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ISBN : 2330028598
Éditeur : Actes Sud (2014)


Note moyenne : 2.71/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Bucky Wunderlick, rock star et messie en herbe, est en pleine crise spirituelle. Au beau milieu d’une tournée, il laisse tomber son groupe pour se terrer dans un appartement minable de l’East Village afin de mettre de la distance entre lui-m&#x... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par tedofkilter, le 19 juin 2014

    tedofkilter
    « La célébrité nécessite toutes sortes d'excès. Je parle de la célébrité véritable, de la dévoration des néons, pas du crépusculaire renom d'hommes d'Etat sur le déclin ou de rois sans couronne. Je parle de longs voyages dans un espace gris. Je parle de danger, du bord qui cerne un néant après l'autre, de la situation où un seul homme confère aux rêves de la république une dimension de terreur érotique. Comprenez l'homme contraint d'habiter ces régions extrêmes, monstrueuses et vulvaires, moites de souvenirs de profanations. Si demi-fou qu'il soit, il se trouve absorbé dans la folie absolue du public ; même entièrement rationnel, bureaucrate en enfer, génie secret de la survie, il ne peut qu'être détruit par le mépris du public pour les survivants. La célébrité, cette espèce particulière, se nourrit de scandale, de ce que les conseillers d'hommes inférieurs considéreraient comme de la mauvaise publicité – hystérie en limousines, bagarres au couteau dans l'assistance, litiges bizarres, trahisons, fracas et drogues. Peut-être l'unique loi naturelle régissant la célébrité véritable, est-elle l'homme célèbre se voit, à la fin, contraint de se suicider. »
    Peut-on échapper à son destin ?
    Choix audacieux de la part de Bucky Wunderlick, une rock star / messie, en plantant son groupe au milieu d'une tournée et en partant se réfugier dans un miteux appartement dans « Great Jones Street ». Son isolement ne va pas être de longue durée, car très vite son manager, sa petite amie, des personnages plus ou moins proches et plus ou moins mal intentionnés vont commencer à graviter autour de lui, tirant partie de sa notoriété, de sa faiblesse temporaire, de sa résignation. Pendant que les rumeurs folles et incohérentes courent dans les rues de tout le pays sur le sort de Bucky, celui-ci abandonne toute ambition et se laisse porter par les situations. Mais à trop se laisser faire ne forçons nous pas les gens à faire de nous ce qu'ils leurs plait ?
    Don Delillo écrit comme Steve Reich compose de la musique, c'est minutieux mais bancal. Chaque mot, chaque phrase a son importance chez Don Delillo, au risque de perdre le lecteur – Et encore sur Great Jones Street c'est du très abordable – son roman crée un tout compact qui n‘offre pas à un œil distrait le loisir d'être lu simplement. Tout comme la musique de Steve Reich il faut de l'investissement de la part du lecteur, accepter la logique de l'auteur, tolérer l'irréalisme des dialogues et les préoccupations des personnages. Car les personnages de Don Delillo évoluent dans une sphère toute autre. Certains servent même seulement à incarner une idée et n'existent que pour ça.
    Bancal, oui mais foutrement bien bancal, la progression est logique mais toujours avec un léger décalage, comme si Delillo souhaitait mettre l'accent sur l'aspect superficiel que peut représenter le temps et marquer encore plus le fait que Bucky a décidé d'arrêter d'avancer.
    Pour comprendre mon idée de comparaison avec Steve Reich je me dois de vous expliquer une invention du compositeur. Un jour, par accident et à cause d'un magnétophone défaillant qui lisait légèrement plus vite que la normale, Steve Reich découvrit le « Dephasing ». Cette technique consiste à prendre, par exemple, deux pianos qui vont jouer la même partition mais un des deux va la jouer légèrement plus vite. Les deux mélodies, qui sont à la base similaires, vont se « desynchroniser » progressivement, créant une autre mélodie et surtout une sensation d'irréalité, de motif onirique qui ne devrait pas exister. Ces « déphasages » sont plus ou moins long mais les deux instruments finissent à un moment ou un autre par se reconnecter, se resynchroniser.
    Avec « Great Jones Street » nous assistons au même processus entre la réalité et Bucky qui jouent la même partition, mais Bucky décide de la ralentir, et c'est là toute l'intelligence de Don Delillo, car mis à part une technique d'écriture et un choix du vocabulaire incroyable, il arrive à nous entrainer dans une sorte de rêve éveillé sans autre artifice, rêve qui sera fatalement resynchronisé avec la réalité.
    Une grosse claque pour la réédition d'un roman de jeunesse de l'auteur. Une merveille à prendre le temps de découvrir.


    Lien : http://www.undernierlivre.net
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    • Livres 3.00/5
    Par DAYTONA, le 15 août 2014

    DAYTONA
    En 1973 exactement, année où l'auteur américain écrit Great Jones Street, son troisième roman, deux ans après Americana. Un livre plein de rock et d'hystérie, furieux reflet de la décennie sixties, à l'heure des Stones, de Morrison et de Dylan. DeLillo nous raconte la célébrité, mais pas n'importe laquelle. « Je parle de la célébrité véritable, de la dévoration des néons, pas du crépusculaire renom d'hommes d'État sur le déclin ou de rois sans couronne. Je parle de longs voyages dans un espace gris. Je parle de danger, du bord qui cerne un néant après l'autre, de la situation où un seul homme confère aux rêves de la République une dimension de terreur érotique. »
    Bucky Wunderlick, héros et narrateur, incarne tout cela. Il a 26 ans, c'est une rock star doublée d'un prophète. Au milieu d'une tournée, il abandonne son groupe pour se terrer dans un appartement de l'East Village new-yorkais. Pas vraiment un burn out, plutôt une crise spirituelle, comme le veut l'air du temps. Pendant que les fans attendent le prochain message que l'idole Bucky délivrera, les parasites défilent dans le terrier : manager crapule, ancienne amante, dealer... le voisin du dessus fait les cent pas toute la journée, à la recherche de l'inspiration. Il est écrivain et travaille à quelque chose de nouveau : de la « littérature pornographique pour enfants ». La dame d'en bas cache un gamin difforme qui crie quand il rêve. Tout est à l'avenant : étrange, déroutant, drôle aussi. Difficile, dans cette mesure, de dégager le fil de l'intrigue. On comprend que deux paquets ont disparu. L'un contient des bandes de chansons inédites, qui pourraient assurer le retour en grâce de Bucky ; l'autre, des échantillons d'une nouvelle drogue aux pouvoirs mystérieux, dont celui de pousser celui qui y goûte à former non plus des mots, mais des sons. Effet miroir, puisque les échanges ne conduisent ici qu'à la perte du sens, chaque personnage étant enfoui loin en lui-même, inapte au face-à-face. Ce qui importe, désormais, c'est le soulèvement collectif, la masse qui s'électrise, la présence aveuglante d'un guide.
    Don DeLillo a écrit une satire. Celle d'un temps, en pleine guerre du Viêtnam, où le moindre refrain contestataire, jusqu'au plus abrutissant, pouvait devenir un hymne - en témoignent les tubes de Bucky qui émaillent le récit, par exemple « Vietcong chérie ». Celle aussi du rock, des médias, de l'art contemporain... Soit à peu près tout ce qui compose l'époque. le goût de la dérision n'empêche cependant pas Great Jones Street de distiller une authentique poésie, citadine et crasseuse, qui culmine dans le dernier chapitre, sorte de collage sensoriel. La ville se dessine sous la pluie. On ne parle plus de célébrité, mais de l'inverse. Regard sur les marginaux, les anonymes. « Une population errante de sorcières et de vagabonds orageux. Ils se traînaient dans les rues mouillées en parlant des langues plus anciennes que des pierres ensevelies dans le sable. Lits et punaises. Hommes et poux. Gonocoques nichés dans l'étreinte de l'amour.

    Lien : http://www.magazine-litteraire.com/critique/fiction/great-jones-stre..
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    • Livres 4.00/5
    Par nathalie_MarketMarcel, le 29 mai 2012

    nathalie_MarketMarcel
    Le narrateur Bucky Wunderlick est une rock-star qui abandonne son groupe en pleine tournée, pour aller s'enfermer dans un appartement miteux de New York. C'est l'hiver et il est en plein vide intérieur. Peu à peu un fil paranoïaque se tisse autour du narrateur… Pendant ce temps, les rumeurs courent le pays à son propos, Bucky a été vu absolument partout !
    On a la peinture de personnages paumés et vides mais la description du délire autour des stars du rock est à mon sens très réussie dans son exagération. Les contacts du groupe avec la foule et leur folie viscérale sont présentés comme un flirt constant avec la mort, le sang et l'anéantissement de l'individu. le chanteur est pris dans un tourbillon qu'il ne maîtrise pas.
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    • Livres 4.00/5
    Par natalieH, le 09 juillet 2014

    natalieH
    Un des premiers romans de Don de Lillo, où l'on retrouve les thèmes qui occuperont les textes postérieurs : la déchéance, l'errance, la création, le monde artistique, la musique. On trouve déjà la présence forte des dialogues, le caractère erratique de l'écriture, construite sur des décalages, des échanges étonnants, le coq à l'âne, une traduction semblant des plus littérales.
    L'auteur fait le récit paranoïaque d'un monde régi et traversé par le pouvoir de l'argent, dont il n'est possible d'échapper que par les mots (quand ils ne se dérobent pas), la fuite au désert, ou l'anormalité. Une galerie de portraits marquante, -une rock star en cavale, un écrivain miteux, un dealer, une égérie mélancolique-, parcourent l'univers créé par de Lillo, univers urbain extrêmement concret, sombre et enneigé, hanté par la mort.
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    • Livres 2.00/5
    Par elisav75, le 07 août 2014

    elisav75
    Bucky Wunderlinck, rock star, s'est retiré du monde du showbiz pour vivre en ermite dans un appartement miteux de l'East Village. En pleine crise existentielle, il côtoie de sombres personnages, scories d'un monde en plein chaos. Ce livre symbole de la pop culture, comme écrit sous acide, ne se laisse pas facilement appréhender. Et j'avoue que je suis restée en dehors...
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Critiques presse (3)


  • LeMonde , le 01 juillet 2011
    Avec ses défauts et ses imperfections, Great Jones Street trouve finalement sa place dans l'oeuvre consacrée de son auteur : certains livres gagnent à s'émanciper de leur contexte.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 22 juin 2011
    Absurdes et désespérés, ses dialogues font mouche. Lunaires et nauséeuses, ses images frappent la rétine.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LesEchos , le 21 juin 2011
    Style puissant, images fortes, logorrhées philosophiques et dialogues volontiers abscons... tout les « gimmicks » de l'écrivain sont déjà au rendez-vous. Sur le fond, […] une véritable mise en abyme de l'âge d'or du rock & roll, sévère et pas glamour pour un sou.
    Lire la critique sur le site : LesEchos

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Citations et extraits

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  • Par Lulu_Off_The_Bridge, le 06 janvier 2013

    La célébrité nécessite toutes sortes d'excès. Je parle de la célébrité véritable, de la dévoration des néons, pas du crépusculaire renom d'hommes d'État sur le déclin ou de rois sans couronne. Je parle de longs voyages dans un espace gris. je parle de danger, du bord qui cerne un néant après l'autre, de la situation où un seul homme confère aux rêves de la république une dimension de terreur érotique. comprenez l'homme contraint d'habiter des régions extrêmes, monstrueuses et vulvaires, moites de souvenirs et de profanations. Si demi-fou qu'il soit, il se trouve absorbé dans la folie absolue du public ; même entièrement rationnel, bureaucrate en enfer, génie secret de la survie, il ne peut qu'être détruit par le mépris du public pour les survivants.
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  • Par DAYTONA, le 19 août 2014

    Nous sommes une holding. Nous avons des filiales partout. Et sais-tu ce qu’elles font sans relâche ? Elles hurlent à la mort pour avoir à bouffer. Nourris-moi, nourris-moi. Il y avait des sommes colossales en jeu, dans ton numéro de disparition. Toutes ces sociétés à la gueule béante qui attendaient leur vermisseau du petit-déjeuner, leur vermisseau du déjeuner, leur vermisseau du dîner.

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  • Par BuffleDo, le 30 juillet 2013

    Je pensais que c'était mieux d'aller dans un endroit totalement différent. Tout était fini. Même comment se fringuer, plus personne ne savait. La musique n'avait plus le même sens. J'avais l'habitude de disparaître totalement dans ce son. Mais ça s'est arrêté. On fait quoi quand quelque chose s'arrête ? Je me suis dit que le mieux était de partir.

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  • Par DAYTONA, le 06 août 2014

    C'était une vieille rue. Ses matériaux étaient son essence même, ce qui explique sa laideur centimètre après centimètre. Mais on n'était pas dans le sordide irrévocable. Certaines rues qui dépérissent sont dotées d'une sorte de coefficient rédemption, de suggestion quant à de nouvelles formes sur le point de se développer, et Great Jones était de celles-là, suspendue dans l'attente du moment où elle se révélerait.
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  • Par DAYTONA, le 15 août 2014

    Elle était vêtue de surfaces moirées et de zébrures plissées et elle irradiait d'un éclat étudié, d'une grâce commerciale, manifeste dans la façon déliée qu'elle avait de déplacer son poids d'une hanche sur l'autre pour orchestrer une sorte d'élégante violence du corps.

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