> Arnaud Auzouy (Illustrateur)

ISBN : 2757815911
Éditeur : Points (2010)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Simon Steiner, double mélancolique d'Olivier Adam, retourne au Japon pour la première fois depuis trois ans. Il y retrouve les lieux qu'affectionnaient sa femme et sa fille à l'époque où elles faisaient encore partie de sa vie. Il évoque les temples shintoïstes embaumés... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 05 avril 2011

    chocobogirl
    Simon Steiner est de retour à Kyoto. Voilà 3 ans qu'il avait quitté le pays où il a vécu avec sa femme et sa petite fille. Aujourd'hui, il est seul. Seul sur les traces du passé et de ceux qu'il a aimés et perdus. Il y rencontre Hiromi, une japonaise qui l'accompagnera dans sa quête, et déambule inlassablement dans la ville.
    On connait le goût de l'auteur pour le Japon et sa tendance à écrire sur l'absence et la disparition. Nous retrouvons ici les thèmes chers à l'auteur dans ce petit opus qui est sorti directement en poche.
    Chloé, la fille de Simon a disparue "avec ses quatre ans pour toujours", son couple s'est délité et sa femme l'a quitté. Il revient à Kyoto sur les traces de sa vie passé où le bonheur était palpable.
    La ville est toujours égale à elle-même alors que la vie des hommes s'écoule.
    “Ici rien n'avait changé, la texture de l'air, l'inclinaison du soleil, le rythme des jours. Mais de nous rien ne subsistait.
    C'est un livre subtil, poétique et mélancolique qui ne se raconte pas et se découvre avec délectation. L'homme est malheureux, sa détresse palpable. Une douleur sourde qui laisse place à la lenteur et paradoxalement à la quiétude.
    Les descriptions de Kyoto, détaillées et parfaites, nous transportent directement dans la ville qui oscille entre tradition et modernité.
    "Depuis combien de temps suis-je ici ? Des jours, des semaines, des mois. Peu m'importe. Dans cette ville le temps s'écoule sans forme ni contour, les jours se mêlent jusqu'à se confondre, fluides et désarmés. il y a trois ans, lors de mon premier séjour ici, dès les premiers instants j'avais été saisi. Un sentiment de familiarité. D'accord immédiat. de Kyoto je n'avais rien découvert. J'avais tout reconnu. Comme si la ville, sa géographie, sa lumière, la texture de l'air, l'écoulement du temps étaient inscrits en moi depuis longtemps, depuis toujours."
    Mais ce qui fait le charme supplémentaire de cet ouvrage, ce sont les photos. En effet, à chaque page de texte répond une photo en vis à vis. Parfaitement adaptées, elles éclairent d'autant plus le texte qu'on y trouve d'étranges correspondances. Il serait d'ailleurs intéressant de savoir si c'est le texte qui a inspiré le photographe ou l'inverse. On y croise des écolières perdues dans la multitude, des solitaires en contemplation. On parcourera les nombreux jardins japonais, on observera la ville du haut des immeubles, on traversera la ville avec ses bars, ses petits marchands, et ses temples....
    Je n'en dirais pas plus : découvrez-le !
    C'est un petit bijou littéraire et visuel qui se passe de commentaires.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-kyoto-limited-express-..
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    • Livres 5.00/5
    Par Fleur, le 01 septembre 2011

    Fleur
    Dans ce récit inédit d'Olivier Adam, on y retrouve toute la dureté des thèmes qui jalonnent ses romans précédents. C'est une histoire assez sombre certes, mais profondément belle. A la lecture, on se sent comme partager entre une infinie tristesse et une douceur apaisante. le texte est alors en parfait accord avec ce sentiment de quiétude et de trouble qui se dégage des photographies d'Arnaud Auzouy. Ces dernières sont pour moi absolument sublimes. Elles sont tout à la fois délicates et très évocatrices. A mon sens, Kyoto limited express est un monologue intérieur réussi : une alliance poétique tout en émotion bercée entre la beauté des mots et des images.
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    • Livres 5.00/5
    Par SakuraBouBou, le 17 mai 2011

    SakuraBouBou
    Simon Steiner, écrivain, est de retour à Kyoto. Trois ans auparavant il a vécu dans cette ville avec sa femme et sa fille âgée de 4 ans à présent disparue. A Kyoto rien de sa vie n'a changé. Il se balade à travers la ville et se remémore les moments heureux vécus ici avec Marie et Chloé.
    Ce court roman d'Olivier Adam m'a beaucoup émue. Je déambulais moi aussi avec Simon dans Kyoto.
    Les photographies de Arnaud Auzouy qui illustrent chaque page du roman sont superbes. Elles m'ont données envie de retourner à Kyoto (en automne cette fois !).
    Magnifique roman à lire absolument !
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    • Livres 4.00/5
    Par Sharon, le 25 février 2011

    Sharon
    De prime abord, je ne savais à quoi m'attendre. Un récit de voyage ? Un roman ? Les deux à la fois en fait. Simon Steiner, écrivain, a survécu au pire : la mort de sa fille unique. Pas de pathos superflu, pas de colère ou de haine, pas non plus de digression nous exposant les causes de la mort de Chloé : elle a quatre ans pour toujours, les causes ne changent rien à ce fait.
    Simon revient trois ans après en pèlerinage sur les lieux où lui, sa femme et sa fille ont été heureux. Comme Paul Verlaine dans son poème «Après trois ans», il pourrait dire «Rien n'a changé. J'ai tout revu». Comme Paul Verlaine, il manque à ces lieux les êtres aimés. Hiromi est une compagne de voyage, pas une amoureuse. Sensible, il perçoit les souffrances des autres, ce fait infime qui les écarte des autres. Sensible, il se rend dans des lieux de recueillement, le dernier étant la villa où lui et sa famille ont vécu.
    Parenthèses au milieu du récit, les notes de chevet juxtaposent moments douloureux du présent et souvenirs heureux du passé, réunis par thème.
    Les photos sont là sans êtres omniprésentes. Elles illustrent un moment du récit, tout en restant des images intimes d'un Japon peu connu.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-kyoto-limited-express..
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    • Livres 3.00/5
    Par Stouph, le 02 mars 2012

    Stouph
    Après avoir lu le cœur régulier d'Olivier Adam, je me suis lancée dans Kyoto limited express. le titre et le contenu m'intriguait depuis un moment. Il s'agit d'un court roman illustré par des photos de Kyoto prises par Arnaud Auzouy.
    Le roman raconte l'histoire de Simon Steiner qui a perdu sa fille. Suite à cet immense chagrin, son couple a explosé. Il est retourné vivre à Kyoto, ville qu'il avait découverte alors accompagné de sa fille et de sa femme. Tout le roman parle de la douleur et du deuil dans le style propre à Olivier Adam : de longues phrases poétiques. Il y a des très jolies photos et on regrette que certaines soient aussi petites. D'autres sont un peu moins réussies à mon goût. Mais c'est certainement difficile de trouver la photo qui viendra illustrer le roman.
    Par rapport à l'histoire, je l'ai trouvé belle et poétique, mais je n'ai pas vraiment réussi à entrer dedans. Je suis restée sur le bord à regarder le personnage errer dans Kyoto et porter son chagrin aux quatre coins de la ville. J'ai effectivement trouvé certains passages très poétiques, mais au final, je n'en garde pas un souvenir extraordinaire. J'ai bien plus préféré le cœur régulier, que je trouve mieux construit et plus prenant. Rien ne vous empêche de lire ce petit roman, car il est très vite lu et vaut un coup d'œil ne-serait-ce que pour les belles photos qui l'accompagne. Bonne lecture!

    Lien : http://nekobus.wasabout.net/dotclear/index.php?post/430/Olivier-Adam..
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 16 novembre 2011

    [ Incipit ]

    Retour à Kyoto

    Depuis combien de temps suis-je ici ? Des jours, des semaines, des mois. Peu m'importe. Dans cette ville le temps s'écoule sans forme ni contour, les jours se mêlent jusqu'à se confondre, fluides et désarmés. Il y a trois ans, lors de mon premier séjour ici, dès les premiers instants j'avais été saisi. Un sentiment de familiarité. D'accord immédiat. De Kyoto je n'avais rien découvert. J'avais tout reconnu. Comme si la ville, sa géographie, sa lumière, la texture de l'air, l'écoulement du temps étaient inscrits en moi depuis longtemps, depuis toujours.
    Je suis arrivé à Narita un jour de pleine lumière, d'azur clinquant. A la descente de l'avion, j'ai pris le premier train pour Tokyo, il circulait parmi les champs, les rizières, longeait des hameaux de maisons basses, aux jardins étroits plantés de pins tordus et d'arbres à kakis. Parfois, au pied des collines, se devinaient un temple ou un sanctuaire, gardés par des animaux, des esprits, toutes ces créatures qui avaient émerveillé Chloé à l'époque, lui avaient donné l'illusion d'évoluer dans un de ces films qu'elle adorait. Miyazaki,Takahata. Elle entendait respirer les camphriers immenses du Shoren-in, elle touchait leurs racines à fleur de terre et ils lui murmuraient des secrets bien gardés, des trucs d'enfant, merveilleux et un peu mièvres. Je les regardais avec elle et je ne pouvais pas m'empêcher de me dire à mon tour que quelque chose les habitait, aujourd'hui encore assis sur le bois du temple, contemplant l'un d'eux, veillant immense et frissonnant sur le jardin de mousse aux reflets roux, je crois le voir frémir, j'entends battre son cœur, profond et doux, accordé au mien, délivré tant que je le fixe.
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  • Par anyuka, le 02 février 2011

    C'était une cour de récréation veillée par les esprits, hantée par le vent, habitée par la prière. C'était sa véritable demeure, son royaume me semblait-il. C'était là qu'elle reposait vraiment. Ça m'est apparu comme une évidence, baignée de larmes et de lumière. J'ai allumé une cigarette, la gorge nouée. J'ai regardé autour de moi et à ce moment précis j'ai su. J'ai su que je ne remettrais jamais les pieds en France.
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  • Par Stouph, le 02 mars 2012

    [...] mes yeux brûlaient j'ignorais pourquoi, un instant l'image de cette femme cherchant son chien a traversé mon esprit, au fond nous étions pareil elle et moi, hagards et perdus, traquant dans la rivière livrée aux oiseaux la trace d'être enfuis depuis déjà longtemps.
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  • Par SakuraBouBou, le 17 mai 2011

    De Kyoto je n'avais rien découvert. J'avais tout reconnu. Comme si la ville, sa géographie, sa lumière, la texture de l'air, l'écoulement du temps étaient inscrits en moi depuis longtemps, depuis toujours.
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  • Par Stouph, le 02 mars 2012

    Tout était silencieux, [...] l'odeur m'a pris à la gorge, c'était l'odeur intacte d'un passé à la fois enfoui et omniprésent, ici plus que nulle part il s'affichait en surimpression à chacun de mes pas.
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