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ISBN : 2081283743
Éditeur : Flammarion (2012)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 712 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'écrivain et scénariste Paul Steiner laisse ses enfants chez son ex-femme pour aller s'occuper de son père quelques semaines, le temps de l'hospitalisation de sa mère.
De retour dans la ville de banlieue parisienne où il a grandi, il trouve un écho à sa sensatio... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 06 octobre 2014

    marina53
    Originaire de la banlieue qu'il a fuie, Paul Steiner pensait pouvoir se reconstruire dans la capitale, s'y faire de nouveaux amis et avoir tout le loisir d'écrire. Mais, là encore, il ne trouvait pas sa place. Il a donc quitté la grisaille parisienne pour s'installer en Bretagne. Il espérait prendre un nouveau départ, avec sa femme Sarah et leurs deux enfants, Manon et Clément. Admirer cet horizon sans fin, se ressourcer dans cette mer glacée, sentir le vent vous fouetter le visage... Mais, cela n'aura été que de courte durée. Sa femme l'a quitté, il s'est installé dans un petit appartement près de chez sa famille et ne voit ses enfants qu'un week-end sur deux. Sa famille lui manque, viscéralement. Pourtant, il va devoir la quitter pour quelques jours. En effet, sa maman, hospitalisée, son frère lui demande de venir soutenir leur père pour quelques jours. C'est dans cette ville de la banlieue parisienne qui fourmille de mille souvenirs et qu'il a voulu fuir à tout jamais que Paul va retrouver les siens, ce père si froid et rustre, ce frère qui ne lui ressemble en aucun point et ces amis avec qui il avait coupé tout contact et qu'il rencontrera par hasard comme autant de souvenirs ou de moments passés qu'il aura enfouis...
    Olivier Adam nous plonge la tête la première dans cette eau qui vous happe et vous saisit. L'auteur décrit sans concession le parcours de Paul, écrivain en mal de vivre, timide, rongé par la Maladie et excentré. Maintes fois exilé, ayant fui Paris et coupé tout contact avec ses anciens amis, le monde de l'édition et le strass qui l'entoure, Paul se réfugie dans ce finistère pour se retrouver, lui et un semblant de vie, et écrire pour pouvoir habiter ce monde. Mais les rencontres du passé auront vite fait de le rattraper. L'auteur interpelle par ses propos et son ancrage dans la réalité, décrit sans concession une France écartelée, éblouit et émeut par son écriture si juste, à la fois engagée et poétique. D'une grande précision et d'une incroyable sensibilité, ce roman dense, bouleversant et fascinant est une véritable réussite.
    Les lisières, un effleurement, une caresse...
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 21 février 2013

    carre
    Mise en garde, effets indésirables : si l'hiver vous a éreinté, si vous connaissez une baisse de vitalité ou un moral à la baisse SURTOUT garder « Les lisières » dans votre PAL pour l'instant, attendez les beaux jours, sous peine d' anéantissement complet.
    O. Adam continue de broyer du noir, il plonge un écrivain dans un marasme affectif terrifiant. Adam, je suis preneur, pourtant le roman ne m'a pas entièrement convaincu. Via donc Paul Steiner écrivain reconnu, dépressif, alcoolique, séparé, incompris, asocial (n'en jetez plus), Adam nous inflige son regard sur notre société. Nous vivons dans un monde égoïste, violent, insupportable souvent, d'y trouver un boulot et de le garder, difficile d'y trouver sa place, que le paraitre à éclipser l'intellect. Merci Olivier mais on est déjà au courant. Pour la plupart d'entre nous c'est notre quotidien. Ce parti pris m'a empêché d'apprécier entièrement son récit, d'autant plus qu'aucun des personnages ne change d'un iota, chacun reste sur la même ligne, avec ces oeillères, handicapés des mots, des sentiments, des attentions. Ajoutez à cela, une proportion à étirer son récit, le retour dans le quartier familial et certaines retrouvailles sont sans intérêt. Dommage car malgré tout, le roman est traversé de moments vraiment réussis, ou l'émotion pointe au coin d'un regard, d'un geste, d'un échange. Mais bon sang, Dieu que c'est triste.

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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 27 août 2012

    sandrine57
    Du plus loin qu'il s'en souvienne, Paul Steiner a toujours été en fuite. Il a fui des lieux -la banlieue grise où il a grandi, Paris et même la France-, des gens -sa famille, ses amis-, le travail -en devenant écrivain et scénariste pour ne plus être soumis ni à un chef ni à des horaires, son milieu -en quittant le monde ouvrier, et surtout il s'est fui lui-même, son mal-être, ce qu'il appelle sa « Maladie ».
    La quarantaine n'a pas calmé ses démons intérieurs et sa femme s'est lassée. Depuis 6 mois, Paul est donc séparé de Sarah. Il s'est installé dans un petit appartement avec vue sur cet océan qu'il aime tant, pas trop loin de la maison familiale mais ses enfants lui manquent et il est toujours éperdument amoureux de sa femme.
    Quand son frère l'appelle pour le sermonner et lui demander de venir s'occuper un peu de ses parents, c'est la mort dans l'âme qu'il retourne sur les terres de son enfance pour un voyage au pays des souvenirs.

    Un livre sombre et magnifique où l'on suit un homme dans sa quête de lui-même. le retour dans la banlieue qui l'a vu naître et grandir va être l'occasion pour Paul de chercher chez ses parents, chez ses amis, les clefs qui expliquent sa vie d'adultes.
    On retrouve ici les thèmes de prédilection d'Olivier ADAM: la souffrance, la perte, la famille mais aussi la Bretagne et le Japon. Les troublantes similitudes entre l'auteur et son héros amènent à se demander où s'arrête la fiction et où commence la part autobiographique. Mais qu'importe puisqu'en parlant de lui, c'est aussi de nous qu'il parle, de nos rapports avec nos parents, de la France dans laquelle nous vivons avec ses problèmes en banlieue, le racisme, la gouvernance de Sarkhozy, la classe ouvrière qui se tourne vers Marine le Pen
    Paul est un héros émouvant, attachant malgré ses errances, ses erreurs. Il nous est proche quand il souffre, quand il se justifie, quand il aime, quand il espère et quand il se désespère.
    Encore une fois, Olivier ADAM signe un livre magistral, juste et poignant, profond et pudique. Un coup de coeur.
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    • Livres 5.00/5
    Par Gwordia, le 28 août 2012

    Gwordia
    Çà et là, il se murmure qu'Olivier Adam est aux lisières du Goncourt. Je n'irai pas jusque-là. Pour autant, malgré quelques longueurs et un agacement passager du fait de trop nombreux lieux communs et du caractère geignard du décalque de l'auteur, le livre a un côté clairement extatique tant on s'y reconnaît (vanité...), pour autant que l'on fasse partie de ces gens en lisières, de cette population périphérique.
    Mais quelles sont-elles ces personnes en bordure, à la frontière ? Plus vraiment provinciale mais jamais réellement parisienne, absolument par riche mais pas tout à fait pauvre..., c'est moi, c'est le quidam, le monsieur tout le monde qui bosse plus pour gagner moins et qui surnage dans l'indifférence la plus crasse.
    Olivier Adam écrit comme on parle, sans manière et parfois vulgairement ce qui ne fait que rajouter à la crédibilité, à la sincérité de son récit, véritable scanner de notre époque, de la fracture sociale et portrait fidèle de cette classe moyenne, majoritaire et pourtant toujours mise à la marge.
    Si l'on s'accorde à dire que la mouvance littéraire française du moment à tendance à s'engluer dans des histoires moroses aux personnages torturés, Adam le fait, certes, mais avec sensibilité, intelligence, réalisme, gravité et surtout espoir. Ce qui fait toute la différence.
    L'auteur semble rééditer ses sujets de prédilection (nostalgie du premier amour, amour parental, relations familiales, retour sur soi, séparation, fuite...). Si les lecteurs fidèles pourront être lassés, je n'avais pour ma part lu d'Adam que Je vais bien, ne t'en fais pas. C'est donc avec plaisir que j'ai redécouvert une plume juste qui dresse un portrait impliqué de la société contemporaine et une analyse pertinente du mal-être ambiant. Je me suis assimilée avec force à l'exil intérieur de ce protagoniste double de l'écrivain mais également à certains de ses personnages satellites. Bien sûr, son anti-héros ne connaît pas les fins de mois qui commencent le 10 mais rappelons que si l'expression "l'argent ne fait pas le bonheur" est un adage de riche parce qu'il y contribue foutrement, il ne suffit pas, c'est évident.
    Bref, c'est l'histoire touchante d'un mec imparfait qui nous permet de nous pardonner à nous-mêmes nos erreurs et nos apitoiements. Sa puissance réside dans son constat selon lequel nous avons tous une situation et quelle qu'elle soit, elle est toujours mieux ou pire que celle du voisin, ce qui ne nous empêche pas de comprendre le bonheur ou le malheur de l'autre et d'avoir un avis. C'est en somme en formidable appel à la tolérance, nous disant que si nous arrêtions de fonctionner en castes, de jalouser ou de mépriser, le monde serait un peu plus doux.
    Une émotion intense se dégage de ce récit doux-amer et l'on ressort irrémédiablement chamboulé de ce roman. Olivier Adam est, avec profondeur et authenticité, envers et contre tous, le porte-parole de toutes les France.

    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2012/08/27/rentree-litteraire-..
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    • Livres 4.00/5
    Par gouelan, le 12 juin 2015

    gouelan
    « Je dormais parmi les oyats, dans le sable chauffé par les rayons du soleil. Au-dessus de la mer argent, piqué par les sternes, se déployait un ciel acide. Au milieu du sommeil j’ai entendu gueuler les goélands, j’ai ouvert un œil, un cormoran plongeait avant de ressortir quelques mètres plus loin, le bec tendu vers la lumière, où scintillait un minuscule poisson. À ma droite, la plage filait vers la pointe, long trait de sable blanc butant sur la falaise, déjà jaunie par les ajoncs. L’aubépine aussi y fleurissait, parmi les liserons, les arméries et les queues- de- lièvre. À gauche la presqu’île s’enfonçait dans la mer. »
    On pourrait croire que Paul est en vacances. Mais non, c’est un romancier qui cherche l’inspiration dans ce Finistère balayé par les vents et les marées. Ce coin de paradis est aussi son refuge. Paul est un « périphérique », il vit en lisières de sa vie, en spectateur.
    Ce roman n’est pas seulement centré sur la détresse de Paul. Il est aussi une image de la société dans laquelle nous vivons. Les plus pauvres, le prolétariat, qui luttent pour avoir une vie décente. Victimes du système économique, des décisions prises dans les hautes sphères, de l’hypocrisie et des magouilles des grands de ce monde. Ils sont résignés car c’est la seule réalité qu’ils connaissent, le seul horizon tangible.
    Les politiques jouent avec leurs vies, font des promesses, des expériences. Ils sont un peu comme ces footballeurs qui jouent à la baballe, mais qui ne sont que « de grands gamins couverts de pognon ».
    Leurs enfants se débattent comme ils peuvent avec l’orientation scolaire. Ils suivent souvent les traces de leurs parents, ils quittent difficilement leurs lieux de naissance, leur environnement. Ensuite ils triment avec leurs petits boulots, leurs CDI, leur chômage. Parfois, ils arrivent à se payer des loisirs, de quoi avoir l’impression d’avoir réussi. Ils font de leur mieux, ils font ce qu’ils peuvent.
    Certains s’en sortent. Paul en fait partie. Pourtant il n’arrive pas à trouver sa place. Il trahit les siens en sortant de sa classe sociale, une barrière se crée. C’est une réussite, mais elle a un goût amer, elle a le goût du sacrifice de ses parents. Il ne se sent pas non plus d’appartenance à son nouveau milieu. Il sera toujours l’écrivain issu d’un milieu modeste.
    Son métier, qui peut donner l’impression de brasser du vide, dont la lenteur s’oppose à ce monde en pleine vitesse, ne l’aide pas toujours à s’affirmer. On le croit toujours en vacances, libre et inconscient des réalités de la vie, se plaignant sur son propre sort. Il écrit les misères de la vie, alors qu’il semble être à l’abri de ces tourments, de par son statut social. Pour son entourage familial, ses amis d’enfance, il n’est pas crédible. Il est passé de l’autre côté.
    Malgré tout, cela n’explique pas sa détresse, la Maladie qui le ronge depuis son enfance.

    Quel secret fait que sa vie s’est fondée sur des sables mouvants, faisant de lui un homme suspendu dans le vide, n’appartenant ni aux gens, ni aux lieux, pouvant flancher au moindre coup de vent ?
    Peut-on se réinventer une vie en posant ses valises dans un lieu neuf et sans mémoire ?
    Faire de sa vie de de « l’esthétique » et non du « pratique » ? S’affranchir de son passé et vivre ses rêves ?
    C’est un beau roman sur le manque d’amour ou sur l’incapacité à le communiquer, cette blessure ouverte chez l’enfant, qui peinera à se refermer. C’est aussi une histoire d’une classe sociale, pudique, habituée au labeur, au mutisme et à la résignation.
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Critiques presse (10)


  • LaPresse , le 14 janvier 2013
    Ce roman sombre et parfois déprimant est celui d'un homme qui évoque ses douleurs, ses doutes, ses blessures intimes. Un homme incapable d'assumer quoi que ce soit.
    Lire la critique sur le site : LaPresse
  • Culturebox , le 26 septembre 2012
    Dans ce grand roman de la bordure, de l'écart avec le centre, résonnent pleinement les divisions de la France d'aujourd'hui. Ni le grand public ni les libraires ne s'y sont trompés. Les jurés Goncourt prennent le risque de se couper d'une France qui peut être à la fois populaire et cultivée.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • Lexpress , le 14 septembre 2012
    Parcourir l'infini par une lecture, pourquoi pas. Mais le rythme auquel se déroule le récit nous fait craindre un voyage réellement interminable. S'il faut emprunter ce tortillard, nous descendrons à la prochaine.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Bibliobs , le 11 septembre 2012
    Un lyrisme sec, des phrases qui courent jusqu'au dénouement: Olivier Adam fait le portrait d'un autre qui lui ressemble beaucoup. Plus vraiment chez lui, là d'où il vient; encore moins là où il est arrivé.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LesEchos , le 29 août 2012
    Adam séduit par l'élégance de son style, la justesse de son regard sur les êtres et sur la société, tendresse et cruauté mêlées. Mais il se perd un peu aussi aux lisières de ce récit qui finit par lasser.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • LaLibreBelgique , le 27 août 2012
    Ce gros roman, magnifique d’émotions, prolonge l’histoire de ces "héros" qu’il affectionne, ces êtres écorchés vifs, tombés dans les marges de la société marchande et consumériste mais qui résistent.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Lexpress , le 23 août 2012
    Olivier Adam s'impose, avec ce roman dense, comme l'un des rares écrivains français capables de décrire à la bonne hauteur ceux dont il a vu les vies s'éloigner de ce que l'on appelle le bonheur. Fraternel, pas compassionnel. Une réussite.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LePoint , le 22 août 2012
    Lent, tendre, poétique, moins bref que les précédents […], Les lisières est un nouveau voyage sensible dans les profondeurs de la solitude humaine.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Telerama , le 22 août 2012
    [Ce livre] vous prend par le coeur et l'esprit, vous retient, vous éblouit par sa justesse, vous ramène cent fois à votre propre histoire, vous renvoie à l'actualité la plus récente.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 13 juillet 2012
    Olivier Adam se laisse aller à suivre les méandres d'une existence (inspirée de la sienne ?) sur laquelle il s'interroge avec une sincérité et une sensibilité qui ne peuvent laisser indifférent.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par valamars, le 23 août 2015

    J'avais écrit mes meilleurs livres dans la lumière de nos années les plus heureuses, puisant en elles la force et le souffle qu'il fallait. Maintenant qu'elles étaient derrière moi je me sentais comme un asthmatique à qui l'on demanderait de courir un marathon sans Ventoline.

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  • Par valamars, le 23 août 2015

    Longtemps j'avais cru ça : éviter les médecins m'apparaissait comme le plus sûr moyen de ne pas tomber malade.

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  • Par valamars, le 23 août 2015

    On est ce qu'on peut. On a certes le devoir de l'être de son mieux mais enfin, on est ce qu'on peut.

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  • Par Bibalice, le 03 juillet 2012

    Je me suis levé et j'ai rejoint Manon dans sa chambre. Au passage, j'ai aperçu le lit où je dormais encore six mois plus tôt. Sur la table de chevet s'empilaient des bouquins que j'aurais pu lire, avec Sarah nous avions toujours aimé les mêmes romans, les mêmes films, les mêmes disques, les mêmes photos. Nous étions les meilleurs amis du monde. C'est ce qu'elle m'avait dit un jour. C'est ce que nous étions devenus selon elle. Des amis qui vivaient sous le même toit. Je n'étais pas d'accord bien sûr, ce genre de conneries me semblait tout juste digne d'un magazine à la noix et je ne comprenais pas qu'une femme aussi intelligente qu'elle puisse se complaire dans ce genre de catégorisation des êtres et des sentiments, alors que c'était précisément une chose qu'elle me reprochait régulièrement, mais ça ne servait à rien de discuter, elle ne m'aimait plus c'était tout, elle avait besoin d'air, elle avait besoin d'être libre, elle n'en pouvait plus de me porter à bout de bras depuis tant d'années, elle avait assez avec ses petits patients à l'hôpital. Eux étaient vraiment malades. Eux réclamaient de vrais soins. Eux auraient eu de vraies raisons de se plaindre, quand je n'étais qu'un enfant gâté inapte au bonheur et à la légèreté, un type à qui la vie avait tout donné, de l'amour des enfants merveilleux une vie sans contrainte et vouée à l'écriture, et qui n'avait jamais su être à la hauteur de ce qu'on lui offrait.
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  • Par Gwordia, le 28 août 2012

    "Ah, une vraie voiture de père de famille", m'avait un jour ri au nez un journaliste, que j'avais pourtant eu l'amabilité d'aller cueillir à la gare et de promener sur les falaises de la pointe du Meinga, où la moindre bourrasque semblait susceptible de l'emporter. "Eh oui, avais-je répondu, c'est parce que je suis père de famille, justement..." Je n'avais pas ajouté "connard", mais ça m'avait brûlé les lèvres. Je ne lui avais pas demandé non plus si à son âge il était encore assez immature pour trouver intelligent de vouloir se distinguer à l'aide d'une voiture, si par hasard il n'était pas de ces gens qui rêvaient secrètement de s'acheter un 4 x 4 pour crier au monde entier et aux femmes en particulier que oui, ils en avaient une grosse, ou bien une Porsche, ou un putain de coupé Audi noir, pour bien montrer qu'il gagnaient de l'argent, qu'ils avaient réussi, qu'ils s'étaient extraits de la moyenne, qu'ils dominaient enfin.
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