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EAN : 9782226461520
384 pages
Albin Michel (02/11/2023)
3.38/5   69 notes
Résumé :

Lila Mae Watson inspecte les ascenseurs de la grande ville, et elle ne passe pas inaperçue. Parce qu'elle est femme, parce qu'elle est noire, parce qu'elle se fie à ses intuitions. Et parce qu'elle ne se trompe jamais. Alors, quand l'ascenseur d'un gratte-ciel s'écrase, en pleine campagne électorale, Lila Mae ne croit ni à l'erreur humaine ni à l'accident. Fugitive et enquêtrice, elle s'aventure dans un monde de complot... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Après le succès et les deux prix Pulitzer venus récompenser Underground Railroad, Nickel Boys et Harlem Shuffle, Albin Michel édite une traduction entièrement révisée du premier roman de Colson Whitehead, une oeuvre dont l'audacieuse originalité n'a d'égale que l'humour corrosif avec lequel l'écrivain noir américain file la métaphore d'Etats-Unis à deux vitesses, l'une noire, l'autre blanche, quand il s'agit d'ascenseur social.


Dans cette ville sans nom, mais qui, exactement comme New York dans les années cinquante, se distingue par sa course à la verticalité, deux écoles – dont on comprend bientôt que l'une symbolise la société blanche traditionnelle et l'autre le monde des Noirs, jusqu'ici invisible et subalterne, qui réussit néanmoins quelquefois, à travers ses individus les plus batailleurs, à percer socialement – se disputent l'entretien des ascenseurs municipaux. Alors que, comme il est d'usage, les empiristes s'astreignent à de minutieuses révisions techniques, les intuitionnistes se sont inexplicablement mis à les battre en brèche grâce à leur capacité à ressentir l'état de la machine sans même la démonter. « Quand on voit les empiristes courber l'échine pour déceler des indices sur un treuil de levage ou relever des marques d'oxydation sur une poulie de câble de compensation… Que d'efforts doivent-ils fournir ! Alors que les intuitionnistes, eux, s'en sortent sans rien faire. Quelle bande de fainéants. Voici quelques-uns des surnoms dont les empiristes affublent leurs collègues hérétiques : gourous, vaudous, sorciers, Houdini, autant de termes empruntés à la terminologie de l'exotisme noir, de ce qui est à la fois étranger et inquiétant. »


L'une de ces dérangeantes intuitionnistes est Lila Mae Watson, la première femme noire, dont en l'occurrence personne n'avait remarqué le travail acharné depuis le placard à balais qui lui servait de chambre d'étudiante, à avoir décroché un poste d'inspectrice des ascenseurs de la ville. Mais voilà qu'au lendemain de l'un de ses contrôles, un ascenseur chute en pleine visite d'un bâtiment par des notables. Accident ou sabotage ? Déjà désignée coupable par la vindicte médiatique, Lila Mae va devoir se cacher pour mener l'enquête elle-même, mettant au jour un furieux combat au sein de l'industrie de l'ascenseur. le bruit courant que James Fulton, fondateur de la démarche intuitionniste, aurait créé un ascenseur parfait et révolutionnaire, tous les moyens sont bons, entre politiciens corrompus, mafieux et tueurs à la petite semaine, pour s'emparer au plus vite de l'invention.


Absurde jusqu'à ce que s'en dévoile la portée métaphorique, le roman a de quoi déconcerter malgré les aspects plus classiques de son versant policier. Oscillant entre amusement et perplexité, le lecteur devra accepter de lâcher prise pour se laisser emporter, impressionné quoi qu'il arrive par la maîtrise de ce récit à double fond qui, avec une ironie mordante et un pittoresque invraisemblable, réussit à mêler des ingrédients aussi composites que les détails techniques des différents modèles d'ascenseur, un suspense policier dévoilant les peu ragoûtantes mécaniques d'une société américaine fondée sur la compétition et la violence, et une allégorie grinçante du combat des Noirs américains pour s'y faire une place malgré un suprémacisme blanc généralisé.


Un premier roman décalé d'une puissance et d'une originalité folles, qui se plaît, avec beaucoup de dérision, à déstabiliser son lecteur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Cerveau gauche empiriste ou cerveau droit intuitionniste ? Une vision dichotomique de l'humanité parcourt ce thriller et si l'on connait Colson Whitehead, cette histoire murmurera vite en soubassement une autre opposition, dans la société cette fois entre blancs et noirs. Montée et descente, monde vertical ou horizontal, bienvenue dans le monde des ascenseurs où les descriptions techniques ne manqueront pas depuis Otis et ses origines jusqu'à nos jours, avec en point de mire une perspective philosophique de l'ascenseur idéal qui émerge chez les intuitionnistes. Un monde vertical dont les noirs sont largement exclus, exceptés quelques uns. Lila Mae fait partie des rares inspecteurs de couleur, et le doute ne sera pas permis quant à son appartenance au monde intuitionniste dès sa rencontre et une visite hallucinée de figures géométriques ponctuée de diagnostic infaillible, sans mettre la patte au cambouis, sans même jeter un oeil dans les rouages. Vraiment infaillible sa méthode ? Justement pas toujours, un ascenseur qu'elle a confirmé la veille tombe dans le néant, une chute vertigineuse dans un puits qui résonne de sabotage et de complot, surtout en cette période électorale. le début d'une vaste enquête à rebondissements pour Lila Mae, plongée dès lors dans un monde tour à tour politique, mafieux ou journalistique, le tout s'entremêlant au rythme trépidant de la prose musclée de Colson Whitehead.
Voici un premier roman ébouriffant du futur double Pulitzer, retraduit pour l'occasion. Ses contours philosophiques et dystopiques profilent aussi une allure débridée, un peu folle presque, délicieusement américaine par moments, qui ravira les amateurs de Colson Whitehead mais qui risque aussi de décontenancer par sa narration souvent saccadée en paragraphes discontinus dans le temps. Mais un premier roman qui augure aussi de la suite, on pourra faire la liaison de la verticalité des ascenseurs avec l'horizontalité souterraine du rail dans underground railroad, et pour les deux constater la fascination allégorique qui se dégage de ses mondes matériels ancrés dans une humanité divisée. Fulgurant d'imagination, pétillant d'ambition, ce roman à qui il ne manquerait (peut-être) que la fluidité pour toucher aux étoiles, mérite largement que l'on s'y attarde.
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Si on m'avait dit qu'un jour je me passionnerais pour un livre entièrement consacré aux ascenseurs (oui oui, vous avez bien lu !), que j'engloutirais avec un tel appétit 350 pages pleines de treuils de levage, de guides de sécurité tubulaires, de parachutes à effet retardé (à ne pas confondre avec les parachutes à prise progressive, bien sûr !), d'élévateurs hydrauliques à traction directe et autres amortisseurs hélicoïdaux, je n'en aurais sans doute pas cru un mot.
Et pourtant !

Excellente suprise avec cette fiction brillante, dont le titre m'avait été soufflé par Jean-Paul Dubois dans "Le cas Sneijder" (un autre ouvrage de référence sur l'univers méconnu des ascenseurs ;-).
Colson Whitehead va plus loin encore, en imaginant un monde parallèle, une ville dense et froide, dont le nom n'est jamais cité mais qui fait furieusement penser à New-York dans les années 50, où l'Ascenseur fait l'objet d'un véritable culte de la part d'une population en quête de "verticalité".
Chacun rêve de travailler pour la prestigieuse Guilde des ascensoristes, qui fait la loi sur toutes les cabines de la ville et qui voit s'affronter deux courants de pensée radicalement distincts : les Empiriques qui ne jurent que par l'analyse de la documentation technique et l'entretien manuel des machineries, et les Intuitionistes qui n'ont pas besoin de mettre les mains dans le cambouis mais qui communiquent mentalement avec les appareils, dont ils assurent la maintenance par télépathie.

Farfelu, dites-vous ?
Au début oui, ça surprend. Un vocabulaire spécialisé souvent abscons (mais un style délicieux !), des statistiques sur les accidents, des considérations architecturales, des extraits piochés dans "Ascenseurs théoriques, tome 1 et 2", les célébres ouvrages signés James Fulton : on hallucine un peu.
Et puis très vite, et c'est là la force de Colson Whitehead, on y croit ! On se laisse happer par cet univers étrange, vertigineux et très codifié, et par cette ville anonyme, qui par bien des aspects m'a rappellé l'excellent film Brazil de Terry Gilliam. On s'attache à Lila Mae, une héroïne intuitionniste bien singulière, deuxième inspectrice de couleur au sein de la puissante guilde du Transport Vertical. Une femme noire dans une société machiste et hautement discriminatoire... Inutile de chercher bien loin : quand la cabine d'un gratte-ciel s'écrase le jour de son inauguration, Lila Mae fait immédiatement office de coupable tout désigné !
Débute alors une enquête trépidante, aux allures de métaphore ironique de la vie citadine à l'ère moderne, mêlant des politiques, des groupes mafieux, des journalistes (tout citoyen respectable est évidemment abonné à Lift, la revue professionelle incontournable en matière d'ascenseurs !), et les deux principaux fabricants rivaux, Arbo et United Elevator. Tout ce petit monde court après les carnets secrets de James Fulton, qui contiendraient le secret de l'ascenseur parfait pour entrer pleinement dans l'ère de la deuxième élévation.
Toujours plus haut, toujours plus fort ... et toujours plus de concepts métaphyisques autour de cet appareil du quotidien qui réserve décidément bien des suprises !

M. Whitehead, bravo et merci pour ce premier roman original et maîtrisé, qui dénonce de manière subtile et décalée le fléau de la ségrégation raciale et l'orgueil grotesque des puissants. S'il a apparemment reçu un accueil chaleureux de la presse et du public américain, votre livre reste injustement négligé sur Babelio ! Eh bien je prends le pari que cette aberration sera bientôt corrigée.
Une intuition, comme ça...
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L'ascenseur, symbole des villes verticales, où les gratte-ciel sont rois. Et pour les protéger, les surveiller, le département d'inspection des ascenseurs. Parmi eux, récemment arrivée, Lila Mae Watson. Une femme. Noire. Autrement dit mal acceptée et peu intégrée dans ces États-Unis encore fortement racistes. Quand un accident survient avec un ascenseur qu'elle avait examiné, tous les regards, accusateurs, se portent sur elle.

Voici donc, réédité, le premier roman de Colson Whitehead, un écrivain noir américain engagé dans ses écrits : la question de la place de ses compatriotes de couleur est présente dans ses oeuvres. Et ce, dès ce premier opus au titre mystérieux, L'Intuitionniste. Mais ce n'est pas ce qui saute aux yeux à l'entame de ce roman. Nous sommes dans l'univers des ascenseurs, avec leurs serviteurs. D'ailleurs, l'auteur n'hésite pas à nous citer certains passages de traités ayant pour sujet ces machines et leurs spécificités. Ainsi que des détails fort exhaustifs sur les modèles, leurs noms, leurs caractéristiques. Je suis toujours fasciné par cette passion apparente que certains partagent ainsi : on ne peut qu'être conquis par cette immersion dans cet univers ou le vertical est le seul choix de mouvement possible.

Surtout quand Colson Whitehead ajoute une intrigue policière. Et une enquête, voire une quête. En quelques mots : un ascenseur chute alors que les pontes visitent un bâtiment municipal. L'inspectrice Lila Mae Watson l'avait examiné la veille. Il n'est donc en principe pas possible que cette chute soit naturelle. Sabotage ? Oui, mais dans quel but ? On découvre alors que les thuriféraires des ascenseurs sont divisés en deux clans irréconciliables, les empiristes et les intuitionnistes. Les premiers vérifient les organes de ces engins de leurs propres yeux, touchent les câbles avec leurs mains. Mes seconds, suivant les préceptes de leur gourou James Fulton, sentent les ascenseurs. Pas besoin d'examiner de près les machines, ils les comprennent. Comme par magie, par fluide. D'aucuns parlent de vaudou.

Et c'est dans ces choix de mots que se révèle l'arrière-plan de cette lutte. L'ancien monde, celui des Blancs, se trouve en lutte contre le nouveau, celui des Noirs. « Voici quelques-uns des surnoms dont les empiristes affublent leurs collègues hérétiques : gourous, vaudous, sorciers, Houdini, autant de termes empruntés à la terminologie de l'exotisme noir. » L'auteur ne s'en cache pas : son roman parle aussi d'une possible ascension d'une partie de la population, jusqu'ici cantonnée dans les endroits les plus sordides, les plus défavorisés. À travers Lila Mae, qui croise d'autres Noirs qui tentent de s'intégrer dans une société blanche repliée sur elle-même, le lecteur peut croire à un progrès, à un autre avenir. Cela passe peut-être par la découverte de la boîte noire.

Car, outre l'histoire tournant autour des ascenseurs et des protagonistes tentant d'obtenir, sinon le monopole, du moins la première place dans cette industrie, Colson Whitehead ajoute un récit policier doublé de la quête d'un objet quasi mythique : la boîte noire inventée par James Fulton, le chef de file des intuitionnistes. Ce serait l'ascenseur parfait. La machine capable de révolutionner cette industrie. Il faut donc être le premier à s'emparer du plan, le premier à la construire. Et les prétendants sont nombreux. Et violents. Pas de quartier pour les malheureux ou malheureuses qui se trouvent sur leur chemin. On retrouve dans ces passages tous les clichés des récits de genre, avec politiciens corrompus, mafieux, hommes de main sans pitié.

Alors, qu'est-ce que donne ce grand mélange ? Un roman, parfois maladroit, mais drôlement attachant et sacrément riche. Parfois, on ne sait plus trop où donner de la tête. D'autant que Colson Whitehead a pas mal complexifié son texte. Il utilise de nombreux retours en arrière. C'est assez courant et normalement, cela n'a rien de rédhibitoire. Cependant, dans L'Intuitionniste, il le fait très souvent et ce de manière pas toujours facile à suivre : on ne sait jamais où ni quand on va être projeté. Parfois, on ignore même qui on suit. Alors on retombe toujours sur ses pieds, mais cela demande une certaine gymnastique qui n'apporte pas nécessairement grand- chose à l'intrigue ni au plaisir de lecture. Malgré tout, j'ai beaucoup aimé cette plongée dans l'univers d'un auteur dont j'ai aimé les oeuvres suivantes, aussi bien Nickel Boys que le plus ancien et étrange Apex. Albin Michel va, si j'ai bien compris, continuer à republier les ouvrages de Colson Whitehead. J'apprécie grandement cette initiative, car cet auteur a une réelle force et une plume qui mérite largement le détour.
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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Conte philosophique mais aussi allégorie décalée et improbable, ce premier roman annonce déjà les thèmes de prédilection de Colson Whitehead, son engagement et sa plume protéiforme. Son héroïne noire se débat dans une sorte de New York parallèle à la véritable ville, cette version alternative renvoyant le reflet déformé de Big Apple pour mieux la décrire (plus de détails : https://pamolico.wordpress.com/2023/11/15/lintuitionniste-colson-whitehead/)
Lien : https://pamolico.wordpress.c..
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critiques presse (1)
LaPresse
31 janvier 2024
Incontestablement, cette œuvre témoigne du grand génie de l’écrivain ; et cette raison à elle seule suffirait largement à ce qu’on se lance dans sa lecture. Mais force est de constater que L’Intuitionniste est loin de susciter cette gamme d’émotions fortes et d’engagement qu’ont réussi à provoquer des titres comme Underground Railroad et Nickel Boys. C’est bien dommage.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Le garçon comprend que l’amour qu’elle lui porte est profond et douloureux. Elle, c’est sa mère. Mais il ne lui ressemble pas, à part un petit quelque chose dans les yeux – un regard fuyant qui cherche à se soustraire aux autres. Quand ils sont en ville, elle l’oblige à marcher derrière elle, le serre contre son dos comme si elle voulait le protéger du regard des Blancs. Comme si elle redoutait qu’en le voyant, ils le lui retirent. Elle le fait moins maintenant qu’il est plus grand, mais lui a toujours pensé que c’était inutile. Les Blancs ne voient pas les gens de couleur, pas même en pleine lumière, pas même en pleine ville. S’il ne s’expose pas au soleil, sa peau reste aussi claire que celle des Blancs, c’est sans doute pour ça qu’elle a peur, mais il se met au soleil le plus souvent possible, ce qui lui donne une couleur noisette. Jamais une couleur aussi foncée que sa mère ou sa sœur. S’il ne s’expose pas, comme c’est le cas en hiver quand il n’y a pas beaucoup de lumière, la noirceur de sa peau se met en sommeil.
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Quand on voit les empiristes courber l’échine pour déceler des indices sur un treuil de levage ou relever des marques d’oxydation sur une poulie de câble de compensation… Que d’efforts doivent-ils fournir ! Alors que les intuitionnistes, eux, s’en sortent sans rien faire. Quelle bande de fainéants.
Voici quelques-uns des surnoms dont les empiristes affublent leurs collègues hérétiques : gourous, vaudous, sorciers, Houdini, autant de termes empruntés à la terminologie de l’exotisme noir, de ce qui est à la fois étranger et inquiétant. À l’exception de Houdini, qui avait cependant un petit quelque chose de basané.
Contre-offensive des intuitionnistes en matière de surnom : rase-mottes, Monsieur Bricolage, tensiomètre (« contrôler la tension » étant la phrase le plus communément prononcée par les empiristes quand ils sont en inspection), Babbitt, check-up (celui-là doit être lâché avec un sifflement pour avoir l’effet escompté).
Personne ne peut l’expliquer, mais les intuitionnistes ont un taux de réussite de dix pour cent supérieur à celui de leurs rivaux.
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« Fanny Briggs était une esclave qui a appris à lire toute seule. » (…)
Les temps changent. Dans une ville où la population de couleur s’exprime de plus en plus (et ne peut s’empêcher d’organiser des manifestations assommantes pour le compte de journaux à sensation ou de jeter des légumes pourris sur les orateurs de meetings trop policés), il était logique de baptiser le nouveau bâtiment municipal du nom d’une des héroïnes de la communauté noire. Le maire n’est pas un imbécile. On ne devient pas le patron d’une ville aussi grande et aussi démente quand on est un crétin. Le maire sait que, ici, on n’est pas dans une ville du Sud, ni dans une ville de nouveaux riches ni dans une ville d’anciens riches, mais dans la ville la plus célèbre du monde, et que les règles y sont différentes. Le nouvel édifice municipal fut baptisé le Fanny Briggs Memorial Building, et ce choix suscita peu de protestations et encore moins de jets de tomates pourries.
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Lila Mae a toujours pensé qu’elle était athée sans se rendre compte qu’elle avait une religion à elle. Inventer une religion est à la portée de tout un chacun. Il suffit pour cela du besoin des autres.
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C'est une chose de comprendre l'abjection de la réalité, de l'accepter, de vivre avec, et une tout autre de la voir se transformer de manière aussi brutale, de s'apercevoir qu'elle peut encore régresser d'un cran.
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Tout le monde sait que les écoles disciplinaires étaient des endroits difficiles pour les adolescents. Mais on ignorait que poser le pied dans certaines d'entre elles, c'était faire le premier pas vers l'enfer. Et ce jusqu'à une époque très récente.
Nickel Boys » de Colson Whitehead est publié aux éditions Albin Michel.
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