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ISBN : 2072449855
Éditeur : Gallimard (2012)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 71 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sean Blake réchappe de justesse à un accident de voiture à la suite duquel il a été, pendant quelques secondes, déclaré cliniquement mort. À son réveil, bouleversé, Sean perçoit le monde tout à fait différemment, comme s'il débutait une nouvelle existence. Mais ce n'est... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 21 mai 2014

    latina
    Comment ne pas se sentir concerné par ce roman bouleversant, où le héros, adopté à 6 semaines, part en quête de sa mère biologique lorsqu'il a une trentaine d'années ?
    Comment ne pas vibrer devant « l'expérience de la mort imminente » où Sean Blake est plongé juste après son accident de voiture ?
    Comment ne pas frémir devant l'atroce destin que l'on destinait aux jeunes filles-mères dans cette Irlande ultra-catholique, dans ces années 50 ?
    Comment ne pas trembler devant cette hypocrisie, cette « respectabilité » à sauver à tout prix ?
    Non, je n'aurais pas aimé vivre en Irlande en 1950 ! La femme, cadenassée par l'Eglise dont les geôliers étaient les bonnes sœurs et les prêtres, n'avait qu'un rôle à jouer : celui de bonne épouse et bonne mère de famille - nombreuse cela va de soi, puisque les contraceptifs étaient les instruments du diable -. La femme stérile était suspectée de tous les maux et ne devait son salut qu'à l'adoption. Ce fut le cas de la mère adoptive de Sean Blake, qui l'éleva avec amour, en compagnie de son mari tout aussi attentif. Comment aurait-elle pu se douter que Lizzy Sweeney, sa mère biologique, s'enfonçait alors dans un lent déchirement jusqu'aux tréfonds de son être, dans l'attente perpétuelle de son « bébé bleu », que les « bonnes » sœurs l'avait forcée à abandonner ?
    Oui, je suis révoltée par ce système d'adoption qui interdisait à tout jamais aux enfants nés d'une mère fautive, considérée comme une prostituée, une moins que rien, une trainée, de nouer ce lien essentiel. Sean l'a expérimenté, lui, ce système inhumain. Et il veut à tout prix retrouver sa maman.
    Mais pourquoi si tard, alors que lui-même a une femme et 2 enfants en bas-âge, alors qu'il est aimé et qu'il aime de toutes ses forces sa petite famille ? Eh bien...parce qu'il connait une expérience tout à fait bizarre, il est déclaré cliniquement mort pendant quelques secondes lors d'un accident de voiture et « sort de son corps ». Les visages rencontrés à ce moment le hantent et le conduisent même à des flashes d'une autre vie, une vie qu'il aurait vécue dans les années 1860...(seule chose me paraissant hors de propos). Tout ceci le bouleverse, le retourne, le met « hors de lui », au sens littéral du terme. La recherche de ses racines, de son passé est vital pour lui, quelque soit son passé, proche ou lointain...
    Dermot Bolger ne prend pas de parti-pris, il nous fait voir avec honnêteté tous les points de vue. Les sœurs, le prêtre, la famille qui rejette, qu'on voudrait haïr, ne sont qu'humains, et même si leurs actes ont été redoutables, on ne peut que se dire que l'être humain fait ce qu'il peut, attaché qu'il est à son époque, à ses traditions, à ses croyances, à la société toute-puissante. Mais c'est dans la description de la souffrance intolérable de la mère et de l'enfant qu'il s'est surpassé. Et là, je vous assure, la pudeur de son style vaut toutes les larmes du monde.
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    • Livres 5.00/5
    Par Under_The_Moon, le 30 août 2014

    Under_The_Moon
    " Vous ne devez pas éprouver d'amertume, Sean. Vous n'étiez pas là, vous ne pouvez pas comprendre cette époque. […] Nous sommes tous piégés par le passé. Cela suffit maintenant. […] Vous avez le droit de comprendre, Sean. "
    Quel magnifique roman ! Que d'émotions !
    C'est grâce aux " Carnets de route " que j'ai découvert cet auteur , et je n'ai pas fait que passé un bon moment de lecture, j'ai la sensation d'être tombée sur une pépite.
    Il faut quand même avouer que j'ai eu du mal à rentrer dans ce roman , à cause de l'écriture un peu vaporeuse de Bolger et de l'aspect temporel qui n'est pas linéaire ici, mais plutôt comme le cercle de la croix celtique : le passé et le présent, le rêve et la réalité, les morts et les vivants sont liés et l'on passe d'un personnage à un autre sans en avoir été averti.
    Une fois que je me suis faite à cet aspect "mystique" du roman, je l'ai tout simplement dévoré !
    Une seconde vie donne une voix et un visage à des gens qui ont subi une période peu glorieuse de l'Histoire irlandaise. Dermot Bolger rend très palpable la violence morale exercée sur ces femmes qui avaient le malheur d'être enceinte hors mariage et l'attitude faussement prude et extrêmement hypocrite de l'Eglise catholique avec son culte de la culpabilité. ( fait particulièrement ironique quand on sait qu'avant la Grande famine, le taux de fécondité en Irlande était l'un des plus élevé d'Europe !) le tout sans aller dans une vision manichéiste avec les victimes d'un côté et les bourreaux sans coeur de l'autre.
    Et pourtant, ce roman a une résonance bien plus universelle car Dermot Bolger nous parle de notre rapport au passé et de la peur que nous avons de nous confronter à nous-mêmes et aux secrets du passé - que ce soit au niveau individuel ou "national".
    A travers Sean Blake/Francis Sweeney, l'auteur parle de cette tendance que nous avons à nous accrocher au passé sans en tirer les leçons au lieu de lui accorder sa juste place dans nos vies afin qu'il nous aide à nous construire et non à nous "détruire" .
    Durant son "pèlerinage" à la recherche de lui-même, le personnage est mis face au fait que contrairement à notre esprit, le temps et les lieux ne sont pas figés dans le passé.
    L'autre aspect universel du roman, qui m'a beaucoup touchée, c'est la thématique du lien de parenté et du sacrifice d'une mère pour son enfant - quelles qu'en soient les conséquences pour elle.
    Un magnifique voyage qui donne envie de découvrir plus d'oeuvres de cet auteur.
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    • Livres 4.00/5
    Par tynn, le 10 mars 2014

    tynn
    Une seconde vie...pour qui et à quel prix?
    Un accident de voiture dont il réchappe par miracle est aussi un électrochoc pour Sean Blake, un questionnement d'identité pour l'enfant adopté qu'il a été, sans connaissance de ses racines biologiques.
    La pérennité de sa propre famille peut elle se construire sur ce chainon manquant? La recherche s'impose pour Sean le photographe, comme une facétie du destin pour voir sa vie sous deux focales.
    La thématique des orphelins élevés pour l'adoption dans les institutions catholiques d'Irlande a été déjà abordée par des romans ou des films (les Magdalene Sisters ou le récent et magnifique Philomena). Une forme d'industrie subventionnée [sic] pour gérer les enfants de la honte ou de l'abandon volontaire ou contraint. Ces récits romancés décrivent tous une emprise totale de l'Eglise sur les individus, intolérante et manipulatrice, sur fond de respectabilité, maitre-mot de la société irlandaise justifiant tous les abus.
    Si ont été déjà racontées la vie de filles-mères dans les couvents de maternité ou leurs recherches courageuses du "bébé abandonné", c'est ici un angle de vue différent qui donne la parole à l'adulte, l'adopté malgré lui. Colère, impuissance, perte, déni de soi, honte et valeur du pardon, toute une palette de sentiments pour une identité volée.
    Un livre profond, élégant, intelligent, qui s'attache à comprendre l'éducation et l'apprentissage d'un enfant différent, avec une réflexion ouverte sur l'incidence de l'abandon dans le psychisme. S'y glisse une insolite histoire de décalage temporel, nébuleuse de signes interpellant l'inconscient, liens invisibles d'âmes qui se cherchent. Le récit reste néanmoins au plus près d'une réalité sociale, sans pathos et jugement, et introduit parfaitement la notion de résilience.
    Une première version de ce livre était déjà sortie en 1994 et l'auteur s'explique sur la distance qu'il a du prendre lui-même dans un avant propos de la nouvelle édition.
    L'Irlande y reste présente entre modernité et traditions, toujours fascinante dans toute la force de sa culture fait de rudesse, de violence, d'âpreté et d'éthique spirituelle.
    La rencontre avec un livre de Dermot Bolger est toujours un plaisir.
    J'avais déjà beaucoup aimé "Toute la famille sur la jetée du Paradis". Je resterai fidèle aux prochaines traductions.
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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 28 avril 2014

    Cath36
    "ça doit être étrange, dit-il, d'essayer des noms pour voir s'ils vous vont."
    Supprimer le nom d'origine pour le remplacer par le nom de la famille adoptive.... Supprimer la faute (l'enfant illégitime) par le déni.... priver des mères de leurs enfants et des enfants de leur vraie mère, voilà ce qu'a fait l'Irlande pendant des décennies au nom de la respectabilité, par l'intermédiaire des couvents catholiques où les jeunes femmes accouchaient avant de voir leur enfant leur être enlevé. Dermot Bolger démonte avec brio dans ce livre tous les mécanismes de ces sombres histoires à travers la rédemption d'un homme miraculé après un accident de voiture et pressentant une autre réalité que celle où il est ramené qui part à la recherche de sa vraie mère. Dans une écriture dense il décrit avec acuité les drames psychologiques qui ont résulté de l'abandon le plus souvent forcé des enfants par leur (trop) jeunes mères. Il faudra toute cette recherche pour que le héros puisse, réconcilié avec lui-même, vivre en paix avec sa propre famille, Puissant, dense, un peu confus par moments, ce roman à deux voix étrangères l'une à l'autre (celle de la mère et celle du fils, tour à tour) nous touche et nous en dit long sur le climat victorien d'une epoque particulièrement hypocrite. Mensonges et dissimulations crèvent peu à peu comme une poche de pus et révèlent une vérité qui n'est pas jolie jolie.
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 21 septembre 2012

    canel
    Après un accident de voiture violent, Sean fait l'expérience de la mort clinique : il voit son corps "d'en haut", revit des épisodes du passé en accéléré, retrouve des proches décédés... et revient à la vie. Miraculeusement indemne physiquement après cet accident, ce jeune père reste profondément mal à l'aise. Il éprouve plus que jamais le besoin de partir sur les traces de sa génitrice.
    Voilà un superbe roman sur l'adoption, la quête identitaire d'un homme qui n'a pas connu sa mère biologique et souffre de cet abandon supposé. Les passages sur l'amour parental, sur la découverte de la paternité, sont somptueux. le lecteur apprend aussi beaucoup sur l'Irlande des années 1950 et les dégâts du puritanisme catholique omniprésent - en particulier l'opprobre jetée sur les jeunes mères célibataires.
    Ce livre s'apprivoise lentement : il est dense, comporte des longueurs, exige de la patience pour suivre les questionnements et les recherches du personnage tourmenté. le seul moyen d'y parvenir a été de morceler ma lecture, pour ne pas m'ennuyer et perdre le fil...
    L'écriture, la minutie, la lenteur, la profondeur des sentiments décrits et des réflexions suscitées m'ont évoqué deux autres auteurs d'origine irlandaise : Maggie O'Farrell (plus abordable) et Kate O'Riordan.
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Critiques presse (3)


  • LeMonde , le 10 février 2012
    Par son style qui emprunte au registre fantastique autant que par ses côtés rugueux ou oniriques, ce roman ne se contente pas de raconter.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 11 janvier 2012
    Splendide mélodrame comme on n'en fait plus, Une seconde vie, nouvelle version, est un kaléidoscope délibérément tamisé, jamais clinquant, toujours discret, où s'entrechoquent les mémoires tronquées de deux êtres endoloris : Lizzy, fille-mère condamnée à abandonner son fils aux religieuses dans l'Irlande puritaine des années 1950, et Sean, le fils qu'elle n'a pu voir grandir, devenu photographe et père de deux enfants.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeFigaro , le 06 janvier 2012
    Une seconde vie, on le suppose, a été pour Dermot Bolger un moyen d'exorciser ses fantômes, qui sont sans doute ceux de tous les Irlandais fouillant les secrets de leur pays, et espérant qu'il ait réellement changé.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par Under_The_Moon, le 26 août 2014

    Elle voulait que nous réussissions, c'est ce que veulent toutes les mères.

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  • Par Under_The_Moon, le 22 août 2014

    Le problème, quand tu as été adopté, [...], c'est que tu peux être n'importe qui. Tu essayes des vies différentes pour voir si elles te vont.

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  • Par Under_The_Moon, le 22 août 2014

    Devenir propriétaire est un vice surestimé.

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  • Par canel, le 17 septembre 2012

    Il fallut que je devienne moi-même parent pour commencer à imaginer ce que mon absence avait dû représenter pour [ma mère biologique]. Pendant les premiers mois de la vie de [mon fils], je m'éveillais souvent, m'agenouillais à côté de son berceau, retenais ma respiration, tendu, pour entendre la sienne, et je me sentais envahi d'un tel bonheur et d'un tel soulagement au faible bruit de son souffle que rien d'autre au monde ne semblait plus compter. Même si elle m'avait confié à l'adoption, elle avait dû pendant des années, chaque fois qu'elle se réveillait, instinctivement tendre l'oreille pour savoir si je respirais. (p. 58)
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  • Par Cath36, le 28 avril 2014

    J'avais grandi dans un monde où la respectabilité était l'objet d'un culte général. Ivrognerie, violence domestique, n'importe quel péché était accepté, à condition de rester caché. Les couvents et les asiles étaient des lieux indispensables où ce qui pouvait salir la respectabilité était dissimulé ; des lieux dont on faisait semblant de penser qu'ils n'existaient pas, et non où on pouvait entrer et affronter les choses. Quand j'étais enfant, la grande peur de ma mère adoptive n'était pas la misère, mais la perte de respectabilité.
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