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ISBN : 2742793194
Éditeur : Actes Sud (2010)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Réclamés à parts égales par la fiction et le réel, échappés de l’univers mythique du Magicien d’Oz , quelques orphelins du siècle traversent, des tranchées de 14-18 au champignon atomique d’Hiroshima, un demi-siècle de barbarie. Mise à mal par les diverses tornades de l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 02 septembre 2010

    brigetoun
    Je ne sais pourquoi j'essaie de mettre quelques mots sur ma lecture. Tendance à penser que « CosmoZ » charrie trop de choses, a trop d'aspects, pour me le permettre, même si plus habiles que moi s'y risquent.
    Un livre-monde. Quatre ans de recherches qui ne sont pas étalées, sauf en quelques passages renouant avec l'histoire du livre, de ses représentations (toujours en relations implicites avec leurs époques) mais qui sont sous-jacentes au texte, le nourrissent, dont on ne prend conscience qu'en se sentant pris dans un univers, familier un peu avec notre connaissance du siècle dont nous n'avons vécu que la fin, ce que nous croyons savoir de la façon dont il a été vécu, ce que nous croyons savoir de ce que nous vivons, de ce qui nous meut, régit notre entourage, les images, mais univers qui n'explique rien, qui est juste un peu à coté de notre ressenti. le grotesque, la douleur, l'inutilité, et le compagnonnage, la tendresse. Un an d'écriture (même si Claro ne s'est sans doute pas consacré uniquement à cela), et une langue merveilleuse de justesse, de souplesse, sans que, là encore, cela soit ostensible.
    Beau, simplement.
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  • Par ratdeschamps, le 13 avril 2014

    ratdeschamps
    Considéré comme lu, j'en ai abandonné la lecture à la page...63.
    Après quelques hésitations au moment de l'achat, genre rapport poids/encombrement dans mes bagages, j'avais grappillé quelques phrases ici et là, c'était bien écrit, un quatrième de couverture prometteur, d'où passage à l'acte vu que je ne l'aurais pas acheté neuf.
    Et puis... j'en ai commencé la lecture dans le train qui me ramenait vers mon désert livresque. Je terminais un autre livre, j'ai respecté un délai de transition d'une demi-heure avant d'entamer Cosmoz, et en avant toute.
    De prime abord, j'ai arrêté la lecture assez vite pour considérer ce bouquin sous toutes ses coutures : rien de changé par rapport au moment de l'achat. J'ai persisté, me disant qu'il s'agissait d'une entrée en matière un rien longuette sur l'auteur du magicien d'Oz, et qu'une fois dans le vif du sujet (l'errance des personnages du magicien d'Oz à travers le monde et le 20ème siècle), ce roman allait enfin DEMARRER.
    Las, dans la gare d'Aix-en-Provence où je devais attendre deux heures le bus qui allait m'emmener au plus près de chez moi, j'ai commencé à fomenter l'abandon pur et simple de Cosmoz sur un siège, pour le bonheur (ou le malheur) d'un autre voyageur.
    J'ai résisté à cette impulsion en espérant encore qu'il y ait quelqu'un dans ce roman, toutefois j'ai absolument nettement préféré bavarder avec un compagnon d'attente plutôt que persister dans ma lecture.
    Je ne l'ai plus ouvert avant le lendemain, sur la terrasse, au soleil, avec le chuchotement de la rivière... idéal pour m'y replonger (dans Cosmoz, pas dans la rivière).
    Et la seule pensée que j'arrive à formuler à son sujet ressemble furieusement à "mais mais mais, POURQUOI????????????????? "
    Ce livre est bien écrit, point. Tout ce qu'on peut par ailleurs attendre d'un roman N'EXISTE PAS.
    Bref, retournerai-je perdre ce bouquin dans la gare TGV de... de n'importe où en somme, aucune importance.
    Rappelez-moi de l'emmener à mon prochain voyage....

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    • Livres 4.00/5
    Par ecumeuse, le 31 octobre 2014

    ecumeuse
    Difficile de commenter cette lecture. Néanmoins l'écriture et le style suffisent à tenir en haleine. L'auteur utilise des expressions incroyables très souvent à la lisière de l'ironie. Il effectue un va et vient (dialogue) entre le surréalisme (le fantastique du conte le magicien d'Oz) et le réel (le tragique des deux guerres notamment) de l'époque dont il a été nourrit c'est à dire à laquelle il a été écrit puis mis en image.
    Il y a quelque chose de John Irving dans cette manière de relier surréalisme et réalité mais je dirais ici enrichi d'une écriture vraiment différente et dense. Parfois les phrases accordéons s'étirent tant qu'on en oublie le début, mais les images sont si fines que cela vaut la peine de le lire jusqu'au bout.
    Ne cherchons-nous pas tous à atteindre un Oz ? L'existence y est cruelle pour les rêveurs, les optimistes et les êtres imparfaits.
    C'est un livre intelligent, tout sauf ennuyeux grâce au style mais un peu long à mon goût.
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 02 mars 2015

    Charybde2
    Oz nourri pour incarner la moitié du XXème siècle en un chef d'œuvre foisonnant et infiniment rusé.
    Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2015/03/02/note-de-lecture-CosmoZ-claro/

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    • Livres 5.00/5
    Par IreneAdler, le 10 février 2012

    IreneAdler
    Que deviennent les personnages de fiction jetés (par une tornade) dans le monde réel ? Claro a transporté ceux du "Magicien d'Oz" entre 1914 et 1945. Dorothy et Toto travaillent dans les tranchées pour la Croix-Rouge, tandis que l'Epouvantail et le bûcheron de Fer-Blanc y combattent et seront des gueules cassés. Ils seront toujours du côté des perdants dans toutes les tornades de l'Histoire. Celle qui aura raison d'eux aura aussi raison de l'Europe.
    Ils chercheront le Pays d'Oz pendant près de 50 ans, avec la conscience de n'être pas de ce monde, de n'être pas à leur place. Cette quête les obsèdera mais sans que jamais ils ne s'interrogent sur la nature du pays "au-delà de l'arc-en-ciel".
    La route de briques jaunes a disparu. La pureté et l'innocence que Dorothy a chéri toute sa vie en ne portant que du vichy se sont flétris pour rien. A la fin cette conclusion : Oz n'existe que si on le construit.
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Citations et extraits

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  • Par Charybde2, le 02 mars 2015

    Baum-ratata-baum ! La tranchée absorbait tout – la pluie, les cris des blessés, le sifflement des obus, le claquement des tirs et jusqu’à l’espoir de revoir le jour. Les flancs de boue, insuffisamment étayés par des planches de bois et même quelques cadavres roides, ruisselaient d’une terre rougie qui charriait de tout, des doigts, des briquets, des boutons, lesquels disparaissaient aussitôt dans les trente centimètres d’eau que la terre suçait régulièrement en crachotant. La dernière offensive allemande avait été repoussée cinq heures plus tôt et les hommes du sergent Drane s’efforçaient de ne pas trop compter les absents, comme s’ils risquaient de s’apercevoir, contre toute raison, qu’ils en faisaient eux-mêmes partie. L’horizon avait été remplacé depuis des semaines par l’ingrate portée des barbelés et, quand le ciel tentait quelques simagrées pyrotechniques, il était vite ridiculisé par les tirs de mortier et les giclées livides des projecteurs de casemate.
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  • Par Charybde2, le 02 mars 2015

    C’est un très long voyage, une migration vers d’autres états de conscience, d’autres conditions de déperdition. D’autres pulsions, aussi. Dorothy reste Dorothy mais elle devient également toutes sortes de femmes possibles, la voilà infirmière au chevet d’invalides de guerre, le visage penché sur des corps décousus, diminués, furieux d’être encore ; puis Dorothy s’envole, elle laisse passer sous elle l’océan susceptible ; elle est désormais ouvrière dans un atelier d’horlogerie, occupée à sucer la pointe de pinceaux nimbés de radium, mais les aiguilles tournent, déjà un orage remodèle le paysage des rues et des champs, elle perd des amis, gagne des soucis, travaille dans la quincaillerie familiale et vend des aspirateurs, du grillage pour poulailler, du barbelé au mètre, elle prolonge son avenir au-delà du raisonnable, fait exploser le monde et puis meurt, renaît et oublie, accomplit des milliers de gestes en un seul mouvement et échafaude cent stratégies d’une seule décision.
    Toto l’accompagne partout, il mord son ombre chaque fois qu’elle court un danger pour réveiller en elle cette vigilance qui est comme l’armature de son être. S’est-elle jamais demandé pourquoi les chiens tournaient toujours au moins une fois sur eux-mêmes avant de s’allonger ? Pense-t-elle qu’ils s’assurent ainsi qu’aucun prédateur ne menace leur territoire ? Faux. Les chiens tournent sur eux-mêmes dans le sens contraire de la rotation terrestre, afin de contrebalancer cette entropie qui nous entraîne vers le chaos. Ils reculent d’un tour, par une sorte de prudence horlogère, et de la sorte sont en avance, et non en retard, sur la catastrophe à laquelle nous vouons tous nos espoirs.
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  • Par Charybde2, le 02 mars 2015

    Tu t’appelles Dorothy, tu es une petite fille et tu vis au Kansas, au milieu des grandes plaines grises, avec ton oncle et ta tante, eux aussi gris, et seul ton petit chien Toto n’est pas gris, son poil est noir et soyeux, il te fait rire, d’un rire dont tu aurais du mal à déterminer la couleur, mais qui, correctement nuancé, devrait pouvoir t’aider à surmonter tout ce gris. Tu portes une robe chasuble sur une blouse à bavette en gaze crème avec des manches bouffantes taillées dans un ricrac bleu. Tu vis au Kansas avec ta tante et ton oncle.
    Tante Em est une femme grise qui a engrangé les années dans les rides de son front et les volutes de son chignon, elle ferme les portes d’un coup de hanche, calme la pâte du battant de sa paume et lève les yeux au ciel dès qu’une pensée en amène une autre sans l’avoir consultée auparavant. Oncle Henry et elle forment un couple qui ne produit aucune force, à eux deux ils semblent au contraire absorber le peu d’énergie que leurs mouvements dégagent, et l’espace qu’ils entament se referme sur eux avec un naturel déconcertant. leurs vieillesses conjointes s’additionnent, et l’affection qui les lie dépasse de beaucoup le peu d’égards que chacun a pour soi-même. Tu espères ne jamais devenir comme eux, rester à jamais une unité réfractaire aux opérations, aussi séduisantes soient-elles.
    Tu t’appelles Dorothy et le gris est une nuance dont tu ne veux pour rien au monde, ni dans tes cheveux ni dans tes projets.
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  • Par Charybde2, le 02 mars 2015

    Après avoir reçu l’assentiment du coude paternel entre les côtes, l’enfant dégage, docile, sa main de l’étau maternel et s’avance vers le Dr Bergfield, lequel, auréolé d’un parfum d’éther et de nicotine (et d’autre chose, aussi), a encore les pensées tout occupées par les seins de son assistante, Miss Glinda – celle-ci se tient en retrait derrière lui, vibratile, tel un orgasme indécis.
    Le petit Baum grimace et déglutit, embarrassé par la tumeur nichée dans les alvéoles à vif de sa langue, raison de sa présence en ces lieux. Cela fait onze jours et onze nuits qu’il la sent croître et durcir – s’il boit de l’orgeat il souffre, mastiquer l’élance, quant à parler autant sucer des orties. (La tumeur – le sait-il seulement ? – est ancienne, elle anticipe sa naissance et a dû hanter le suc maternel ou la semence paternelle avant d’investir l’utérus puis de remonter par le gras conduit de l’ombilic jusqu’au fœtus ignare, scrutant et testant la moindre différenciation cellulaire, et ce afin d’élire son domicile nécrosant dans l’appendice lingual, la muqueuse hôte, sa cible.) Il est temps de crever l’abcès, a décrété le père, aussitôt gratifié d’un regard creux de son épouse.
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  • Par js, le 07 octobre 2011

    Mais je suis Oz, à tout le moins sa répercussion dans la grotte de la colère, sa virulence faite farce. On ne m’aura pas à la flatterie. Les mythes sont créés pour être disséqués et réduits en une pulpe suffisamment fluide pour servir d’encre au plus balourd des poulpes. La MGM a cru bon et profitable d’adapter à l’écran le roman de Baum ? Soit. Let’s shoot The Wizard of Oz ! Vais-je encore me soucier outre mesure d’une adaptation ? d’une énième adaptation ? Allons donc, nous sommes de tout façon entrés dans le siècle des adaptations, les formes ne nous évoquent plus que des formes, nous quittons telle coquille pour nous réfugier dans telle carapace, les larves migrent, les peaux muent, mais l’armature, la grille, le squelette persistent – et ce sont encore les charniers qui connaissent les meilleures, les plus fidèles, les plus ambitieuses adaptations, ce sont les ghettos dont on favorise la reproduction avec le plus d’enthousiasme, à grand renfort de barbelés toujours plus illisibles, les immenses parcs à thème de la souffrance, avec pour objectif la concentration de tous les camps en un seul, l’ultime zoo de la douleur humaine, sans cesse mis en scène, au prix d’infinie répétitions, chaque échec consommant le succès prochain, les figurants toujours plus nombreux, toujours plus rampants, écrasés sous la fanfare des accessoires, fièvres, virus, microbes, coups coups coups, le corps adaptant la mort, l’esprit adaptant la nuit, la viande adaptant la viande, le cri adaptant le silence, le scalpel adaptant le progrès, la cruauté adaptant jusqu’au geste lui-même, n’importe quel geste, sans le moindre remords, mais avec l’aide des trains, des avions, des chars, des pelles, des grenades, des signatures apposées là où il faut, l’exact dosage de oui pour pallier la dégénérescence du non, l’air saturé par le gaz et le plein par le rien, jusqu’à ce que le vide enfin s’amuse à adapter le vide, pour la plus grande édification des miroirs et des abymes et des regards privés de regard et ce dans les siècles des siècles qui tous sont et seront brassés dans la même et sempiternelle tranchée mentale, creusée selon des règles strictes, toute la cavalerie des horreurs engendrées par cet immense boyau métamorphique qu’aucune boue ne saurait obstruer, qu’aucun cadavre ne saurait dénigrer, ce filon creux pouilleux vicieux qui ne fait même plus enrager la panse terraquée quand sonne le clairon ou jaillit la fusée éclairante, ce couloir, ce tunnel, ce conduit à enfiler aveugle sous couvert d’adaptation du dernier souffle, et qui donne, les dents passées, les dents cassées, sur le cauchemar qu’est la voix, la dernière voix, qui dira non je ne savais pas, non je n’étais pas là, puis sera prise dans l’étau de la conscience et, repue, crèvera.
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