> Catherine Richard (Traducteur)

ISBN : 2864246368
Éditeur : Editions Métailié (2008)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres

Une nuit d'hiver, il y a très longtemps, alors que la neige venait de tomber, le diable a traversé le village de pêcheurs de Coldhaven en laissant la trace de ses pas dans les rues et sur les toits. Michael a toujours vécu à Coldhaven... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 23 novembre 2011

    nadejda
    « Voilà bien longtemps, à Coldhaven, petit port de pêche sur la côte est de l'Ecosse, les gens s'éveillèrent un matin dans l'obscurité de la mi-décembre pour découvrir non seulement que leurs maisons étaient ensevelies sous une couche de neige épaisse et irréelle comme il ne s'en voit qu'une ou deux fois par génération, mais aussi qu'une chose étrange s'était produite pendant leur sommeil, une chose dont ils ne purent rendre compte qu'au moyen de rumeurs et d'histoires qu'en honnêtes croyants, ils avaient honte de colporter, des histoires évoquant le diable, ou les esprits, des histoires reconnaissant à contre-cœur la présence dans le monde d'une puissance cachée que, la plupart du temps, ils préféraient ignorer. »
    C'est ainsi que commence «Les empreintes du diable», par une légende inquiétante qui s'insinue et pervertit la réalité d'un petit village côtier écossais, Coldhaven le bien nommé, pris dans un tourbillon d'embruns, plein de mystère, de folie, de vent et de solitude, où règne la méfiance vis-à-vis de l'étranger et la peur. Ce diable qui est venu et a laissé des traces de son passage autour et sur les maisons n'a-t-il pas pu pénétrer et marquer le coeur des habitants au cours de cette nuit où la neige l'a rendu silencieux ?
    Il semble bien qu'il mène effectivement la danse dans ce récit envoûté et envoûtant de John Burnside où, bien des années après l'apparition de ces mystérieuses empreintes, tous les protagonistes sont habités au tréfonds d'eux-même par un côté diabolique qui les domine parfois et donne naissance à des événements tragiques. Nul n'est épargné même ceux qui se réfugient dans une solitude qui ne peut les protéger.
    
«J'appréciais les commérages de Mrs K : ils aidaient à passer le temps, ils étaient inoffensifs et, d'une certaine façon, ils me préservaient, dans mon isolement, du monde qu'elle apportait, par petits bouts dans ma maison solitaire. Je ne me doutais absolument pas que, par contagion, elle me transmettait une idée qui me pousserait à agir. J'aurais dû comprendre.» p 41
    Victimes un jour, bourreaux le lendemain, dans un engrenage dont nul n'est innocent.
    «C'est une erreur d'étudier trop attentivement le point de départ de tel ou tel événement. Les choses prennent naissance bien en deçà de la surface ; le temps d'émerger, elles ont acquis une existence et une direction qui leur sont propres. On ne perçoit pas ce phénomène, aussi parle-t-on de destin, de sort ou de hasard quand un événement inattendu se produit ; on se prépare pourtant depuis le début, en secret, à prendre part au moment qu'en surface nous avons trouvé si surprenant.» p 139

    Tout s'insinue et s'imbrique doucement dans ce récit où la violence couve et se développe sans nous heurter de front, où le suspense ne suscite pas une attente insoutenable mais nous enrobe, nous englue dans les soupçons et les insinuations, les fautes et les non-dits qui empoisonnent les vies. Pourtant la lumière n'est pas absente. La beauté poétique et la douceur de l'écriture de Burnside fait que l'on se laisse enfouir dans l'ombre de ces vies simples, rudes, malmenées où les démons de chacun peuvent aussi devenir les nôtres.
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par EMOTION, le 25 novembre 2011

    EMOTION
    Il fait froid dans ce village de Coldhaven recouvert par la neige, dans cette breche ou s'est introduit le diable. Un meurtre familial, des souvenirs, des suppositions et insinuations, une atmosphere sombre qui le dispute a la lumiere du paysage. Michael dans un periple fou en compagnie d'une adolescente, qui peut etre sa fille, ou pas...cela nous rappelle Nabokov et sa loilta! La haine des communautes a l'egard de l'etranger, les superstitions, la mort qui flotte sur la famille de Michael, mais toujours l'indicible beaute de la lumiere, celle a laquelle s'est consacre le pere de Michael, photographe de l'immensite, par dela la cruaute des hommes. Michael va approcher ce pere apres un long periple au fond de lui-meme. La peur, le detail que l'on ignore sur le moment mais qui va bouleverser notre existence, les victimes-bourreaux, les non-dits qui nous cotoient en permanence, les choix de la pensee et ceux de la vie, autant de themes qui rendent ce roman attachant et destabilisant.Tant de mal-etre dans nos existences en quete de l'inconnu, tant de douceur intrigante dans l'harmonie retrouvee avec soi meme. Au debut du roman, j'ai repense a la publication recente de John Burnside "Scintillation", de par cette ambiance d'un monde en deliquescence, de par cette irruption du spirituel au sein de la vie. Cet ecrivain est bien present pour nous interroger sur les apparences de notre univers et de notre propre personnalite. Lisez le sans retenue et sans peur. Enfin les personnages, personnalites, qui se glissent dans la breche de ce roman(conte?) ont une force inoubliable.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 27 janvier 2012

    Titine75
    A Coldaven, en Ecosse, court une légende sur des traces de pas étranges laissées dans la neige épaisse. « Ils ne sauraient jamais jusqu'où cette ribambelle de nettes empreintes noires se poursuivait mais ils seraient tous fixés, ou tous d'accord plus tard, une fois la neige fondue, quand il n'y aurait plus aucune preuve du contraire, sur la nature de la bête qui les avait laissées. Ces empreintes-là n'étaient pas humaines, disaient-ils, et ce n'étaient les traces d'aucun animal, terrestre ou marin, qui ait jamais été vu dans ces parages. Pointues, fourchues, noires, c'étaient les empreintes d'un être agile aux mouvements rapides (…) qui avait traversé leur mince bourgade de bord de mer comme pour fuir, ou poursuivre, quelque terrible résolution surnaturelle. » Cette croyance en la venue du diable est profondément ancrée chez les habitants de Coldhaven. Un fait divers terrifiant en découle : une jeune femme nommée Moira met le feu à la voiture dans laquelle elle se trouve avec ses deux fils. Elle était persuadée que son mari violent était le diable et elle cherchait à lui échapper. Une chose étrange cependant est qu'elle a laissé sa fille aînée, Hazel, en vie. Cet événement va ébranler le narrateur, Michael Gardiner. Jeune homme, il a été le petit ami de Moira. Pourquoi celle-ci n'a pas tué Hazel ? Est-ce parce qu'elle n'est pas la fille du mari violent ? Toutes ces questions tournent dans la tête de Michael qui devient vite obsédé par l'idée de protéger Hazel. Cette rencontre permettra à Michael de régler ses comptes avec le passé.
    L'atmosphère du livre de John Burnside est lourde, pesante. Michael se laisse totalement submerger par le poids de ses souvenirs. Ses parents et lui n'ont guère été heureux à Coldhaven. Les villageois détestent les étrangers et les Gardiner deviennent rapidement des souffre-douleur. Les parents, comme l'enfant, tâchent de faire front, de garder la tête haute face à la mesquinerie de leurs voisins. Michael apprend à se défendre, mais sa bravoure le conduira au drame. le souvenir de Moira réveille tous les fantômes de Michael. Il est hanté par ses démons, comme Coldhaven l'est par les traces de pas laissées dans la neige. Ce village semble perdu au bout de la terre, coupé du reste du monde. Les superstitions envahissent l'endroit. le livre est le chemin parcouru par Michael pour se retrouver, pour enfin savoir qui il est.
    C'est avec une écriture envoûtante et poétique que John Burnside nous raconte l'histoire de Michael Gardiner. La nature est très présente, magnifiquement décrite et toujours apaisante pour le narrateur. L'ambiance sombre, habitée par les fantômes de Michael est extrêmement bien rendue.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Yspaddaden, le 15 mars 2008

    Yspaddaden
    Méfiez-vous avant de partir pour l'Ecosse :-;
    http://yspaddadenpenkawr.over-blog.com/article-17510226.html
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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 24 novembre 2011

    C'est l'un des grands moments d'une existence paisible : passer un moment dehors, dans le vent, puis rentrer et boire un thé. Accompagné de saucisses et de bacon croustillant, d'oeufs pochés, de pain grillé à la poêle, de haricots blancs. Savourer béatement la compagnie débonnaire d'aliments authentiquement malsains. Boire du thé dans une grande chope blanc cassé ou beige à la base ébréchée. Du thé fort, bien chaud, avec beaucoup de lait. Du ketchup. Les oeufs uniformément saupoudrés de poivre blanc finement moulu. Je pris mon temps pour avaler ce petit déjeuner, comme un condamné pourrait savourer son dernier repas. p 156
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    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par nadejda, le 24 novembre 2011

    La seule chose qui compte, de toute façon, c'est le présent. C'est la seule chose qui compte, car le présent est la seule chose qui existe. La lumière. La mer. Le vent. Quel que soit le moment où on s'arrête pour regarder, il n'y a que le présent. Le présent dure toujours. p 200
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par nadejda, le 24 novembre 2011

    C'est certainement ce qu'on entend par destinée, ce long, lent processus d'accumulation qui veut qu'un grain de sable après l'autre, un mot après l'autre, quelque chose devienne inévitable, sans que quiconque ait pu dire quand s'est produit le changement. p 90
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par nadejda, le 24 novembre 2011

    D'ailleurs, n'y a-t-il pas quelque chose de terrible, de terrifiant, dans le fait que, quand je repense aux morts et au cliché de la voiture incendiée, la première chose qui me vient à l'esprit, c'est que tout cela me sauva finalement d'un quotidien routinier d'angoisse vague et d'illusions banales ?
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  • Par EMOTION, le 21 novembre 2011

    -Même quand on n'a pas besoin de fleurs, dit-elle, il faut entrer chez un fleuriste une fois de temps en temps, le jour de la Saint-Valentin, par exemple, simplement pour voir toutes ces couleurs... Tout ce carmin, ce parme, ce rose tendre. (Elle me regarda d'un air songeur.) La couleur, c'est bon pour l'âme, petit, dit-elle. Souviens-toi de ça, quand tu seras grand. Achète des fleurs de temps en temps, ça te fera du bien.
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Vidéo de John Burnside

John Burnside - Scintillation .
John Burnside vous présente "Scintillation" aux éditions Métailié.http://www.mollat.com/livres/john-burnside-Scintillation-9782864248385.htmlNotes de Musique : 2 Arvo Pa?rt/ Cantus In Memory Of Benjamin Britten (For String Orchestra & Bell)








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