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ISBN : 2070377504
Éditeur : Gallimard

Note moyenne : 4.23/5 (sur 397 notes)
Résumé :
Aurélien tombe amoureux de Bérénice Morel qui ,de sa province, est venue passer quelques jours à Paris. Puis les circonstances de la vie éloignent Aurélien et Bérénice, sans que cesse leur amour, mais aussi sans que leur amour puisse exister vraiment. En 1940, mobilisé, Aurélien rencontre Bérénice, une Bérénice en laquelle la femme nouvelle tente de naître. Mais quelques heures plus tard, elle est tuée par les Allemands, à côté d'Aurélien, voiture.
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
tamara29
14 février 2015
  • 4/ 5
« Aurélien » est un roman d'amour mais il est surtout un roman sur l'amour et les difficultés d'aimer. Sur l'amour impossible.
Dans le Paris des années vingt, encore meurtri par la première guerre mondiale, baigné dans une ambiance artistique (Montmartre, des peintres comme Picasso, Monet, des écrivains, des musiciens et le jazz), autour de la relation principale entre Aurélien et Bérénice, d'autres personnages vont se croiser, s'aimer, se désaimer.
C'est pour Aragon l'occasion dans ce roman de nous faire nous interroger sur ce que c'est qu'« aimer », sur ce qui fait qu'on est et/ou qu'on tombe amoureux.
Qu'est ce qui nous fait nous éprendre de quelqu'un plutôt que d'un autre ? Avec cette conscience des défauts (beauté, caractères, différence sociale) de cet autre qui ne nous auraient pas attirés normalement, de manière rationnelle ? Mais l'amour, bien sûr, n'est pas rationnel car ''l'amour a ses raisons que la raison ignore''.
Se laisse-t-on croire qu'on aime l'autre alors que ce n'est peut-être que le besoin de ressentir une émotion, l'envie d'aimer ? Aime-t-on l'autre juste parce qu'on a envie d'être aimé(e) en retour ? Aime-t-on l'image que l'on se fait de l'autre, ce qu'il représente à nos yeux et non pas ce qu'il est véritablement ? (la cristallisation de Stendhal : ''en un mot, il suffit de penser à une perfection pour la voir dans ce qu'on aime''.)
Par l'entremise de la relation entre Aurélien et Bérénice, Louis Aragon nous expose tout le cheminement amoureux, décortiquant les étapes, les paliers, et analyse avec justesse tous les sentiments et actes qui peuvent en découler. de la naissance de l'amour, de ces moments de bien-être, de félicité aux pires souffrances.
La première fois qu'Aurélien voit Bérénice, il n'y prête presque pas garde, la trouvant mal apprêtée, provinciale, peu jolie. La construction de cet amour n'est donc pas ici « telle une évidence », induite par une attirance physique classique. Plus complexe ou retors, c'est son entourage qui sera le déclencheur de son attention pour elle : son ami, Edmond, avec qui il a fait la guerre, lui parle de Bérénice -sa cousine- et lui fait maintes fois sous-entendre (pour servir ses propres intérêts) que celle-ci est attirée par lui, et fait germer ainsi son intérêt pour elle, telle une chrysalide qui, peu à peu, va se transformer en véritable passion. Sans parler peut-être aussi d'une sorte de défi personnel de se faire aimer d'une femme mariée.
Tout l'amour avec un grand A et ses variantes sont présents, interprétés par les différents personnages du roman : la femme qui n'est plus dans la fleur de l'âge et qui cherche encore à séduire. La femme fatale. le mari infidèle qui reste avec sa femme pour son argent ou le statut social. Celle qui aime l'autre parce que celui-ci la repousse ou ne l'aime pas (''Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis''). le désir physique avec les filles de joie. L'asservissement ou l'acceptation des infidélités du conjoint, jusqu'à s'en faire mépriser (le mari médecin de Rose Melrose ou encore le mari pharmacien de Bérénice). L'amour interdit (avec Bérénice).
Ce roman n'est pas un roman à l'eau de rose, les deux personnages principaux ne sont pas forcément ni beaux ni sans défauts. Et ils ne marièrent pas et n'eurent pas beaucoup d'enfants.
Parce que, si Aragon nous montre les instants de bonheur : les étincelles dans les yeux, le sourire aux lèvres toute la journée, les petits papillons dans le ventre (Ahhh, ''vertige de l'amour'')…, il sait tout autant nous rappeler, si besoin est, qu'il y a tous les autres moments plus douloureux, toutes les affres quasi obligatoires autour de l'amour.
Celui qui rend jaloux. Celui qui rend fou (''Aimer à perdre la raison...''). Cette passion vécue qui fait mal, qui nous malmène, nous enferme, nous plonge dans la tristesse et la dépression. Ces lieux où l'on erre dans l'espoir de croiser l'être aimé. Cette envie de mourir pour l'absence de l'autre, du non-amour de l'autre. Cette attente perpétuelle d'un message, d'un appel, d'une entrevue. le silence qui ronge.
L'auteur décrypte aussi tous les effets, les causes et conséquences : les émois, les emballements, les égarements, les actes manqués, les quiproquos, les mensonges qu'on dit même pour plaire à l'autre, les attentes, les bleus à l'âme, les états d'âme, les mille réflexions qu'on se ressasse, les tourments, les accès de rage, les excès de violence, les vengeances, les espoirs, les actions dans lesquelles on se jette pour fuir et oublier l'autre… et quelques retrouvailles.
L'amour dans tous ses états. L'amour et tous ses sortilèges.
Aragon n'est pas toujours tendre avec ses personnages comme l'amour ne l'est pas toujours. Il nous les présente sous un éclairage parfois trop cru tels que nous sommes, quelquefois menteurs, calculateurs, pas forcément désirables ou attirants.
Certes, j'ai trouvé certains passages un peu longs et peut-être inutiles. Mais, Aragon n'est pas seulement un merveilleux poète, c'est aussi un auteur qui nous narre et décrit parfaitement les relations amoureuses et on sait bien, même en ce jour un peu spécial, que ''les histoires d'amour finissent mal, en général''. Même après sa rencontre avec Elsa, considère-t-il toujours qu' ''il n'y a pas d'amour heureux'' ?
Personnellement, Aragon m'a fait revivre certaines de mes relations, par des flashs, pour un simple mot, pour un simple état lié à l'amour.
Mais, plutôt que d'en ressasser encore les imperfections, les erreurs et les peines, parce qu'à force d'avoir répété sans cesse le mot « amour », j'ai envie de finir ce billet par une note plus naïve et inconsciente, par un oubli de la raison et du discernement. Se laisser aller, accepter de lâcher prise, s'ouvrir à l'autre, se laisser emporter, vibrer, ressentir, jusqu'à en oublier tous les risques, les souffrances encourus, parce que ''la vie ne vaut d'être vécue sans amour''…
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DBC-Anais
05 mai 2015
  • 5/ 5
Aurélien pure chef-d'oeuvre à découvrir ; une lecture qu'il m'a été obligé de faire pour mes études de lettres, mais que je ne regrette absolument pas. J'ai adoré découvrir ce livre.
Bien qu'écrit dans les années 1940, Aragon place le roman dans les années 1920, en pleines années folles, avoir jouissance et plaisirs de la vie, après la terrible premier guerre mondiale. On voit transparaître de nombreuses boîtes de nuit, notamment le Lulli's, fréquemment cité (et ayant existé dans la réalité sous le nom de Zelli's), lieu où se rend régulièrement le protagoniste éponyme du roman, avec sa musique jazz, ses musiciens et ses nombreuses jeunes femmes. C'est une époque où les fêtes abondent, où le whisky se déverse en flots. Plusieurs chapitres se réfèrent à la fête donnée par le duc de Valmondois sur le thème de l'or, avec des femmes luxieusement vêtues, portant bon nombres de bijoux, prouvent que le roman se place dans un milieu mondain et bourgeois.
Et c'est bien là où veut en venir Aragon. Ce poète surréaliste et romancier réaliste vient d'un milieu bourgeois de part son père, mais ce dernier ne l'a pas reconnu en tant que fils, car Aragon a été conçu hors mariage - ce qui aurait nuit au travail professionnel de son père. Révolté par ce non-dit, en quête d'identité, il est envoyé au front, et fait la guerre. C'est à partir de là qu'il commence à écrire Aurélien, pour échapper au quotidien cruel dans lequel il est embourbé.
Tout au long du roman, on peut remarquer beaucoup de similitudes entre le personnage d'Aurélien et l'auteur. Les deux hommes ont fait la guerre, ils sont tous les deux placés dans un milieu bourgeois, ils fréquentent des artistes mondains (comme Picasso, qui est illustré par Zamora).
Le protagoniste éponyme est déconcertant. Personnage solitaire, abattu par la guerre, il n'arrive pas à se remettre des scènes horribles qu'il a vécu, plongé constamment dans le noir, dans ses souvenirs de guerre, parmi les morts au combat et les gueules cassées du front. Jeune rentier, il n'a rien à faire de ses journées et erre donc dans les rues de Paris, sans but. Il est clairement expliqué qu'Aurélien s'est fait volé son enfance à cause de ses parents, qu'il a perdu son adolescence car envoyé à la guerre, et qu'arrivé à l'âge de trente ans, il n'a pas encore vécu sa vie. Mais une rencontre improptue va bouleverser à jamais la vie entière du personnage.
Dès l'incipit du livre, Aurélien se retrouve face à une Bérénice qu'il trouve tout de suite laide, sans intérêt et mal vêtue.
Mais grâce à sa rencontre lors d'une virée à la piscine avec un ouvrier, Aurélien se rend compte des différences sociales qui contrastent entre lui, le rentier qui ne travaille pas, et l'ouvrier. Dans l'eau, les deux hommes sont égaux, mais habillés, ils n'appartiennent pas au même monde. C'est cette révélation qui va pousser Aurélien à se rapprocher de Bérénice, et à apprendre à l'aimer.
On peut penser que l'amour d'Aurélien est en fait cristallisé par l'image de la Bérénice antique de Racine, jeune femme d'Orient, aux bijoux somptueux, à la peau hâlée. Il transpose son amour pour cette Bérénice sur la Bérénice contemporaine qu'il a en face de lui.
On peut aisément se douter que cet amour est quasiment impossible. Et c'est bien la trame de ce roman. Les deux personnages n'appartiennent pas au même milieu social, ils sont différents, et s'idéalisent l'un l'autre.
Dans Aurélien, on dénote bon nombre de couples qui n'arrivent pas à fonctionner. Edmond Barbentane trompe sa femme Blanchette avec toutes les femmes qui passent, notamment avec Rose Melrose. Rose Melrose trompe son mari le docteur Decoeur avec Edmond de Barbentane. Blanchette va tromper Edmond de Barbentane avec son secrétaire Arnaud, Bérénice trompe son mari Lucien avec Paul Denis... L'amour véritable est quasiment inexistant - ou si une petite percée du sentiment amoureux se montre, il est aussitôt anéanti par l'impossibilité des sentiments.
Mais ce roman est aussi bourré de références culturelles de l'époque de l'auteur. Entre les artiste, très présents dans le livre - on dénote l'apparition fréquente de Picasso, qui se cache sous les traits de Zamora, ou le poète Cocteau, représenté tel quel dans le livre -, Aragon incorpore également quelques-uns de ses amis surréalistes. En effet, lors d'une exposition de nuit, on découvre Tristan Tzara, l'inventeur du mouvement dada en personne. Il fait également implicitement référence à des personnes réelles, avec son ancien ami, devenu presque ennemi depuis qu'il a viré à l'extrême-droite : Drieu la Rochelle, qui peut apparaître sous les traits d'Aurélien lors de l'épilogue, quand le protagoniste commence à avoir des idées politiques de droite. Il met aussi en scène des couturiers célèbres, comme Paul Poiret, qui habille Bérénice de sa magnifique robe Lotus ; et fait référence à plusieurs reprises à Chanel, avec sa création de bijoux fantaisies.
Une chose est sûre, ce livre, qui appartient à la série du Monde réel écrit par Aragon a tout à fait sa place dans la série. Les traits des personnages sont parfaitement décrits, presque réels, l'espace spatio-temporel se réfère à des histoires passées - comme la guerre - ou à des lieux qui ont vraiment existés - le Zelli's -, à des atmosphères de l'époque - les années folles. le réalisme est à son apogée.
Un magnifique roman "d'amour", sur fond de guerres, de joies et de plaisirs. Lisez le impérativement, ne serait-ce que pour découvrir le somptueux dénouement qu'Aragon nous offre. A déguster à toutes les sauces.
Lien : http://addictbooks.skyrock.c..
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mfrance
16 janvier 2016
  • 5/ 5
En fait, l'histoire d'Aurélien se résume en quelques phrases : Aurélien voit Bérénice. Il la trouve laide. Puis, tout à coup, alchimie amoureuse aidant, il l'aime. Bérénice l'aime aussi. Peut-être ! sans doute ! Quoi qu'il en soit, ils ne se trouveront pas et se sépareront. Et se retrouveront brièvement dix-huit ans plus tard, séparés définitivement par la mort.
Et voilà ! Tout est dit.
N'importe quel écrivaillon d'aujourd'hui torchera la chose en cent ou deux cents pages, avec sujet, verbe, complément (pas trop long le complément, hein, car, autrement, cela devient incompréhensible !). J'ai lu par-ci par là que le style d'Aragon a un peu vieilli ! mais quels sont les énergumènes décérébrés qui peuvent s'exprimer ainsi !
Applaudissez cette prose magnifique et prosternez-vous devant ces grands écrivains, capables de vous transporter dans un ailleurs, qui, pendant les quelques heures ou quelques jours que vous passerez en leur compagnie sauront vous embarquer dans une fiction dont vous ne reviendrez pas indemne !
Acceptez de vous jeter, corps et âme , dans les délices enchantées de la belle langue, à la portée de tous, à la portée de tous ceux qui veulent se laisser bercer par la beauté des mots, des images ...
Aurélien .... mais c'est un poème en prose !
Aragon, lui, en a fait son chef d'oeuvre ! 700 ou 800 pages (cela dépend des éditions) d'une somptuosité sans pareille ! une écriture d'une finesse exceptionnelle, une étude brillante des sentiments avec analyse du goût de l'absolu, cet acmé de l'amour !
Et cette immersion dans les années vingt, années de folie, pour oublier l'horreur de la grande guerre, pour inventer un nouvel univers, pour se saouler de nouveautés ! Ah, cette éclosion de fantaisie, de talents, de folie, dans ces années vingt, remarquablement évoquées par Aragon.
Ce qui m'a fait penser au superbe film de Woody Allen : Minuit à Paris ! A-t-il lu Aurélien ? on pourrait le croire tant l'ambiance imaginée dans le film semble proche de ce que Aragon a si remarquablement retranscrit avec sa plume inspirée !
Et c'est vrai que tout y est ! déraison, fantaisie, passion dévorante, tourments et toutes les affres du désespoir d'amour !
Aurélien ! un chef d'oeuvre intemporel ! A lire hier, aujourd'hui et dans cent ans !
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Accalia
09 janvier 2016
  • 2/ 5
Aurélien est le roman que j'ai sorti de ma Book jar pour le mois de novembre. Une lecture dont j'avais envie, mais que j'appréhendais aussi depuis un long moment et que je repoussais donc. Après l'échec du dernier mois, j'étais bien décidée à le réussir cette fois-ci, quitte à y passer le mois!
Et c'est ce qui s'est d'ailleurs passé…j'ai mis beaucoup de temps à lire ce roman. Beaucoup trop.
Franchement, j'ai cru m'arrêter à un moment donné. Je le traînais, j'en avais assez. Si cela n'avait pas été Aragon – dont j'adore les poèmes en particulier « le Cri du Butor » – j'aurais arrêté vers les pages 200. Mais bon…quand c'est un classique, je fais toujours plus d'effort!
Une lecture en demie-teinte donc…je suis contente de l'avoir lu, je suis contente de l'avoir dans ma bibliothèque, mais je ne suis pas sûre qu'il m'ait vraiment plu, vu le nombre de temps que j'ai mis à le lire et à quel point les personnages m'ont agacé…
Je ne suis pas sûre de vouloir le conseiller…je ne sais pas, parce qu'il ne m'a pas vraiment déplu non plus et il y avait des soirs où j'avalais des dizaines de pages sans problème!
Je pense qu'il fait partie des livres où il faut vraiment se faire sa propre idée. Après à quel point ai-je raison ou tort? Je ne sais pas…C'est toujours compliqué les classiques, surtout quand on a pas l'occasion de les étudier en cours. Je me dis toujours que je rate énormément de choses.
J'ai bien aimé le style, même si par moment, je trouve qu'il a un peu vieilli…Mais il reste fluide et très agréable.
On m'avait décrit ce roman comme un grand roman d'amour et je dois avouer que je suis assez perplexe.
Voici ce que j'en ai pensé (et encore une fois, c'est mon avis…) : C'est un roman sur l'amour de l'amour ou l'amour absolu, fantasmé et irréel.
Ces deux personnes ne pouvaient pas se trouver en amour. Ils cherchaient et croyaient voir en l'autre une personne un amour qui n'existe pas. Ils aimaient plus l'idée même d'être fou-amoureux que la personne.
Aurélien voyait Bérénice comme une sorte de jeune fille pure et un peu niaise ( le coup de « tromper juste son mari avec un seul homme c'est presque comme être vierge en gros… hypocrisie bonjour…), image de sa noyée de la Seine, mystérieuse et belle, qui allait s'abandonner à lui.
Aurélien avait besoin de se sortir de ce cercle vicieux où il était entrain de pourrir à force de ne rien faire, de ne croire en rien, de ne vouloir rien. Et je trouve que Bérénice lui a servi de prétexte en gros, un bel amour passionnant et passionné à adorer pour se sentir à nouveau vivant et ressentir des émotions. Il avait besoin d'aimer pour vivre. Et c'est tombé sur Bérénice parce qu'elle était la seule « pure » de toute cette ambiance dans lequel il vivait depuis quelques années.
Quand à Bérénice, malheureuse dans son mariage qu'elle a voulu tout de même par honte (orgueil?) de faire marche-arrière, elle s'ennuie à mourir et à l'impression d'avoir gâché sa vie. Aurélien est pour elle la meilleure manière d'avoir un amour passionnel et ardent, sans rien y faire et avec ce besoin d'absolu, qui est impossible en amour…parce que forcément viennent un jour des compromis nécessaires à faire dans les couples.
Elle voulait vivre passionnément, avoir un amour éternel et pur de toute cassure. Je n'ai pas l'impression qu'elle avait envie plus que cela de passer à l'acte, d'ailleurs dès qu'elle en a eu l'occasion, elle a sauté dessus pour faire marche arrière.
Tout cela pour dire que pour moi, ils ne se comprenaient pas et ne pouvaient pas se comprendre.
Alors? Amour? Franchement, je ne trouve pas…c'est l'histoire d'un amour impossible pour moi, parce que les amoureux ne sont pas ce qu'ils croient. Ou est-ce moi qui n'a pas compris le roman et où Aragon voulait en venir?
J'ai bien aimé l'ambiance qui se dégageait de ce roman : les années 1920, juste après la guerre, les années folles, l'époque de Fitzgerald notamment, ou tout est fête, plaisirs et dépenses extravagantes pour oublier les ravages de la guerre.
Les personnages secondaires m'ont assez agacé aussi. Surtout Edmond, à qui j'avais envie de mettre des claques tout le temps. Quel personnage insupportable et hypocrite!
Finalement, mon personnage préféré, cela a été Paul Denis. le moins stupide de tous. le plus moderne, le plus ouvert, même s'il est prodigieusement agaçant, lui aussi. Mais j'ai beaucoup aimé sa tirade sur l'égalité des sexes et le droit des femmes d'avoir des amants si les hommes ont le droit d'avoir des maîtresses. C'est là qu'on voit qu'Aurélien est quand même bien…limité. Ou de son temps…
[Attention, je dévoile la fin]

———————————————–
Un roman en demi-teinte. Je ne sais pas si je l'ai aimé où pas. Je suis contente de l'avoir lu en tout cas et je suis aussi contente d'être allée jusqu'au bout et de l'avoir derrière moi!^^
Je ne peux que vous conseiller de vous faire votre propre avis.
Lien : https://writeifyouplease.wor..
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LiliGalipette
03 juillet 2009
  • 4/ 5
Roman de Louis Aragon.
Aurélien est un jeune rentier oisif qui enchaîne les aventures amoureuses dans le Paris mondain des années 1920. Revenu de la guerre, il déborde d'une énergie dont il ne sait que faire, et il traîne son ennui sur les quais de la seine, entre réceptions, affaires et ateliers d'artistes. Chez son ami Barbentane, il rencontre un jour Bérénice Morel, épouse d'un pharmacien de province, venue prendre du repos et du bon temps dans la capitale. D'abord insensible à la jeune femme, Aurélien va en tomber fou amoureux. Les deux jeunes gens vont partager un amour passionnée qui ne sera jamais consommé: les malentendus, les disputes, le goût d'absolu et les distances vont les éloigner. Après un projet de fuite amoureuse avortée, Bérénice revient à son mari et Aurélien retourne à son ennui. Les deux amants se retrouvent des années plus tard, quand les Allemands envahissent le pays. Entre eux, l'amour refleurit, mais le destin s'acharne.
D'Aragon, j'aime surtout la poésie surréaliste. Néanmoins, le livre est beau, l'écriture soignée, parfois exubérante. Certaines descriptions feraient pâlir d'envie Balzac et consorts, par leur longueur et leur précision. J'avais beaucoup aimé le téléfilm où Romane Bohringer incarne Bérénice. Après lecture de l'oeuvre, il me semble que le rôle lui convient parfaitement.
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Les critiques presse (1)
LaLibreBelgique13 août 2015
Aurélien d’Aragon est un des sommets de la littérature amoureuse, un chef-d’œuvre qui distend le temps et vous laisse mélancolique, hors du temps.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations & extraits (105) Voir plus Ajouter une citation
lejoujoudupauvrelejoujoudupauvre06 décembre 2016
A nouveau ce décor d'insomnie et d'alcool, et la durée de la nuit qui vous pèse dessus, lourdement, de toutes les idées qu'on évite, de toutes les pensées perdues, la danse de ceux qui ont peur de dormir, peur de ne pas dormir.
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MatriochkaMatriochka11 novembre 2009
La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu'il n'aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'Orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût. Ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus. Les cheveux coupés, ça demande des soins constants. Aurélien n'aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune. Il l'avait mal regardée. Il lui en demeurait une impression vague, générale, d'ennui et d'irritation. Il se demanda même pourquoi. C'était disproportionné. Plutôt petite, pâle, je crois… Qu'elle se fût appelée Jeanne ou Marie, il n'y aurait pas repensé, après coup. Mais Bérénice. Drôle de superstition. Voilà bien ce qui l'irritait.
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PiertyMPiertyM02 juin 2015
Les Parisiens n'ont jamais de leur ville le plaisir qu'en prennent les provinciaux. D'abord, pour eux, Paris de limite à la taille de leurs habitudes et de leurs curiosités. Un Parisien réduit sa ville à quelques quartiers, il ignore tout ce qui est au-delà, qui cesse d'être Paris pour lui. Puis il n'y a pas ce sentiment presque continu de se perdre qui est un grand charme.
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michelekastnermichelekastner13 juin 2012
Aurélien craignit de ne pas danser assez bien pour elle. Il le lui dit. Elle ferma les yeux. Alors, se penchant sur elle, il la vit pour la première fois. Il régnait sur son visage un sourire de sommeil, vague, irréel, suivant une image intérieure. Ce qu'il y avait de heurté, de disparate en elle, s'était fondu, harmonisé. Portée par la mélodie, abandonnée à son danseur, elle avait enfin son vrai visage, sa bouche enfantine, et l'air, comment dire ? d'une douleur heureuse. Aurélien se répéta qu'il n'avait encore jamais vu cette femme qui venait d'apparaître. Il comprit que ce qui la lui avait cachée, c'étaient ses yeux. Quand elle les avait fermés, elle n'avait plus été protégée par rien, elle s'était montrée elle-même. Ils se rouvrirent plus noirs que jamais, plus animaux qu'Aurélien ne s'en souvenait.
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ClairocheClairoche31 juillet 2016
D'où lui venait ce goût de l'absolu, je n'en sais rien. Bérénice avait le goût de l'absolu.
C'est sans doute ce qu'avait senti Edmond Barbentane quand il avait dit de sa cousine que c'était l'enfer chez soi. Que savait-il d'elle ? Rien vraiment. Mais il arrive que les hommes devinent les femmes, par un instinct animal, une expérience de mâle qui vaut bien cette divination féminine dont on nous rebat les oreilles. Aurélien, d'abord éveillé par cette expression surprenante, qui cadrait si mal avec la femme qu'il avait tout d'abord aperçue, l'avait oubliée, quand s'était établi entre Bérénice et lui un rapport plus important que les jugements d'un tiers. Ainsi s'approchait-il du gouffre, après avoir été tenté par le gouffre, ne sachant plus qu'il en était un. Et leur roman, le roman d'Aurélien et Bérénice était dominé par cette contradiction dont leur première entrevue avait porté le signe : la dissemblance entre la Bérénice qu'il voyait et la Bérénice que d'autres pouvaient voir, le contraste entre cette enfant spontanée, gaie, innocente et l'enfer qu'elle portait en elle, la dissonance de Bérénice et de son ombre. Peut-être était-ce là ce qui expliquait ses deux visages, cette nuit et ce jour qui paraissaient deux femmes différentes. Cette petite fille qui s'amusait d'un rien, cette femme qui ne se contentait de rien.
Car Bérénice avait le goût de l'absolu.
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