> Edwige Lambert (Traducteur)

ISBN : 2742766790
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Un homme, Wadî, a aimé un autre homme, et c'est sa femme, Sarnia, qui lui désigne la nature de son attachement, elle qui lui en révèle la force. Evoquant les premiers instants de sa rencontre avec cet homme, Wadî' se trouve bientôt replongé dans une enfance douloureuse,... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    Quelle est donc la nature de cet amour que porte Wadî' à son jeune patron Tarîq, lui qui pourtant est tout amour pour Samia, sa femme ? Cet « amour ineffable, noble, sublime et élevé » est un sentiment complexe qui ne peut se résumer à une passion homosexuelle. Il y a dans ce sentiment plus d'admiration et d'idéal de fraternité que de réel désir sexuel.
    Dans le long monologue qu'est Mon maître, mon amour, Wadî' va revenir sur sa rencontre avec Tarîq, et refaire le chemin de sa vie à l'envers pour finir par replonger dans un passé qu'il a occupé son existence à rejeter. Une enfance fortement marqué par la moquerie de ses camarades qui aimaient dérouiller à l'occasion ce petit gros, trop bon élève pour faire partie de leur bande. Il y a aussi sa mère malade, et son père, cuisinier dans une famille riche, qu'il méprise pour sa soumission docile à ses employeurs.
    A l'adolescence, Wadî' décide d'abandonner le camp des faibles. "« Je veux m'asseoir à la table. Je ne serai pas l'orphelin du festin, content d'avoir les restes. Je veux être un scélérat, le plus professionnel des scélérats, sans perdre mon âme. »" Dans un Liban en guerre, il se retrouve à la tête d'un gang de trafiquants d'armes et de drogue, imposant sa loi aux plus faibles que lui. Plus tard, obligé de fuir son pays, Wadî' se retrouve avec Samia, à Chypre. Commence alors pour lui une longue période de dépression, où il n'est plus que l'ombre de lui-même. Jusqu'au jour de sa rencontre avec Tarîq...
    Au fil des chapitres, on comprend un peu mieux qui est Wadî', les pièces du puzzle s'assemblent et révèlent ce que Tarîq a fait ressurgir de plus enfoui au fond de lui : le souvenir d'Ayyoub, l'ami fidèle de son enfance, celui qui était comme son frère et dont il a perdu la trace. « Mon chagrin est indescriptible. Je pleure comme peut-être je n'ai jamais pleuré. Je sanglote, peu m'importe qu'un passant me voie, ou, depuis le balcon, Samia. Je verse des larmes intarissables et mon cœur brûle pour Ayyoub. Comme je brûle pour lui mon Dieu ! Je ne désire rien en ce monde que voir son visage. »
    Soudain, le récit de Wadî' s'interrompt quand il disparaît mystérieusement. Samia reprend le flambeau laissé par son mari. Par tous les moyens, elle va essayer de comprendre pourquoi celui-ci a disparu, allant jusqu'à rencontrer Tarîq. A partir des bribes du passé de Wadî', elle envisagera tous les scénarios imaginables susceptibles de donner un sens à cette mystérieuse disparition, d'expliquer l'inexplicable.
    Retomber en enfance. Quoi qu'on fasse, notre enfance nous poursuit toute notre vie. Voilà le message de Sayedi wa habibi (titre original du roman). Aussi profond que soient enfouies nos blessures, elles ne manquent pas de remonter à la surface un jour ou l'autre. L'enfance à tout jamais marque le destin des hommes. Hoda Barakat montre aussi comment la violence du monde extérieur, en l'occurrence ici celle d'un pays en guerre, peut transformer les hommes, souvent à leur corps défendant.
    Il m'a manqué un je-ne-sais-quoi pour adhérer totalement à cette chronique douce-amère. Peut-être ai-je été trop gêné par cette espèce de voile qui brouille la frontière entre rêve et réalité. Un bon roman cependant.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Mon%20ma%C3%AEtre%2C%20mon%2..
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    • Livres 4.00/5
    Par ster, le 24 mai 2011

    ster
    C'est l'histoire de Wadi', entre l'âge adulte et l'enfance, entre l'enfant discipliné, un peu gros et lâche et le jeune adulte chef de gang. Grâce à une série de flash-backs, un portrait se dresse : il oscille entre le masque de l'impitoyable et celui de la détresse la plus profonde sans jamais sombrer dans l'apitoiement… La nature de l'amitié masculine entre Wadi' et son ami d'enfance puis envers son employeur, sublimée, est un des centres ambigus du roman.
    J'ai cru reconnaître la cruauté de Lydie Salvayre dans « La puissance des mouches », l'humour féroce d'Albert Cohen sur la médiocrité des maîtres de ce monde dans « belle du seigneur » mais « Mon maître mon amour », au final, est totalement unique.
    Ce roman est dur, violent et d'une extrême sensibilité. le narrateur est-il lâche ou courageux, dominant ou dominé, extrêmement intelligent ou superbement naïf? La réponse n'est pas simple.
    La traduction de l'arabe par Edwige Lambert rend grâce à l'auteure. Une incroyable poésie traverse « Mon maître mon amour »sans rien ôter au rythme. Jusqu'aux dernières pages, les surprises restent de taille.
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    • Livres 5.00/5
    Par tetahoubb, le 31 décembre 2011

    tetahoubb
    je viens de relire ce roman que j'avais beaucoup aimé. Je trouve bizarre la recherche de l'homosexualité dans le rapport de Wadi' à son boss Tarek , comme à ses amis d'adolescence! Il est tres clair que ce sont des rapports de forts à faibles, de bourreau et d'esclave, "Mon maître, mon amour".Tout dans ce magnifique roman est batit sur cette dialectique, et des la première page l'amour sexuel est écarté. J'ai été tres touché par ce style épuré et suggestif. Plus de "clarté" aurait déplacé cette écriture vers d'autres registres romanesques
    Barakat a un roman que j'ai lu il y a des années, "la pierre du rire", là elle parle ouvertement d'homosexualité, et d'une manière très réussie et aboutie, et ce même roman a été cité dans le Monde il n'y a pas longtemps sur ce même sujet.
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    • Livres 2.00/5
    Par janemar, le 11 décembre 2011

    janemar
    C'est après une rencontre des écrivains de la Méditerranée où était Hoda Barakat, que j'ai voulu lire ce livre. Je suis navrée pour tous ceux qui l'ont aimé mais je ne suis vraiment pas "entrée dans le roman". Est ce à cause de la traduction, ou n'ai je pas franchi les méandres de la langue arabe traduite, non vraiment. J'attendais de l'énigme ou du narrateur beaucoup plus que cela. Même l'homosexualité qui est traitée n'est qu'effleurée on a l'impression qu'elle a peur d'aller plus loin et de ce fait se contente des descriptions et des histoires qui s'entrecoisent, se superposent, s'emmêment. Un pays en guerre certes, mais comment ce Wadi, complexé, devient un chef éliminant les autres ? Oserais je signaler la dernière phrase :
    "Mais je sais que c'est une histoire qui ne tient pas debout"...
    Mais je persisterai en lisant un autre roman de Hoda Barakat.
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Citations et extraits

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  • Par ster, le 20 mai 2011

    J'arrose l'espace de coups de feu. Je m'enorgueillis de ma force, de la splendeur de mon corps. J'éprouve une immense gratitude tandis que mon regard erre parmi les cadavres. Je ne ressens aucune fatigue; ni lassitude, ni abattement. La route s'étire toujours jusqu'à l'horizon. Les gens ne cessent de sortir des petites maisons et des immeubles bas, bien qu'ils sachent ce qui les attend et me craignent. Ils sortent comme s'ils me demandaient la grâce de les tuer. Juste un instant d'épouvante dans leurs yeux, comme un éclair furtif avant que je tire.
    Une musique divine, énorme, remplit l'espace. Une musique descendue de la coupole céleste se répand sur moi comme pour me bénir tandis que je les abats un à un. Le chant des bourreaux entre dans le corps des tués par leur tête éclatée, par les orifices rouge et noir... Le chant des bourreaux ? Je ne suis pas un bourreau. Dieu n'est pas un bourreau quand il anéantit les hommes, purifie la création. Dieu n'est pas un bourreau lorsqu'il envoie les déluges, fait entrer en irruption les volcans, secoue la terre comme un arbre dont les fruits ont mûri jusqu'à la pourriture ultime. La pourriture ultime.
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  • Par ster, le 20 mai 2011

    Il m'arrive de songer que je suis pour Samia un objet cabossé, ou un papier froissé, qu'il suffirait de lisser. Ou bien un ballon flasque, et il suffirait d'un peu d'air pour le regonfler, pour qu'il retrouve sa rondeur et ses couleurs. Ou une plante d'appartement que ses propriétaires ont oubliée, et un peu d'eau ou d'attention suffirait pour qu'elle retrouve son éclat, sa verdeur, qu'elle reprenne vie, splendeur, et même félicité.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    C'était un homme de courte taille au visage poupin. Le jeune patron n'était pas de ceux qui en imposent. Il avait, comme moi, deux petits seins. Et, comme moi également, un petit ventre qui semblait l'embarrasser : il le rentrait quand il marchait ou le dissimulait sous d'amples vêtements de sport. Non, il n'était pas de ceux qui en imposent et qui portent la cravate, comme il aimait à le répéter lui-même. Au début, cependant, je restais sur la défensive : cette modestie était peut-être feinte (...).
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  • Par ster, le 20 mai 2011

    Je ne comprends pas la mer. Ni rien d'autre. Je n'avais jamais voyagé. Ni sur mer ni dans les airs. Je n'avais jamais quitté mon pays, ma vie petite, réduite. Qui a enflé comme une tumeur maligne. Comme le ballon des cauchemars qui m'effrayaient.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    "Les jours et les mois ont passé, et Samia ne m’a pas quitté. Elle n’est pas allée en Australie rejoindre les siens. Les jours, les mois ont passé et lorsque je me réveille le matin, elle est toujours là, près de moi. Avec moi. Je me dis qu’elle vit encore de souvenirs – des souvenirs de ce que j’étais. Qu’elle espère que va passer ce qui ne peut être que passager, que je vais redevenir l’homme qu’elle a aimé. Je me dis que c’est le dernier jour et, le jour suivant, je me réveille et la trouve là, près de moi. Comme la vielle. Du côté du lit qu’elle occupe habituellement. »
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Cinéma
Émission en duplex de Cannes ; débat sur les films présentés pendant la première semaine du festival et à Paris. Sont abordés, les films suivants :
- "El Haram" (Le Péché), de Henri BARAKAT - "L'alouette", de Nikita KOURIKHINE - "The knack", Richard LESTER - "Première victoire", d'Otto PREMINGER
- "Journal d'une femme en blanc", de Claude AUTANT-LARA ...








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