> Bernard Cohen (Traducteur)

ISBN : 2264048352
Éditeur : 10 X 18 (2009)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 70 notes) Ajouter à mes livres
Quand il était petit, le jeune Shalom croyait aveuglément la parole des adultes : s'il allumait la télé pendant Chabbat, Dieu ferait perdre les Rangers, et tous ceux qui mangeaient du porc périraient dans d'atroces souffrances.
Et puis, Shalom a commencé à doute... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Chouchane, le 07 février 2012

    Chouchane
    Ce livre va faire mal à Dieu, ce grand oppresseur. Si le peuple juif est l'élu de Dieu, au fond il l'a bien mérité et surtout que personne n'aille revendiquer la place parce que cette place semble être le pire des fléaux de la bible. Pour Shalom Auslander (né dans une famille juive ultra orthodoxe) ce sera un vrai calvaire de faire cohabiter Dieu omnipotent, omniscient, et son libre-arbitre. Dieu est partout, évidemment il voit tout, dicte toutes les conduites mais surtout juge du droit de vivre ou de mourir. Ce pauvre Shalom va passer son enfance à apprendre par cœur toute les prières pluriquotidiennes qu'il faut savoir pour éviter le courroux de Dieu, (sans comprendre pourquoi aucune ne fonctionne), son adolescence à culpabiliser face à ses pulsions et à émotions et l'âge adulte à essayer de se défaire de cette paranoïa que représente la peur de la sanction divine. Tout cela en vain, Dieu habite, surveille, martyrise, se moque de Shalom qui devenu père aimerait bien pouvoir se libérer de cette obsession maladive. La lamentation du prépuce, c'est avec humour et férocité la description de la construction, par des hommes pour eux-même, d'une prison haute sécurité avec de toutes petits trous pour voir le reste du monde, et les juifs ultra orthodoxe n'ont pas le seul privilège de ces prisons haute-sécurité. La caverne de Platon, sans la caverne et sans Platon !
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Charlye, le 10 septembre 2011

    Charlye
    L'auteur qui est aussi le héros du roman, est complètement traumatisé par une éducation juive ultra orthodoxe. Comme lui dit sa femme lorsqu'il se demande ce qui ne va pas chez lui : « tu as été victime de violences théologiques. »
    Pendant toute son enfance, ses parents et ses professeurs lui ont décrit un Dieu vengeur, violent, qu'il fallait craindre à tout prix.
    Toutes les actions qu'il entreprend sont sujettes à un débat intérieur très drôle, qui lui font imaginer les pires conséquences (décès de sa femme, de son enfant... etc) et le rendent complètement paranoïaque.
    Depuis l'enfance, il se rebelle contre le Dieu de ses ancêtres en faisant toutes sortes d'expériences interdites. Il est vrai que dans son monde tout ou presque est interdit surtout le jour de sabbat qu'il déteste pardessus tout.
    C'est un livre drôle et amer en même temps. Shalom Auslander réussit à décrire des situations tragiques de façon comique. On a l'impression de se trouver la plupart du temps dans un asile psychiatrique.
    Il se pose surtout la question de savoir si l'on doit à tout prix éduquer nos enfants comme nous l'avons été nous-mêmes, leur inculquer les mêmes valeurs alors qu'on en a souffert et qu'on en souffre encore.
    Un livre intelligent, drôle mais à lire avec une boite de calmants à portée de main, ne serait-ce que pour en proposer à ce personnage qui en aurait bien besoin.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par kedrik, le 07 septembre 2011

    kedrik
    Shalom Auslander est dans la trentaine. Sa femme est enceinte d'un petit garçon. La question est : faut-il le circoncire ? La réponse n'est pas simple pour Shalom, car il entretient un rapport très complexe avec Dieu. Élevé dans une famille orthodoxe new-yorkaise, il haït Dieu, mais on ne passe pas outre des milliers d'années de tradition aussi facilement. Malgré son mépris pour son éducation orthodoxe, il possède dans ses valeurs un drôle d'atavisme qui le pousse à bout même quand il se croit définitivement libéré du joug religieux.
    Quand Shalom Auslander raconte sa vie de gamin orthodoxe, c'est à hurler de rire. Il a non seulement un plume trempée dans l'acide mais un contexte familial et religieux en or pour faire jaillir des moments de pure cynisme. D'un côté, sa famille est très disfonctionnelle, avec un père colérique et une mère obsédée par l'avenir rabbinique de son fils. Mais il y a surtout cet héritage religieux oppressant qui l'enferme dans la folie. Un Dieu vengeur, colérique et moqueur qui exige des rites quotidiens tous plus étranges les uns que les autres. Des bénédictions à toutes les sauces, une culpabilité permanente, une volonté farouche de ne surtout pas s'intégrer au reste du monde pour ne pas perdre son identité. Il arrive à rendre tout cela comique, mais on rit jaune devant ce que l'auteur surnomme de la "maltraitance spirituelle".
    Pour contrebalancer cette vie de tabous, Shalom fait tous les excès possibles et imaginables : sexe, drogue et cheeseburger. Il pousse au bout la logique du rapport de force qui l'oppose à ce Dieu sadique. Cette transgression est jubilatoire, mais on en revient toujours à Dieu, surtout quand on essaye de le défier. Shalom a beau avoir conscience d'avoir été élevé comme un veau dans une orthodoxie qui n'est qu'un "immobilisme intellectuelle", il ne peut pas pour autant se déprogrammer. D'où la question du prépuce de son fils.
    Le livre est bien évidemment une charge contre l'orthodoxie juive, mais on peut aisément remplacer la Torah par la Bible, le Coran ou le Capital. Il ne suffit pas de dire "Dieu est mort" pour s'en débarrasser. Il y a un travail de deuil à faire. Et quand débarque la génération suivante, on se demande bien ce qu'on va pouvoir lui raconter pour en faire un être humain libre à un tel point qu'il aura le droit de renoncer à cette liberté pour la sacrifier sur l'autel de Jehovah, Ganesh ou Lady Gaga.
    Futur parent, athée curieux, apostasié militant ou simplement en quête de rire, tout le monde trouvera quelque chose qui le touche dans cette lamentation du prépuce. Parce que c'est terriblement vrai mais en plus raconté avec une férocité rare, de l'intérieur.
    À lire le samedi, en écoutant du hard rock et en mangeant des trucs pas casher. Obligé.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2009/12/la-lamentation-du-prepuce.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Eipoca, le 25 mars 2011

    Eipoca
    Voilà un livre irrévérencieux, drôle et touchant ! Avec un sujet pas forcément amusant au départ : les aventures d'un type, Shalom Auslander (oui, comme l'auteur), qui fait mille et un efforts pour se défaire d'une éducation religieuse omniprésente et lourdement culpabilisante, mais qui a bien du mal à s'en dépêtrer... C'est pourtant le sourire aux lèvres, l'éclat de rire jamais loin, que le lecteur voit le narrateur négociant dur dur avec Dieu à chaque moment de sa vie, que ce soit pour manger une nourriture interdite, se permettre des pensées ou des gestes «impurs », ou prendre cette difficile décision : fera-t-il faire circoncire son fils … ?
    Cette histoire rafraîchissante contient en outre un élément formel particulièrement réussi : l'alternance, dans la narration, entre l'enfance puis l'adolescence du narrateur et sa vie d'adulte, au moment où sa compagne et lui attendent un bébé. Un vrai plaisir de lecture!
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    • Livres 4.00/5
    Par solange, le 06 janvier 2011

    solange
    La lamentation du prépuce ou comment en savoir un peu plus sur les traditions des juifs orthodoxes de manière humoristique...
    Un adulte qui vient d'être papa revient sur sa vie d'enfant et d'adolescent dans une famille qui ne vit qu'au travers de sa religion et se pose la question pour lui du devenir du prépuce de son fils...
    Livre à lire pour son aspect humoristique mais aussi pour les questions qu'il soulève .
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Citations et extraits

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  • Par Tsubaki, le 10 février 2012

    Ceux qui m'ont élevé diront que je ne suis pas religieux. Ils se trompent : je ne suis pas pratiquant mais je reste douloureusement, fatalement, incurablement, pathétiquement religieux. Et ces derniers temps, j'ai constaté avec une stupéfaction désolée que de plus en plus de gens d'un bout à l'autre de la planète se trouvent des dieux, chacun plus sanguinaire et haineux que le précédent, alors que je continue à tout faire pour me débarrasser du mien. Et que j'échoue lamentablement.
    Je crois en Dieu. C'est un gros problème, chez moi.
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  • Par Chouchane, le 07 février 2012

    Mais, par ailleurs, la "tradition", n'était-ce pas une autre manière d'appeler l’inertie intellectuelle induite par la religion, cet aveuglement qui entraîne certains croyants vers des extrêmes qu'ils n'auraient même pas envisagés s'ils s'étaient arrêtés une minute pour réfléchir, évaluer, peser le pour et le contre ?
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  • Par mandarine43, le 27 juillet 2011

    [ Incipit ]

    Quand j'étais petit, mes parents et mes maîtres me parlaient d'un homme qui était très fort. Ils disaient qu'il était capable de détruire le monde entier. Ils disaient qu'il pouvait soulever les montagnes. Ils disaient qu'il pouvait ouvrir la mer en deux. Il était très important de ne pas le contrarier. Lorsque nous obéissions à ce qu'il avait édicté, cet homme nous aimait bien. Il nous aimait tellement qu'il tuait tous ceux qui ne nous aimaient pas. Mais si nous n'obéissions pas, alors il ne nous aimait pas. Il nous détestait. Parfois, il nous haïssait tellement qu'il nous tuait ; parfois, il laissait d'autres gens nous tuer. C'est ce que nous appelons les jours de fête : à Pourim, nous nous souvenons de la fois où les Perses ont essayé de nous tuer ; à Pessah, nous nous souvenons de la fois où les Égyptiens ont essayé de nous tuer ; à Hanoukka, nous nous souvenons de la fois où les Grecs ont essayé de nous tuer.
    «Béni soit-Il», disions-nous dans nos prières.
    Aussi terribles que pouvaient être ces punitions elles n'étaient rien à côté de celles que cet homme pouvait nous infliger lui-même. Et allons-y avec la famine, et allons-y avec les déluges, et allons-y avec la fureur vengeresse. Hitler avait pu exterminer les juifs mais cet homme, lui, avait noyé la planète. Nous avions une ritournelle à son sujet, au jardin d'enfants :

    Dieu est ici,
    Dieu est là,
    Dieu est partout,
    Un point c'est tout.

    Ensuite, petit goûter et sieste agitée.
    J'ai été élevé tel un veau dans la petite ville orthodoxe juive de Monsey, État de New York, où il était interdit de consommer du veau avec des produits lactés. Si on avait mangé du veau, il était interdit de manger des produits lactés pendant les six heures suivantes ; si on avait mangé des produits lactés, il était interdit de manger du veau pendant les trois heures suivantes. Il était interdit de manger du porc à jamais, ou en tout cas jusqu'à l'arrivée du Messie car c'est alors, nous avait appris Rabbi Napier en cours moyen deuxième année, que les méchants seraient punis, que les morts ressusciteraient et que les cochons deviendraient cachère.
    - Génial ! m'étais-je exclamé en topant dans la main de mon meilleur copain, Dov.
    - On verra si vous serez aussi frétillants au jour du Jugement de Dieu, avait répliqué Rabbi Napier en lançant un regard dégoûté par-dessus ses épaisses lunettes à monture en écaille.
    Les gens de Monsey, qui avaient une peur bleue de Dieu, m'ont inculqué cette peur bleue aussi. Ils me parlaient d'une femme nommée Sarah qu'il avait rendue stérile parce qu'elle avait eu le malheur de rigoler ; d'un homme nommé Job qui, pris de tristesse, avait demandé «Pourquoi ?», alors Dieu était descendu sur terre, avait attrapé Job au collet en hurlant : «Pour qui tu te prends, bordel ?» ; d'un homme nommé Moïse qui s'était échappé d'Egypte, avait erré quarante ans dans le désert à la recherche d'une Terre promise et que Dieu avait tué avant qu'il n'y parvienne - un plaquage juste avant la ligne de transformation - parce qu'il avait péché, une fois, quatre décennies auparavant. Son crime ? Avoir frappé un rocher avec un bâton.
    Et c'est pourquoi, au début de l'automne, quand les feuilles s'étiolaient, changeaient de couleur puis tombaient foudroyées sur le sol, les braves gens de Monsey se regroupaient dans toutes les synagogues de la ville et se demandaient en choeur de quelle manière Dieu allait les tuer : «Qui vivra et qui mourra, disait la prière, qui atteindra son temps et qui décédera prématurément, qui périra par l'eau et qui par le feu, qui par l'épée, qui par les bêtes sauvages, qui par la famine, qui par la soif, qui par la tempête, qui par la peste, qui par strangulation et qui par lapidation.»
    Ensuite, déjeuner et sieste agitée.
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  • Par tulisquoi, le 08 septembre 2010

    Il y a quelques milliers d’années, un vieil homme rendu à moitié fou par la peur s’est livré à une mutilation génitale sur son fils dans l’espoir de se gagner ainsi les faveurs de l’Être qui, imaginait-il, menait la danse. Par la suite, des gens aussi terrifiés et déséquilibrés que lui ont complété cette agression en écrivant des bénédictions, composant des prières, inventant des rites et édictant qu’un fauteuil vide devrait être laissé au prophète Élie. Et, six mille ans plus tard, un grand-père ne regardera pas son petit-fils en face, et une grand-mère et une tante justifieront cette attitude simplement parce que l’enfant n’a pas été mutilé exactement comme l’exige la tradition !
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  • Par Pickwick, le 09 septembre 2010

    Mes professeurs m'ont appris qu'il est faux de dire que Dieu a provoqué l'Holocauste : en 1938, Il a simplement détourné la tête. Il a regardé ailleurs. “Hein, comment ? Géno quoi ? Vraiment ? Merde, j'étais au petit coin…”. Pas un meurtrier, non. Juste un complice par omission.
    (…)
    Mes professeurs m'ont enseigné qu'un juif qui met la honte à ses coreligionnaires commet un péché que la mort venue d'en haut punira, et j'ai bien peur que ce récit entre dans ce cas de figure. Mais je respire un grand coup, et je me dis qu'Aaron Spelling va très bien, et si lui n'est pas un sujet d'embarras pour son peuple, je me demande qui peut bien l'être…
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La chronique de Gérard Collard - La lamentation du prépuce
Et si Gérard Collard vous parlait du prépuce... Enfin, plus exactement de "La lamentation du prépuce" écrit par Shalom Auslander et édité chez 10-18. Un regard amusant et amusé sur les hommes, la religion... Regardez... La présentation du livre "La lamentation du prépuce" par l'éditeur : Jeune époux et futur papa, Shalom pourrait être le plus heureux des hommes. Mais l'enfance peut commettre bien des ravages... Élevé dans la plus stricte orthodoxie juive, il en a gardé une vision très personnelle du " Tout-Puissant " et une paranoïa aiguë. Trente-cinq ans que cela dure. Trente-cinq ans d'une relation complexe, faite d'incompréhension et de pure terreur. Alors, à l'adolescence, Shalom s'est rebellé : gavage de hot dogs, lectures pornos... Et il a attendu, tremblant, le châtiment divin. Mais rien... Aujourd'hui, la grossesse de sa femme le laisse désemparé. Partagé entre son désir d'émancipation et sa peur maladive de Dieu, le voilà confronté à l'agonisante question : quel sort doit-il réserver au prépuce de son enfant ? Vous pouvez commander "La lamentation du prépuce" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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