ISBN : 2923844033
Éditeur : Lévesque éditeur (2010)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Esther Croft nous offre des moments de lecture inoubliables avec ce recueil de nouvelles où elle scrute l’âme des êtres humains. L’univers que Croft partage avec ses lecteurs n’est pas gentil, douillet, confortable : c’est celui de la blessure, celle que nous avons tous... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par Lali, le 23 juin 2011

    Lali
    Esther Croft n'est pas une débutante. Voilà plus de trente ans qu'elle dirige des ateliers d'écriture tout en publiant essentiellement des recueils de nouvelles, presque tous primés par de prestigieux prix littéraires. Membre du collectif de XYZ. La revue de la nouvelle, le seul périodique québécois consacré à ce genre littéraire, elle fait partie des nouvelliers incontournables dont chaque recueil est accueilli avec enthousiasme et pour cause. Son regard aiguisé, son sens du récit comme de la chute, tout comme son écriture aux descriptions et aux énumérations éclairantes, mais sans débordement, font de son recueil publié à l'automne 2010 chez Lévesque éditeur, la toute nouvelle maison d'un éditeur aguerri, Les rendez-vous manqués, un des recueils les plus forts qu'il m'ait été donné de lire depuis quelque temps.
    La maîtrise de l'auteure, son sens de la mesure, son talent pour camper des personnages, tout y est pour que chacune des dix nouvelles pose sur chaque rendez-vous (avec soi, avec l'autre, l'aimé comme un parent, ou simplement le quotidien) un regard dévastateur. Comment pourrait-il en être autrement puisqu'il s'agit de rendez-vous manqués?
    Si le genre vous a jusqu'ici plus ou moins convaincus, c'est que vous n'avez jamais lu Esther Croft. Ou Bertrand Bergeron. Ou André Carpentier ou bien Gaëtan Brulotte. Ou encore Hélène Rioux, Suzanne Myre, Gilles Pellerin et Robert Lalonde, pour n'en nommer que quelques-uns, tous de chez nous. Les rendez-vous manqués ne le seront pas pour qui s'aventure dans ce recueil d'une centaine de pages au regard incisif et à la plume plus que talentueuse et efficace.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=41997
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Citations et extraits

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  • Par PetiteMarie_2, le 10 août 2011

    Le seul geste que Karine parvient à poser, c'est d'entraîner Élise à l'extérieur, le plus loin possible de la porte d'entrée. Quitter ce lieu de trop grande noirceur, aller se perdre dans la clarté d'octobre et fumer une cigarette. Ou cinq. Ou dix. Comme elles l'ont fait si souvent depuis l'adolescence. Elles iront marcher sur le trottoir d'en face, bras dessus bras dessous, comme au jour de leur première fugue ou de leur premier chagrin d'amour. Entre les larmes et le bruit des voitures, entre les regrets et l'expiration de la fumée, elles parviendront peut-être à se dire l'essentiel à travers deux ou trois mots boiteux.
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  • Par PetiteMarie_2, le 10 août 2011

    Julien n'était pas encore né quand son père est parti. Toute son enfance s'est déroulée dans le vide informe qu'a créé cette absence. Des mois et des années à se faire le plus petit possible. À ne pas parler. À ne pas marcher. À se rouler en boule autour de son pouce, entre une fenêtre close et une chaise berceuse qui chantait rarement. À tenter, parfois, de lever les yeux et de risquer son plus beau sourire vers le visage éteint de sa mère. Mais aucune lumière, jamais, ne s'allumait pour lui. Sa mère était ailleurs. Toujours ailleurs, là où il n'était pas.
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  • Par PetiteMarie_2, le 10 août 2011

    Nous avons grimpé deux par deux toutes les marches de notre existence, la sienne plus brève que la mienne, plus dramatique, plus tourmentée aussi. Et puis soudainement, elle s'est mise à pleurer. Une peine incommensurable. Une détresse d'enfant beaucoup trop petite pour la contenir toute. Je la voyais se dissoudre devant moi, sans aucune retenue ; comme si elle m'avait senti, tout à coup, foncièrement capable de la sauver.
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  • Par PetiteMarie_2, le 10 août 2011

    Se rappeler, toujours, qu'on ne trouve pas
    grand-chose d'important entre ces murs,
    Mais il faut quand même continuer de chercher :
    des enfants bien réels attendent dehors qu'on les
    comprenne.
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