L'Intraville? Une presqu'île où se délabre une grande usine chimique abandonnée devenue le territoire d'animaux sauvages ou de gamins livrés à eux-mêmes, entourée de bois empoisonnés où le policier Morrison entretient un jardin secret, cherchant en vain à alléger son sentiment de culpabilité. Les adultes sont malades ou ont fui, les gamins sont précoces dans la violence ou le sexe. de temps en temps un jeune garçon disparaît, mais qui s'en soucie?
Léonard a treize ans environ, et contrairement à ses camarades, il aime les livres. Il est réfléchi et curieux et c'est son regard qui sera celui du lecteur au cours de la majeure partie du roman.
Comment parler de cette lecture?
"La définition d'un ouvrage qui se lit d'une traite devait être, en réalité, que le bouquin est tellement bien qu'on ne peut pas s'arracher à sa lecture alors que la page suivante est là et qu'elle risque d'être tout aussi captivante que celle qu'on dévore."
Avouons-le :
Scintillation appartient carrément à cette catégorie.
Des pages qui parfois laissent le souffle coupé, des pages terribles, avec une détente bienvenue aussi quand Leonard raconte ses expériences à la bibliothèque.
"Quand John est arrivé à la bibliothèque, j'étais presque à court de textes à lire, l'étape juste avant les sniffs de colle et la délinquance juvénile. Ou, pire encore, les mémoires de célébrités.
C'est alors que j'ai découvert
Marcel Proust."
Quand j'ai tourné la dernière page, j'ai eu un petit pincement de frustration (déception?) et l'impression de ne pas avoir toutes les clés en main due sans doute à ma lecture si rapide, mais à y réfléchir, j'ai aperçu quelques pistes, et là j'ai pensé, chapeau, Burnside excelle à décrire de l'intérieur ce que ses personnages ressentent ou vivent. C'est noir, sans beaucoup d'espoir, mais quel roman somptueux magnifiquement écrit!
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