Ayant beaucoup aimé
In tenebris, il était évident que je devais retrouver la plume de
Maxime Chattam. Quant au choix de ce titre en particulier, il semblait évident au vu de mon goût pour les carrières, catacombes et autres souterrains, et j'avoue que malgré l'avertissement de l'auteur en fin d'ouvrage et les horreurs dévoilées entre les pages de ce volume, je rêve toujours autant d'explorer le sous-sol newyorkais.
J'étais aussi tout particulièrement intéressée par le thème de ce volume parce qu'au semestre dernier, dans le cadre d'un module sur les comportements déviants, on avait abordé la prostitution et l'industrie pornographique. du coup, bien qu'il s'agisse ici de fiction, j'avais l'impression de prolonger cette étude passionante. Non pas que je sois fascinée par la production en elle-même, mais ses ramifications, son emprise sur les sociétés occidentales, ses jeux d'argent et d'influence sont impressionnants.
En conséquence, vous imaginerez bien que ça n'est pas vraiment le genre de bouquin à mettre entre toutes les mains. On a beau être dans un roman, il ne fait aucun doute que tout ce qui est décrit s'appuie sur des bases réelles et les diverses horreurs relatées le sont de façon très graphique… Après SPOILER A RETROUVER SUR LE BLOG on a ici droit (entre autres) à quelques scènes de viol pour le moins détaillées. J'ajouterai que leur mise en scène dépasse tout ce que j'avais pu imaginer ou soupçonner. La perversité décrite entre ces lignes n'a vraiment aucune limite donc il vaut mieux savoir à quoi s'en tenir avant d'ouvrir cet ouvrage.
Le résultat est ultra-violent, sordide, malsain et en même temps très lucide sur la condition humaine, je trouve. Ce bouquin est là pour choquer et en même temps il fascine, on ne peut se détacher. C'est très pervers, voyeur comme lecture mais j'assume totalement et quelque part c'est justement le but de l'auteur. On pourrait tout simplement refuser d'aller plus loin, refermer le bouquin, mais comme Brady, on est happé par ce puits qu'il ouvre et on est incapable d'en sortir avant d'avoir achevé le voyage.
Voyage qui représente une véritable descente aux Enfers; d'ailleurs la mythologie est suffisamment présente au fil des pages pour le rappeler au lecteur.
Maxime Chattam nous entraine vraiment au plus profond du Mal (j 'ai d 'ailleurs parfois pensé au Serment des Limbes de Grangé, qui s 'intéresse lui aussi à ce thème) et plus qu'une réelle angoisse c'est une certaine fascination malsaine que cela provoque chez le lecteur. On est loin du rythme haletant ou des terreurs provoquées par
In tenebris, et pourtant j'ai bien plus été scotchée à mon roman cette fois-ci. Alors que l'enquête prend pas mal de temps, qu'officiellement elle sera refermée sans plainte ni procès, j'ai vraiment du me faire violence pour stopper ma lecture le temps de m 'accorder quelques heures de sommeil.
Si un seul petit point m'a déçue c'est le rôle joué par les souterrains. Annoncés comme l'ingrédient phare du roman, je m'attendais à les voir plus présents. On n'y effectue finalement que deux visites majeures et si en soit cela avait pu suffire, j'aurais aimé qu'ils planent plus comme une ombre sur le roman, qu'ils en soient réellement un personnage à part entière, qu 'on sente leur présence de façon plus marquée. J'en ai aimé les descriptions mais j'ai trouvé qu'ils étaient un peu trop effacés à mon goût. On n'a pas bien conscience de l 'ampleur de ce qui s'y déroule. Il me semble pour le coup qu'on en voit presque d'avantage dans
In tenebris.
In tenebris que j'évoque sans cesse depuis le début de ce billet, mais je ne peux m'empêcher de lier les deux œuvres, puisque ce volume constitue une préquelle à la « trilogie du mal » et qu'il nous éclaire sur l'histoire et la relation Jack et Annabelle, les deux enquêteurs officiels de ce volume que l 'on retrouve dans
In tenebris.
Enfin, quelques mots sur Brady. C'est un personnage que j'ai aimé suivre. Dès les premières pages on n'a aucun doute sur la façon dont son histoire se terminera mais justement, cela induit un sentiment d'urgence. On est totalement avec lui dans cette quête et le récit a beau être rédigé à la troisième personne du singulier, c'est clairement son point de vue que l'on suite et adopte au fil du récit, alors qu'objectivement, les autres chapitres sont également très développées on pourrait choisir de suivre l'enquête officielle menée par la police.
Bref, un roman étrange, prenant, qui m'a un peu déstabilisée au début puisque j'en attendais un thriller au format et au rythme plus classique mais que j'ai trouvé absolument fascinant ! J'aurais un milliard de questions à poser à l'auteur et il faut absolument que je me procure une copie de The Mole people de Jennifer Toth.
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