ISBN : 287929746X
Éditeur : Editions de l'Olivier (2010)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 153 notes) Ajouter à mes livres
A la mort de son frère, Nathan, Sarah quitte sa vie bien rangée pour aller sur les traces du disparu au Japon. Nathan, c’était un écorché vif qui se rêvait écrivain, cumulant les petits boulots, ne trouvant jamais sa place dans une société faite d’accommodements raisonn... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par Desmaze, le 09 septembre 2010

    Desmaze
    J'aime beaucoup ce joli mot de correspondances qui évoque tour à tour l'oeuvre épistolaire de certains de mes écrivains préférés (Zweig, Rolland, Hesse, Romains,..) mais aussi ces résonances particulières, comme un écho et un prolongement à ce qui nous définit et nous anime.. les "affinités électives" vues de chez Goethe.
    Ainsi, en cette rentrée littéraire, deux jeunes écrivains français de talent, Olivier Adam et Eric Pessan viennent de mettre en scène le même personnage réel, Yukio Shige, ce policier japonais retraité qui arpente la côte à 400 kms de Tokyo pour dissuader les candidats au suicide du haut des Falaises de Tojinbo.
    Olivier Adam, qui le rebaptise Nitsuné en fait un personnage central dans "Le coeur régulier".
    Sarah, quadra à la vie familiale professionnelle et familiale sans heurts ni surprises cherche à comprendre le cheminement de son frère disparu, Nathan, en marchant sur ses pas dans cette petite ville balnéaire du Japon où il semble avoir été enfin heureux. On retrouve tout le talent d'Olivier Adam pour dire nos petits renoncements et nos rêves laissés en chemin, les personnages en marge, le sentiment de solitude ou d'incompréhension. Roman après roman, il affirme son écriture toute en sensation qui relie l'intime et l'universel.
    Pour notre plus grand bonheur !
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 11 décembre 2011

    Marcelline
    Alors que j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher à Sarah, la narratrice, je peux dire que, finalement, j'ai beaucoup aimé ce livre.
    En effet, suite à la mort de son frère adoré Nathan, Sarah remet toute sa vie en question et, sur les traces de son "jumeau" disparu, elle rejette tout ce qui a fait sa vie jusque là: son mari, ses enfants ados, ses parents, son travail et ses collègues,...Tous ont tort, elle le dit elle-même à plusieurs reprises d'ailleurs: ils font ainsi et ils font mal, mais ils feraient autrement, ce serait pire! Elle seule souffre et semble avoir la vérité sur ce que doivent être les liens familiaux, entre un frère et une soeur, entre des parents et leurs enfants, entre deux soeurs,...
    Alors, bien que compatissant à son énorme douleur, j'avais du mal à la trouver sympathique.
    J'ai eu du mal aussi avec l'écriture d'Olivier Adam: de longues, très longues phrases, sans virgules...
    Et puis, petit à petit, j'ai compris que la lecture en apnée qu'il m'imposait me faisait étouffer, comme l'est Sarah par son chagrin, et toucher du doigt ce que peut être l'immense douleur de perdre un frère... une douleur tellement incommensurable et personnelle qu'elle peut aveugler et rendre injuste vis-à-vis de son entourage.
    Pour moi, il s'agit d'un très beau livre qui donne envie de profiter de chaque instant qui passe et de ne pas oublier de dire à ses proches qu'on les aime: la vie passe trop vite et, parfois, ça peut être trop tard trop vite!
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par seriephile, le 09 octobre 2011

    seriephile
    Première fois que je lisais un livre d'Olivier Adam et son style et les thèmes qu'il aborde m'ont touchés.
    Une femme part de chez elle direction le Japon. Elle éprouve le besoin de retrouver l'endroit où son frère avait passé du temps, où il s'était senti bien. Elle cherche des réponses, veut savoir, veut comprendre. En revenant sur le passé, elle fouille aussi le sien, sa vie si morose, qui ne lui plaît pas.
    Plus rien ne la fait réagir, elle a l'impression qu'elle ne peur rattraper les erreurs qu'elle a pu commettre, notamment le fait qu'elle ait voulu s'éloigner de son frère.
    Ils sont semblables, depuis l'enfance, mais elle a une vie « formatée » qui le contrarie, qui la contrarie aussi, mais contre laquelle elle ne lutte plus. Elle sait qu'elle ne mène pas la vie rêvée, mais il est plus facile de vivre une vie bien « rangée » avec un mari « parfait », deux enfants, une maison en banlieue, un petit boulot en entreprise.
    Son frère lui, menait sa vie de manière anarchique et marginale. Il se permettait de critiquer sa vie, ses choix, elle décide de s'éloigner de lui, de le fuir.
    Elle culpabilise et pense que rien n'est du au hasard. Que l'accident, n'en est pas un, qu'elle aurait du le sentir, le prévoir...
    On comprend, pages après pages, que Sarah n'est pas à la recherche de son frère, mais plutôt d'elle même. Elle fuie sa vie, et éprouvent les mêmes vertiges que son frère, le même mal de vivre...
    Olivier Adam trouve les mots justes pour exprimer des sentiments à peine exprimés, seulement suggérés. Je pense que son livre, malgré le thème si grave, est en réalité une ode à la vie.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 12 août 2010

    Lencreuse
    A la mort de son frère, Nathan, Sarah quitte sa vie bien rangée pour aller sur les traces du disparu au Japon. Nathan, c'était un écorché vif qui se rêvait écrivain, cumulant les petits boulots, ne trouvant jamais sa place dans une société faite d'accommodements raisonnables. Sarah et Nathan, c'était un amour inconditionnel, malmené par les choix rangés de l'une et le rejet des conventions de l'autre. Et la mort de Nathan a ouvert en Sarah un gouffre, un trou béant qui la laisse hébétée et pantelante. Lors d'un voyage au Japon, auprès de Natsume - un vieillard qui tente d'empêcher les suicides sur les Falaises de sa ville – Nathan semblait avoir trouvé une forme de renaissance. Sarah va, elle aussi, renaître à sa manière auprès des habitants et des rencontres dans cet endroit hors du temps, bercé par la nature.
    Le cœur régulier est un récit empreint de douceur et débordant d'un amour quasi-passionnel, celui d'un frère et d'une sœur. Des alter ego que la vie a parfois éloignés. « Ni avec toi, ni sans toi » pourrait être leur devise. « Ni avec toi » parce que Nathan méprise la vie choisie par sa sœur : son mariage sage et fade, le moule insipide dans lequel elle s'est glissée. « Ni sans toi » car seule Sarah semblait raccrocher Nathan à la vie ; elle était son port d'attache, son amie, sa sœur, sa jumelle, son soutien financier aussi (au grand dam d'Alain, le mari de Sarah). le cœur régulier, c'est aussi un livre porté par la nature et les éléments. La nature d'un Japon décrit avec finesse par Olivier Adam et les éléments chers à l'auteur aussi, Falaises battues par la mer. Un roman qui pose aussi la question de nos choix et des compromissions. Au tout début de ma lecture, je m'étais dit que ce livre-là n'aurait pas, pour moi, la même force que Des vents contraires que j'avais particulièrement aimé. J'ai refermé le livre hier et je ne suis plus aussi sûre de cela. Si les deux romans sont différents, ils contiennent une même force qui vous enveloppe et vous maintient au plus près des agitations du cœur des personnages.


    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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  • Par asphodele85, le 22 janvier 2012

    asphodele85
    Editions de l'Olivier,©2010. 217 pages. Collection Points pour mon exemplaire. Evidemment, le bandeau rouge avec “Étincelant” m'a influencée pour découvrir cet auteur dont j'entends parler régulièrement… Mais étincelant est-il le mot qui convienne ? Pas sûr.
    Nathan, le frère de Sarah est mort quelques mois plus tôt après une vie faite de malchance, de tentatives de suicides, voulues ou inconscientes, vu qu'il fumait (pas que du tabac), qu'il buvait comme un trou et s'essayait à écrire un roman toujours refusé par les éditeurs… “Il finissait alors par réapparaître, à l'improviste, les yeux fiévreux, souriant mais chancelant, cramé, usé jusqu'à l'os, sec et tranchant, prêt à craquer, à prendre feu à la moindre étincelle.”
    Le seul endroit où Nathan a été heureux c'est au Japon dans un petit village côtier près de Kyoto, bordé de Falaises qui attirent les aspirants au suicide. Là, Natsume, un ancien flic en retraite, veille, leur murmure à l'oreille, les prend par la main et les ramène chez lui, allant jusqu'à les héberger jusqu'à ce qu'ils se sentent en état de repartir. Sarah en recherchant ce qu'elle a perdu de ce frère, va découvrir qu'elle aussi s'est perdue dans une vie convenue, bourgeoise et confortable moralement mais mortellement ennuyeuse et délétère. Ce qui la dédouanait un peu de voir que son frère n'allait pas bien, que leur relation quasi gémellaire, au fil du temps ne ressemblait plus à rien, surtout pour elle qui s'était “reniée” pour plaire à tout le monde : son mari, ses enfants, la société, son boulot.
    La douleur d'entrapercevoir puis de voir ce qu'elle est devenue, son immense solitude, lui éclatent à la figure, pendant que Natsume lui parle des jours heureux de Nathan.
    Construit sur des flash-back entre le Japon et Paris, ou ailleurs, là où ses souvenirs la porte, c'est l'histoire d'un deuil douloureux, de la reconstruction d'une vie qui s'est dissoute dans la bienséance, jusqu'à l'éclatement final de la famille, prévisible par ailleurs… Un thème traité avec pudeur et violence parfois, mais dilué dans d'interminables descriptions (quoique poétiques) qui m'a juste effleurée. Un style agréable, mais rien d'original. J'ai aimé les passages où Sarah se souvient de sa jeunesse avec son frère, et comment elle a pu changer à ce point, devenir indifférente aux autres et à elle-même. J'ai moins aimé globalement, la lenteur et l'essoufflement rapide du sujet qui fait “rabâché” à force… J'ai aimé les réflexions sur la littérature et le destin des écrivains maudits : “Au fond, à part la précarité réelle de sa situation, que j'adoucissais parfois, je ne pouvais m'empêcher de l'inclure dans le tableau qu'il dressait, les yeux rouges de colère, de cette sorte d'aristocratie en fin de cycle qui préférait le statut de l'écrivain à la littérature, à l'écriture elle-même. Au fond, je détestais cette prétention qui le poussait à s'ériger en artiste avant même d'avoir produit, montré, partagé quoi que ce soit.”
    Un livre que je n'ai pas aimé plus que ça, tiède à mon goût, mais je comprends que l'on puisse apprécier cet auteur. Ce n'était peut-être pas le bon moment pour moi… Car quand on lit l'avis de Télérama en quatrième de couverture : “Olivier Adam excelle a dire des gestes inachevés, les mots au bord des lèvres, les élans avortés, la tendresse retenue”, et bien on s'attend à une certaine fougue dans un style moins immobile, fougue et flamboyance que je n'ai pas trouvées !

    Lien : http://leslecturesdasphodele.wordpress.com
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Citations et extraits

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  • Par Lencreuse, le 12 août 2010

    Romain et Anaïs étaient devenus de longs adolescents dégingandés et mutiques, fuyant mes baisers et se soustrayant à mes étreintes comme à mes questions, s’enfermant dans leurs chambres dès que je rentrais du travail, je les regardais interdite, me demandant où avaient bien pu passer mes enfants et leurs yeux dévorants, suspendus au moindre de mes gestes à la moindre de mes paroles, me couvrant de leurs lèvres me répétant qu’ils m’aimaient à longueur de journée. J’avais beau les regarder et tenter d’établir une continuité entre mes tout-petits lovés contre moi sur la plage, dans le lit ou le canapé et ces étrangers qui vivaient dans ma maison et n’attendaient plus de moi que des repas chaud, du linge propre, de l’argent de poche et des autorisations de sortie les plus larges possibles je n’y parvenais pas, c’était une chose déchirante et secrète, un sentiment d’une perte impossible à partager, un deuil sans objet qui laissait en moi une nostalgie glacée, un froid polaire, un désert.
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  • Par Lencreuse, le 12 août 2010

    (Mais) il y a, paradoxalement, chez certaines femmes moins attentive à leur apparence que dans le milieu où j'avais évolué toutes ces années, une façon de s'habiller, de ne se maquiller qu'à peine, de n'avoir jamais recours aux UV aux pommades vendues à prix d'or à la chirurgie, de boire de l'alcool, de fumer comme bon leur semble, de manger ce qu'il leur plaît de manger et de ne jamais faire de sport, de sortir le soir, de lire des livres, de penser, d'aimer la musique, le cinéma, la danse ou le théâtre, qui les garde éternellement jeunes et irradiant d'une beauté autre, parfois usée mais sans artifice.
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  • Par Lencreuse, le 12 août 2010

    Si j'ai appris quelque chose dans le monde de l'entreprise, et du travail en général, c'est qu'on y tolère mal les faibles, que toute faille doit y être camouflée, toute fragilité niée, toute fatigue combattue et oubliée, qu'une part non négligeable de nous-même doit être laissée au vestiaire, comme un costume qu'on renfilerait le soir venu.
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  • Par nicolopoulos, le 05 novembre 2011

    J’ai toujours pensé que quelque-chose me rongeait, une bête un rapace, j’ai tout fait pour l’abattre, je l’ai noyé dans l’alcool, j’ai voulu l’éteindre dans la rage, j’ai rêvé de vivre à son niveau, rongé, ne tenant plus qu’à un nerf, aiguisé, tranchant, j’ai pensé y trouver la lumière, la fulgurance, l’intensité, j’ai cherché le grand incendie, le monde de travers, embrasé, déglingué, je n’ai rien trouvé du tout.Je ne crois plus qu'à son usure. Je cherche un abri, un horizon. Je cherche à me dépouiller...
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  • Par ph_hugot, le 17 avril 2011

    Romain et Anaïs
    étaient devenus de longs adolescents dégingandés et mutiques, fuyant mes
    baisers et se soustrayant à mes étreintes comme à mes questions,
    s’enfermant dans leur chambre dès que je rentrais du travail, je les
    regardais interdite, me demandant où avaient bien pu passer mes enfants
    et leurs yeux dévorants, suspendus au moindre de mes gestes à la moindre
    de mes paroles, me couvrant de leurs lèvres me répétant qu’ils
    m’aimaient à longueur de journée. J’avais beau les regarder et tenter
    d’établir une continuité entre mes tout-petits lovés contre moi sur la
    plage, dans le lit ou le canapé et ces étrangers qui vivaient dans ma
    maison et qui n’attendaient plus de moi que des repas chauds, du linge
    propre, de l’argent de poche et des autorisations de sortie les plus
    larges possibles je n’y parvenais pas, c’était une chose déchirante et
    secrète, le sentiment d’une perte impossible à partager, un deuil sans
    objet qui laissait en moi une nostalgie glacée, un froid polaire, un
    désert.
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