AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Critiques sur Underground railroad (150)
Classer par :   Date   Les plus appréciées  



Ajouter une critique
democratz
  06 octobre 2017
La majorité des critiques littéraires sont unanimes sur le dernier roman de Colson Whitehead, Underground Railroad : un chef-d'oeuvre ! Rien que cela... C'est vrai que le livre a fait grand bruit outre-Atlantique et a obtenu deux prestigieux prix (National Book Award 2016, prix Pulitzer 2017) mais la raison de ce succès vient-elle de l'histoire ou bien d'un contexte ?

Retour au XIXème siècle aux Etats-Unis. L'auteur nous raconte l'histoire de Cora, une jeune esclave qui décidera de s'enfuir de la plantation de coton où elle trime depuis sa naissance afin d'échapper à la violence d'un propriétaire sans scrupules et d'espérer une vie meilleure.

Mais la liberté a un prix. Elle n'est jamais gratuite surtout dans les états du sud. Cora l'apprendra tout le long de sa cavale en évoluant dans un environnement hostile et raciste. Sauver sa vie sera sa principale préoccupation, aidée par plusieurs abolitionnistes blancs qui risqueront la leur et celle de leur famille pour faciliter la fuite de la jeune fille via un réseau souterrain de chemin de fer, l'Underground Railroad.

L'auteur n'hésite pas à décrire la haine qu'ont subit les esclaves noirs via des actes de violence d'une cruauté sans nom des propriétaires blancs. En parallèle, il met en valeur les rares américains qui se battent dans l'ombre pour aider à leur échelle, les fugitifs noirs traqués par une populace collaborationniste et des chasseurs d'esclaves avides de sang et d'argent.

Pour ma part, ce livre n'est pas un coup de coeur mais au delà de ce récit, l'auteur nous pousse à avoir une réflexion sur l'état de l'Amérique d'aujourd'hui.

La ségrégation raciale n'a jamais vraiment disparu aux Etats-Unis surtout dans les états du Sud comme en témoignent il y a encore peu, les nombreux faits divers racistes.

Pour en revenir au livre et conclure, il faut prendre ce récit comme un témoignage même si le découpage des chapitres est parfois déconcertant, que certains (longs) paragraphes n'apportent rien à l'intrigue principale, l'auteur nous adresse un message : n'oublions pas le passé afin d'éviter que L Histoire ne soit qu'un éternel recommencement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          772
fanfanouche24
  07 novembre 2017
Une découverte inopinée, entre divers articles éloquents, et coups de coeur pour le sujet, ainsi que pour une jaquette particulièrement réussie: une voie ferrée semblant partir ver le ciel, des rails se disloquant en mille morceaux, au fur et à mesure de sa course; ces mêmes morceaux, se transforment en oiseaux....Une couverture esthétiquement magnifique, onirique, des plus suggestives !!

J'ai "dévoré" ce roman...captivée, bouleversée, tremblant , me réjouissant, selon... les différents épisodes éprouvants de la protagoniste centrale, Cora, jeune esclave, qui tente de se sauver de la plantation, où le maître se distingue par une cruauté et une débauche de méchanceté, difficilement égalables !

Un récit qui alterne entre les différents personnages, et les régions plus ou moins dangereuses que Cora traverse, ou se pause plus longuement, lorsque les circonstances le permettent !

De fort nombreuses critiques ont déjà été rédigées avec sûrement moult talent, et enthousiasme... Chroniques que je ne lirai qu'après avoir rédigé et déposé mes propres impressions [ pour ne pas être influencée d'une quelconque manière !!]


"Elle n'avait jamais obtenu de Royal qu'il lui parle des hommes et des femmes qui avaient construit le chemin de fer clandestin. Ceux qui avaient déblayé un million de tonnes de roche, qui avaient trimé dans le ventre de la terre pour la délivrance d'esclaves comme elles. (...)
Qui est-on quand on a achevé quelque chose d'aussi magnifique- et quand on l'a par ailleurs traversé en le construisant, jusqu'à atteindre l'autre côté ? A un bout il y avait qui on était avant la clandestinité, avant de descendre sous terre, et à l'autre c'est une personne nouvelle qui émerge à la lumière. le monde du dessus doit être tellement ordinaire comparé au miracle
en dessous, le miracle qu'on a créé avec sa sueur, avec son sang. le triomphe secret qu'on garde en secret. "(p. 395)

On y croit... à ce chemin de fer clandestin, souterrain... tant qu'à la fin de ma lecture, j'ai été faire des recherches complémentaires. Incroyablement ingénieuse, et très frappante symboliquement .... cette métaphore de
cette voie ferrée, souterraine, mystérieuse, cachée...qui ne peut que frapper l'imagination du lecteur !!

Restent les codes, le vocabulaire réels [ liés au chemin de fer] pour nommer ce vrai réseau d'aide aux esclaves fugitifs.Terminologie et des symboles pour masquer les activités clandestines du réseau et éviter d'alerter
le public et les propriétaires d'esclaves....

Réseau de résistance et d'entraide, qui a été des plus actifs, plusieurs décennies , du début du XIXe aux années 1860... ! [ ****voir détails dans le lien ci-dessous]

Une lecture des plus marquantes, qui a grandement mérité ses récompenses, dont le Prix Pulitzer ...Une curiosité vivement activée pour cet écrivain, dont je lirai rapidement et avec intérêt ses précédents textes, pour
approfondir la connaissance de cet auteur, qui semble appréhender, et traiter sous différentes perspectives, l'histoire du mythe américain, ainsi qu'une réflexion très engagée sur les questions raciales....

Un ouvrage salutaire, foisonnant, au récit hardiment mené.... !

---------------------------------------------------------------------------------------------
voir lien très intéressant , pour en savoir plus ! :
http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/chemin-de-fer-clandestin/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          592
TheWind
  19 décembre 2017
A l'horizon, très loin, où ne portent nos yeux,
La liberté.

Ils ont vendu nos frères, battu nos mères, violé nos soeurs,
Ils ont volé la terre, soumis les peuples, meurtri nos coeurs.

A l'horizon, loin, où s'envolent les corbeaux,
La liberté.

Ils ont foulé nos vies, ravagé nos familles, détruit nos corps,
Ils ont cru que nous n'étions que du bois mort.

A l'horizon, là, où le train s'enfonce dans la terre,
La liberté.

Ils nous ont enchaîné …
Mais, l'espoir était là, sous nos pieds.

A l'horizon, à l'autre bout du marais, tu trouveras,
La liberté.

Ils ont continué à nous chasser, à nous traquer,
Ils ont fini par nous rattraper.

Mais, de toute éternité,
Jamais personne ne pourra se glorifier,
De posséder nos âmes, de posséder nos peines,
De dominer nos coeurs, de dominer nos joies,
de nous priver à tout jamais,
De notre liberté.

A l'horizon, sous une grange,
L'Underground Railroad chemine,
Et emporte avec lui,
Le souffle de la liberté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          557
tynn
  28 septembre 2017
Les premières questions, en refermant ce livre:
Est-ce que tout cela est exact?
Montage romanesque ou roman historique ?

Et quelques recherches sur Internet confirment que l'imagination de l'auteur s'est nourrie d'une solide documentation, et renouvelle de belle façon la thématique, déjà beaucoup racontée, de l'esclavage américain dans les États du Sud.

Ici, il faut oublier les belles maisons de planteurs et les crinolines. Les esclaves en revanche sont toujours là, et le calvaire de vie de la jeune Cora est un voyage dans l'énumération quasi exhaustive des diverses formes de violences envers la communauté noire.

Le mouvement anti esclavagiste prend forme en 1820 dans les États du Nord et l'organisation d'entraide aux fuyards dit "Chemin de fer clandestin" est une terminologie sans rails ni tunnels. Mais l'image proposée par l'auteur est particulièrement forte et lui permet une exploration large de la société du 19e, aux relents nauséabonds de fascisme et d'eugénisme, terreau du racisme contemporain.

Colson Whitehead ressuscite en conte cruel les démons de l'Amérique esclavagiste d'avant la guerre civile. Son récit est prenant, sans perte de rythme, explore la psychologie des individus, et la prise de conscience d'un pays qui cherche déjà les moyens dits progressistes pour sortir de l'impasse.

Un livre qui va beaucoup plus loin que la simple fuite d'une petite esclave de Géorgie.

Rentrée littéraire 2017
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          550
horline
  12 novembre 2017
Peu de choses ont défini l'Amérique autant que l'esclavage et l'idée de conquête de Nouveau Monde. Il ne faut pas compter sur Colson Whitehead pour démystifier la première de ces fondations.

D'abord parce qu'en s'intéressant aux réseaux de résistance qui permettaient aux fugitifs du Sud esclavagiste d'atteindre les États libres du Nord et du Canada, l'auteur appuie avant tout sur cette violence raciale systémique qui a frappé des générations d'Afro-américains. Au XIXe, «Échapper aux limites de la plantation, c'est échapper aux principes fondamentaux de son existence» pour la plupart des Noirs alors réduits à des biens acquis par des propriétaires de champs de coton. Et se soustraire du joug de la servitude n'est pas pour autant la fin des violences, la liberté demeurant bien fragile face à «l'impératif américain».

Ensuite, et de manière quelque peu perturbante, l'auteur américain organise les faits de son roman en un système narratif fantaisiste. Colson Whitehead n'hésite pas à troubler son travail documentaire avec un récit surréaliste, un train fantôme auréolé de fantastique pour matérialiser le réseau d'entraide clandestin et qui apparaît aussi mystérieusement qu'il côtoie une réflexion transversale et accomplie sur la continuité de l'oppression subie par les Noirs américains. Cette alternance des genres est par moments un peu nébuleuse, le passage d'un style à un autre ne se faisant pas toujours sans tamponnage. Certainement l'effet d'une impulsion politique forte (tel que le souligne Godefroid dans sa critique pertinente), mais je regrette que l'auteur américain, tout dévoué à sa démonstration, ait quelque peu délaissé le talent romanesque découvert avec Sag Harbor. L'écriture est bien trop hâtive à mon goût.

Malgré ces imperfections, j'ai aimé suivre la jeune Cora se laisser emporter vers des mondes prometteurs ou menaçants avec un courage archaïque. Même si dans sa fuite constante, j'avais l'impression qu'elle me fuyait tout autant que les mercenaires qui la traquaient comme une proie. C'est un roman sans cesse en mouvement qui s'attarde peu sur les personnages préférant mettre en lumière les différents visages du racisme et de l'esclavage durant le long périple. Que ce soit au coeur des plantations ou, chose que j'ignorais, au sein même des États libres, la violence qui imprègne le roman laisse le sentiment qu'il n'y avait «pas de lieux où s'enfuir, seulement des lieux à fuir».
Riche d'enseignement, ce roman est tout aussi bancal que réjouissant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          442
Dixie39
  15 décembre 2017
On a beaucoup parlé et entendu parlé de ce livre : Underground Railroad. Il s'inscrit dans une actualité qui a sans doute contribué à son succès : l'Amérique de Trump divise, attise et réveille les anciens démons. Ils n'étaient pourtant pas bien loin, mais ce nouveau président semble leur ouvrir grandes les portes d'une réalité qui fait froid dans le dos.

"Si les nègres étaient censés jouir de leur liberté, ils ne seraient pas enchaînés. Si le Peau-Rouge était censé conserver sa terre, elle serait encore à lui. Et si le Blanc n'avait pas été destiné à s'emparer de ce nouveau monde, il ne le possèderait pas.
Tel est l'authentique Grand Esprit, le fil divin qui reliait toute entreprise humaine : si vous arrivez à garder quelque chose, c'est que cette chose vous appartient. C'est votre bien : votre esclave, votre continent. L'impératif américain."

Ce qui se murmurait tout bas, se revendique haut et fort… La littérature essaie de réveiller les consciences et n'y arrive pas si mal, je trouve : La servante écarlate de Margaret Atwood a généré un élan sans commune mesure et Underground Railroad rappelle les ravages de l'esclavage et ce qu'il fallait de force, de volonté, de courage et autant de chance pour s'en échapper. Et s'en libérait-on vraiment ? Une fois les chaînes à terre, ce sont d'autres entraves qui prenaient le relais. Pour beaucoup, elles sont encore là aujourd'hui…

l'Underground Railroad, c'est ce réseau qui aida les esclaves à recouvrer leur liberté, c'est une réalité, mais aussi un mythe, une de ces belles choses qui aide à survivre quand l'espoir n'a plus sa place. Cora, une jeune esclave de 16 ans, propriété d'un blanc sadique et tortionnaire, va accepter de partir avec Caesar, une nuit, pour atteindre ce chemin de fer souterrain, promesse de vie et de liberté ! On va la suivre de la Georgie en Caroline du Sud et du Nord, passant par bon nombre d'États, fuyant toujours et encore, un chasseur d'esclave lancé à ses trousses.

Peut-être fallait-il être seule au monde comme Cora pour y arriver ? Ne pas regarder en arrière pour ne pas flancher ? Car l'échec, c'était la mort assurée !

Colson Whitehead va nous faire vivre sa fuite, sa traque, mais aussi nous donner à voir la réalité de ce qu'était la vie d'un esclave à cette époque, les dissensions entre esclavagistes et abolitionnistes qui mèneront à la guerre, l'apprentissage de la liberté qui ne passe pas seulement par l'absence de chaînes, mais aussi par l'émancipation, grâce à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, la rémunération du travail, la revendication de l'égalité des droits pour tous les Hommes, peu importe leur couleur, … En lisant Underground Railroal, on s'aperçoit que la lutte sera longue, si tant est qu'elle soit terminée, ce dont je doute !

Ce qui fait la force de ce livre, je pense, c'est son approche « pédagogique ». L'auteur fait vivre ses personnages, moins pour nous faire compatir à leur destin, que pour nous les donner en exemple, pour nous montrer que malgré toute cette horreur, ces femmes et ces hommes de l'Underground Railroad, que l'on croyait sans destinée, sans avenir, et sans aucune chance de réussite, ont résisté, sans jamais baissé les bras et y sont allés…

"Le monde du dessus doit être tellement ordinaire comparé au miracle en dessous, le miracle qu'on a créé avec sa sueur, avec son sang. Le triomphe secret qu'on garde dans son cœur."

Une belle lecture partagée pour cette dernière pioche de l'année !
Lien : https://page39web.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          415
bilodoh
  02 février 2018
L'Amérique de l'esclavage et de ceux qui luttent pour la liberté et février est le Mois de l'histoire des Noirs, un bon moment pour ce lire ce roman de Colson Whitehead.

Une violence que je trouve toujours hallucinante de la part de certains planteurs, des lynchages qui s'offrent en spectacle pour la population et même des bibles modifiées pour justifier l'esclavage. Pourquoi tant de violence? Même les animaux de trait étaient mieux lotis…

Cela fait partie des grands paradoxes des États-Unis, terre de liberté, mais pas pour tout de monde… Un pays de puritanisme religieux où on défend le droit aux armes, où on veut interdire l'avortement, mais où il n'y a pas de congés de maternité universels.

Mais l'Underground Railroad, c'est l'espoir. Une métaphore pour un réseau mythique d'entraide, une solidarité humaine qui permet de sauver des vies.

Encore un roman sur la tragédie de l'esclavage? Oui, mais un roman touchant n'est jamais de trop. C'est aussi un devoir de mémoire, car aujourd'hui encore aux É.-U., on a bien plus de chance de se retrouver en prison ou de mourir sous les balles d'un policier si on est un Noir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370
Franckync
  18 décembre 2017
Titre : Undergroud Railroad
Auteur : Colson Whitehead
Année : 2017
Editeur : Albin Michel
Résumé : Cora est esclave dans une plantation de coton de Georgie. Au coeur d'une Amérique coupée en deux (au nord les états abolitionnistes, au sud les états esclavagistes) la jeune fille décide de suivre Caesar qui lui propose de s'évader. Au péril de sa vie, traquée par Ridgeway l'impitoyable chasseur d'esclave, Cora va vivre une odyssée sanglante et emprunter le fameux Underground Railroad pour tenter de gagner sa liberté.
Mon humble avis : Critiques dithyrambiques, best-seller international et surtout prix Pulitzer ce roman de Colson Whitehead s'annonçait sous les meilleurs auspices. Il suffit de jeter un coup d'oeil aux romans précédemment récompensés par le jury de l'université de Columbia pour pour se rendre compte à quel point leur goût est sûr et avisé : 2014 le génial Chardonneret de Donna Tartt, 2007 la route chef d'oeuvre de Cormac McCarthy ou encore d'illustres auteurs élus tels que Philip Roth, Toni Morrison ou Richard Russo. Bref du grand, du très grand et j'espérais que Colson Whitehead s'inscrirait dans cette fabuleuse lignée. A mon plus grand regret ce ne fut pas vraiment le cas et je vais essayer de vous expliquer pourquoi à travers cette petite chronique. Si Underground Railroad est à n'en pas douter un excellent roman traitant d'un sujet fort et passionnant, le traitement choisi par l'auteur, la distance qu'il impose à son lecteur par rapport à son personnage principal ne m'aura jamais vraiment permis de rentrer dans ce texte. A vouloir éviter le pathos à tout prix Whitehead impose une lecture distanciée que beaucoup trouveront brillante mais qui m'a personnellement gâché le plaisir de lecture. L'histoire de cet Underground Railroad est édifiante, Cora une héroïne complexe au destin hors du commun et pourtant j'avoue avoir éprouvé un certain soulagement en arrivant au bout de ces 400 pages. La raison ? le peu d'attachement ressenti à l'égard des personnages de ce roman, le manque d'émotion, la distance de l'écriture. Whitehead a du penser que le message historique et politique de l'oeuvre suffirait à faire de cet Underground Railroad un objet littéraire inoubliable et ce fut le cas pour beaucoup mais pas pour votre serviteur. Certes ce prix Pulitzer recèle de véritables pépites d'écriture, de scènes fortes et inspirées. Certes la description de cette société Américaine pré-guerre de sécession est fouillée, précise, provoquant chez le lecteur dégoût et consternation mais cela n'en fait pas un roman inoubliable. Un bon roman c'est certain mais pas un grand roman, à mon humble avis.
J'achète ? : Je vais surement vous surprendre tant l'accueil pour cet Underground Railroad fut unanime, mais je réitère : trop peu d'émotion malgré des passages édifiants, trop peu d'empathie pour Cora malgré son destin funeste; des chapitres qui n'en finissent pas et de l'ennui malgré une écriture onirique pleine de charme ( surtout lorsqu'il s'agit du fameux train clandestin qui est décrit magnifiquement par l'auteur en dépit de toute réalité historique ). Un avis mitigé donc, forcément.

Lien : http://francksbooks.wordpres..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          377
Titania
  24 novembre 2017
Voilà un grand roman américain, pour répondre avec un exemple à une question du forum ! Il comporte en effet tous les ingrédients indispensables.

Quand un célèbre réseau de passeurs clandestins abolitionnistes est structuré comme une compagnie de chemin de fer, il suffit juste d'un petit artifice littéraire pour introduire une dose de fantastique dans un roman réaliste et très documenté sur la réalité humaine et juridique de l'esclavage.

C'est ce qui rend le roman de Colson Whitehead aussi brillant et extrêmement original. Il nous fait embarquer avec lui dans son « pôle express » vers la liberté, sur les pas de Cora une jeune fille esclave qui s'enfuit d'une plantation de Georgie, dont les propriétaires ont moins d'égards pour les humains que pour le matériel agricole. Brimades, humiliations, mauvais traitements sont le quotidien de ces esclaves pour lesquels c'est un exploit d'arriver à l'âge de 40 ans. Il arrive forcément à beaucoup, l'idée de prendre tous les risques pour échapper à l'enfer, gagner avec l'aide de quelques courageux, les États du Nord ou le Canada.

L'émancipation de Cora est un chemin pavé d'embûches et de rencontres, dans lequel l'alphabétisation et l'instruction jouent un rôle considérable dans son parcours chaotique vers la liberté. le récit est dynamique et haletant, le passage par les différentes « gares », comme autant d'occasions de découvrir des personnages et de nouvelles réalités. La symbolique est intéressante entre les trains solides, les conducteurs sûrs d'eux ou les jeunes un peu déroutés et petites draisiennes vermoulues qui n'ont l'air de rien .

Ce faisant il nous montre une réalité d'une violence inouïe mais moins manichéenne qu'on ne l'imagine. Même dans les états du sud, il y avait des abolitionnistes, des gens qui prenaient des risques personnels dans des sociétés devenues totalitaires du fait de l'économie de plantation et des peurs nées du système esclavagiste. La terreur semée par la législation, les cavaliers de la nuit et autres chasseurs d'esclaves en fuite, emprisonne tout le monde. C'est ce que démontre l'étape en Caroline du Nord chez Martin et Ethel, paralysés par la peur, coincés entre leur foi, leurs engagements, et un système qui encourage la délation et le lynchage.

Ce livre est un hommage à Harriet Tubman et autres passeurs qui ont oeuvré jusqu'à l'abolition de l'esclavage, et même au- delà pour la conquête des droits civiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          375
Allantvers
  28 août 2017
Mazette : Pulitzer ET National Book Award ! Est-ce à dire que l'Amérique l'attendait, ce livre?
Pas impossible en effet qu'on tienne là un de ces grands romans qui, parce qu'ils amènent la bonne histoire sur l'Histoire au bon moment, rencontrent largement une attente dans le public américain.
L'Histoire avec un grand H en l'occurrence est celle de l'esclavage, vu sous l'angle plutôt original du réseau souterrain mis en place depuis le Nord pour aider à la fuite des esclaves du Sud, matérialisé allégoriquement par un réseau ferré occulte, mais aussi sous la focale plus large de la perception de l'esclavage et de la condition noire dans différents états sudistes. Lesquels états, même ouvertement abolitionnistes, cherchent toujours d'une manière ou d'une autre à ramener à ses chaînes l'homme noir, dont la fuite sur le continent nord-américain est sans issue comme ces gares souterraines sans lumière ni véritables voies d'arrivée et de départ…
Roman sombre donc, très amer que traduit l'histoire dans l'Histoire, celle de Cora, née esclave dans une plantation de Géorgie, la rage et la rébellion au coeur, qui partout où elle parviendra à s'enfuir ne découvrira que nouvelles servitudes imposées par des Blancs terrorisés par la masse noire qu'elle voudra ici contrôler, là pendre, là encore maintenir dans l'ignorance.
Un récit qui tient tout du long en haleine, de facture assez classique mais au langage puissant, brutal et qui colle rageusement l'Amérique le nez dans son histoire en apportant un éclairage nouveau. Un futur immanquable !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370


Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1101 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre
. .