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La dernière geste tome 2 sur 3

Morgan of Glencoe (Autre)
EAN : 9782376863090
466 pages
Editions Mnémos (25/09/2020)
4.45/5   66 notes
Résumé :
Alors que la nouvelle se répand en Keltia, Yuri, ramenée de force à l'ambassade du Japon, est déterminée à reprendre sa liberté malgré tout.
Mais comment fuir, et où trouver refuge ? Seul le Rail semble désormais capable de lui donner asile...

Après les débuts en fanfare de la série La Dernière Geste de Morgan Of Glencoe, romancière et harpiste professionnelle, voici enfin le deuxième tome très attendu des lecteurs et lectrices.
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
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L'héritage du Rail est le deuxième tome de la Dernière Geste, une série de fantasy qui mélange divers sous-genres tels que le steampunk, l'uchronie et la dystopie. le premier tome, que j'avais adoré et qui a reçu le prix Elbakin 2020 dans la catégorie Romans francophones jeunesse, se terminait sur un épisode terriblement tragique. J'étais alors à la fois excitée et inquiète de découvrir ce que Morgan of Glencoe réservait à ses personnages dans cette suite, qui s'avère être une réussite.

Le roman débute directement après les événements qui marquaient la fin du premier tome, et c'est avec peine que nous nous remémorons le massacre des Rats, en particulier la mort de Sir Edward et de la jeune Selkie, Bran. Nekohaima Kenzô a attendu que le prince Louis-Philippe et sa troupe quittent les Égouts pour y pénétrer à son tour afin d'exécuter le Rat banni qui a trahi tous les siens, et se recueille à présent sur le cadavre de son meilleur ami. Yuri, "secourue" par le prince, se retrouve de nouveau enfermée dans sa cage dorée, effondrée de chagrin par la perte de ses amis dont elle se sent responsable. Mais la jeune princesse refuse d'avoir fait tout cela pour rien, hors de question de redevenir la jolie poupée qu'elle était autrefois. Elle monte alors un plan pour s'évader, encore mais cette fois-ci par ses propres moyens, et trouve refuge auprès des Fourmis de l'Orient-Express et de la Capitaine Trente-Chêne. Ce sera alors l'occasion pour elle de découvrir un autre mode de vie et peut-être de savoir enfin qui elle est vraiment.

Bon alors la première chose que j'ai fait quand j'ai lu le premier chapitre, c'est sauter de joie. Curieux, me direz-vous, face à un livre qui commence de manière aussi triste. En même temps je ne pouvais pas réagir autrement, car l'un des personnages emblématiques du premier tome que l'on croyait mort à la fin de ce dernier est en fait vivant. Bran, ma Selkie adorée, est VIVANTE ! J'avais été choquée par tous ces morts, en particulier par la sienne et celle de Sir Edward, même si l'on s'y attend pour ce personnage-ci, qui désirait pouvoir enfin rejoindre l'amour de sa vie dans les Ombres. Mais quand j'ai vu Bran se faire cribler de balles et être laissée pour morte... Je me suis dit que l'autrice était bien cruelle. Et en même temps je ne pouvais pas m'empêcher d'espérer avec des hypothèses du style : Taliesìn ne laisserait pas mourir son élève, donc peut-être va-t-il se sacrifier pour la ramener à la vie ? C'est un peu morbide comme espoir, mais au moins ma petite Bran serait vivante. Bon, heureusement ce n'est pas ce qu'il se passe dans cette suite, et l'explication de la survie de Bran est plus simple : en tant qu'apprentie Barde, elle est comme son maître, c'est-à-dire quasiment immortelle. C'est donc une Selkie très mal en point (immortel ne veut pas dire invulnérable) que Taliesìn ramène à Ren, qui va tout faire pour la soigner. Tâche qui ne va pas être aisée, car Bran est bien plus sensible que les autres, elle ressent les choses de manière bien plus intense, ce qui rend sa douleur extrêmement forte et dangereuse pour elle-même. Bran se retrouve ainsi dans une sorte de coma, à errer dans son propre esprit, fuyant la douleur qu'a fait naître en elle la perte de son père, Sir Edward. La jeune Selkie va donc devoir faire face à ses propres démons, ses peurs et sa tristesse. Et il lui reste encore un long chemin à parcourir, et bien des épreuves à surmonter, avant de devenir une Barde accomplie.

Outre Bran, j'ai été ravie de retrouver les personnages du premier tome, d'en voir évoluer certains et d'apprendre à en connaître d'autres que nous n'avions pas beaucoup vus précédemment.
Yuri, tout d'abord, personnage central de l'histoire qui devient de plus en plus intéressant. La vie dans les Égouts lui a permis d'acquérir une certaine assurance et un franc-parler qui ne plaît guère à son père, car son attitude va à l'encontre de son éducation. On voit clairement la différence entre la Yuri d'avant et la Yuri de maintenant, bien qu'elle soit toujours un peu perdue : elle sait ce qu'elle ne veut pas (être de nouveau enfermée dans sa cage dorée, épouser Louis-Philippe, rester sous la tutelle d'un homme, quoi), mais elle ne parvient pas encore à savoir ce qu'elle veut faire de sa vie (à part être libre), quelle est sa place. Ainsi sa quête d'identité continue, et c'est dans la Rame cinq du Rail que la jeune femme va la poursuivre, s'affranchissant ainsi à la fois de l'autorité de son père et des chaînes que constitue son éducation. J'ai vraiment beaucoup aimé ce que l'autrice a fait de ce personnage dans ce tome-ci.
Tout comme j'ai apprécié les changements qui s'opèrent chez son père, Nekohaima Kenzô. Dans le premier tome, il apparaît simplement comme un père froid et distant, très strict dans le respect des coutumes et qui ôte tout choix à sa fille pour la protéger. Mais ici il finit par comprendre que l'influence de Sir Edward sur Yuri demeure puissante même après sa mort, et qu'il est en train de la perdre. Ce constat, ainsi que la perte de ses amis et le danger qu'encoure la seule restante, la Reine Gabrielle, vont le pousser à faire des choix qui iront à l'encontre de tout qu'il défendait jusqu'à présent. Peut-être redeviendra-t-il enfin l'homme que sa défunte épouse, Mona, aimait tant ?
Ryûzaki et Levana (HA-17) ne sont pas non plus laissés de côté, et niveau affranchissement ils vont eux aussi être servis. le duo va poursuivre Yuri pour la ramener auprès de son père, mais vont finalement se retrouver à voyager sur le Rail. Les changements dans le comportement de leur protégée les laissent assez perplexes et tous deux se sentent bien dépaysés dans l'univers de l'Orient-Express. Mais s'ils veulent pouvoir remplir leur devoir et protéger Yuri, ils n'ont d'autre choix que de la suivre. Si Ryûzaki a beaucoup de mal à changer ses habitudes, Levana surprend par sa capacité à accepter cette aventure. Il y a une sorte de dualité chez ce personnage : d'un côté elle a quelques difficultés à accepter d'éprouver des émotions qui vont à l'encontre de son statut d'objet (vu qu'elle a été créée pour être une arme), d'un autre côté elle apprécie, non sans étonnement, la manière dont les Fourmis la traitent (comme une personne). Levana est un personnage que je trouvais déjà particulièrement intrigant dans le premier tome, je l'apprécie encore plus dans celui-ci.
Je continue sur les personnages féminins dont il est important de parler, même brièvement. D'abord la Capitaine Trente-Chêne, qui dirige l'Orient-Express d'une main de fer mais toujours de manière juste. Les Fourmi lui vouent une loyauté sans borne, et la réciproque est vraie, et c'est ce qui donne sa force à la Rame Cinq. La Reine Gabrielle, quant à elle, fait enfin le choix de vivre pour elle-même en portant ouvertement le deuil de Sir Edward, l'homme qu'elle a tant aimé. Mais cela n'est pas au goût de tout le monde, ce qui va lui attirer de sérieux ennuis. Puis il y a Aliénor, dame de compagnie de la Reine, assez effacée dans le premier tome, mais qui prend de l'importance dans cette suite. Aliénor est une jeune femme intelligente et ambitieuse, qui s'avère avoir un don pour la manipulation. Et si elle est dévouée à la Reine, elle a tout de même ses propres objectifs. J'ai apprécié ce personnage fort, mais je n'arrive pour le moment pas à savoir si elle peut être considérée comme une alliée ou une ennemie. À voir...
Et le personnage que je continue de détester : le prince Louis-Philippe, qui rêve de grandeur (et de se débarrasser de son père, en passant) et d'être aimé par un peuple qu'il méprise. Il est toujours aussi hypocrite, quoique intelligent, mais il m'a surprise en agissant à quelques reprises de manière plutôt juste (dans la mesure où cela ne lui porte pas publiquement préjudice, car les apparences sont ce qui prime en politique). Je me demande quelle catastrophe il va bien pouvoir provoquer par la suite, vu ses ambitions...

Une belle palette de personnages, donc, efficacement développés dans ce deuxième tome, tout comme l'univers et l'intrigue le sont à travers la plume musicale de l'autrice, toujours aussi fluide et agréable.
Alors que dans le livre précédent nous étions enfouis dans les Égouts, dans cette suite nous roulons à vive allure dans le fameux Orient-Express. Alors que dans le livre précédent nous découvrions la vie des Rats sous terre, dans cette suite nous apprenons de manière plus approfondie ce qu'est la vie des Fourmis sur les rails. Tout est parfaitement organisé dans ce train, chacun y a son rôle, et chaque rôle est important dans le bon fonctionnement de la rame. On rencontre ainsi pas mal de personnages aux caractères bien particuliers que j'ai aimé découvrir. Je ne m'attarderai pas dessus, ce seront les petites friandises surprises de l'histoire. En parallèle des aventures de notre adorable troupe sur le Rail, nous continuons de suivre les intrigues politiques à la Cour de France. J'ai moins aimé ces passages-là car là n'étaient pas mes personnages favoris, partis bien loin à bord de l'Orient-Express. Cela ne veut pas dire qu'ils n'étaient pas intéressants, au contraire, car ce qui s'y déroule aura sûrement un sérieux impact sur la vie des personnages. Et ce d'autant plus que le Rail représente un enjeu politique majeur, du fait de son indépendance et de son seul lien possible avec Keltia, pays ô combien controversé pourtant si nécessaire pour les royaumes désirant garder un certain confort technologique.
Dans ce tome, point de pic intense d'adrénaline comme cela avait été le cas dans le précédent avec la bataille dans les Égouts. le roman est ici plus équilibré, plus soutenu. Il y a quelques passages avec de l'action, mais nous sommes ici davantage centrés sur les révélations et la psychologie. Nous apprenons ainsi beaucoup de choses sur le passé de Nekohaima Kenzô, son histoire avec son groupe d'amis, tous décédés à l'exception de Gabrielle, et celle de son clan, impacté par son mariage avec Mona. Un gros secret va d'ailleurs nous être révélé...
Nous retrouvons les thématiques déjà abordées dans le roman précédent, telles que la liberté et la quête d'identité, auxquelles s'ajoutent d'autres thèmes comme la culpabilité et le deuil, qui a une place très importante ici car de nombreux personnages vont devoir y faire face, et ce ne sera pas toujours facile.

En bref...
L'héritage du Rail est tout aussi passionnant que Dans l'ombre de Paris dont il est la suite directe. Bien que le rythme soit quelque peu différent, peut-être mieux équilibré entre révélations, intrigues politiques, action et introspections, ce deuxième tome nous fait replonger dans cet univers si particulier où se mêlent à la fois créatures légendaires, coutumes anciennes et technologie moderne. de cette plume toujours aussi fluide et musicale, Morgan of Glencoe poursuit les aventures de ses personnages aux personnalités si complexes et nous en fait découvrir d'autres tout aussi intéressants, et l'on continue d'en détester certains sans pouvoir s'empêcher de s'attacher à d'autres. Dans ce deuxième tome, les personnages continuent leur quête d'identité et de liberté, mais doivent également faire face à des sentiments particulièrement éprouvants tels que la culpabilité, la tristesse et l'immense souffrance qu'engendre la perte de l'être cher, le deuil prenant alors une place importante ici. Si cette suite est plus "calme", teinté d'une certaine mélancolie, ce qui s'y joue laisse entrevoir un troisième chant peut-être plus intense et inquiétant, aux enjeux plus... mondiaux.
J'ai hâte de découvrir ce que nous réserve l'autrice dans son prochain tome, dont elle a solennellement promis l'arrivée avant 2024.
Lien : https://escape-in-books.blog..
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Suite directe de Dans l'ombre de Paris, que j'avais fort apprécié, L'Héritage du Rail nous emmène dans une nouvelle aventure de Yuri, la princesse japonaise, qui se forge une nouvelle identité et en apprend plus sur son héritage maternel. Un nouveau chapitre riche en personnages et au charme envoûtant.

Attention ! Cet article comprend des spoilers sur le premier tome. Si vous n'avez pas lu Dans l'ombre de Paris, je vous conseille de lire le livre. Je ne peux malheureusement pas évoquer ce deuxième tome sans révéler certains détails. 🙂

Par ailleurs, comme je demande peu de services presse, aussi je tiens à remercier vivement les éditions ActuSF pour l'envoi de ce livre, qui m'a bien fait plaisir.

Un roman sous l'égide de l'amour, du deuil et du Rail

Dans le premier tome, nous avons quitté les Rats, massacrés par les soldats du roi de France venus secourir Yuri. Pendant l'assaut, Sir Longway est tombé sous la lame du jeune Prince mettant fin ainsi à son règne sous les égouts et anéantissant les relations commerciales entre Keltia et le Rail dont il était le dépositaire. Yuri est rentrée malgré elle au palais pour suivre son destin de future reine de France, encore sonnée par le sacrifice de ses amis. Mais la découverte d'une autre vie et le deuil des Rats va l'empêcher de rester impassible face au sort des plus faibles et lui donner la force de tracer sa voie.

Le deuil du personnage emblématique qu'était Sir Longway et de la communauté des Rats marque profondément ce deuxième tome. Entre balades mélancoliques chantées par la fée-barde, rituels de deuil keltiens, enterrement et testament, l'Héritage du Rail trouve bien son titre.

Chacun des personnages sera amené à dépasser la perte des êtres chers pour aller de l'avant et trouver sa voie à sa manière. Gabrielle de France portera le deuil de son vieil ami, au grand dam de sa famille, ravivant ainsi de vieilles rancoeurs. Kenzo, le père de Yuri va laisser peu à peu se fissurer son masque d'impassibilité. Pyro va entraîner son frère sur le Rail…tout comme Yuri.

Nous voyagerons à bord du Rail et des fourmis. Nous connaîtrons leur solidarité, leurs règles de vie et nous vivrons de nouvelles aventures dans les paysages glacés de Russie, avant d'arriver en Keltia.

Malgré la mélancolie qui règne, l'amour sera l'élément clé qui permettra aux personnages d'être sauvés. le meilleur exemple en sera le couple formé par Bran la Selkie et Ren le Spectral-Guérisseur. Il faudra toute la patience de Ren et son énergie vitale pour redonner vie à sa petite-amie, affectée à la fois par le deuil de son père et ses blessures graves de combat. Ren fera une rencontre inattendue lors du récit, qui lui permettra également de faire le deuil de son frère/soeur évoqué dans le premier tome.

Des personnages qui gagnent en profondeur

La force du récit de Morgan of Glencoe, outre son style poétique semblable à une mélopée, réside dans ses personnages à la psychologie très étoffée. Si l'on croyait que Yuri était le personnage principal d'un récit où les autres ne sont là que pour la mettre en valeur, ce serait une grave erreur.

Dans L'héritage du rail, chaque personnage a son importance, car chacun apporte sa couleur au récit. Et ils évoluent énormément par rapport au premier tome ! Je n'imagine pas le temps passé par l'autrice à développer les fiches de ses personnages lors de l'écriture de son roman. Je la soupçonne même de nous donner seulement un aperçu de ce qu'ils sont réellement dans son imaginaire personnel.

Sans pour autant détailler l'évolution de chacun, j'évoquerais quelques personnages clés :

Tout d'abord Yuri, qui cherche et réussit à se forger une identité proche des valeurs keltiennes, en apprenant à se défendre seule, à faire preuve de solidarité et surtout à être vraie.

Ensuite, Bran, qui en guérissant successivement de ses deuils et de ses blessures, profite du temps passé avec Ren et se prépare doucement à son avenir de Barde.

Aliénor, quant à elle, tire son épingle du jeu à la Cour du Roi de France en réalisant des choix discutables tout en révélant une intelligence et un côté manipulateur hors pair. Dans le même temps, le jeune Prince Louis-Philippe dévoile sa vraie nature qui fait un peu frémir.

Levana, la garde du corps créé génétiquement pour la protection de Yuri, accepte sa part d'humanité au contact des Fourmis qui ne la considèrent pas comme un monstre de laboratoire.

Enfin, Pyro trouve sa voie professionnelle, Alcyone trouve l'amour et Ryuzaki découvre un secret sur ses origines.

A la manière de poupées russes, les récits des uns et des autres s'entremêlent et se croisent pour n'en former qu'un, à la manière des dragons évoqués par Kenzo et Longway dans leur danse du sabre, et c'est très réussi.

Vers une découverte de Keltia la libre et de Badgad la mystérieuse

Longtemps évoqué dans le tome précédent, Keltia, terre des fées et créatures magiques, mais aussi des hommes et des femmes libres, nous est enfin présentée. Enfin… nous aurons un petit aperçu d'Oxford et parfois le monde irréel des Bardes de Taliesin !

Inspirée de la Grande Bretagne et des terres de légendes telles que l'Ecosse, la Cornouailles et l'Irlande, chères au coeur de l'autrice, nous découvrons enfin, au terme du voyage du Rail, ce pays tant décrié par la France car considéré comme barbare.

Entre l'enterrement de Sir Longway sur sa terre natale et la maison de l'oncle de Bran, Keltia se révèle un pays pluvieux, frappé par la rudesse de la vie, mais dont les habitants sont chaleureux comme une tasse de chocolat chaud.

A travers ce pays inventé, Morgan of Glencoe évoque des valeurs bienveillantes qui redonnent de l'espoir à ses personnages comme à son lectorat : la liberté de devenir qui l'on veut, d'aimer qui l'on veut, l'égalité des sexe, un gouvernement dont on doit se montrer digne. En Keltia, la solidarité, l'espoir d'un monde meilleur, le féminisme et le LGBTQ+ ont le vent poupe et tout le monde trouve cela normal.

Comparé aux autres pays qui écrasent les plus faibles, discriminent les minorités et où l'hérédité du pouvoir (sans réelles compétences) est de mise, on peut comprendre que Keltia est considérée comme un danger qui menace l'ordre établi.

Mais je pense qu'il faudra attendre le troisième tome de cette série pour enfin plonger totalement dans l'univers Keltien. Car la mère de Yuri, Mona, était keltienne et cela commence a être tout juste exploré en fin de récit.

Nous effleurerons également une autre partie de l'univers de la Dernière Geste dans ce deuxième tome : les pays arabes avec les personnages de Abbas Benacer, le diplomate-émissaire présent à la Cour de France et Kimiya Mchezaji, une danseuse célèbre et mystérieuse. Ils nous emmèneront brièvement dans le désert, et apporteront une touche politique au récit, qui devrait porter ses fruits dans le troisième tome.

Quelques détails sur le style de l'autrice

Quand j'ai lu Dans l'Ombre de Paris, j'ai été frappée par l'utilisation de chansons dans le récit, de façon récurrente et principalement en anglais. Cela est dû au fait que Morgan of Glencoe est musicienne : elle joue de la harpe, et cela se ressent dans la manière dont est rythmée son histoire. On a l'impression de lire une histoire des temps anciens, avec de nombreuses aventures et des héros en plein apprentissage.

L'histoire se répète dans L'Héritage du Rail, qui propose des documents en annexe en anglais et leur traduction. Car c'est l'autre particularité de ces histoires : certains passages sont en anglais, japonais ou encore langue des fées, voire en russe. L'autrice apprécie d'ajouter une touche linguistique pour différencier les origines des personnages. Cela apporte un côté multiculturel à son récit, qui pourra peut-être dérouter certains. Heureusement pour nous, des notes de bas de page et des traductions en fin d'ouvrage aident grandement à la compréhension. Ce n'était pas forcément le cas dans le premier tome, aussi j'ai encore mieux apprécié celui-ci.

En conclusion : Un univers original, riche et bienveillant, des personnages inoubliables, un voyage qui nous transporte au delà de notre imagination… Morgan of Glencoe signe ici un deuxième tome plus fort que le premier, confortant mon sentiment que cette série est une vraie pépite. Je vous invite fortement à la découvrir ! Pour ma part, j'attends la sortie du tome 3 de cette série, qui j'espère se terminera bien pour l'héroïne.
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J'avais apprécié le premier tome de la saga, qui parvenait à allier des éléments très disparates avec une vraie originalité ! C'est donc avec plaisir que j'ai accepté de recevoir la suite des aventures de la Princesse japonaise Yuri dans un monde magique et uchronique. Qu'ai-je pensé de l'Héritage du rail ?

Morgan of Glencoe renforce encore plus la singularité de sa plume ! On y retrouve toujours ce côté musical, bien sûr issu de sa profession de harpiste, mais avec encore plus de maîtrise. Elle insuffle un rythme particulier à certains passages, ce qui lui permet d'éviter toute forme de monotonie à la lecture. En outre, ce choix se marie parfaitement au fait que certains des personnages soient des bardes ou des musiciens.

L'autrice trouve également ses marques en termes de rythme. Si le premier tome avait quelques longueurs, ici, l'action est plus régulière. Elle alterne des passages d'action avec des moments d'introspection assez bien venus et bien écrits. La reprise de l'intrigue s'est par ailleurs faite sans heurts, j'ai eu l'impression de ne jamais avoir vraiment quitté l'univers ! le tout sans mettre en place de rappel trop lourd de l'opus précédent, une belle réussite déjà.

Si le premier tome se concentrait sur le Paris souterrain et ses peuples rebelles à la marge, nous nous lançons dans ce tome à la rencontre du Rail. En effet, nous avions déjà eu quelques aperçus de ces cheminots chargés de parcourir le monde. Ces derniers ont la spécificité d'être indépendants, bien que proches de Keltia. Ils ont une vie exigeante qui les rend très directs. Yuri va donc continuer à évoluer et à s'endurcir à leurs côtés.

Mais la Cour de France n'est pas pour autant délaissée ! Il y a au contraire du mouvement du côtés des têtes couronnées. Trop en révéler serait vous gâcher la surprise, mais j'apprécie beaucoup la dynamique prise par le récit du côté de la Cour du Royaume de France, qui promet de très belles choses. On commence aussi à avoir plus de références à Keltia ou même à la magie des bardes, notamment à travers le personnage de Taliesin. On en apprend aussi un peu plus sur le passé des parents de Yuri et leurs relations.

La musique continue ainsi de jouer un rôle important dans la dramaturgie de l'univers, ainsi que la dynamique des langues étrangères. Japonais, anglais et même breton sont présents dans les dialogues et appuient puissamment sur l'aspect multiculturel qui berce l'ensemble de l'histoire.

Une fois de plus, le récit brille avant tout par ces personnages. L'héritage du rail est dans la droite ligne de Dans l'ombre de Paris : ils sont très nombreux et très variés. L'autrice parvient à donner à chacun une voix et une personnalité spécifiques, ce qui les rend extraordinairement bien construits et attachants. Il y a des personnages gays, lesbiens, agenres, et même un personnage sourd sont on apprendra sûrement plus dans la suite de l'histoire.

Les personnages bénéficient d'évolutions et d'approfondissement de caractère qui les rendent très crédibles. Yuri s'éloigne encore plus de la princesse japonaise qu'elle fut pour se rapprocher de ses racines keltiennes et trouver sa place après son émancipation. Mais le roman s'éloigne un peu de son personnage principal pour devenir plus choral, et tout le monde a droit à des moments d'évolution, de réflexion, d'émotion et d'introspection. le tout se fait dans une grande cohérence.

J'ai beaucoup apprécié ce deuxième tome ! le roman confirme le talent de l'autrice pour mettre en scène des personnages nombreux mais attachants, ce qui est habituellement plutôt une gageure pour les jeunes écrivains. Beaucoup de ces personnages ont évolué depuis le premier tome et ont gagné en épaisseur. J'ai également apprécié la découverte d'une autre facette de l'univers de la geste à travers le Rail. La suite promet de découvrir encore une autre partie de ce monde fascinant.
Lien : https://lageekosophe.com/202..
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Après un premier tome très plébiscité et même récompensé par le prix Elbakin du roman francophone jeunesse, Morgan of Glencoe est de retour avec une suite à sa saga de la Dernière Geste.

Après l'assaut meurtrier de Louis-Philippe, le refuge des Rats est tombé. Beaucoup y on trouvé la mort, y compris sir Edward Longway. C'est un coup dur pour le monde des fées. Yuri a été ramenée de force à la Cour de France. Une situation qu'elle n'accepte pas alors, contre toute attente, elle s'échappe à nouveau et embarque sur la rame 5 de l'Orient-Express. Elle y retrouve son amie Bran qui a survécu au massacre et donne ainsi un autre tournant à sa vie. En compagnie des Fourmis, le voyage promet d'être mouvementé et ne sera sans doute pas exempt de révélations.

Changement de décor dans ce nouvel opus puisqu'on monte à bord du mythique Orient-Express, et plus précisément de la rame conduite par la capitaine Trente-Chênes. C'est d'ailleurs, un train qui inspiré plus d'un cinéaste et plus d'un écrivain. Il dégage un tel parfum de romantisme et d'évasion qu'il en devient l'environnement parfait pour démarrer une nouvelle aventure. Outre qu'il fait partie de notre patrimoine culturel, Morgan of Glencoe en a fait ici un lieu emblématique de son cycle. le Rail où circulent les différentes rames est en fait un gage de protection de Keltia car même s'il se veut indépendant, il reste intimement lié à ses sept royaumes. Pour preuve, c'est là-bas qu'on y trouve les pièces détachées nécessaires au bon fonctionnement des trains. En cela, le Rail est sans conteste un enjeu de pouvoir. Il assure la circulation des marchandises et le libre-échange entre les différentes puissances. En passant du temps avec quelques-uns des membres du Rail, on prend conscience de son enjeu géopolitique. Faire dérouler l'action à bord de l'un de ces trains ne va donc pas manquer de pimenter l'intrigue.

La Dernière Geste est un cycle foisonnant avec une galerie importante de personnages. On s'attache à chacun d'entre eux avec une grande facilité. Certains destins s'entremêlent, d'autres non.
En tête, il y a bien évidemment la princesse Yuri Nekohaima. C'est une très belle jeune femme qui prend son destin en mains en refusant la vie qu'on lui impose, à savoir épouser l'héritier du trône de France. Ce cycle, c'est aussi l'histoire de son émancipation. Amorcé dans le premier tome, c'est vraiment dans L'Héritage du Rail qu'elle prend la mesure de sa lourde décision. Il faut penser que c'est une Japonaise élevée dans la tradition où la femme n'a pas voix au chapitre de sa vie. Elle passe donc de la tutelle de son père à celle de l'homme qu'on lui ordonne d'épouser. C'est donc un grand bouleversement pour elle d'autant que dans ce tome, elle en apprend plus sur sa mère et sur ce passé que lui a caché son père.
Or, justement Kenzo Nekohaima est un personnage important, ne serait-ce qu'en tant que figure paternelle pour Yuri-hime. C'est un homme secret et énigmatique. On le juge calculateur et froid mais il est bien plus complexe que cela. Étroitement lié à sir Edward Longway et à la reine de France, les révélations sur sa jeunesse vont nous le faire voir sous un autre jour.
La Selkie Bran dont le destin s'est écrit dans le sang est l'une des grandes figures de ce récit. Redoutable guerrière, elle est également l'élève du barde Taliésin. Ainsi donc, c'est une puissante enchanteresse qui nous envoûte de ses belles mélodies.
Son petit ami Ren est un Spectral. Avec lui, on côtoie la magie puisqu'il soigne les gens par le toucher. Il forme d'ailleurs avec la petite Selkie un très joli couple qui apporte la touche de douceur à ce livre.
Puisque dans ce deuxième tome, le Rail est à l'honneur, il faut donc évoquer sa capitaine, Camille Agnès Albane du mont de Trente-Chênes. C'est une femme remarquable qui tient son petit monde d'une main de fer. Juste et inflexible, c'est un personnage haut en couleurs dont on apprécie la franchise et la droiture.
Mais que serait une bonne histoire sans héros plus sombres. Il y a donc Louis-Philippe, prince de France. Ambitieux à l'excès, sûr de lui, il est pour le moins un homme détestable. Non pas qu'il se comporte mal avec Yuri mais il dégage une telle aura de suffisance, jointe à une incroyable intolérance qu'il ne passe, tout simplement, pas. C'est ainsi, il y a toujours des personnages qui sont là pour être détestés.

La Dernière Geste, c'est le charme d'une fantasy aux influences diverses et l'appel à la rêverie et à l'évasion... pour en savoir plus... Fantasy à la Carte.
Lien : https://fantasyalacarte.blog..
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Vous allez vous dire que cela est impossible à lire sur le blog mais j'ai eu un méga coup de coeur pour un roman qui mêle le steampunk (jusque-là, rien d'étonnant), l'uchronie (jusque-là, on est bien aussi) et aussi la dystopie (prenez votre petit sachet en papier et respirer leeeentement). Pauline a adoré une intrigue incluant une dystopie ! Pour les personnes qui sont un peu perdues, je vais faire un bref point « définition ». Une uchronie est un genre de la fiction qui se base sur le principe de réécrire l'Histoire en modifiant quelques points. Par exemple, on peut trouver des intrigues qui partent du principe qu'Hitler a gagné la seconde guerre mondiale. le steampunk s'installe dans des intrigues principalement dominées par la première révolution industrielle. La dystopie est, au contraire de l'utopie, marquée par un monde imaginaire où il est difficile de vivre. On a un superbe mélange dans cette intrigue. Morgan Of Glencoe est vraiment ultra intéressante en tant qu'auteure : elle mélange avec brio les cultures, elle brasse un monde qui semble s'opposer mais qu'elle construit à merveille.

Le monde est vraiment intéressant. On est dans une France qui est une sorte de super puissance. La monarchie est installée. Ainsi, on va ainsi avoir le droit de rencontrer le roi, sa cour et tout ce qui va avec le package de la royauté. Une autre grande puissance va aussi émerger dans l'intrigue : le Japon. La touche nippone ajoutée est vraiment très agréable et apporte quelque chose de novateur. Mais d'un autre côté, pour venir casser ce décor qui peut s'apparenter au XVème/XVIème/XVIIème siècle, on va planter le décor en 1995 et proposer des technologies très poussées dans cet univers. On va retrouver cette idée de population riche et population pauvre. La population riche va savoir utiliser ces technologies innovantes qui vont révolutionner la vie et la population pauvre va subir ce manque de technologie et va en être privée. Cela permet de découvrir un univers très original qui m'a tout de suite happée.

Les personnages sont aussi très sympathiques. On progresse dans une histoire qui nous propose de découvrir un monde de fées inspiré par les légendes et mythes celtes. J'ai beaucoup apprécié le fait de trouver des légendes et des mythes celtes dans cette histoire ! On ajoute une nouvelle touche d'originalité à ces décors qui me plaisait déjà énormément. On ne se contente pas de fées du style Clochette ou la marraine la bonne fée. On est vraiment dans un monde où on peut avoir des créatures bienveillantes mais aussi malveillantes. On va proposer aussi de croiser le chemin d'humains. La princesse Yuri Nekohaima est une jeune femme séparée de son père par des milliers de kilomètres : l'une au Japon, l'autre en France. Un jour, Yuri est demandée auprès de son père, vivant en France. Elle n'a pas d'autre choix que de le rejoindre. Elle va traverser ces milliers de kilomètres à bord de l'Orient Express, train qui a ses propres règles dont sa commandante est intransigeante.

Yuri va se retrouver dans une situation très délicate : entre sa liberté et son père. En effet, son père lui annonce qu'elle va épouser le Prince de France. Elle entre dans un monde de faux semblants, de trahison et d'hypocrisie. Un jour, elle va avoir la possibilité de choisir et de quitter ce monde qu'elle exècre tant pour pouvoir vivre sa vie comme elle l'entend. L'intrigue démarre ainsi et Yuri va vite se révéler être un personnage fascinant que j'ai grandement apprécié. Sans être parfaite, Yuri va se montrer pleine de courage et d'intelligence. Elle sait se montrer dure mais aussi être équilibrée dans ses réactions. Je l'ai beaucoup appréciée. Dès qu'elle sort de son cocon de protocole, de cultures et de traditions, la chenille se transforme en papillon et vient illuminer l'intrigue.

Au-delà de la fresque qui se dessine, on est vraiment dans la création d'un monde dans sa totalité. On va se retrouver avec des personnages de différents bords : des pauvres, des riches, des nobles, des rebelles. Il est difficile de parler de tous les personnages tant je veux vous laisser la surprise mais on va vraiment avoir un sacré panel qui se dessine au fur et à mesure de ces deux tomes. Ils apportent de l'épaisseur à l'intrigue. Ils vont évoluer et se développer dans les deux tomes mais principalement dans le deuxième tome.

On termine le premier tome sur un cliffhanger de fou. J'ai eu la chance de pouvoir embrayer sur le deuxième tome tout de suite. Pourtant, j'ai mis du temps à me lancer dans l'aventure. J'en conviens bien : les couvertures sont magnifiques mais j'ai eu du mal à me mettre dans ma lecture tant j'avais peur de plonger dans un univers qui ne me convient pas. Grand bien me fasse, je me suis complètement plantée.

On a un équilibre entre action et découvertes des cultures, des traditions dans un monde qui ressemble au notre mais qui est bien différent. Dans cette uchronie, j'ai apprécié découvrir des personnages variés et colorés qui apportent une épaisseur certaine à l'intrigue. Yuri est un personnage remarquable que j'ai beaucoup apprécié pour ce qu'elle dégage : elle a ce calme qui est probablement dû à son éducation au Japon mais aussi cette intelligence et ce courage qu'elle a trouvé dans son voyage incroyable.

Si on parlait un peu de la plume ? QUELLE BEAUTE. Naos signe une auteure formidable dont la plume n'a d'égal que son imaginaire. J'ai été transportée par l'histoire, par les mots mais aussi par les émotions. Quelle beauté. Morgan of Glencoe nous dessine une fresque sociale qui s'approche de la nôtre en proposant une belle interrogation sur la place de la femme dans une société imaginée mais qui nous rappelle, par touches, la nôtre. Je suis vraiment sous le charme de la plume et de cet univers qui va mélanger les genres, les cultures, les styles. Bravo pour ce cadre formidable, pour ce monde original et coloré dans lequel on évolue avec des personnages travaillés à la perfection. Tout est maîtrisé et équilibré. Bravo !
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Je sais que chaque jour, dans le monde entier, des filles, des femmes, des vieillardes, prouvent leur force au monde entier, et que le monde entier s’en fout. Mais ne me prenez pas pour une femme forte, Yuri-hime: je ne saurais, vous ne saurez, si je suis forte que lorsque que je serai tombée, et seulement à la façon dont je me serai relevée, si tant est que je me relève. La puissance vient du monde. La force ne vient que de soi.
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- Nekohaima-sama !
- Ryûzaki-kun ? Qu’est-ce que…
- Elle a disparu, Nekohaima-sama ! Yuri-hime… Elle était dans sa chambre il y a encore une demi-heure, j’ai vérifié, elle dormait, je vous jure que je n’ai pas quitté mon poste…
- Calme-toi.
Le colonel reçut l’ordre comme un coup de poing dans le ventre. Il cessa de respirer. Écrasa tant qu’il put son front contre le sol. L’Ambassadeur se leva lentement et claqua des doigts pour lui signifier de se relever.
- Je sais où elle est, dit Kenzô avec une froideur dont son esclave ne sut si elle était pleine de colère contenue ou simplement d’indifférence. Prends HA-17 et allez la chercher. N’en parle à personne, et pas d’incident diplomatique. N’oublie pas que les trains sont un territoire keltien. Tu y vas, tu la ramènes. C’est tout. Suis-je clair ?
- Oui, Nekohaima-sama.
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Camille-Agnès Albane du Mont de Trente-Chênes sécha son verre de whisky. Le goût de tourbe ne se mariait pas très bien avec le chocolat noir, mais elle n’en avait pas grand-chose à faire. Elle avait besoin de quelque chose de plus fort que du café.
- Crétin de Chevalier de mes deux, grogna-t-elle à sa bouteille, et à travers elle à celui qui la lui avait vendue.
Elle n’était pas ivre, loin s’en fallait. Non qu’elle n’eût apprécié de céder aux effets de l’alcool, mais elle ne pouvait pas se le permettre. Avec un soupir, elle reposa son verre vide et s’interdit de le remplir avant au moins une demi-heure. Elle entendit le pas traînant de Douze dans le couloir.
- Entre, Jack, ordonna-t-elle avant qu’il ne frappe.
- Douze, ma Capitaine, dit-il en poussant la porte. Dans le train, c’est Douze. Je suis rentré.
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- Mais il y a bien quelque chose, avec le nom d’une Selkie, non ? Je veux dire, Sir Edward m’a dit un jour qu’on ne surnommait pas une Selkie, et de fait, Bran ne supporte pas qu’on l’appelle Shura, et… Et juste avant que…
Elle s’arrêta, but une gorgée de thé. Hésita. Soupira. C’était la première fois qu’elle évoquait volontairement ce souvenir.
- Juste avant la bataille des Égouts. Elle m’a dit son nom.
- Vous voulez dire son nom complet ? En trois parties ?
- Oui, je veux dire Bran S…
- Ne le prononcez pas, la coupa Ren. On ne prononce pas le nom entier d’une Selkie hors de sa présence, à moins qu’elle ne soit morte. Je ne suis pas très au courant de ce genre de choses, les Selkies n’approchent pas souvent les gens qui vivent hors de la Mer, et elles protègent bien leurs secrets.
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Jack William Longway, alias Douze, était à genoux devant le corps de son père. Il ignorait que, moins d’une heure auparavant, Nekohaima Kenzô s’était tenu exactement au même endroit, exactement dans la même position. Le machiniste ne voyait rien, à présent que les néons avaient lâché, mais il serrait la main d’Edward entre les siennes, cette main qui l’avait autrefois nourri, vêtu, rassuré, et qui avait assumé pour lui d’autres tâches moins agréables. Cette main qui ne s’était jamais levée sur lui. Cette main qu’il avait étreinte avec une surprise incrédule quelques semaines plus tôt. Et, il le savait, dont il ne sentirait plus jamais la tendre pression sur son épaule.
Il ne pleurait pas.
Pas encore.
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Vidéo de Morgan of Glencoe
Une longue discussion de La Garde de Nuit autour du roman "Dans l'ombre de Paris", premier tome de la saga "La dernière Geste" de Morgan of Glencoe.
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