> Catherine Richard (Traducteur)

ISBN : 2757818767
Éditeur : Points (2010)


Note moyenne : 4/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
“Mon père a passé sa vie à dire des mensonges et, parce que je ne savais pas faire autrement, je les ai répétés. Mon monde était un tissu de mensonges, grands et petits, sur tout.”

Le mensonge dans le titre de cet étonnant récit est né de la honte. En voy... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (7)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par Reka, le 08 septembre 2011

    Reka
    J'aurais pu prétendre avoir aimé ce bouquin si je n'en avais lu que la moitié.
    J'ai effectivement noté une flagrante différence entre le ton et le contenu des 200 premières pages du livre et de ses 200 dernières pages.
    Si j'ai globalement apprécié la première partie du récit, où l'on découvre les questionnements et considérations d'un enfant éveillé, portant sur le monde qui l'entoure un regard juste et plein de lucidité, j'ai en revanche eu de grandes difficultés avec la seconde partie, lorsque le « narrateur » se laisse emporter par une consommation excessive de drogues dures.
    Quoi qu'il en soit, après avoir lu la première moitié du bouquin, je ne savais toujours pas qu'en penser, ce qui témoigne du fait que cette lecture a pour moi soufflé en permanence le chaud et le froid.
    En fait, je m'étais attendue à lire une réalité beaucoup plus noire/impressionnante quant au père, à son alcoolisme, son imprévisibilité, ses colères, … Bien sûr, les faits et sentiments qui sont décrits dans ce livre sont durs, mais je l'ai vécu en restant, tout au long, sur le pas de la porte de la maison d'à côté. J'espérais être secouée comme un cocotier, j'aspirais à affronter le mal avec l'auteur et me soumettre en le lisant à une sorte de catharsis. Et il n'en fut rien, malheureusement, parce que je suis restée détachée du récit, externe à la vie saccagée de ses intervenants.
    Quant à la seconde partie du livre, elle m'a douloureusement déconcertée. Je m'étais préparée à une dénonciation des ravages qu'est capable de causer l'alcool, mais certainement pas à une longue et lente chute du narrateur – autrefois sensé – en compagnie des LSD, barbituriques, amphétamines, speed, cocaïne et autres substances… d'autant qu'il s'exprime là de façon épouvantablement plus démonstrative3 que dans la première partie du livre ! …
    Malgré que j'aie relevé de grandes forces dans ce livre, à commencer par la maîtrise avec laquelle l'écrivain manie le verbe et la précision dont il fait preuve dans son analyse des sentiments et relations familiales, je déplore de m'être, par moments, ennuyée à la lecture de cet ouvrage. Certains passages m'ont semblé longuets et la récurrence de l'expression "les resserres de mon imagerie personnelle" et de l'adverbe "rétrospectivement" - lus respectivement pas moins de sept fois, je crois – ont gâché le ravissement que suscitait l'esthétique du style propre à John Burnside.
    Ce livre, fataliste, lucide et pénétrant, est dénué de pathos. Il est, par certains aspects, riche d'enseignements. Il met implicitement en avant les contradictions de l'esprit humain, la complexité des relations, la souffrance engendrée par l'absence d'un père, …
    A la rédaction de cette dernière phrase que j'ai voulue objective, je perçois avec la même conviction qu'à ma lecture des premières critiques qui ont fleuri au sujet de ce livre sur la blogosphère, qu'"Un mensonge sur mon père" aurait dû me plaire… mais force est de constater que je suis passée un peu à côté
    En définitive, je pense que John Burnside est un auteur à découvrir, mais peut-être plus volontiers avec un autre ouvrage en ce qui me concerne.

    Lien : http://marecages.be/?p=4580
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Stemilou, le 20 juin 2010

    Stemilou
    Roman autobiographique de l'écrivain qui fait référence à un mensonge né d'une honte. le titre est déjà évocateur d'un mal-être, mais le roman et son écriture est bien plus ; c'est le roman d'un enfant racontant son père, ce père qu'il n'a pas vraiment eu, une présence physique qui remplace un lien.
    L'histoire se situe à une époque difficile, où les mines en tout genre tournaient à plein régime, où les hommes étaient usés dès 40 ans ressemblant presque à des vieillards et où l'alcool était un refuge.
    L'auteur se livre, il y décrit ses sentiments, décrit les siens (ses parents, sa sœur, et ceux qui n'ont pas survécus), explore ses fantômes et nous entraine au sein de cette famille sur le point d'exploser et dont le père est le détonateur.

    C'est lors d'un voyage que John, aidant un auto-stoppeur qui le met face à son passé, qu'il ment comme l'a toujours fait son père alcoolique invétéré.
    Ce père dont la vie n'a pas été rose, abandonnée devant la porte d'une maison lorsqu'il était bébé, il lui semble donc qu'il n'a aucune origine, il s'invente donc une vie construite sur des mensonges. John devient le souffre-douleur. John va chercher à s'éloigner de lui, après la mort de sa mère, mais n'a réussi qu'à lui ressembler.
    Ses sentiments sont contradictoire, il ne sait pas s'il doit aimer ce père ou le détester, s'il pourra un jour lui pardonner mais surtout arrivera t-il à savoir qui il est réellement, pourquoi il a préférer vivre « loin » des siens, cherchant continuellement à fuir quelque chose, passant son temps dans des pubs et rentrant ivre !

    Une impression de profonde tristesse se dégage de ce roman, un drame familial pourtant avec son écriture sobre l'auteur ne rentre pas dans le patho et le roman en ressort bien plus beau !

    Un très beau roman à lire et faire découvrir.

    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-un-mensonge-sur-mon-pere-john-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 13 septembre 2009

    chocobogirl
    Le livre en partie autobiographique part des questions innocentes posées un jour par un auto-stoppeur curieux sur le père de John, le narrateur. John ment sur son père, comme celui-ci a menti toute sa vie durant. Son père a menti sur ses origines et caché la honte d'avoir été abandonné par ses parents et élevés par de nombreux inconnus. Se déroule alors le fil de la vie avec un père alcoolique, humiliant sa femme et ses enfants. On découvre la classe ouvrière et la pauvreté constante, la vie dans des préfabriqués de l'état dont personne ne veut, les promesses de changer de vie qui tombent toujours à l'eau. John grandit, devient un adolescent taciturne des années 70 qui va découvrir les drogues et l'alcool qui le feront tomber dans une sorte de folie passagère.
    Récit d'une enfance difficile, "Un mensonge sur mon père" est aussi un récit sur la honte et l'acceptation de soi et de ses origines. le père n'a transmis que la haine de soi, la honte et le fait de ne pas avoir été désiré. le père comme le fils refusent cette filiation difficile et préfèrent la fuir et s'auto-détruire dans les vapeurs d'alcool ou dans la drogue. le fils, qui a toujours détesté cette part de mensonge chez son père, ne fait finalement que répéter le shéma familial. John oscille entre désir de ressembler à son père et de s'en éloigner, au risque de se perdre soi-même. Finissant par haïr son père, jusqu'à souhaiter le tuer, John apprendra alors le pardon en découvrant le secret des origines paternelles. Il saura alors devenir le bon père qu'il n'a pas eu en s'acceptant soi-même et en pardonnant à son père.
    Ce récit fort mais sans aucun pathos bouleverse par la force et la dureté des sentiments.
    Roman autobiographique tourné en fiction, il est la quête initiatique d'un enfant vers un père qu'il ne comprenait pas, la relation de deux êtres en mal d'amour.
    L'auteur nous précise d'ailleurs en postface : " ce livre gagne à être considéré comme un roman. S'il était là pour en discuter, mon père serait d'accord, j'en suis sûr, pour dire qu'il est aussi vrai d'affirmer que je n'eus jamais de père, qu'il l'est de prétendre qu'il n'eut jamais de fils".


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-35441991.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par MClo85, le 07 novembre 2010

    MClo85
    L'auteur raconte son enfance dans un milieu ouvrier pauvre. Son père, alcoolique, souffre du fait qu'il soit un enfant trouvé et raconte de nombreux mensonges pour se construire une vie.
    Bonne description des dures conditions de vie dans une ville minière d'Ecosse, puis en Angleterre.
    Le mère, obstinée, fait tout pour sauver les apparences et pour améliorer le quotidien. Mais tout est toujours anéanti par la déchéance du père. On a l'impression qu'elle fait plus pour son fils que pour sa fille qui est un peu absente du récit. Elle réapparait après la mort de la mère, pour prendre son rôle auprès du père.
    A travers l'histoire du père, on suit l'évolution de l'auteur, sa longue descente en enfer, dans la drogue et l'alcool. Il hait et fuit son père, est-ce la raison de cette auto destruction ? J'ai bien aimé ce livre, un peu long vers la fin quand l'auteur décide de quitter la maison familiale et parle de sa propre dégringolade.
    Il y a de très beaux passages, on sent là le poète qui s'exprime
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 06 juin 2010

    claracambry
    Dans ce livre, John Burnside écrit sur son père. Au lieu de nous raconter des mensonges et de placer son père sur un piédestal, il nous décrit une vérité peu reluisante. Qui serait fier d'avoir un père alcoolique, menteur ? Qui aimerait dire dans ce cas « mon père c'est un type formidable » ?
    Un père qui agit en tyran et qui ramène ses soirs de beuverie ses copains à la maison. Une mère dépressive et anémique qui protège comme elle le peut John et sa sœur. le manque d'argent et d'affection dans les cités minières.
    Un père moitié docteur Jekyll et moitié Mr Hyde qui n'a jamais cessé de mentir sur ses origines. Lui, l'enfant abandonné n'a pas voulu donner le bonheur à sa famille. John sera son souffre douleur, l'objet de des humiliations. Comme le dit John, son père pouvait être bien pire et bien plus odieux quand il était sobre.
    John en grandissant va toucher à la drogue, à l'alcool et va vouloir un jour commettre l'irréversible : tuer son père. A la mort de sa mère, John décide de quitter une bonne fois pour toute la maison familiale et d'abandonner ce père.
    Quel livre ! D'abord il y a cette écriture sobre pour parler de l'alcoolisme. Sans tomber dans le pathos, il nous décrit bien plus qu'une enfance malheureuse et une Ecosse miséreuse. Il s'agit d'un parcours : comment se construire malgré tout et comment s'accrocher à ce que l'on nomme la vie.
    Une lecture puissante et fulgurante … Un coup de cœur pour moi.

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/06/john-burnside-un-mensonge-sur..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (14)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par mandarine43, le 29 août 2011

    Chaque année, c’est une surprise. Les feuilles s’embrasent, pour un temps, de cramoisi et beurre frais, le ciel glisse, au petit matin, des verts mouillés de la fin d’été à des anthracite feutrés et, parfois, un gris perle miraculeux. Tout s’illumine avant de se consumer, de même qu’un mourant connaît soudain un regain d’espoir, quelques heures avant qu’on ne l’allonge afin de le laver et l’apprêter pour la dernière fois dans une pièce fraîche. J’ai été élevé dans l’idée, davantage que la croyance, que les morts pouvaient revenir au soir d’Halloween ; ou, plutôt que les morts, leurs âmes : que ce soit sous forme de bribes distinctes, ou bien d’un agrégat compact de conscience déclinante, c’était sans importance. Tout ce que je savais, c’est que l’âme était là, sous l’un de ses nombreux dehors : fantôme ou revenant, souffle de vent, illusion de lueur ou de flamme, ou simplement souvenir inexplicable, instantané classé dans les resserres de mon imagerie personnelle, image que je ne savais même pas en ma possession jusqu’à cet instant.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par MClo85, le 07 novembre 2010

    Nous déambulons, tous autant que nous sommes, dans les bibliothèques de l'indicible, les sépulcres blanchis où la vraie vie que nous imaginons se dissimule derrière des échanges à propos de la météo, des chaussures confortables et une moralité inculquée à laquelle on obéit plus ou moins, et qu'on méprise plus ou moins. Nous sommes dressés à dissimuler l'imagerie de nos vies rêvées - et pourtant, ces images forment un monde en elles-mêmes, elles constituent une écologie, et c'est vers ce monde, vers cette écologie, que j'imagine quand je caresse un lent rêve de départ, un après-midi, me projetant au loin, ailleurs, avec une poignée de pièces dans ma poche et un petit vent frais qui agite les herbes.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Reka, le 06 septembre 2011

    Je n'arrivais pas à imaginer que le mariage puisse être un état très satisfaisant : à l'instar d'une coquille de nautile, cela semblait être une chose compliquée, impénétrable, qui recelait toutes sortes de blessures et avanies secrètes, trahisons intimes et déceptions muettes en tous genres. Je crois que je me doutais déjà que personne ne pouvait être tenu pour responsable de cet état de fait. Je percevais peut-être même que nul ne peut comprendre les mécanismes internes d'un mariage : c'est l'affaire de centaines d'instants intimes, de tous les mensonges, coups et échecs, réels ou imaginaires, qui s'accumulent loin des regards et des commentaires, jusqu'à la crise que les autres constatent au bout d'années ou de décennies - dépression, liaison, problème d'alcoolisme - et qui semble surgir de nulle part. (p. 147)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par MClo85, le 07 novembre 2010

    Mais j'imagine que mon père apprit à aimer le monde avant de mourir et que, par conséquent, il apprit en retour à s'aimer lui-même. Je l'espère, en partie pour lui, et en partie pour moi... car il m'arrive, par moments, de regarder en arrière et de me douter, de regarder en arrière et de savoir, que j'étais tout aussi responsable que lui de l'échec de notre relation de père et fils. Le bonheur, en tant que proposition de vie, est une discipline, celà ne fait aucun doute ; mais ponctuel, c'est un coup de chance. Un coup de chance et un indice : une allusion non seulement à ce qui pourrait être, mais à ce qui existe déjà, au coeur du coeur de l'homme, dans cet espace intime où les clichés n'ont plus cours, dans les resserres enfumées, dorées, parfumées à la myrrhe, de son imagerie personnelle.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Reka, le 06 septembre 2011

    S'il existe une vie après la mort, pour moi ce sera les limbes, l'unique vraiment belle invention catholique : un no man's land de mystère et de musique pénétrante, sans le moindre individu auquel être comparé - ceux-là seront tous au ciel -, rien que d'intéressants inclassables, les non-baptisés, les païens, les sceptiques irréprochables que Dieu ne peut se résoudre à envoyer en Enfer. (p. 58)
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (2)

Videos de John Burnside

>Ajouter une vidéo
Vidéo de John Burnside

John Burnside - Scintillation .
John Burnside vous présente "Scintillation" aux éditions Métailié.http://www.mollat.com/livres/john-burnside-Scintillation-9782864248385.htmlNotes de Musique : 2 Arvo Pa?rt/ Cantus In Memory Of Benjamin Britten (For String Orchestra & Bell)








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Un mensonge sur mon père par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (20)

> voir plus

Quiz