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Critiques sur Underground railroad (87)
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democratz
  06 octobre 2017
La majorité des critiques littéraires sont unanimes sur le dernier roman de Colson Whitehead, Underground Railroad : un chef-d'oeuvre ! Rien que cela... C'est vrai que le livre a fait grand bruit outre-Atlantique et a obtenu deux prestigieux prix (National Book Award 2016, prix Pulitzer 2017) mais la raison de ce succès vient-elle de l'histoire ou bien d'un contexte ?

Retour au XIXème siècle aux Etats-Unis. L'auteur nous raconte l'histoire de Cora, une jeune esclave qui décidera de s'enfuir de la plantation de coton où elle trime depuis sa naissance afin d'échapper à la violence d'un propriétaire sans scrupules et d'espérer une vie meilleure.

Mais la liberté a un prix. Elle n'est jamais gratuite surtout dans les états du sud. Cora l'apprendra tout le long de sa cavale en évoluant dans un environnement hostile et raciste. Sauver sa vie sera sa principale préoccupation, aidée par plusieurs abolitionnistes blancs qui risqueront la leur et celle de leur famille pour faciliter la fuite de la jeune fille via un réseau souterrain de chemin de fer, l'Underground Railroad.

L'auteur n'hésite pas à décrire la haine qu'ont subit les esclaves noirs via des actes de violence d'une cruauté sans nom des propriétaires blancs. En parallèle, il met en valeur les rares américains qui se battent dans l'ombre pour aider à leur échelle, les fugitifs noirs traqués par une populace collaborationniste et des chasseurs d'esclaves avides de sang et d'argent.

Pour ma part, ce livre n'est pas un coup de coeur mais au delà de ce récit, l'auteur nous pousse à avoir une réflexion sur l'état de l'Amérique d'aujourd'hui.

La ségrégation raciale n'a jamais vraiment disparu aux Etats-Unis surtout dans les états du Sud comme en témoignent il y a encore peu, les nombreux faits divers racistes.

Pour en revenir au livre et conclure, il faut prendre ce récit comme un témoignage même si le découpage des chapitres est parfois déconcertant, que certains (longs) paragraphes n'apportent rien à l'intrigue principale, l'auteur nous adresse un message : n'oublions pas le passé afin d'éviter que L Histoire ne soit qu'un éternel recommencement.
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fanfanouche24
  07 novembre 2017
Une découverte inopinée, entre divers articles éloquents, et coups de coeur pour le sujet, ainsi que pour une jaquette particulièrement réussie: une voie ferrée semblant partir ver le ciel, des rails se disloquant en mille morceaux, au fur et à mesure de sa course; ces mêmes morceaux, se transforment en oiseaux....Une couverture esthétiquement magnifique, onirique, des plus suggestives !!

J'ai "dévoré" ce roman...captivée, bouleversée, tremblant , me réjouissant, selon... les différents épisodes éprouvants de la protagoniste centrale, Cora, jeune esclave, qui tente de se sauver de la plantation, où le maître se distingue par une cruauté et une débauche de méchanceté, difficilement égalables !

Un récit qui alterne entre les différents personnages, et les régions plus ou moins dangereuses que Cora traverse, ou se pause plus longuement, lorsque les circonstances le permettent !

De fort nombreuses critiques ont déjà été rédigées avec sûrement moult talent, et enthousiasme... Chroniques que je ne lirai qu'après avoir rédigé et déposé mes propres impressions [ pour ne pas être influencée d'une quelconque manière !!]


"Elle n'avait jamais obtenu de Royal qu'il lui parle des hommes et des femmes qui avaient construit le chemin de fer clandestin. Ceux qui avaient déblayé un million de tonnes de roche, qui avaient trimé dans le ventre de la terre pour la délivrance d'esclaves comme elles. (...)
Qui est-on quand on a achevé quelque chose d'aussi magnifique- et quand on l'a par ailleurs traversé en le construisant, jusqu'à atteindre l'autre côté ? A un bout il y avait qui on était avant la clandestinité, avant de descendre sous terre, et à l'autre c'est une personne nouvelle qui émerge à la lumière. le monde du dessus doit être tellement ordinaire comparé au miracle
en dessous, le miracle qu'on a créé avec sa sueur, avec son sang. le triomphe secret qu'on garde en secret. "(p. 395)

On y croit... à ce chemin de fer clandestin, souterrain... tant qu'à la fin de ma lecture, j'ai été faire des recherches complémentaires. Incroyablement ingénieuse, et très frappante symboliquement .... cette métaphore de
cette voie ferrée, souterraine, mystérieuse, cachée...qui ne peut que frapper l'imagination du lecteur !!

Restent les codes, le vocabulaire réels [ liés au chemin de fer] pour nommer ce vrai réseau d'aide aux esclaves fugitifs.Terminologie et des symboles pour masquer les activités clandestines du réseau et éviter d'alerter
le public et les propriétaires d'esclaves....

Réseau de résistance et d'entraide, qui a été des plus actifs, plusieurs décennies , du début du XIXe aux années 1860... ! [ ****voir détails dans le lien ci-dessous]

Une lecture des plus marquantes, qui a grandement mérité ses récompenses, dont le Prix Pulitzer ...Une curiosité vivement activée pour cet écrivain, dont je lirai rapidement et avec intérêt ses précédents textes, pour
approfondir la connaissance de cet auteur, qui semble appréhender, et traiter sous différentes perspectives, l'histoire du mythe américain, ainsi qu'une réflexion très engagée sur les questions raciales....

Un ouvrage salutaire, foisonnant, au récit hardiment mené.... !

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voir lien très intéressant , pour en savoir plus ! :
http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/chemin-de-fer-clandestin/
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tynn
  28 septembre 2017
Les premières questions, en refermant ce livre:
Est-ce que tout cela est exact?
Montage romanesque ou roman historique ?

Et quelques recherches sur Internet confirment que l'imagination de l'auteur s'est nourrie d'une solide documentation, et renouvelle de belle façon la thématique, déjà beaucoup racontée, de l'esclavage américain dans les États du Sud.

Ici, il faut oublier les belles maisons de planteurs et les crinolines. Les esclaves en revanche sont toujours là, et le calvaire de vie de la jeune Cora est un voyage dans l'énumération quasi exhaustive des diverses formes de violences envers la communauté noire.

Le mouvement anti esclavagiste prend forme en 1820 dans les États du Nord et l'organisation d'entraide aux fuyards dit "Chemin de fer clandestin" est une terminologie sans rails ni tunnels. Mais l'image proposée par l'auteur est particulièrement forte et lui permet une exploration large de la société du 19e, aux relents nauséabonds de fascisme et d'eugénisme, terreau du racisme contemporain.

Colson Whitehead ressuscite en conte cruel les démons de l'Amérique esclavagiste d'avant la guerre civile. Son récit est prenant, sans perte de rythme, explore la psychologie des individus, et la prise de conscience d'un pays qui cherche déjà les moyens dits progressistes pour sortir de l'impasse.

Un livre qui va beaucoup plus loin que la simple fuite d'une petite esclave de Géorgie.

Rentrée littéraire 2017
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Bazart
  19 septembre 2017
Au États-Unis, en 2017, il y a des petits enfants qui se demandent si le père Noël existe et ils attendent avec impatience le Pôle Express. Il y a bientôt deux siècles, Cora 16 ans, qui n'a jamais cru au père Noël, se demande si l'Underground Railroad existe vraiment.

Ce train qui doit emmener les noirs vers des états abolitionniste, les états libres du Nord. Elle veut s'enfuir Cora, elle va s'enfuir et prendre le train avec Caesar un esclave plus âgé qui pense qu'elle porte chance. Cora la petite esclave, est la fille de Mabel une rare noire à s'être évadée du terrible domaine des frères Randall et à n'avoir jamais été retrouvée. Cora et Caesar vont traverser la Caroline du Sud, se cacher dans l'Indiana, se battre dans le Tennessee, poursuivi par Ridgeway, le pire chasseur d'esclaves que le Sud connait.

L'Odyssée de Cora, « Underground railroad » est un extraordinaire roman sur la terrible condition des noirs dans le Sud de l'Amérique au XIX e siècle. L'esclavage décrit dans toute son abomination mais avec un style clair et vif qui en rend la lecture lumineuse.

Extrêmement documenté, Colson Whitehead raconte, avec précision, la terreur quotidienne que subissent les esclaves. Des hommes, femmes qui ne sont que les bêtes de somme d'un cheptel marqué au fer, qu'on élève, qu'on marchande, que l'on fait se reproduire, qui n'existe que pour le profit des blancs. Bible en bandoulière, on asservi, on torture, on viole, on lynche dans les grandes propriétés Sudistes.

« Underground Rairoad » est une formidable métaphore, mais aussi un récit historique précis et méticuleux, les réels avis de recherches d'esclave qui ouvrent chaque chapitre font froid dans le dos.

Un grand roman pour ne rien oublier, à une époque où les suprémacistes blancs frappent à la porte de la Maison Blanche.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Allantvers
  28 août 2017
Mazette : Pulitzer ET National Book Award ! Est-ce à dire que l'Amérique l'attendait, ce livre?
Pas impossible en effet qu'on tienne là un de ces grands romans qui, parce qu'ils amènent la bonne histoire sur l'Histoire au bon moment, rencontrent largement une attente dans le public américain.
L'Histoire avec un grand H en l'occurrence est celle de l'esclavage, vu sous l'angle plutôt original du réseau souterrain mis en place depuis le Nord pour aider à la fuite des esclaves du Sud, matérialisé allégoriquement par un réseau ferré occulte, mais aussi sous la focale plus large de la perception de l'esclavage et de la condition noire dans différents états sudistes. Lesquels états, même ouvertement abolitionnistes, cherchent toujours d'une manière ou d'une autre à ramener à ses chaînes l'homme noir, dont la fuite sur le continent nord-américain est sans issue comme ces gares souterraines sans lumière ni véritables voies d'arrivée et de départ…
Roman sombre donc, très amer que traduit l'histoire dans l'Histoire, celle de Cora, née esclave dans une plantation de Géorgie, la rage et la rébellion au coeur, qui partout où elle parviendra à s'enfuir ne découvrira que nouvelles servitudes imposées par des Blancs terrorisés par la masse noire qu'elle voudra ici contrôler, là pendre, là encore maintenir dans l'ignorance.
Un récit qui tient tout du long en haleine, de facture assez classique mais au langage puissant, brutal et qui colle rageusement l'Amérique le nez dans son histoire en apportant un éclairage nouveau. Un futur immanquable !
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horline
  12 novembre 2017
Peu de choses ont défini l'Amérique autant que l'esclavage et l'idée de conquête de Nouveau Monde. Il ne faut pas compter sur Colson Whitehead pour démystifier la première de ces fondations.

D'abord parce qu'en s'intéressant aux réseaux de résistance qui permettaient aux fugitifs du Sud esclavagiste d'atteindre les États libres du Nord et du Canada, l'auteur appuie avant tout sur cette violence raciale systémique qui a frappé des générations d'Afro-américains. Au XIXe, «Échapper aux limites de la plantation, c'est échapper aux principes fondamentaux de son existence» pour la plupart des Noirs alors réduits à des biens acquis par des propriétaires de champs de coton. Et se soustraire du joug de la servitude n'est pas pour autant la fin des violences, la liberté demeurant bien fragile face à «l'impératif américain».

Ensuite, et de manière quelque peu perturbante, l'auteur américain organise les faits de son roman en un système narratif fantaisiste. Colson Whitehead n'hésite pas à troubler son travail documentaire avec un récit surréaliste, un train fantôme auréolé de fantastique pour matérialiser le réseau d'entraide clandestin et qui apparaît aussi mystérieusement qu'il côtoie une réflexion transversale et accomplie sur la continuité de l'oppression subie par les Noirs américains. Cette alternance des genres est par moments un peu nébuleuse, le passage d'un style à un autre ne se faisant pas toujours sans tamponnage. Certainement l'effet d'une impulsion politique forte (tel que le souligne Godefroid dans sa critique pertinente), mais je regrette que l'auteur américain, tout dévoué à sa démonstration, ait quelque peu délaissé le talent romanesque découvert avec Sag Harbor. L'écriture est bien trop hâtive à mon goût.

Malgré ces imperfections, j'ai aimé suivre la jeune Cora se laisser emporter vers des mondes prometteurs ou menaçants avec un courage archaïque. Même si dans sa fuite constante, j'avais l'impression qu'elle me fuyait tout autant que les mercenaires qui la traquaient comme une proie. C'est un roman sans cesse en mouvement qui s'attarde peu sur les personnages préférant mettre en lumière les différents visages du racisme et de l'esclavage durant le long périple. Que ce soit au coeur des plantations ou, chose que j'ignorais, au sein même des États libres, la violence qui imprègne le roman laisse le sentiment qu'il n'y avait «pas de lieux où s'enfuir, seulement des lieux à fuir».
Riche d'enseignement, ce roman est tout aussi bancal que réjouissant.
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AudreyT
  30 septembre 2017
***
Cora a le malheur d'être née esclave... Après sa grand-mère et sa mère, elle devra subir la terrible vie dans les plantations des maîtres blancs. Mais elle nourrit une force et une envie de liberté. Cet espoir, elle va le chérir et le voir devenir réalité grâce à Caesar. Ils vont fuir, faire le pari fou d'échapper aux chasseurs... Mais la route sera longue, et quel prix à payer pour ne plus appartenir à personne !!

Le roman de Colson Whitehead nous glace le sang. Pourtant, cette partie de l'histoire des Etast-Unis ne nous est pas inconnue. Mais voilà, on s'attache aux personnages - aux multiples personnages, ce qui m'a le plus dérangé dans ce roman - et on est obligé de regarder en face les atrocités de notre monde...
C'est un roman fort, un roman tout à la fois rempli d'horreur, d'espoir, de haine et d'amour. L'histoire d'hommes et de femmes qui devraient être égaux mais qui pour certains, devront se battre jusqu'à la fin pour un peu de liberté et pour s'appartenir...
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dedanso
  02 novembre 2017
Underground Railroad mérite la reconnaissance des lecteurs et critiques. Non pour la plume de Colson Whitehead (qui est ma foi assez classique) mais pour ce que le récit nous oblige à voir de l'histoire américaine.
Rien que nous ne sachions déjà sur la cruauté des hommes pendant cette période esclavagiste, mais une piqûre de rappel est loin d'être superflue. Et, pour ma part, je ne connaissais pas l'existence de ce chemin de fer clandestin (en réalité il s'agit d'une allégorie que l'auteur a choisi de matérialiser dans son récit).

Nous suivons Cora, jeune esclave de Géorgie, lors de son périple vers le Nord après sa fuite de la plantation Randall. Caroline du Sud, Caroline du Nord, Tennessee, Indiana : je vous laisse le soin de découvrir les spécificités de chacun de ces états.
Lors de votre périple, vous croiserez tout ce que la nature humaine peut faire de pire comme de meilleur. Certains personnages vous donneront envie de vomir, d'autres d'ériger une statue en leur honneur mais aucun ne vous laissera de marbre ou ne vous paraîtra surfait.

Colson Whitehead interroge le passé pour mieux questionner le présent et entraîne son lecteur à sa suite : culpabilité, courage, humanité, cruauté, emprisonnement (et vous apprendrez qu'il y a plusieurs façon d'enchaîner une personne), liberté, culture de la terre, culture de l'esprit, vérité, mensonge, aveuglement ; c'est tout cela à la fois qui est est abordé dans Underground Railroad.
J'ai tout particulièrement apprécié le passage à la ferme Valentine qui met en lumière l'importance de l'éducation artistique dans le chemin de la liberté.

Je ne peux que conseiller à tous, sans aucune distinction, la lecture de ce roman. Il n'est pas seulement destiné aux américains mais bien à chaque citoyen de ce monde dans lequel nous devrions tous pouvoir trouver notre bonheur.
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Kirzy
  30 septembre 2017
Quels sont les ingrédients qui font d'un roman publié parmi tant d'autres un grand livre ?

1) une héroïne exceptionnelle, Cora, une esclave en fuite dans le Sud raciste pré-guerre de Sécession, qui a la rage de vivre chevillée au coeur; elle survit et rebondit à de terribles épreuves avec un sens de la résilience époustouflant ! On l'aime, on tremble avec elle.

2) un art du récit emballé par une plume incisive qui vous cueille dès le premier chapitre . Une fois commencé, on ne peut plus quitter ce livre, il faut qu'on sache quel destin attend Cora. C'est ultra dynamique et sans temps mort, comme si nous accompagnions l'héroïne dans son odyssée de quête de liberté et de survie.

3) une idée géniale : l'auteur a pris à la lettre le nom métaphorique du réseau clandestin abolitionniste qui aidait les esclaves à fuir le Sud dans la première moitié du XIXème siècle. Il y a bien eu un " underground railroad " , un chemin de fer clandestin, mais c'était juste un réseau de passeurs jalonné d'étapes. Dans le roman, il s'agit d'un vrai chemin de fer abrité dans un tunnel construit par des idéalistes abolitionnistes. C'est brillant d'avoir ainsi rendu concrète et matérielle cette aide apportée aux esclaves.

4) une ampleur historique : l'auteur nous plonge dans un Sud raciste, c'est brutal, sombre, réaliste. Et surtout cela résonne fortement avec la triste actualité des Etats-Unis. Avec ce roman sur l'esclavage, le mal initial, on est en fait aux racines du mal américain. On comprend mieux la fragile résilience des Afro-Américains d'aujourd'hui.

Bravo Monsieur Whitehead, quel livre !!!
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trust_me
  25 août 2017
L'Undergound Railroad est un réseau de chemin de fer souterrain et clandestin traversant les États-Unis du Sud au nord. Un réseau construit par des abolitionnistes blancs et des esclaves affranchis pour offrir une route vers la liberté à ceux ayant l'audace de tenter leur chance. Cora l'a utilisé pour quitter la plantation de Géorgie où sa vie était un enfer. Une fuite éperdue avec sur ses traces le terrible chasseur d'esclaves Ridgeway, bien décidé à mettre le grappin sur celle dont la mère est la seule à avoir pu échapper à ses griffes des années auparavant.

Caroline du Sud, Caroline du Nord, Indiana, Cora remonte vers le nord et découvre dans chaque état une forme de racisme différente : stérilisation de masse, pendaison et lynchage pour les blancs se montrant trop conciliants avec les noirs, repli communautaire dans un état « progressiste » tenant plus du miroir aux alouettes que d'un espoir réel, Cora découvre du haut de ses 16 ans que « le monde rend les hommes méchants ».

L'Undergound Railroad, réseau d'aide aux esclaves fugitifs, a bien existé, mais pas sous la forme d'un chemin de fer souterrain. Cette « invention » permet à Colson Whitehead de donner une dimension fantastique salutaire à un récit d'une brutale réalité. Car la fuite de Cora n'a évidemment rien d'un long fleuve tranquille. C'est une lutte farouche et désespérée contre l'adversité, un chemin semé d'horreurs où les désillusions s'enchaînent. Impossible de ne pas s'indigner devant le traitement réservé à la population noire par les états du sud avant la guerre de sécession. Impossible de ne pas mettre en parallèle ce traitement avec la question raciale toujours brûlante dans l'Amérique d'aujourd'hui. Et impossible également de ne pas voir dans la situation de Cora le reflet de celle des migrants actuels, fuyant un enfer en pensant que l'herbe est forcément plus verte ailleurs alors qu'ils ne sont en réalité bienvenus nulle part.

Un roman puissant, habité, très documenté, où l'insoutenable n'est pas un effet de style qui cherche gratuitement l'obscène et le sensationnel. On en sort secoué, ébranlé, anéanti devant autant de haine, ébloui devant autant d'abnégation, devant une telle volonté de vivre dans un monde vous faisant perpétuellement comprendre qu'il n'y aura jamais de place pour vous à la table des rois. Surtout, on sort de ce roman en se disant avec tristesse et effarement que Colson Whitehead vient peut-être de nous montrer, avec un incroyable brio, le vrai visage de l'Amérique.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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