie sans rails ni tunnels. Mais l'image proposée par l'auteur est particulièrement forte et lui permet une exploration large de la société du 19e, aux relents nauséabonds de fascisme et d'eugénisme, terreau du racisme contemporain.

Colson Whitehead ressuscite en conte cruel les démons de l'Amérique esclavagiste d'avant la guerre civile. Son récit est prenant, sans perte de rythme, explore la psychologie des individus, et la prise de conscience d'un pays qui cherche déjà les moyens dits progressistes pour sortir de l'impasse.

Un livre qui va beaucoup plus loin que la simple fuite d'une petite esclave de Géorgie.

Rentrée littéraire 2017
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fanfanouche24
  07 novembre 2017
Une découverte inopinée, entre divers articles éloquents, et coups de coeur pour le sujet, ainsi que pour une jaquette particulièrement réussie: une voie ferrée semblant partir ver le ciel, des rails se disloquant en mille morceaux, au fur et à mesure de sa course; ces mêmes morceaux, se transforment en oiseaux....Une couverture esthétiquement magnifique, onirique, des plus suggestives !!

J'ai "dévoré" ce roman...captivée, bouleversée, tremblant , me réjouissant, selon... les différents épisodes éprouvants de la protagoniste centrale, Cora, jeune esclave, qui tente de se sauver de la plantation, où le maître se distingue par une cruauté et une débauche de méchanceté, difficilement égalables !

Un récit qui alterne entre les différents personnages, et les régions plus ou moins dangereuses que Cora traverse, ou se pause plus longuement, lorsque les circonstances le permettent !

De fort nombreuses critiques ont déjà été rédigées avec sûrement moult talent, et enthousiasme... Chroniques que je ne lirai qu'après avoir rédigé et déposé mes propres impressions [ pour ne pas être influencée d'une quelconque manière !!]


"Elle n'avait jamais obtenu de Royal qu'il lui parle des hommes et des femmes qui avaient construit le chemin de fer clandestin. Ceux qui avaient déblayé un million de tonnes de roche, qui avaient trimé dans le ventre de la terre pour la délivrance d'esclaves comme elles. (...)
Qui est-on quand on a achevé quelque chose d'aussi magnifique- et quand on l'a par ailleurs traversé en le construisant, jusqu'à atteindre l'autre côté ? A un bout il y avait qui on était avant la clandestinité, avant de descendre sous terre, et à l'autre c'est une personne nouvelle qui émerge à la lumière. le monde du dessus doit être tellement ordinaire comparé au miracle
en dessous, le miracle qu'on a créé avec sa sueur, avec son sang. le triomphe secret qu'on garde en secret. "(p. 395)

On y croit... à ce chemin de fer clandestin, souterrain... tant qu'à la fin de ma lecture, j'ai été faire des recherches complémentaires. Incroyablement ingénieuse, et très frappante symboliquement .... cette métaphore de
cette voie ferrée, souterraine, mystérieuse, cachée...qui ne peut que frapper l'imagination du lecteur !!

Restent les codes, le vocabulaire réels [ liés au chemin de fer] pour nommer ce vrai réseau d'aide aux esclaves fugitifs.Terminologie et des symboles pour masquer les activités clandestines du réseau et éviter d'alerter
le public et les propriétaires d'esclaves....

Réseau de résistance et d'entraide, qui a été des plus actifs, plusieurs décennies , du début du XIXe aux années 1860... ! [ ****voir détails dans le lien ci-dessous]

Une lecture des plus marquantes, qui a grandement mérité ses récompenses, dont le Prix Pulitzer ...Une curiosité vivement activée pour cet écrivain, dont je lirai rapidement et avec intérêt ses précédents textes, pour
approfondir la connaissance de cet auteur, qui semble appréhender, et traiter sous différentes perspectives, l'histoire du mythe américain, ainsi qu'une réflexion très engagée sur les questions raciales....

Un ouvrage salutaire, foisonnant, au récit hardiment mené.... !

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voir lien très intéressant , pour en savoir plus ! :
http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/chemin-de-fer-clandestin/
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horline
  12 novembre 2017
Peu de choses ont défini l'Amérique autant que l'esclavage et l'idée de conquête de Nouveau Monde. Il ne faut pas compter sur Colson Whitehead pour démystifier la première de ces fondations.

D'abord parce qu'en s'intéressant aux réseaux de résistance qui permettaient aux fugitifs du Sud esclavagiste d'atteindre les États libres du Nord et du Canada, l'auteur appuie avant tout sur cette violence raciale systémique qui a frappé des générations d'Afro-américains. Au XIXe, «Échapper aux limites de la plantation, c'est échapper aux principes fondamentaux de son existence» pour la plupart des Noirs alors réduits à des biens acquis par des propriétaires de champs de coton. Et se soustraire du joug de la servitude n'est pas pour autant la fin des violences, la liberté demeurant bien fragile face à «l'impératif américain».

Ensuite, et de manière quelque peu perturbante, l'auteur américain organise les faits de son roman en un système narratif fantaisiste. Colson Whitehead n'hésite pas à troubler son travail documentaire avec un récit surréaliste, un train fantôme auréolé de fantastique pour matérialiser le réseau d'entraide clandestin et qui apparaît aussi mystérieusement qu'il côtoie une réflexion transversale et accomplie sur la continuité de l'oppression subie par les Noirs américains. Cette alternance des genres est par moments un peu nébuleuse, le passage d'un style à un autre ne se faisant pas toujours sans tamponnage. Certainement l'effet d'une impulsion politique forte (tel que le souligne Godefroid dans sa critique pertinente), mais je regrette que l'auteur américain, tout dévoué à sa démonstration, ait quelque peu délaissé le talent romanesque découvert avec Sag Harbor. L'écriture est bien trop hâtive à mon goût.

Malgré ces imperfections, j'ai aimé suivre la jeune Cora se laisser emporter vers des mondes prometteurs ou menaçants avec un courage archaïque. Même si dans sa fuite constante, j'avais l'impression qu'elle me fuyait tout autant que les mercenaires qui la traquaient comme une proie. C'est un roman sans cesse en mouvement qui s'attarde peu sur les personnages préférant mettre en lumière les différents visages du racisme et de l'esclavage durant le long périple. Que ce soit au coeur des plantations ou, chose que j'ignorais, au sein même des États libres, la violence qui imprègne le roman laisse le sentiment qu'il n'y avait «pas de lieux où s'enfuir, seulement des lieux à fuir».
Riche d'enseignement, ce roman est tout aussi bancal que réjouissant.
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Dixie39
  15 décembre 2017
On a beaucoup parlé et entendu parlé de ce livre : Underground Railroad. Il s'inscrit dans une actualité qui a sans doute contribué à son succès : l'Amérique de Trump divise, attise et réveille les anciens démons. Ils n'étaient pourtant pas bien loin, mais ce nouveau président semble leur ouvrir grandes les portes d'une réalité qui fait froid dans le dos.

"Si les nègres étaient censés jouir de leur liberté, ils ne seraient pas enchaînés. Si le Peau-Rouge était censé conserver sa terre, elle serait encore à lui. Et si le Blanc n'avait pas été destiné à s'emparer de ce nouveau monde, il ne le possèderait pas.
Tel est l'authentique Grand Esprit, le fil divin qui reliait toute entreprise humaine : si vous arrivez à garder quelque chose, c'est que cette chose vous appartient. C'est votre bien : votre esclave, votre continent. L'impératif américain."

Ce qui se murmurait tout bas, se revendique haut et fort… La littérature essaie de réveiller les consciences et n'y arrive pas si mal, je trouve : La servante écarlate de Margaret Atwood a généré un élan sans commune mesure et Underground Railroad rappelle les ravages de l'esclavage et ce qu'il fallait de force, de volonté, de courage et autant de chance pour s'en échapper. Et s'en libérait-on vraiment ? Une fois les chaînes à terre, ce sont d'autres entraves qui prenaient le relais. Pour beaucoup, elles sont encore là aujourd'hui…

l'Underground Railroad, c'est ce réseau qui aida les esclaves à recouvrer leur liberté, c'est une réalité, mais aussi un mythe, une de ces belles choses qui aide à survivre quand l'espoir n'a plus sa place. Cora, une jeune esclave de 16 ans, propriété d'un blanc sadique et tortionnaire, va accepter de partir avec Caesar, une nuit, pour atteindre ce chemin de fer souterrain, promesse de vie et de liberté ! On va la suivre de la Georgie en Caroline du Sud et du Nord, passant par bon nombre d'États, fuyant toujours et encore, un chasseur d'esclave lancé à ses trousses.

Peut-être fallait-il être seule au monde comme Cora pour y arriver ? Ne pas regarder en arrière pour ne pas flancher ? Car l'échec, c'était la mort assurée !

Colson Whitehead va nous faire vivre sa fuite, sa traque, mais aussi nous donner à voir la réalité de ce qu'était la vie d'un esclave à cette époque, les dissensions entre esclavagistes et abolitionnistes qui mèneront à la guerre, l'apprentissage de la liberté qui ne passe pas seulement par l'absence de chaînes, mais aussi par l'émancipation, grâce à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, la rémunération du travail, la revendication de l'égalité des droits pour tous les Hommes, peu importe leur couleur, … En lisant Underground Railroal, on s'aperçoit que la lutte sera longue, si tant est qu'elle soit terminée, ce dont je doute !

Ce qui fait la force de ce livre, je pense, c'est son approche « pédagogique ». L'auteur fait vivre ses personnages, moins pour nous faire compatir à leur destin, que pour nous les donner en exemple, pour nous montrer que malgré toute cette horreur, ces femmes et ces hommes de l'Underground Railroad, que l'on croyait sans destinée, sans avenir, et sans aucune chance de réussite, ont résisté, sans jamais baissé les bras et y sont allés…

"Le monde du dessus doit être tellement ordinaire comparé au miracle en dessous, le miracle qu'on a créé avec sa sueur, avec son sang. Le triomphe secret qu'on garde dans son cœur."

Une belle lecture partagée pour cette dernière pioche de l'année !
Lien : https://page39web.wordpress...
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bilodoh
  02 février 2018
L'Amérique de l'esclavage et de ceux qui luttent pour la liberté et février est le Mois de l'histoire des Noirs, un bon moment pour ce lire ce roman de Colson Whitehead.

Une violence que je trouve toujours hallucinante de la part de certains planteurs, des lynchages qui s'offrent en spectacle pour la population et même des bibles modifiées pour justifier l'esclavage. Pourquoi tant de violence? Même les animaux de trait étaient mieux lotis…

Cela fait partie des grands paradoxes des États-Unis, terre de liberté, mais pas pour tout de monde… Un pays de puritanisme religieux où on défend le droit aux armes, où on veut interdire l'avortement, mais où il n'y a pas de congés de maternité universels.

Mais l'Underground Railroad, c'est l'espoir. Une métaphore pour un réseau mythique d'entraide, une solidarité humaine qui permet de sauver des vies.

Encore un roman sur la tragédie de l'esclavage? Oui, mais un roman touchant n'est jamais de trop. C'est aussi un devoir de mémoire, car aujourd'hui encore aux É.-U., on a bien plus de chance de se retrouver en prison ou de mourir sous les balles d'un policier si on est un Noir.
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Franckync
  18 décembre 2017
Titre : Undergroud Railroad
Auteur : Colson Whitehead
Année : 2017
Editeur : Albin Michel
Résumé : Cora est esclave dans une plantation de coton de Georgie. Au coeur d'une Amérique coupée en deux (au nord les états abolitionnistes, au sud les états esclavagistes) la jeune fille décide de suivre Caesar qui lui propose de s'évader. Au péril de sa vie, traquée par Ridgeway l'impitoyable chasseur d'esclave, Cora va vivre une odyssée sanglante et emprunter le fameux Underground Railroad pour tenter de gagner sa liberté.
Mon humble avis : Critiques dithyrambiques, best-seller international et surtout prix Pulitzer ce roman de Colson Whitehead s'annonçait sous les meilleurs auspices. Il suffit de jeter un coup d'oeil aux romans précédemment récompensés par le jury de l'université de Columbia pour pour se rendre compte à quel point leur goût est sûr et avisé : 2014 le génial Chardonneret de Donna Tartt, 2007 la route chef d'oeuvre de Cormac McCarthy ou encore d'illustres auteurs élus tels que Philip Roth, Toni Morrison ou Richard Russo. Bref du grand, du très grand et j'espérais que Colson Whitehead s'inscrirait dans cette fabuleuse lignée. A mon plus grand regret ce ne fut pas vraiment le cas et je vais essayer de vous expliquer pourquoi à travers cette petite chronique. Si Underground Railroad est à n'en pas douter un excellent roman traitant d'un sujet fort et passionnant, le traitement choisi par l'auteur, la distance qu'il impose à son lecteur par rapport à son personnage principal ne m'aura jamais vraiment permis de rentrer dans ce texte. A vouloir éviter le pathos à tout prix Whitehead impose une lecture distanciée que beaucoup trouveront brillante mais qui m'a personnellement gâché le plaisir de lecture. L'histoire de cet Underground Railroad est édifiante, Cora une héroïne complexe au destin hors du commun et pourtant j'avoue avoir éprouvé un certain soulagement en arrivant au bout de ces 400 pages. La raison ? le peu d'attachement ressenti à l'égard des personnages de ce roman, le manque d'émotion, la distance de l'écriture. Whitehead a du penser que le message historique et politique de l'oeuvre suffirait à faire de cet Underground Railroad un objet littéraire inoubliable et ce fut le cas pour beaucoup mais pas pour votre serviteur. Certes ce prix Pulitzer recèle de véritables pépites d'écriture, de scènes fortes et inspirées. Certes la description de cette société Américaine pré-guerre de sécession est fouillée, précise, provoquant chez le lecteur dégoût et consternation mais cela n'en fait pas un roman inoubliable. Un bon roman c'est certain mais pas un grand roman, à mon humble avis.
J'achète ? : Je vais surement vous surprendre tant l'accueil pour cet Underground Railroad fut unanime, mais je réitère : trop peu d'émotion malgré des passages édifiants, trop peu d'empathie pour Cora malgré son destin funeste; des chapitres qui n'en finissent pas et de l'ennui malgré une écriture onirique pleine de charme ( surtout lorsqu'il s'agit du fameux train clandestin qui est décrit magnifiquement par l'auteur en dépit de toute réalité historique ). Un avis mitigé donc, forcément.

Lien : http://francksbooks.wordpres..
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Kirzy
  30 septembre 2017
Quels sont les ingrédients qui font d'un roman publié parmi tant d'autres un grand livre ?

1) une héroïne exceptionnelle, Cora, une esclave en fuite dans le Sud raciste pré-guerre de Sécession, qui a la rage de vivre chevillée au coeur; elle survit et rebondit à de terribles épreuves avec un sens de la résilience époustouflant ! On l'aime, on tremble avec elle.

2) un art du récit emballé par une plume incisive qui vous cueille dès le premier chapitre . Une fois commencé, on ne peut plus quitter ce livre, il faut qu'on sache quel destin attend Cora. C'est ultra dynamique et sans temps mort, comme si nous accompagnions l'héroïne dans son odyssée de quête de liberté et de survie.

3) une idée géniale : l'auteur a pris à la lettre le nom métaphorique du réseau clandestin abolitionniste qui aidait les esclaves à fuir le Sud dans la première moitié du XIXème siècle. Il y a bien eu un " underground railroad " , un chemin de fer clandestin, mais c'était juste un réseau de passeurs jalonné d'étapes. Dans le roman, il s'agit d'un vrai chemin de fer abrité dans un tunnel construit par des idéalistes abolitionnistes. C'est brillant d'avoir ainsi rendu concrète et matérielle cette aide apportée aux esclaves.

4) une ampleur historique : l'auteur nous plonge dans un Sud raciste, c'est brutal, sombre, réaliste. Et surtout cela résonne fortement avec la triste actualité des Etats-Unis. Avec ce roman sur l'esclavage, le mal initial, on est en fait aux racines du mal américain. On comprend mieux la fragile résilience des Afro-Américains d'aujourd'hui.

Bravo Monsieur Whitehead, quel livre !!!
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