> Catherine Richard (Traducteur)

ISBN : 9782864248385
Éditeur : Editions Métailié (2011)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d'enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d'enfer contemporain. Année après année, dans l'indifférence gé... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par EMOTION, le 21 octobre 2011

    EMOTION
    Etonnant roman qui glisse dans les différents périmètres de la fable, du roman d'anticipation, du livre New Wave, de l'horreur absolue ou tout simplement du roman policier. Angoissante et troublante atmosphère tout au long de ces presque 300 pages, chape de plomb posée sur nos épaules. Après avoir lu le roman de Carole Martinez " Du Domaine des Murmures ", je croyais m'être échappé de cet emmurement auquel se soumettaient certaines personnes en une période moyenâgeuse,et voici que je retrouve dans ce roman une forme certaine d'emmurement ! Au propre et au figuré ! Ce coin de terre où se trouvait autrefois une usine chimique, lieu actuel des évènements tragiques (si tant est que l'actuel a un sens !), ce lieu, l'Intraville, en opposition avec l'Extraville où se trouvent les notabilités, résonne de toutes les souffrances, de toutes les solitudes et les misères. Les enfants disparaissent soudainement ;certains habitants de l'intraville ou de l'extraville vont jusqu'à dire qu'ils sont partis vivre volontairement ailleurs. À certains moments très brefs j'ai eu l'impression de me retrouver dans le fameux roman " La Route". Polyphonie des pensées avec quelques personnages essentiels : Morrison le policier, Léonard le jeune garçon, et surtout l'Homme- papillon. Vous ne vous ennuierez pas en lisant ce livre de John Burnside
    mais vous serez peut-être heureux à la fin de quitter cette atmosphère où se rejoignent la folie et la cruauté. L'écriture est belle, limpide et participe au mystère de ce livre.
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    • Livres 3.00/5
    Par oops, le 26 mars 2012

    oops
    Dans l'Intraville, seule la mort se pare de lambeaux scintillants notamment les nuits d'orage. Sur cette presqu'île écossaise empoisonnée tout est sombre et en décomposition à cause d'une usine chimique abandonnée. Ici ne vit que ceux qui n'ont pas les moyens de partir du côté de l'Extraville, le paradis des nantis. Ceux qui restent dans l'Intraville tentent de survivre en luttant contre la maladie, la folie, le désespoir. Depuis quelque temps de jeunes garçons disparaissent, Morrison le policier semble pourtant plus s'intéresser à entretenir un étrange sanctuaire qu'à enquêter sur les disparitions d'adolescents ! Brian en grand chef bien-pensant promet de tout décontaminer avec son projet Terre d'Origine mais jusqu'ici personne à part lui n'en a bénéficié. Andrew qui aime à regarder les ados évoluer derrière sa fenêtre fait un coupable parfait pour la bande de jeunes rebelles de Jimmy. Léonard, le meilleur ami de Liam un des jeunes disparus est un passionné de livres et de sexe lui aussi voudrait comprendre les raisons des disparitions de ses amis. Léonard veut croire en un autre monde, optimiste de nature sa rencontre avec l'homme-papillon lui donne des raisons d'espérer passer de l'autre côté du miroir… Lugubre à souhait, ce roman est réellement oppressant. D'abord parce que tout intrigue, l'ambiance, le contexte, les personnages. le début du roman révèle un péché d'omission qui par la suite amène à des réflexions sur l'enfer et le paradis. Puis le roman dérive en fable écologique pointant du doigt l'industrie pollueuse pour terminer sur la jeunesse désenchantée en quête d'un monde meilleur. Un conte noir lyrique qui dénonce la société sans valeurs morales, la quête de vérité est parfois complexe mais en même temps elle soulève des questions qui amène à un examen de conscience, donc mieux vaut être bien disposé !

    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com
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    • Livres 4.00/5
    Par ancoline, le 24 septembre 2011

    ancoline
    Une presqu'île empoisonnée, des ados qui voient leurs amis successivement disparaitre. Pour la police locale ils sont partis, ont fugué mais eux n'y croient pas. Ils voient aussi leurs parents, leurs connaissances être atteint de maladies graves. Pour certaines les autorités ne savent pas grand chose et font surtout des constats et des examens. Ces ados rêvent de partir mais pour aller où? Alors certains chassent en bande avec des armes rudimentaires des rats, des chats juste pour le plaisir, l'envie d'être enfin les plus forts. Ils rêvent de partir mais tout les blase. Ils ne se préparent pas de sortie. Aussi restent-ils dans cette île, qu'ils finissent par trouver intéressante et qu'ils défendent. Léonard s'évade de sa vie quotidienne, obligé depuis le départ de sa mère qui n'en pouvait plus de ce monde, de s'occuper de son père gravement malade. Par la lecture il voit son avenir moins terne, moins noir et empoisonné d'autant qu'il rencontre le nouveau bibliothécaire. Il fait aussi par sa culture, son ouverture la connaissance d'un homme, certainement un scientifique qu'il nomme "L'homme Papillon" qui lui fait découvrir l'île sous un autre jour encore. Mais il doit être sociable pour ne pas être la cible de la bande de jeunes voyous violents capables de tout pour s'occuper.
    Alors son enfer commence lui qui cherchait à en sortir.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par keisha, le 26 octobre 2011

    keisha
    L'Intraville? Une presqu'île où se délabre une grande usine chimique abandonnée devenue le territoire d'animaux sauvages ou de gamins livrés à eux-mêmes, entourée de bois empoisonnés où le policier Morrison entretient un jardin secret, cherchant en vain à alléger son sentiment de culpabilité. Les adultes sont malades ou ont fui, les gamins sont précoces dans la violence ou le sexe. de temps en temps un jeune garçon disparaît, mais qui s'en soucie?
    Léonard a treize ans environ, et contrairement à ses camarades, il aime les livres. Il est réfléchi et curieux et c'est son regard qui sera celui du lecteur au cours de la majeure partie du roman.

    Comment parler de cette lecture?
    "La définition d'un ouvrage qui se lit d'une traite devait être, en réalité, que le bouquin est tellement bien qu'on ne peut pas s'arracher à sa lecture alors que la page suivante est là et qu'elle risque d'être tout aussi captivante que celle qu'on dévore."
    Avouons-le : Scintillation appartient carrément à cette catégorie.

    Des pages qui parfois laissent le souffle coupé, des pages terribles, avec une détente bienvenue aussi quand Leonard raconte ses expériences à la bibliothèque.
    "Quand John est arrivé à la bibliothèque, j'étais presque à court de textes à lire, l'étape juste avant les sniffs de colle et la délinquance juvénile. Ou, pire encore, les mémoires de célébrités.
    C'est alors que j'ai découvert Marcel Proust."

    Quand j'ai tourné la dernière page, j'ai eu un petit pincement de frustration (déception?) et l'impression de ne pas avoir toutes les clés en main due sans doute à ma lecture si rapide, mais à y réfléchir, j'ai aperçu quelques pistes, et là j'ai pensé, chapeau, Burnside excelle à décrire de l'intérieur ce que ses personnages ressentent ou vivent. C'est noir, sans beaucoup d'espoir, mais quel roman somptueux magnifiquement écrit!

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-scintillation-86..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 25 août 2011

    yv1
    Livre très étonnant, qui balance entre un thriller, un roman noir, un roman racontant la vie désoeuvrée d'adolescents mal dans leurs peaux et vivant dans un environnement particulièrement désagéable et un roman initiatique. L'usine est là, présente. Même désactivée, elle rythme la vie, le quotidien des gens ; les jeunes s'y retrouvent pour discuter, fumer, sniffer de la colle, boire et tout ce que vous pouvez imaginer.
    Livre profond, qui, selon Irvine Welsh -écrivain écossais (comme J. Burnside) qui m'est totalement inconnu, mais son avis est sur la quatrième de couverture- "va au-delà d'une histoire déconcertante et troublante pour éclairer les possibilités infinies du roman." Bien vu ! Bien dit ! Je n'eus point dit mieux !
    Roman excessivement noir, sombre et angoissant dont il est difficile de sortir tellement l'ambiance décrite est pesante et prenante. Vous qui n'aimez que les romans légers, passez votre chemin ; vous qui aimez les romans denses que vous n'oublierez pas de sitôt, arrêtez-vous un instant sur celui-ci !
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)

Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Bernard Quiriny pour le Magazine Littéraire

    Il y a quelque chose de poisseux dans ce septième roman de John Burnside (le cinquième traduit), une odeur de corruption et de maladie, comme si le livre entier était placé sous le si... > lire la suite

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Critiques presse (5)


  • Bibliobs , le 02 novembre 2011
    Dans ce roman d'une aveuglante noirceur, le poète et écrivain écossais John Burnside joue avec les codes du thriller pour mieux les subvertir. Impossible de s'arracher à ce livre palpitant où les récits et les points de vue s'entrecroisent.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LeSoir , le 03 octobre 2011
    John Burnside tourne autour des personnages, focalisé tantôt sur l'un, tantôt sur l'autre. Il laisse à ses lecteurs le soin de reconstituer le tableau d'ensemble, de sentir monter la violence, de mesurer le degré de culpabilité de Morrison, d'analyser les tourments de Leonard. Son roman est bâti autour des angles qui rassemblent ses différentes facettes, et celles-ci renvoient des scintillations pour le moins troublantes.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • LeFigaro , le 23 septembre 2011
    Burnside, comme le Mark Twain de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn, sait admirablement se mettre dans la tête et dans les mots de Leonard, adolescent lucide, caustique, malheureux, en quête d'une vérité, et d'un pardon.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Telerama , le 21 septembre 2011
    Porté par une écriture lyrique, violente comme la ville fantôme qui scintille les soirs d'orage, ce livre nous parle d'enfer et de rédemption. Et du péché d'omission - « tout savoir et ne rien faire », dans l'Intraville comme dans notre société qui a retiré le mot poésie de son vocabulaire.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 01 septembre 2011
    On ressort effrayé de ce roman - entre thriller et parabole macabre - où l'Ecossais a réuni toutes les phobies de notre époque, sous l'oeil d'un enfant perdu.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 29 août 2011

    [ Incipit ]

    LA VIE EST PLUS VASTE

    Là où je suis à présent, j'entends encore les mouettes. Tout le reste s'estompe, comme le font les rêves dès qu'on s'éveille et qu'on cherche à se les rappeler, mais les mouettes sont encore là, plus sauvages et braillardes que jamais. Elles tournent et virent par milliers, appelant et criaillant d'un bout à l'autre de la presqu'île, tellement stridentes et incessantes que je n'entends que ça : ça, et un dernier murmure de vagues et de galets, un grondement local, insistant, derrière les cris de ces oiseaux fantômes dont je remarquais à peine la présence dans la vie qui fut la mienne avant que je franchisse le Glister. C'est tout ce qu'il reste de cette ancienne vie : des oiseaux, par nuées jacassantes, écumant la presqu'île ; des vagues grises, froides, se déroulant sur la grève. Rien d'autre. Aucun autre son, et rien à voir hormis l'ample et pure lumière dans laquelle je m'avance de mon plein gré, sans relâche, au terme d'une histoire que déjà je commence à oublier.
    Dans cette histoire, je m'appelle Léonard et, quand j'étais là-bas, je pensais que la vie était une chose et la mort une autre, mais c'était parce que je ne connaissais pas le Glister. Maintenant que cette histoire est finie, je veux la raconter en entier, alors même que je m'éclipse avant que des noms ne soient donnés ou perdus. Je veux la raconter en entier alors même que je l'oublie et ainsi, en racontant et en oubliant, pardonner à tous ceux qui y figurent, y compris moi. Parce que c'est là que l'avenir commence : dans l'oublié, dans ce qui est perdu. Là-bas à l'Intraville, il y avait une étiquette sur les vieux bidons de sirop de sucre qu'on achetait à l'épicerie de quartier : l'image d'un lion mort en train de se décomposer dans la poussière, avec des flopées d'abeilles qui se déversaient des ombres et béances de son pelage, soutiraient du miel aux plaies. Je croyais à cette image. Je savais qu'elle était vraie - car il y a eu une époque où les gens pensaient que cette sombre béance, cette plaie, était véritablement la source d'où provenait le miel. Et ils avaient raison, car tout se transforme, tout évolue, et cette évolution est la seule histoire qui se perpétue à tout jamais. Tout évolue pour devenir autre chose, d'un instant à l'autre, à tout jamais. Ça, je le sais maintenant - et ici, là où je suis, je passe et repasse en revue cette histoire précise, inlassablement, rejouant les événements dont je me souviens, situant les blancs et les ombres laissés par l'oubli, me raccrochant à des broutilles comme si c'était le monde tout entier qui s'éclipsait, la vie elle-même qui s'évanouissait dans le passé, et pas seulement moi.
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  • Par EMOTION, le 18 octobre 2011

    Comme dans le Petit chaperon rouge, quand le bûcheron ouvre le ventre du loup et que la grand-mère en ressort fraîche comme une rose, prête à finir son rang de tricot. Ou est-ce qu'on va, là ? Les gens ne devraient pas raconter aux gamins des histoires pareilles, où il se passe de sales trucs et où tout se termine bien en fin de compte une fois que maman a fait une bise qui guérit tout. Ils devraient raconter les choses telles qu'elles sont vraiment dans le vaste monde, à savoir : quand on est baisé, on est baisé.
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  • Par Eipoca, le 20 septembre 2011

    Il existe une espèce de dicton - le néant habite l'être, et je comprends ce que ça veut dire, sauf que formulé dans ces termes c'est trop abstrait, trop philosophique. Plutôt rébarbatif, en plus - alors que ça ne l'est pas le moins du monde. John dirait que ça sonne mieux en français mais ce n'est pas ça. Ca sonne mieux quand on est au bord d'un champs de coquelicots transis et qu'on laisse venir le néant, comme ça, rien de fracassant, juste un néant prosaïque. Ca sonne mieux quand on ne le formule pas avec des mots, quand on ne le commente même pas, qu'on se contente de regarder et d'écouter pendant qu'il nous emporte - pas du tout un truc négatif, pas une condition existentielle, mais un genre d'éclosion, un évènement naturel. Une chose qui, lorsqu'elle finit par venir, n'a rien d'un coup d'éclat. La conscience qui s'épanche. Le rouge des coquelicots. La fraîcheur du matin.
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  • Par yv1, le 25 août 2011

    Quelqu'un comme Morrison ne peut avoir une âme à lui, car l'âme est intrinsèquement bonne, intrinsèquement propre, un bien emprunté à Dieu et à tous Ses anges, qui devra être restituée un jour, nacré, propre, intact. Cette idée met Morrison en colère et il a envie de dire à cet homme, ce garçon, qu'il se trompe, que l'âme est humide et sombre, une créature qui élit domicile dans le corps humain tel un parasite et s'en nourrit, une créature avide d'expérience et de pouvoir, possédée d'une joie inhumaine, qui n'a que faire de son hôte mais vit, comme elle doit vivre, dans une perpétuelle nostalgie défigurée. (p.263)
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  • Par oops, le 21 mars 2012

    Le bonheur est toujours entaché d'autre chose : souci, peur ou juste la sensation idiote qu'on ne le mérite pas vraiment et que c'est donc sans doute une sorte de piège.
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Vidéo de John Burnside

John Burnside - Scintillation .
John Burnside vous présente "Scintillation" aux éditions Métailié.http://www.mollat.com/livres/john-burnside-Scintillation-9782864248385.htmlNotes de Musique : 2 Arvo Pa?rt/ Cantus In Memory Of Benjamin Britten (For String Orchestra & Bell)








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