ISBN : 2020147270
Éditeur : Editions du Seuil
(1992)
Note moyenne : 3.6/5 (sur 10 notes)
Cytomégalovirus : Journal d'hospitalisation3Ajouter à mes livres
« Cytomégalovirus. Depuis deux jours, j'avais du mal à lire, de plus en plus de mal. Soudain je fermai mon oeil gauche : les caractères d'imprimerie au-dessous de la ligne gondolée que je déchiffrais avec difficulté éta... > voir plus
Emouvant ! Témoignage d'un journaliste qui est mort du sida .
J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous montre sans complaisance ce qu'il nous arrive lorsque nous sommes malades , dépendants des infirmiers et des médecins , alors que peu de temps auparavant , on était en bonne santé .
La déchéance de ce corps encore jeune est effroyable , malgré ça , l'auteur ne fait jamais de voyeurisme .
Un témoignage très émouvant sur cette sale maladie .
Quand on entre dans le service de réanimation, à cause des machines, des bruits, des bip-bip fracassants, des portes ouvertes, des cavalcades dans le couloir, des cris des infirmières qui appellent à l'aide, on se dit d'abord que c'est un nouvel enfer. Ensuite je me dis que ça me semble un endroit idéal pour mourir, il en faut.
Certaines aides-soignantes ont une tactique : elles tirent une telle tronche quand on les sonne pour un service minuscule et nécessaire qu'ensuite on préfère nager dans sa diarrhée plutôt que de revoir une aussi sale tronche, lasse et débilitante, presque méchante parfois.
Un séjour à l'hôpital, c'est comme un très long voyage en un défilé ininterrompu de gens, de distribution ou de rituels, pour remplir le temps. Il n'y a même plus de nuit.
Il se crée, au moment de la souffrance intense exercée par le médecin sur le malade, curieusement, un sentiment d'amour et de respect que je crois réciproque. La souffrance a quelque chose de sacré. Le médecin qui a fait souffrir et le malade qui a souffert deviennent des sortes d'amis, de complices, mais il y a la pudeur.