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Critiques sur Le Petit Chose (35)
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Missbouquin
Missbouquin18 juillet 2012
  • Livres 4.00/5
Il est difficile d'écrire sur un tel classique, que je ne découvre qu'aujourd'hui. Difficile d'exprimer quoi que ce soit de nouveau. N'a t-on pas déjà dit des milliers de fois que la vie du petit Chose est bien triste ? Que son expérience au collège est injuste ?

Pourtant je vais essayer d'en dire quelques mots (et puis sinon j'aurais pas fait un article pour vous dire que ça.)

Roman d'apprentissage en partie autobiographique, le Petit Chose raconte un morceau de vie d'un jeune garçon. Daniel Eyssette, fils de pauvre, est le seul de la classe à porter une blouse. Son professeur lui parla toujours “du bout des lèvres, d'un air méprisant” sans l'appeler par son nom : “Hé ! vous là-bas, le Petit Chose”, comme s'il était trop pauvre pour avoir une personnalité derrière sa pâle figure. le surnom lui restera.

Mais Daniel est forcé d'arrêter ses études à la ruine de son père, et sa famille est dispersée. Avec un unique objectif en tête, reconstruire le foyer familial, il trouve une place dans un collège de garçons où il subira brimades sur brimades de la part des élèves et des professeurs. Maltraité, ruiné, il décide de retrouver son frère Jacques sur Paris. On trouve ici de belles pages sur l'amitié fraternelle : “Et nos deux âmes s'étreignirent de toute la force de nos bras”.

Mais les aventures du Petit Chose ne sont pas terminées : “Paris Ah grande ville féroce, comme le petit Chose avait raison d'avoir peur de toi !” Décidé à devenir poète il échouera pourtant et tombera dans les griffes d'une femme de mauvaise vie.

Au final, c'est davantage de l'énervement que de la pitié qui ressort de la lecture de ce court roman, devant la faiblesse du héros qui se laisse entretenir, se laisse bercer par ses rêves et ne se bat pas pour les atteindre. Tout le long, il demeure un enfant. C'est d'ailleurs ainsi que le qualifie son frère, quoique tendrement : “Pourtant si, c'est une femme, une femme sans courage, un enfant sans raison qu'il ne faut plus jamais laisser seul”.

Le Petit Chose a sans arrêt besoin d'être guidé, soutenu. Il ne saurait être indépendant, jusqu'à son ultime sursaut, qui laisse espérer. Malgré tout, il apprend beaucoup à chacune de ses aventures.

Roman d'apprentissage donc.

Mais aussi et surtout roman autobiographique ! Né à Nîmes, comme le Petit Chose, son père fait faillite et Daudet connaît de rudes années en tant que pion, rudesse par ailleurs atténuée dans le roman. Puis il part à Paris où il attrape la vérole, a des aventures amoureuses avec des femmes étranges, vit une vie de bohème, dévoré de sensibilité poétique. Il sera sauvé de la misère par sa femme qui le force à travailler auprès de ses beaux-parents pour éponger ses dettes. Rôle de sauveur que tient Jacques, la “mère” Jacques dans le roman. Jacques qui incarne Ernest Daudet mais que Daudet a sublimé en faisant de lui la mère, le protecteur, source de comique, de tragique et de bonté.

Comme Daudet le dira lui-même : “Le Petit Chose, surtout dans la première partie, n'est en somme que cela, un écho de mon enfance et de ma jeunesse”. Mais parfois il s'en éloigne, ne s'y reconnaît plus, comme s'il se rejetait : on passe alors du “je” à la troisième personne, “le petit Chose”.

Au final, par ce savant mélange, Daudet crée un héros à la sensibilité romantique, tragique, hors de la société, qui se laisse porter par les coups du sort. Et pourtant, il décrit une fin ambiguë car si le Petit Chose s'assure une sécurité matérielle, il renonce à la création, à l'écriture, à ce qui est lui, pour “vendre des soupières”.

C'est donc un roman universel que j'ai découvert ici, mais aussi un précurseur des romans sur l'enfance. Car l'enfant n'existe pas en littérature au XIXe. Il y a bien David Copperfield (1850), que Daudet ne lira qu'après, mais il faudra attendre 10 ans et L'enfant de Vallès en 1878 pour que cette littérature prenne son essor …

Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Peluche0706
Peluche070623 août 2015
  • Livres 5.00/5
Dans ce roman autobiographique, Alphonse Daudet, alias Daniel Eyssette, alias Petit Chose, se morfond sur sa jeunesse et ses débuts à Paris.

Au départ, le Petit Chose paraît sous forme de feuilletons dans la presse et est publié par la suite par son éditeur. le roman est plusieurs fois retravaillé, entre autre, par l'auteur lui-même et s'arrange avec l'histoire pour la transformer en drame. Si bien que dans les derniers chapitres, aidée par les notes de page, je n'ai plus crû à la bonne foi de l'auteur. Cela en devient risible. Il fait des rêves prémonitoires qui n'en sont pas ; plongée dans l'intrigue, je me disais que décidément, il n'avait pas de chance dans la vie, quand les bas de pages m'apprennent qu'en fait, ce qu'il dit est complètement faux.

Il n'en reste pas moins que j'ai beaucoup apprécié ce livre. Je l'ai lu en à peine 2 jours et cela vaut le coup. Même si l'histoire est arrangée, on apprend beaucoup de la personnalité du célèbre écrivain. J'adore ce genre de livre auto biographique.

Entre autre, l'auteur nous raconte son passage en tant que « pion » au collège de Alès. Il en fait tout un plat. Dans l'édition de mon livre, il y a des documents à la fin qui aident à comprendre un peu mieux les choses et en avoir une version moins dramatisée : il y a le témoignage du principal du collège d'Alès quand le Petit Chose y travaillait. Et il y a aussi un mini-pamphlet écrit par Alphonse Daudet lui-même paru dans le Figaro du 24 novembre 1859 : il évoque l'humiliation du métier et la pauvreté dans laquelle il était alors. le texte était rédigé lorsqu'il exerçait le métier au collège. Un anonyme ose répliquer en vantant le métier en publiant un droit de réponse le 1er décembre 1859 et l'auteur lui répond de manière très hautaine et sèche dans le même journal. Cela explique beaucoup de chose sur le caractère de l'auteur.

Lien : https://letempsdelalecture.w..
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cicou45
cicou4505 août 2011
  • Livres 4.00/5
L'histoire nous plonge dans la vie de la famille Eyssette qui habite une petite ville de province et qui se débouille tant bien que mal dans la vie ; le père étant un riche industriel arrive en effet à subvenir aux besoins de sa famille. Avec lui vivent son épouse, ses fils Daniel et Jacques et bien qu'ayant un troisième fils, celui-ci ne vit plus à ses dépens puisqu'il gagne sa vie en étant rentré dans l'ordre ecclésiastique. Cependant, tout bascule le jour ou l'industrie paternelle fait faillite et que toute la petite famille est obligée de déménager à Lyon afin de pouvoir poursuivre son activité. Petit à petit, pour rembourser les dettes familiales, Daniel va être obligée d'entrer dans un collège en tant que surveillant d'études. Il sera dès lors surnommé "le petit chose" en raison de sa petite taille. Mais les dettes continuant à s'accumuler, la famille continuera à se disloquer, la mère étant obliger de retourner vivre chez son frère, la père poursuivant son voyage plus au nord en enfin le petit Jacques s'embarquant pour Paris. Ce petit Jacques, si frêle durant son enfance et n'arrêtant jamais de pleurer, sera en fait celui qui s'en sortira le mieux dans la vie, venant sans cesse au secours de son frère Daniel et le sortant de toutes les galères dans lequel celui-ci s'est laissé embarqué, le prenant ainsi sous son aile et jouant pour lui le rôle d'une véritable mère.
Roman écrit tantôt à la première et à la troisième personne du singulier, celui-ci est extrêmement poignant et le lecteur se trouve complètement désappointé devant la dispersion de cette famille, jadis si unie, et devant la misère et les tragédies que les personnages ont du endurer. Roman dur et drôle à la fois, cela ne l'empêche pas d'être très émouvant !
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sld09
sld0924 janvier 2016
  • Livres 3.00/5
lu en 1991
Un roman d'apprentissage plein de mélancolie...
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araucaria
araucaria14 mars 2014
  • Livres 2.00/5
Un grand classique, que je souhaitais savourer comme un bonbon, mais qui m'a semblé fade. de ce grand auteur, je préfère de loin les "Lettres de mon moulin". Déception.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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Corboland78
Corboland7825 mars 2012
  • Livres 3.00/5
Alphonse Daudet, écrivain et journaliste est né à Nîmes en 1840 et décédé à Paris en 1897. On lui doit entre autres, Les lettres de mon moulin ou bien encoreTartarin de Tarascon. Bien qu'il soit rattaché à l'école naturaliste son oeuvre mêle la fantaisie à la peinture réaliste de la vie quotidienne. le petit Chose écrit en 1868 est le premier roman d'Alphonse Daudet, il est aussi sous certains aspects, autobiographique.

Le livre est composé de deux parties, la première nous présente Daniel Eyssette vivant avec ses parents, le père est un industriel, ses deux frères et leur cuisinière, la vieille Annou, dans une ville du Languedoc. Escroqué par un client, l'entreprise familiale s'effondre et oblige les Eyssette à déménager, ils partent s'installer à Lyon dans un petit appartement minable et infesté de cafards. Dès lors leur situation financière ira de mal en pis et la famille se disloquera, la cuisinière malade repart vers le Midi, le père se fait voyageur de commerce, la fratrie se sépare, Jacques part à Paris chercher du travail et Daniel doit quitter le collège « A Lyon, les fils de riches ne portent pas de blouse ; il n'y a que les enfants de la rue, les gones comme on dit. le professeur fit la grimace et tout de suite me prit en aversion. Jamais il ne m'appela par mon nom ; il disait toujours : « Hé ! vous là-bas, le petit Chose ! »
Daniel retourne dans sa région natale et trouve une place de pion dans un collège. Petit et timide, il a beaucoup de mal à s'imposer, n'y parvenant jamais et passant pour un personnage falot. Accusé à tort d'un fait dont il est innocent et trahi par un collègue, puis condamné par ses supérieurs pour avoir battu un élève insolent mais fils de marquis, il est à deux doigts du suicide, sauvé in extremis par un prêtre bougon mais au coeur généreux, professeur dans l'établissement.

Dans la seconde partie, Daniel rejoint son frère Jacques à Paris et lui confie ses débuts difficiles dans la vie littéraire, les poèmes qu'il s'essaie à écrire. Jacques, son aîné, le prend sous son aile, jouant le rôle de mère pour Daniel qui désormais l'appellera « ma mère Jacques ». le petit Chose est un rêveur qui voudrait être écrivain, faible et peu préparé à affronter la vie « Mon petit Daniel, tu n'es encore qu'un enfant, et même j'ai bien peur que tu sois un enfant toute ta vie », tout le contraire de son frère Jacques, un bosseur qui s'échine à gagner quelques sous dont il envoie une bonne part à sa mère et dont le rêve est plus terre à terre que celui de Daniel, il veut par l'argent de son labeur reconstituer le noyau familial disloqué. Jacques se charge du petit, qu'il se consacre à l'écriture l'esprit tranquille, lui s'occupe du reste, le ménage, les courses, l'argent et le budget.
Son premier livre est édité à compte d'auteur et son frère l'introduit chez les Pierrotte, des commerçants qu'il fréquente, aussitôt la fille de la maison en tombe amoureuse, réduisant à zéro les espoirs de Jacques qui beau joueur laisse la place à Daniel. Il faut croire que Daniel est maudit car rien jamais ne lui réussit, alors qu'on pense que le sacrifice de l'un va sauver l'autre, Jacques parti à Nice pour son travail, Daniel tombe entre les griffes d'une « actrice » qui habite le même immeuble que lui. Abandonnant « les yeux noirs » de la fille des Pierrotte, Daniel devient l'esclave consentant de l'actrice qui l'entraîne dans la débauche et les dettes, nous sommes en plein mélo comme on les aimait au XIX siècle avec le jeune homme innocent qui renie tout et tous pour une femme facile qui le mène par le bout du nez droit vers l'abîme. Finalement Jacques revient en urgence à Paris, délivre son frère de cette passion mortelle, le rabiboche avec les Pierrotte qui lui pardonnent et lui lèguent commerce et fille, tandis que Jacques s'éteint victime d'une phtisie.
J'ai bien aimé la première partie du roman, la vie de province ou au collège, le voyage jusqu'à Lyon qui prend trois jours etc. Par contre la vie Parisienne transforme le récit en un mélodrame qui aujourd'hui paraît cousu de fil blanc et si le petit Chose nous était sympathique jusqu'alors, car victime, il devient par sa faiblesse un bourreau pour celle qu'il aime et indirectement responsable de la mort de son frère qui s'est tant dévoué pour lui. Cruel comme peuvent l'être innocemment les enfants. le livre se clôt sur une note optimiste puisque que Daniel trouve femme et situation stable, mais – certainement - au prix de la fin de son rêve de devenir écrivain. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
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Ansea
Ansea06 avril 2016
  • Livres 4.00/5
Je me suis replongée dans le Petit Chose que j'avais lu dans mon adolescence. Ne m'en souvenant plus, j'ai décidé de relire ce classique. L'histoire est assez noire: faillite de la famille, enfance difficile, débuts non moins difficiles et pour couronner le tout décès prématuré du frère bien-aimé... bien des malheurs! Heureusement cela n'est jamais ennuyeux et facile à lire.
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Malahide75
Malahide7512 octobre 2015
  • Livres 3.00/5
Il y a des enfances dorées, qui laissent à l'âge adulte un goût de brioche et de caramel. Il y aussi les enfances gâchées, entre indifférence, abandon et maltraitance. Heureusement la plupart des enfances sont entre les deux, un mélange de tendresse et de cruauté qui conduit le petit d'homme vers l'âge adulte.
Celle que nous narre Daniel Eyssette, largement inspirée de celle de l'auteur, ne fait pas exception à la règle : la vie de la province au XIXe siècle qui met les enfants à rude épreuve, les revers financiers qui peuvent vite amener à la perte d'un certain confort... Mais il reste toujours l'attention et la tendresse des proches, même bourrues, et le souvenir d'un « foyer » protecteur qui peut être la motivation de toute une vie.
Paru en 1868, ce premier roman d'Alphonse Daudet a gardé une certaine fraîcheur et une certaine modernité. Ce parcours d'un enfant pour atteindre l'âge de raison n'a pas vieilli et l'on retrouve aisément l'écho de sa propre histoire : les coups du sort qui déstabilisent, le difficile apprentissage de la vie adulte, les responsabilités, les choix qu'il faut faire, les erreurs qui enseignent plus que les réussites... Et bien sûr, les illusions et les rêves qu'il faut abandonner, comme autant de langes que l'on quitte en grandissant.
C'est peut-être ce qui ressort le plus de ce roman et qui le rend intemporel. Ce constat amer, qui veut qu'un jour ou l'autre, les réalités bassement matérielles prennent le pas sur les rêveries et l'insouciance.
Un classique à lire, pour la beauté de la langue et parce que, malgré la gravité du sujet, il reste très drôle et léger.
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Hildebald
Hildebald28 décembre 2012
  • Livres 2.00/5
Mais que c'est long, que c'est déprimant, que c'est énervant.
Heureusement, le style est facile à lire, il y a peu de personnages, on ne s'embrouille pas.
Mais alors le héros...Mes aieux! Mais flinguez-le!!!
En plus d'être petit, chétif, sans force, sans caractère, timide, lent, naïf, trouillard..Il enchaîne les conneries!!
Je me suis lancée dans cette lecture car j'en avais lu une partie au collège. Lecture trop longue pour moi à l'époque, je ne l'avais jamais terminée...
Je crois que je sais pourquoi maintenant : il ne se passe rien, le héros n'est pas attachant et quand il commence à le devenir il nous fait une boulette de première.
Et j'aurais du encore plus me douter que je n'apprécierai pas ce roman après mes lectures du Moulin et de Tarascon que j'avais détesté....
Que voulez-vous, il y a des auteurs avec qui ça ne marche pas...et on se demande parfois pourquoi ils ont autant de succès...On se demande aussi pourquoi j'insiste...on y croit toujours...
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Alvano
Alvano20 juin 2015
  • Livres 4.00/5
Un roman qui démarre comme une histoire pour enfants, puis dérive vers un amour toxique et ignoble, qui m'a presque choqué : « C'est ainsi qu'ils vivaient, non ! qu'ils croupissaient ensemble, rivés au même fer, couchés dans le même ruisseau… » On était presque dans le Calvaire d'Octave Mirbeau, mais Octave Mirbeau dans son Calvaire, autobiographique, est plus attendrissant que ce petit chose.

L'humour de Daudet, donne à cette oeuvre son caractère. de très bons passages, on connaît son talent, mais aussi quelques tics littéraires, comme donner un surnom aux personnages, surnom qu'on va reprendre sans cesse. Néanmoins à lire, ne serait-ce que pour la description de cette femme pervertie et leur scène dans la chambre quand elle brûle ses lettres... un rapport malsain si bien rendu à l'écrit ! Très bon roman.
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