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Critiques sur Le Petit Chose (21)


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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin le 18/07/2012


    Il est difficile d'écrire sur un tel classique, que je ne découvre qu'aujourd'hui. Difficile d'exprimer quoi que ce soit de nouveau. N'a t-on pas déjà dit des milliers de fois que la vie du Petit Chose est bien triste ? Que son expérience au collège est injuste ?

    Pourtant je vais essayer d'en dire quelques mots (et puis sinon j'aurais pas fait un article pour vous dire que ça.)

    Roman d'apprentissage en partie autobiographique, Le Petit Chose raconte un morceau de vie d'un jeune garçon. Daniel Eyssette, fils de pauvre, est le seul de la classe à porter une blouse. Son professeur lui parla toujours “du bout des lèvres, d'un air méprisant” sans l'appeler par son nom : “Hé ! vous là-bas, Le Petit Chose”, comme s'il était trop pauvre pour avoir une personnalité derrière sa pâle figure. le surnom lui restera.

    Mais Daniel est forcé d'arrêter ses études à la ruine de son père, et sa famille est dispersée. Avec un unique objectif en tête, reconstruire le foyer familial, il trouve une place dans un collège de garçons où il subira brimades sur brimades de la part des élèves et des professeurs. Maltraité, ruiné, il décide de retrouver son frère Jacques sur Paris. On trouve ici de belles pages sur l'amitié fraternelle : “Et nos deux âmes s'étreignirent de toute la force de nos bras”.

    Mais les aventures du Petit Chose ne sont pas terminées : “Paris Ah grande ville féroce, comme Le Petit Chose avait raison d'avoir peur de toi !” Décidé à devenir poète il échouera pourtant et tombera dans les griffes d'une femme de mauvaise vie.

    Au final, c'est davantage de l'énervement que de la pitié qui ressort de la lecture de ce court roman, devant la faiblesse du héros qui se laisse entretenir, se laisse bercer par ses rêves et ne se bat pas pour les atteindre. Tout le long, il demeure un enfant. C'est d'ailleurs ainsi que le qualifie son frère, quoique tendrement : “Pourtant si, c'est une femme, une femme sans courage, un enfant sans raison qu'il ne faut plus jamais laisser seul”.

    Le Petit Chose a sans arrêt besoin d'être guidé, soutenu. Il ne saurait être indépendant, jusqu'à son ultime sursaut, qui laisse espérer. Malgré tout, il apprend beaucoup à chacune de ses aventures.

    Roman d'apprentissage donc.

    Mais aussi et surtout roman autobiographique ! Né à Nîmes, comme Le Petit Chose, son père fait faillite et Daudet connaît de rudes années en tant que pion, rudesse par ailleurs atténuée dans le roman. Puis il part à Paris où il attrape la vérole, a des aventures amoureuses avec des femmes étranges, vit une vie de bohème, dévoré de sensibilité poétique. Il sera sauvé de la misère par sa femme qui le force à travailler auprès de ses beaux-parents pour éponger ses dettes. Rôle de sauveur que tient Jacques, la “mère” Jacques dans le roman. Jacques qui incarne Ernest Daudet mais que Daudet a sublimé en faisant de lui la mère, le protecteur, source de comique, de tragique et de bonté.

    Comme Daudet le dira lui-même : “Le Petit Chose, surtout dans la première partie, n'est en somme que cela, un écho de mon enfance et de ma jeunesse”. Mais parfois il s'en éloigne, ne s'y reconnaît plus, comme s'il se rejetait : on passe alors du “je” à la troisième personne, “Le Petit Chose”.

    Au final, par ce savant mélange, Daudet crée un héros à la sensibilité romantique, tragique, hors de la société, qui se laisse porter par les coups du sort. Et pourtant, il décrit une fin ambiguë car si Le Petit Chose s'assure une sécurité matérielle, il renonce à la création, à l'écriture, à ce qui est lui, pour “vendre des soupières”.

    C'est donc un roman universel que j'ai découvert ici, mais aussi un précurseur des romans sur l'enfance. Car l'enfant n'existe pas en littérature au XIXe. Il y a bien David Copperfield (1850), que Daudet ne lira qu'après, mais il faudra attendre 10 ans et L'enfant de Vallès en 1878 pour que cette littérature prenne son essor …


    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/07/18/le-petit-chose-alphon..

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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45 le 05/08/2011


    L'histoire nous plonge dans la vie de la famille Eyssette qui habite une petite ville de province et qui se débouille tant bien que mal dans la vie ; le père étant un riche industriel arrive en effet à subvenir aux besoins de sa famille. Avec lui vivent son épouse, ses fils Daniel et Jacques et bien qu'ayant un troisième fils, celui-ci ne vit plus à ses dépens puisqu'il gagne sa vie en étant rentré dans l'ordre ecclésiastique. Cependant, tout bascule le jour ou l'industrie paternelle fait faillite et que toute la petite famille est obligée de déménager à Lyon afin de pouvoir poursuivre son activité. Petit à petit, pour rembourser les dettes familiales, Daniel va être obligée d'entrer dans un collège en tant que surveillant d'études. Il sera dès lors surnommé "Le Petit Chose" en raison de sa petite taille. Mais les dettes continuant à s'accumuler, la famille continuera à se disloquer, la mère étant obliger de retourner vivre chez son frère, la père poursuivant son voyage plus au nord en enfin le petit Jacques s'embarquant pour Paris. Ce petit Jacques, si frêle durant son enfance et n'arrêtant jamais de pleurer, sera en fait celui qui s'en sortira le mieux dans la vie, venant sans cesse au secours de son frère Daniel et le sortant de toutes les galères dans lequel celui-ci s'est laissé embarqué, le prenant ainsi sous son aile et jouant pour lui le rôle d'une véritable mère.
    Roman écrit tantôt à la première et à la troisième personne du singulier, celui-ci est extrêmement poignant et le lecteur se trouve complètement désappointé devant la dispersion de cette famille, jadis si unie, et devant la misère et les tragédies que les personnages ont du endurer. Roman dur et drôle à la fois, cela ne l'empêche pas d'être très émouvant !

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    • Livres 2.00/5
    Par araucaria le 14/03/2014


    Un grand classique, que je souhaitais savourer comme un bonbon, mais qui m'a semblé fade. de ce grand auteur, je préfère de loin les "Lettres de mon moulin". Déception.


    Lien : http://araucaria20six.fr/

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    • Livres 3.00/5
    Par Metaphore le 11/08/2012


    Ma plus grande difficulté pour donner mon modeste avis concernant ce livre est d'avoir lu le même mois un ouvrage ayant une construction similaire : un roman autobiographique, roman d'éducation, où le personnage grandit devant nos yeux, apprend de ses bonnes et mauvaises expériences jusqu'au monde adulte où nous le laissons vivre le reste de sa vie. Cet autre ouvrage n'est autre que David Copperfield, que j'ai préféré dans son humour et par l'attitude positive du personnage.

    Le petit chose, Daniel Eyssette, est un garçon joyeux dans son enfance, il rejoue sa lecture préférée dans l'endroit qui n'est autre que le témoignage du malheur de ses parents : la fabrique désormais fermée. Toute cette période, j'avais l'impression d'entendre l'accent du sud que l'on retrouve chez Pagnol.

    Après cet épisode merveilleux de l'enfance, Le petit chose sera le laissé pour compte, celui qui n'a pas d'argent au collège (d'où ce surnom), celui qui est trop petit adulte…
    Il a toujours quelque chose qui le tire vers le bas.
    Il restera un enfant toute sa vie. L'est-il parce qu'il n'a pas la volonté de changer, est-il limité ce qui ne le pousse pas à prendre des décisions réfléchies d'adulte ? ou encore est-il surprotégé par ses proches? J'ai eu la sensation de me retrouver devant la génération de Peter Pan actuels. Pas très distrayant me direz-vous !

    Petite appréciation personnelle : J'ai aimé parcourir le Lyon de l'époque, même si la description en est triste et glauque.

    Cela reste un livre très bien écrit, que j'ai pris plaisir à lire mais sans le petit plus que j'ai aimé dans le livre de Dickens.


    Lien : http://metaphorebookaddict.wordpress.com/2012/08/11/le-petit-chose-a..

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    • Livres 1.00/5
    Par Mimimelie le 26/10/2013


    Je n'avais gardé aucun souvenir de ce livre, lu dans ma prime jeunesse, mais alors ce qui s'appelle strictement aucun. Je viens donc d'en faire une relecture. Verdict : BOF. Tout d'abord, le résumé nous brosse Daniel comme un enfant ayant eu une enfance difficile... il me semble personnellement qu'en terme d'enfance difficile il y a pire, surtout à cette époque...
    Je ne perçois pas très bien le propos de Daudet, veut-il nous dire qu'un simple sobriquet « Petit Chose » ou d'un rabâchage « Jacques tu es un âne » peut influencer une vie en profondeur... ?
    J'ai trouvé cette histoire étouffante, elle se passe en vase clos, très très peu de référence au Paris au Lyon de cette époque, les personnages sont recroquevillés sur eux-mêmes...
    Quant au Petit Chose, il n'a pas réussi à m'émouvoir, vaniteux, ingrat, il se laisse ballotter en tous lieux et en toutes circonstances et n'a aucune substance, et je ne vois pas en quoi il y aurait lieu de le plaindre.
    Si sympathie il doit y avoir et une larme à verser, c'est bien pour le généreux Jacques (qui pourtant n'a pas été davantage gâté que son frère, au contraire) si confiant, si aimant et dont ce vermisseau profite ignoblement de la bonté.
    Bref, c'est bof. …..et quant à comparer ce roman à un « Dickens français » faut passer le Rubicon.

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    • Livres 2.00/5
    Par Hildebald le 28/12/2012


    Mais que c'est long, que c'est déprimant, que c'est énervant.
    Heureusement, le style est facile à lire, il y a peu de personnages, on ne s'embrouille pas.
    Mais alors le héros...Mes aieux! Mais flinguez-le!!!
    En plus d'être petit, chétif, sans force, sans caractère, timide, lent, naïf, trouillard..Il enchaîne les conneries!!
    Je me suis lancée dans cette lecture car j'en avais lu une partie au collège. Lecture trop longue pour moi à l'époque, je ne l'avais jamais terminée...
    Je crois que je sais pourquoi maintenant : il ne se passe rien, le héros n'est pas attachant et quand il commence à le devenir il nous fait une boulette de première.
    Et j'aurais du encore plus me douter que je n'apprécierai pas ce roman après mes lectures du Moulin et de Tarascon que j'avais détesté....
    Que voulez-vous, il y a des auteurs avec qui ça ne marche pas...et on se demande parfois pourquoi ils ont autant de succès...On se demande aussi pourquoi j'insiste...on y croit toujours...

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    • Livres 4.00/5
    Par Malice le 31/08/2012


    Dans le Languedoc, Daniel Eyssette est fils d'un riche industriel. Suite à la faillite de l'entreprise paternelle, la famille est forcée de quitter sa ville du Languedoc pour s'installer à Lyon, dans une maison plus qu'inconfortable. Là, la famille est confronté à la pauvreté. Il a un grand frère Jacques, et un autre qui ne vit plus avec eux pour rajouter une couche à leur malheur celui-ci est décédé suite à une maladie. Au collège de Lyon, à cause de sa petite taille et de sa blouse, il est surnommé « Le petit chose ». Plus tard, la situation économique de sa famille empire, Daniel Eyssette doit quitter le collège. La famille doit se séparer, c'est chacun pour soi. Le petit chose retourne alors à Sarlande, non loin de sa ville natale, pour y travailler, gagner sa vie comme maître d'étude dans un collège. Après quelques conflits il commence à enseigner les petits. Après avoir battu un élève insolent Boucoyran, il doit quitter le collège et va s'installer chez son frère Jacques, à Paris au Quartier Latin. Il est toujours un enfant et son frère Jacques lui sert de maman et il s'occupe bien de lui, même si l'argent manque toujours.

    Je ne connaissais pas du tout ce classique de la littérature jeunesse. D'Alphonse Daudet je connaissais uniquement La Chèvre de monsieur Seguin. C'est un livre que j'aurai adoré lire quand j'étais enfant. À cette époque lointaine j'aimais les histoires très triste, j'ai lu " En famille" et "Sans famille d'Hector Malot.
    Ce n'est pas des lectures d'une grande gaité.Maintenant, je suis adulte et j'ai apprécié cette lecture qui m'a fait découvrir qui était Alphonse Daudet. J'ai trouvé que l'écriture était désuète mais charmante . J'ai une préférence pour la deuxième partie à Paris, l'écriture, le ton est à la fois naïf et frais. Il se dégage une certaine candeur. J'ai apprécié les personnages cocasses Irma Borel (la tragédienne) et Coucou-blanc. L'écrivain a une tendresse, un respect à l'égard des malchanceux et des déshérités de la vie. C'est une œuvre touchante de poésie, Le petit chose est un enfant sensible, je me suis bien attaché à lui durant ma lecture. La raison est qu'il a gardé son âme d'enfant.
    Ce roman d'Alphonse Daudet a été déformé par son ami Pierre-Jules Hetzel .


    Lien : http://livresdemalice.blogspot.fr/2011/02/alphonse-daudet-le-petit-c..

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 13/05/2012


    "Donne moi la main frérot."
    Cette phrase forte et sensible à la fois, bien qu'écrite en fin de roman, survole (pour moi) Le petit chose, d'un bout à l'autre.
    Pourquoi? Puisque ce roman largement autobiographique d'Alphonse Daudet (écrivain,nouvelliste et homme politique français du XIX° siècle connu pour ses Lettres de mon Moulin et Contes du lundi...) relate les drames qui parsèment la vie (ruine et séparation familiales,deuils,tentative de suicide suite à des moqueries, renvoi,amours contrariés,dettes,mauvais calculs littéraires, maladies....) d'un jeune garçon frêle et maladif" nommé "Le petit chose" par un professeur antipathique qui devient un homme "timoré" et honteux.
    Parce qu'à chaque fois qu'il est en danger, une main secourable se tend. Celle de l'abbé aux pipes de terre qui dénoue les noeuds coulants, celle de l'infirmière aux yeux noirs qui panse les âmes, celle de la belle aux yeux (encore) noirs qui pardonne,celle de l'honnête commerçant qui rembourse les dettes et surtout celle du frère un pleurnichard par trop émotif, un bougre d'âne (dixit le père "à la main leste" et à la parole assassine, mais un sacré gaillard qui soutient,dorlote, répond présent quand on l'appelle et ...aime.
    Un superbe roman sur l'amour fraternel qui touche. Un roman initiatique qui conte en quelque sorte le passage à l'âge adulte du Petit Chose.
    Une écriture alerte, gentiment imagée qui court, file et rebondit de caillou en caillou comme les pleurs "fleuve" d'un frère aimé.

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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78 le 25/03/2012


    Alphonse Daudet, écrivain et journaliste est né à Nîmes en 1840 et décédé à Paris en 1897. On lui doit entre autres, Les Lettres de Mon Moulin ou bien encoreTartarin de tarascon. Bien qu'il soit rattaché à l'école naturaliste son œuvre mêle la fantaisie à la peinture réaliste de la vie quotidienne. Le petit chose écrit en 1868 est le premier roman d'Alphonse Daudet, il est aussi sous certains aspects, autobiographique.

    Le livre est composé de deux parties, la première nous présente Daniel Eyssette vivant avec ses parents, le père est un industriel, ses deux frères et leur cuisinière, la vieille Annou, dans une ville du Languedoc. Escroqué par un client, l'entreprise familiale s'effondre et oblige les Eyssette à déménager, ils partent s'installer à Lyon dans un petit appartement minable et infesté de cafards. Dès lors leur situation financière ira de mal en pis et la famille se disloquera, la cuisinière malade repart vers le Midi, le père se fait voyageur de commerce, la fratrie se sépare, Jacques part à Paris chercher du travail et Daniel doit quitter le collège « A Lyon, les fils de riches ne portent pas de blouse ; il n'y a que les enfants de la rue, les gones comme on dit. le professeur fit la grimace et tout de suite me prit en aversion. Jamais il ne m'appela par mon nom ; il disait toujours : « Hé ! vous là-bas, Le petit chose ! »
    Daniel retourne dans sa région natale et trouve une place de pion dans un collège. Petit et timide, il a beaucoup de mal à s'imposer, n'y parvenant jamais et passant pour un personnage falot. Accusé à tort d'un fait dont il est innocent et trahi par un collègue, puis condamné par ses supérieurs pour avoir battu un élève insolent mais fils de marquis, il est à deux doigts du suicide, sauvé in extremis par un prêtre bougon mais au cœur généreux, professeur dans l'établissement.

    Dans la seconde partie, Daniel rejoint son frère Jacques à Paris et lui confie ses débuts difficiles dans la vie littéraire, les poèmes qu'il s'essaie à écrire. Jacques, son aîné, le prend sous son aile, jouant le rôle de mère pour Daniel qui désormais l'appellera « ma mère Jacques ». Le petit chose est un rêveur qui voudrait être écrivain, faible et peu préparé à affronter la vie « Mon petit Daniel, tu n'es encore qu'un enfant, et même j'ai bien peur que tu sois un enfant toute ta vie », tout le contraire de son frère Jacques, un bosseur qui s'échine à gagner quelques sous dont il envoie une bonne part à sa mère et dont le rêve est plus terre à terre que celui de Daniel, il veut par l'argent de son labeur reconstituer le noyau familial disloqué. Jacques se charge du petit, qu'il se consacre à l'écriture l'esprit tranquille, lui s'occupe du reste, le ménage, les courses, l'argent et le budget.
    Son premier livre est édité à compte d'auteur et son frère l'introduit chez les Pierrotte, des commerçants qu'il fréquente, aussitôt la fille de la maison en tombe amoureuse, réduisant à zéro les espoirs de Jacques qui beau joueur laisse la place à Daniel. Il faut croire que Daniel est maudit car rien jamais ne lui réussit, alors qu'on pense que le sacrifice de l'un va sauver l'autre, Jacques parti à Nice pour son travail, Daniel tombe entre les griffes d'une « actrice » qui habite le même immeuble que lui. Abandonnant « les yeux noirs » de la fille des Pierrotte, Daniel devient l'esclave consentant de l'actrice qui l'entraîne dans la débauche et les dettes, nous sommes en plein mélo comme on les aimait au XIX siècle avec le jeune homme innocent qui renie tout et tous pour une femme facile qui le mène par le bout du nez droit vers l'abîme. Finalement Jacques revient en urgence à Paris, délivre son frère de cette passion mortelle, le rabiboche avec les Pierrotte qui lui pardonnent et lui lèguent commerce et fille, tandis que Jacques s'éteint victime d'une phtisie.
    J'ai bien aimé la première partie du roman, la vie de province ou au collège, le voyage jusqu'à Lyon qui prend trois jours etc. Par contre la vie Parisienne transforme le récit en un mélodrame qui aujourd'hui paraît cousu de fil blanc et si Le petit chose nous était sympathique jusqu'alors, car victime, il devient par sa faiblesse un bourreau pour celle qu'il aime et indirectement responsable de la mort de son frère qui s'est tant dévoué pour lui. Cruel comme peuvent l'être innocemment les enfants. le livre se clôt sur une note optimiste puisque que Daniel trouve femme et situation stable, mais – certainement - au prix de la fin de son rêve de devenir écrivain. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

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  • Par lanard le 25/10/2011


    Cette réputation lacrymogène que Paul Guth conforte dans sa préface (Pleurons avec Le Petit Chose) est incompréhensible. Le Petit Chose est une roman plein d'humour ; certes le narrateur s'apitoie bien souvent sur lui même mais il y met quand même une bonne dose d'auto-ironie. On y pleure beaucoup certes, surtout la mère Jacques ; mais ces sanglots à répétition sont une manière de ponctuation comique dans le récit.
    D'où vient cette obstination à remiser ce roman vers un lectorat jeune ; le marché des lecteurs adultes mépriserait-il les récits qui mettent en scène l'enfance ? Question de style ou de manière sans doute. Mais n'y aurait-il pas une sorte d'inconscient éditorial qui cacherait mal son mépris pour l'enfance, ou une transpiration de mauvaise conscience sous les aisselles adultes qui se penchent sur le sort des enfants ; et ceux qui croient vieillir ne prisent-ils pas bien souvent les récits de l'enfance pour s'y 'empêtrer dans une nostalgie bébête, une mythologie complaisante oscillant entre la figure du chérubin et celle du bon petit diable, entre l'innocent et le pervers polymorphe: il faudrait serrer cela de prêt pour en saisir les enjeux.

    Présence de Robinson Crusoe ; le narrateur fait un parallèle entre sa vie et le sort de Robinson; ce parallèle - clairement établit dans les chapitres de l'enfance en Provence se maintient quoique plus faiblement durablement dans la suite du roman.

    Personnage de femme noire (Coucou-Blanc)

    p. 240 un kakatoès des îles Marquises! Chez Irma Borel. (Borel = bourreau en occitan)

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