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ISBN : 207045262X
Éditeur : Gallimard (2013)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sean Blake réchappe de justesse à un accident de voiture à la suite duquel il a été, pendant quelques secondes, déclaré cliniquement mort. À son réveil, bouleversé, Sean perçoit le monde tout à fait différemment, comme s'il débutait une nouvelle existence. Mais ce n'est... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 21 septembre 2012

    canel
    Après un accident de voiture violent, Sean fait l'expérience de la mort clinique : il voit son corps "d'en haut", revit des épisodes du passé en accéléré, retrouve des proches décédés... et revient à la vie. Miraculeusement indemne physiquement après cet accident, ce jeune père reste profondément mal à l'aise. Il éprouve plus que jamais le besoin de partir sur les traces de sa génitrice.
    Voilà un superbe roman sur l'adoption, la quête identitaire d'un homme qui n'a pas connu sa mère biologique et souffre de cet abandon supposé. Les passages sur l'amour parental, sur la découverte de la paternité, sont somptueux. le lecteur apprend aussi beaucoup sur l'Irlande des années 1950 et les dégâts du puritanisme catholique omniprésent - en particulier l'opprobre jetée sur les jeunes mères célibataires.
    Ce livre s'apprivoise lentement : il est dense, comporte des longueurs, exige de la patience pour suivre les questionnements et les recherches du personnage tourmenté. le seul moyen d'y parvenir a été de morceler ma lecture, pour ne pas m'ennuyer et perdre le fil...
    L'écriture, la minutie, la lenteur, la profondeur des sentiments décrits et des réflexions suscitées m'ont évoqué deux autres auteurs d'origine irlandaise : Maggie O'Farrell (plus abordable) et Kate O'Riordan.
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    • Livres 4.00/5
    Par ph_hugot, le 28 décembre 2012

    ph_hugot
    'aime beaucoup les romanciers irlandais, de Jennifer Jonhston à Keith Rigdway en passant par Joseph O Connor. Ils ont une capacité à tisser des mélodrames remplis de mystère où l'on sent affleurer les fantomes et les secrets de L'Irlande du passé, avec souvent le poids de la religion en toile de fond.
    Parmi ces auteurs, je ne connaissais jusqu'à présent que de nom le romancier poète dramaturge Dermot Bolger , pourtant reconnu immense auteur dans son pays natal. Bolger avait déjà écrit en 1993 une première version de ce roman, Une seconde vie, et il a tenu, (il l'explique les raisons dans une préface très émouvante) en rédditer une nouvelle version quelque peu aménagée éditée chez Joëlle Losfeld.
    Une seconde vie a pour toile de fond un thème qui m'avait beaucoup marqué dans une autre oeuvre, mais cinématographique celle ci, celle du film de Peter Mullan « Magdalene sisters ». Dans ce roman, on retrouve ainsi, avec la même émotion, l'histoire de ces adolescentes irlandaises brisées et humiliées, dont le malheur se répercuta sur les générations suivantes. Les jeunes irlandaises, qui avaient le malheur de tomber enceinte, étaient envoyées dans des couvents loin des regards des voisins. Les pauvres filles étaient maltraitées et devaient travailler dur malgré leur état.
    L'une de ses filles a du se séparer de son enfant à la nassaince, et c'est cet enfant, Sean Blake, dont on va suivre le cheminement intérie et sa quête pour retrouver sa mère . Ce n'est qu'àprès avoir été déclaré cliniquement mort à la suite d'une grave collision ( le tout début du livre) , ce photographe quadragénaire marié et père d'un petit garçon remet en question son existence - présent et passé -, s'éloigne de sa femme et part en quête de ses racines: adopté alors qu'il était nourrisson, il n'a jamais cherché jusque-là à connaître sa véritable mère, et savoir qui elle était lui paraît soudain vital.
    Une seconde vie est l'histoire, quasi psychanalytique, de la recherche d'un double passé enfoui: passé d'un homme et passé d'un pays. L'accident à la suite duquel il a connu un instant la mort est pour le héros comme un électrochoc: les souvenirs de l'amour de ses parents adoptifs ne lui suffisent plus, ni la tendresse impuissante de sa femme, à qui il n'a jamais dit qu'il était un enfant adopté, et à laquelle il sait qu'il ne parviendra pas à le dire tant que lui-même n'aura pas appris la vérité sur sa naissance. Cette seconde vie qui lui a été donnée doit avoir un sens : la quête de son identité.
    Le livre a donc une matière riche et dense, et si toutes les pistes ne sont pas forcément toutes exploitées comme on aimerait, Dermot Bolger explore les liens de filiation dans son dernier livre avec beaucoup de justesse et d'émotion.
    Un roman émouvant, parfois même bouleversant et qui raconte une Irlande dure où le poids d'une société respectable et d'une église intransigeante brisent la vie des jeunes filles devenues filles-mères. le livre essaie de résoudre la question de savoir en quoi nos origines nous définissent lorsqu'on a été abandonné ?, et les réponses qu'il apporte sont plutot pertinentes.
    Et au cours de ses recherches, Sean découvre une Irlande enfouie qu'il ne connaissait pas, une Irlande dans laquelle les superstitions, les préjugés soigneusement entretenus pas l'Église sont restés, jusque dans les années 1960, une source d'oppression. Toute la société irlandaise est touchée : cela se ressent tant dans les recherches qu'effectuent Sean que dans sa propre histoire personnelle qui se construit peu à peu et rattrape les ombres du passé.
    Bref, un bien beau livre et encore une belle illustration de la grande santé des romanciers irlandais.

    Lien : http://www.baz-art.org/archives/2012/01/28/25943657.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Nadael, le 09 novembre 2012

    Nadael
    Un grave accident de voiture survient. Au volant Sean, la quarantaine, marié, père de deux enfants en bas-âge, photographe. Son coeur s'arrête durant quelques instants puis repart. Un laps de temps suffisamment long pour que l'homme voit la scène d'en haut : l'état de sa voiture, l'arrivée des secours et surtout son propre corps. Cette expérience de mort imminente va complètement bouleverser son existence.
    Sean a été placé dans une famille d'adoption dès son plus jeune âge, ses parents, aujourd'hui disparus, lui ont donné beaucoup d'amour. Il n'éprouvait donc pas le désir de connaître son passé. Mais depuis son accident, les nuits de Sean sont emplies de rêves étranges. Des réminescences surgissent, incontrôlables, et un besoin viscéral de retrouver sa mère se fait sentir, inexorablement.
    On suit donc la quête identitaire de Sean ; ses découvertes, ses questionnements intérieurs, ses petits instants de bonheur, son chagrin, sa colère, ses doutes, ses craintes... mais à trop chercher la vérité sur ses origines, il délaisse la famille que sa femme et lui ont construite.
    L'auteur évoque avec réalisme et sensibilité la terrible condition des jeunes filles-mères en Irlande, condamnées par leur famille, l'Eglise catholique et l'Etat à entrer au couvent afin d'expier leur péché – celui d'avoir donner la vie sans être mariée. Quelques semaines après la naissance de leur enfant, on leur faisait signer un papier qui leur ôtait toute légitimité envers lui. Au nom de la morale, ces institutions ont sévi en Irlande de la fin du dix-neuvième siècle jusqu'à leur extinction en 1996. Le film de Peter Mullan, Magdalene Sisters aborde très bien ce sujet délicat.
    Un roman intéressant pour les thèmes qu'il traite ; la difficulté à trouver sa place quand on est adopté, la révélation de la vérité qui n'est pas forcément source d'apaisement, la confusion des sentiments entre la vie qu'on s'est faite et celle d'avant, les décisions à prendre, la mise en lumière de ces jeunes femmes irlandaises cloîtrées, humiliées et séparées de leur enfant... en revanche, les nombreuses digressions et les intrusions  du fantastique – apparition de fantômes – n'apportent absolument rien à l'histoire. Elles ne font qu'alourdir le propos et entravent la lecture.

    Lien : http://lesmotsdelafin.wordpress.com/2012/11/09/une-seconde-vie-dermo..
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    • Livres 4.00/5
    Par traversay, le 28 août 2012

    traversay
    Dans sa très belle préface à Une seconde vie, Dermot Bolger explique pourquoi il a repris et entièrement réécrit son roman paru en 1994. Les mentalités ont changé en Irlande depuis lors et il n'est plus tabou, en tous cas pas autant, d'évoquer cette sombre période (les années 50/60) durant laquelle nombre de jeunes femmes ayant "fauté" furent obligées de confier leurs enfants à des institutions religieuses et de passer elles-mêmes par des couvents, qui ressemblaient davantage à des prisons (un thème traité magistralement dans le film The Magdalene Sisters). le narrateur d'Une seconde vie, Sean, est lui-même est un de ces enfants abandonnés à la naissance, puis adopté, et désormais père de famille. Un accident de voiture, au cours duquel il côtoie la mort, le renvoie à son passé étouffé et l'amène à rechercher sa mère inconnue. Une enquête qui prend la forme d'un véritable exorcisme et dont la plume de Bolger restitue toute la douleur, à la lisière de l'insoutenable. Sur fond de procès implacable de pratiques innommables, encouragées par l'Etat et la morale sociale, que l'Eglise catholique géra sans états d'âme, le livre raconte un parcours intime terrible, une quête d'identité chimérique à la recherche d'une vérité insaisissable, enfouie dans les archives de la mémoire collective. En contrepoint à cette recherche du fils, le romancier trace en quelques chapitres le calvaire de celle qui le mit au monde et ne cessa de chercher à savoir ce qu'il était devenu. Ce mélodrame littéraire serait difficile à supporter sans la pudeur de style et la sensibilité extrême de Dermot Bolger. Avec ce livre poignant, l'auteur ajoute sa voix à la grande confrérie des écrivains irlandais dont la langue rocailleuse fouille jusqu'à l'os les blessures béantes.
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    • Livres 5.00/5
    Par Nepenthes, le 24 août 2012

    Nepenthes
    Un émouvant roman qui nous entraîne avec le personnage principal dans sa quête d'identité, sa quête de soi. Sean oscille dans le livre entre la mélancolie, le désarroi et la colère. Il nous entraîne dans son sillage, à la poursuite de ses origines, jusqu'à ce qu'il trouve finalement la réponse à sa question : sa place se trouve auprès de sa famille, ses enfants et sa femme. Jusqu'au bout il va dans ses recherches sur son passé perdu, il s'obstine et se confronte au mur du silence et du secret. L'auteur traite avec beaucoup de sensibilité du sujet de l'adoption et de la recherche d'identité. Comment peut-on être soi quand on ne sait pas d'où l'on vient ?
    Dermot Bolger écrit sur un sujet cher à l'Irlande et qui a marqué les esprits et les cœurs dans les années 50 : les couvents / blanchisseries de la Madeleine, véritable prison, même véritable bagne pour les jeunes filles jugées « dépravées ». Sur le même thème, j'ai vu le film « The Magdalene Sisters » et je ne saurai que trop vous le recommander ! Un film poignant, parfois glaçant, qui ne laisse pas indifférent.
    Le roman de Bolger non plus ne laisse pas indifférent. Il flirte parfois avec l'irréel, presque le fantastique. Une seconde vie, mais laquelle ? Vie antérieure ? Passé enfoui ? Nouvelle chance ? le récit joue sur l'ambiguïté de ce titre, donne à explorer différentes pistes et différents recoins du subconscient humain. L'auteur mène sa barque avec beaucoup de subtilité. Il nous fait suivre le même chemin que Sean Blake, sur les traces de son passé. A sa manière, il nous tient en haleine jusqu'au dénouement : une belle leçon sur soi, sur la vie, ce que nous en faisons et quelle sens nous lui donnons…
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Critiques presse (3)


  • LeMonde , le 10 février 2012
    Par son style qui emprunte au registre fantastique autant que par ses côtés rugueux ou oniriques, ce roman ne se contente pas de raconter.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 11 janvier 2012
    Splendide mélodrame comme on n'en fait plus, Une seconde vie, nouvelle version, est un kaléidoscope délibérément tamisé, jamais clinquant, toujours discret, où s'entrechoquent les mémoires tronquées de deux êtres endoloris : Lizzy, fille-mère condamnée à abandonner son fils aux religieuses dans l'Irlande puritaine des années 1950, et Sean, le fils qu'elle n'a pu voir grandir, devenu photographe et père de deux enfants.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeFigaro , le 06 janvier 2012
    Une seconde vie, on le suppose, a été pour Dermot Bolger un moyen d'exorciser ses fantômes, qui sont sans doute ceux de tous les Irlandais fouillant les secrets de leur pays, et espérant qu'il ait réellement changé.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par canel, le 17 septembre 2012

    Il fallut que je devienne moi-même parent pour commencer à imaginer ce que mon absence avait dû représenter pour [ma mère biologique]. Pendant les premiers mois de la vie de [mon fils], je m'éveillais souvent, m'agenouillais à côté de son berceau, retenais ma respiration, tendu, pour entendre la sienne, et je me sentais envahi d'un tel bonheur et d'un tel soulagement au faible bruit de son souffle que rien d'autre au monde ne semblait plus compter. Même si elle m'avait confié à l'adoption, elle avait dû pendant des années, chaque fois qu'elle se réveillait, instinctivement tendre l'oreille pour savoir si je respirais. (p. 58)
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  • Par canel, le 16 septembre 2012

    Selon votre dossier, votre coeur s'est brièvement arrêté. Cela arrive plus souvent qu'on ne croit. (...)
    Au début, beaucoup de patients semblent avoir l'impression qu'on leur a volé leur mort. Ne me demandez pas pourquoi, je déteste l'idée de la mort, mais lorsque le cerveau est privé d'oxygène, il s'offre une dernière grande fête d'adieux hallucinés. Peut-être se sent-on, dans ce moment d'euphorie, libéré de tous ses problèmes, avant de devoir soudain les affronter à nouveau. (p. 25)
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  • Par ph_hugot, le 28 décembre 2012

    L’Irlande dans laquelle elle vivait était infectée par un terrible virus appelé respectabilité. Dieu était souvent évoqué, mais pas à propos de l’amour qu’il fallait ressentir pour son prochain ni de l’éternelle damnation : la vie tournait uniquement autour de ce que tes voisins pensaient de toi, de secrets à garder, du scandale à éviter, il ne fallait donner à personne l’occasion de te mépriser. Ta mère avait honte de ne pas pouvoir mettre au monde. Elle se sentait inutile car à cette époque c’était le seul destin des femmes. Nous ne faisions pas carrière : nous nous mariions et élevions nos soldats de Dieu.
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  • Par canel, le 20 septembre 2012

    Le problème, quand tu as été adopté (...) c'est que tu peux être n'importe qui. Tu essayes des vies différentes pour voir si elles te vont. J'ai voulu poursuivre un fantôme afin qu'il finisse par reposer en paix : peut-être le fantôme de quelqu'un que j'ai été dans une vie antérieure. Tout cela paraît fou, mais j'ai des souvenirs qui semblent appartenir à un autre, des souvenirs qui remontent à la surface depuis le matin où j'ai été cliniquement mort. (p. 175)
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  • Par Nadael, le 09 novembre 2012

    Nous étions nombreuses. Nous étions jeunes et apeurées. On nous conseillait de ne pas nous servir de nos vrais noms, de nous en dire le moins possible les unes aux autres. On nous humiliait, et on nous faisait avoir honte de nous. Je me sens toujours coupable. J'ai quatre enfants, et pourtant je mourrai coupable. Vous pouvez essayer de retourner à l'agence. Il vous faudra peut-être les harceler pendant des années avant qu'ils vous disent quelque chose, mais qui sait ? La loi peut changer. Vous au moins – en tant qu'enfant – vous avez une chance. Nous, les mères, nous n'en avons aucune. Nous avons signé le formulaire dans l'enveloppe de papier marron, nous leur avons confié nos enfants et elles nous ont, ensuite, fermé la porte au nez.
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