> Fernando Krahn (Illustrateur)
> Céline Leroy (Traducteur)

ISBN : 2742783482
Éditeur : Actes Sud


Note moyenne : 3.22/5 (sur 168 notes) Ajouter à mes livres
Boston, années 1960, dans les caves d'une librairie d'occasion en faillite. Firmin, rat des villes, nourri (au sens propre comme au sens figuré) de Grande Littérature, se rêve en James Joyce ou au moins en Fred Astaire. Mais ses fantasmes de passion hollywoodienne, d'am... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par liliba, le 29 février 2012

    liliba
    C'est Firmin le narrateur de cette histoire, et il nous conte sa vie, qui est pour le moins assez originale ! Il faut dire que Firmin est un rat, oui ! Mais pas un rat commun, puisqu'il découvre dès son plus jeune âge qu'il est capable de… lire ! Bien sûr, voir le jour dans les sous-sols d'une librairie de Boston a sans doute aidé à développer cette étonnante capacité pour un animal, et être entouré de livres, qu'il a commencé par grignoter sans vergogne, lui a donné le « goût » des mots et des lettres. Mais Firmin, s'il peut lire ce qu'écrivent les hommes ne peut pas pour autant communiquer avec eux, leur parler, et doit faire face à la répulsion générale envers sa race, pourchassée indéfiniment et avec opiniâtreté par les humains.

    Fort heureusement, une rencontre avec un romancier qui le prendra en amitié changera sa vie et lui assurera un avenir meilleur, un avenir dont aucun de ses congénères n'aurait pu rêver…



    J'ai adoré le début de cette histoire, très originale, mais me suis lassée avant le milieu du roman des états d'âme de Firmin. En effet, le rat, loin d'être reconnaissant, fait montre d'un esprit revanchard et assez sournois (normal, pour un rat, me direz-vous). Il n'hésite pas à mordre la main qui lui tend gentiment de la nourriture et passe une bonne partie de son temps à récriminer, geindre et critiquer, ce qui devient un peu agaçant. Bien sûr, on peut lui pardonner parce que, rejeté de tous du fait de son étonnante faculté, il se retrouve seul et n'est ni accepté par le monde des rats, ni par celui des hommes ! Mais il semble que ses très nombreuses lectures ne l'aient pas rendu « meilleur » et c'est à mon sens pour cela qu'il est rat, et le restera (ah ah, admirez le jeu de mot !).

    Le roman est bourré de références littéraires que j'ai eu envie de noter, ce que ma paresse m'a empêché de faire, et je suis bien punie ! Certains passages sont très drôles, d'autres assez émouvants, et d'autres encore vraiment magnifiques sur l'appétit que l'on peut avoir pour les livres et la place qu'ils peuvent prendre dans une vie. Mais l'ensemble m'a semblé un tantinet longuet, même si le sujet abordé, la différence et le rejet qu'entraine cette différence, est intéressant, de même que la façon dont il est traité. le cousin Ratatouille de Firmin est moins intello, mais bien plus sympathique ! Et Firmin, bien que terriblement malheureux de n'être pas doté de la parole, est bien saoulant au bout d'un certain temps… Dommage !


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  • Par LiliGalipette, le 07 février 2010

    LiliGalipette
    Roman de Sam Savage.
    Citation du bandeau promotionnel: "Firmin, le rat que Walt Disney aurait inventé s'il avait été Borges. Si lire est ton plaisir et ton destin, ce livre a été écrit pour toi." Alessandro Baricco.
    Firmin a vu le jour dans le carphanaüm du sous-sol de la librairie Pembroke Books de Boston, sur les pages de Finnegans Wake, "le chef-d'oeuvre le moins lu du monde." (p. 19) Flo, sa mère, est une souris obèse et ivrogne qui ne rentre au nid que pour distribuer son lait alcolisé à ses douze frères et soeurs. Douze tétins, treize souriceaux, le compte est faux. Firmin est un avorton qui gagne rarement sa place au jeu des mamelles musicales. Pour survivre, il grignote ce qu'il a sous les dents: des livres. Et encore des livres. Sans le savoir, il apprend à lire. Sa biblio-boulimie le rend aventureux. De rayons en étagères, il explore la librairie et accroît sa culture littéraire. Sa rencontre avec le libraire Norman Shine marque le tournant de son existence. Mais c'est auprès de l'écrivain raté Jerry Magoon, auteur de science-fiction minable, qu'il va vivre ses plus belles heures. Autour de lui, le quartier de Scollay Square est voué à la démolition. Chaque jour est le témoin d'un ballet de pelleteuses de plus en plus étendu. Les immeubles tombent les uns après les autres. Tout l'univers de Firmin s'effondre à mesure qu'il se retrouve seul.
    La biblio-boulimie, quelle maladie géniale! Se goinfrer de Dickens, de Fitzgerald, de Gogol et de Steinbeck, picorer un peu de Spinoza, de Lewis Carroll et de Stendhal, et finir avec une part de Flaubert et de Faulkner, c'est le repas idéal! Il a ses préférés: il cite allégrement la Lolita de Nabokov ou Anna karénine de Tolstoï, et il s'identifie sans vergogne à L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Cervantès. "J'ai découvert un lien remarquable, une sorte d'harmonie préétablie, entre goût et qualité littéraire. Pour savoir si un livre valait la peine d'être lu, je n'avais qu'à grignoter une portion de l'espace imprimé. [...] "Bon à manger, bon à lire est devenu ma devise." (p. 52)
    Alors, Firmin est-il un autre Rémi (voir le film d'animation Ratatouille), un autre rongeur qui s'élève au-dessus de sa condition, qui veut offrir aux siens la découverte d'un monde nouveau fait de saveurs nouvelles? Non. Firmin ne se fait aucune illusion sur la bêtise mêlée d'atavisme de sa fratrie et de ses congénères. Et il l'énonce férocement: "La seule littérature que je hais de toute mon âme est la littérature consacrée aux rats, souris comprises. Je méprise ce bon vieux Ratty dans du vent dans les saules. Je pisse à la raie de Mickey Mouse et de Stuart Little. Si affables, si mignons avec leurs petites pattes, ils me restent en travers de la gorge comme de grosses arêtes de poisson." (p. 56 & 57) Voilà une bestiole bien antipathique! Je ne suis pas une fan inconditionnelle de Mickey, et Stuart Little ne m'a jamais fait fondre, mais Ratty a fait les belles heures de mes premières lectures!
    Firmin méprise son espèce, le monde entier et les humains en particulier, leur physique glabre, leurs habitudes dégoutantes. "Le mot 'infester' m'intéresse assez. Les gens normaux n'infestent pas, ils n'y arriveraient pas s'ils le voulaient. Seuls les puces, les rats et les juifs infestent." (p. 85) Mais il y a des humains qui trouvent grâce à ses yeux: les acteurs. Quand il ne dévore pas des livres, il passe des heures au cinéma, à voir et revoir les films de Fred Astaire et de Ginger Rogers, pour mieux s'imaginer dans leur peau, et vivre ses aventures au rythme de leurs sauts et entrechats. Il adule aussi les filles, ses "mignonnes", des films qui passent après minuit, en rêvant de posséder ces corps tout en courbes.
    Firmin est un avorton rétroprognathe. Il est mythomane, pervers, sexuellement déviant et obsédé par les corps de femmes. Il est cynique et méprise la race humaine. Féru de phrénologie, il catalogue les humains selon leur caractère, sans pitié. Mais comme dit l'autre, "on n'empêche pas un petit coeur d'aimer". Sa courte existence est traversée de passions. La première pour Norman Shine, dont une touffe de cheveux a masqué la bosse de la traîtrise, tourne court. Jerry Magoon est le second humain qu'il aime, tout en toisant avec un mépris mêlé de condescendance ses habitudes d'alcolique.
    Le malheur de Firmin, c'est de posséder l'intelligence d'un humain, coincée dans le corps malingre d'un rongeur honni. C'est aussi d'avoir conscience de sa grande supériorité intellectuelle sans pouvoir la partager, ni s'exprimer. Il se voudrait aristocrate, il n'est que bourgeois. Fin gourmet littéraire, il est aussi mélomane et pianiste, et il exécute avec talent les oeuvres de Gershwin ou de Cole Porter. Mais ses talents artistiques ne sont que facéties aux yeux de Jerry qui pleure de rire quand il le voit penché sur un ouvrage quatre fois plus gros que lui ou assis devant un piano d'enfant. L'art ne rapproche pas les espèces, et Firmin n'est que le facétieux animal de compagnie d'un ivrogne utopiste.
    Scollay Square, véritable quartier du vieux Boston, subit la loi de la modernisation. Les immeubles qui tombent sont autant de chef-d'oeuvres de la littérature qui disparaissent dans les abîmes de l'oubli, au grand désespoir de Firmin. le petit rongeur au corps débile me rappelle le vieil aveugle sénile, Jorge de Burgos, du Nom de la rose. Ils sont tous les deux habités par leurs innombrables lectures, ils sont des bibliothèques vivantes vouées à disparaître.
    Le texte est richement agrémenté par les illustrations de Fernando Krahn, qui a vraiment su tirer des mots une figure hideuse de petit rat tordu. La première de couverture du livre original est, à mon avis, bien plus réussie que celle choisie par Actes Sud, mais je ne vais pas chipoter sur les questions éditoriales.
    Le livre se lit vite, un sourire narquois au coin des lèvres. A ce petit rat prétentieux et méprisant, j'ai souvent eu envie de dire: "Puisque tu n'aimes pas les humains, va vivre ailleurs!" J'aurais bien placé des tapettes au coin des pages... Je conseille ce texte aux amateurs d'humour noir et grinçant et de folie douce.


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  • Par LiliGalipette, le 30 janvier 2010

    LiliGalipette
    Roman de Sam Savage.
    Citation du bandeau promotionnel: "Firmin, le rat que Walt Disney aurait inventé s'il avait été Borges. Si lire est ton plaisir et ton destin, ce livre a été écrit pour toi." Alessandro Baricco.
    Firmin a vu le jour dans le carphanaüm du sous-sol de la librairie Pembroke Books de Boston, sur les pages de Finnegans Wake, "le chef-d'oeuvre le moins lu du monde." (p. 19) Flo, sa mère, est une souris obèse et ivrogne qui ne rentre au nid que pour distribuer son lait alcolisé à ses douze frères et soeurs. Douze tétins, treize souriceaux, le compte est faux. Firmin est un avorton qui gagne rarement sa place au jeu des mamelles musicales. Pour survivre, il grignote ce qu'il a sous les dents: des livres. Et encore des livres. Sans le savoir, il apprend à lire. Sa biblio-boulimie le rend aventureux. De rayons en étagères, il explore la librairie et accroît sa culture littéraire. Sa rencontre avec le libraire Norman Shine marque le tournant de son existence. Mais c'est auprès de l'écrivain raté Jerry Magoon, auteur de science-fiction minable, qu'il va vivre ses plus belles heures. Autour de lui, le quartier de Scollay Square est voué à la démolition. Chaque jour est le témoin d'un ballet de pelleteuses de plus en plus étendu. Les immeubles tombent les uns après les autres. Tout l'univers de Firmin s'effondre à mesure qu'il se retrouve seul.
    La biblio-boulimie, quelle maladie géniale! Se goinfrer de Dickens, de Fitzgerald, de Gogol et de Steinbeck, picorer un peu de Spinoza, de Lewis Carroll et de Stendhal, et finir avec une part de Flaubert et de Faulkner, c'est le repas idéal! Il a ses préférés: il cite allégrement la Lolita de Nabokov ou Anna karénine de Tolstoï, et il s'identifie sans vergogne à L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Cervantès. "J'ai découvert un lien remarquable, une sorte d'harmonie préétablie, entre goût et qualité littéraire. Pour savoir si un livre valait la peine d'être lu, je n'avais qu'à grignoter une portion de l'espace imprimé. [...] "Bon à manger, bon à lire est devenu ma devise." (p. 52)
    Alors, Firmin est-il un autre Rémi (voir le film d'animation Ratatouille), un autre rongeur qui s'élève au-dessus de sa condition, qui veut offrir aux siens la découverte d'un monde nouveau fait de saveurs nouvelles? Non. Firmin ne se fait aucune illusion sur la bêtise mêlée d'atavisme de sa fratrie et de ses congénères. Et il l'énonce férocement: "La seule littérature que je hais de toute mon âme est la littérature consacrée aux rats, souris comprises. Je méprise ce bon vieux Ratty dans du vent dans les saules. Je pisse à la raie de Mickey Mouse et de Stuart Little. Si affables, si mignons avec leurs petites pattes, ils me restent en travers de la gorge comme de grosses arêtes de poisson." (p. 56 & 57) Voilà une bestiole bien antipathique! Je ne suis pas une fan inconditionnelle de Mickey, et Stuart Little ne m'a jamais fait fondre, mais Ratty a fait les belles heures de mes premières lectures!
    Firmin méprise son espèce, le monde entier et les humains en particulier, leur physique glabre, leurs habitudes dégoutantes. "Le mot 'infester' m'intéresse assez. Les gens normaux n'infestent pas, ils n'y arriveraient pas s'ils le voulaient. Seuls les puces, les rats et les juifs infestent." (p. 85) Mais il y a des humains qui trouvent grâce à ses yeux: les acteurs. Quand il ne dévore pas des livres, il passe des heures au cinéma, à voir et revoir les films de Fred Astaire et de Ginger Rogers, pour mieux s'imaginer dans leur peau, et vivre ses aventures au rythme de leurs sauts et entrechats. Il adule aussi les filles, ses "mignonnes", des films qui passent après minuit, en rêvant de posséder ces corps tout en courbes.
    Firmin est un avorton rétroprognathe. Il est mythomane, pervers, sexuellement déviant et obsédé par les corps de femmes. Il est cynique et méprise la race humaine. Férue de phrénologie, il catalogue les humains selon leur caractère, sans pitié. Mais comme dit l'autre, "on n'empêche pas un petit coeur d'aimer". Sa courte existence est traversée de passions. La première pour Norman Shine, dont une touffe de cheveux a masqué la bosse de la traîtrise, tourne court. Jerry Magoon est le second humain qu'il aime, tout en toisant avec un mépris mêlé de condescendance ses habitudes d'alcolique.
    Le malheur de Firmin, c'est de posséder l'intelligence d'un humain, coincée dans le corps malingre d'un rongeur honni. C'est aussi d'avoir conscience de sa grande supériorité intellectuelle sans pouvoir la partager, ni s'exprimer. Il se voudrait aristocrate, il n'est que bourgeois. Fin gourmet littéraire, il est aussi mélomane et pianiste, et il exécute avec talent les oeuvres de Gershwin ou de Cole Porter. Mais ses talents artistiques ne sont que facéties aux yeux de Jerry qui pleure de rire quand il le voit penché sur un ouvrage quatre fois plus gros que lui ou assis devant un piano d'enfant. L'art ne rapproche pas les espèces, et Firmin n'est que le facétieux animal de compagnie d'un ivrogne utopiste.
    Scollay Square, véritable quartier du vieux Boston subit la loi de la modernisation. Les immeubles qui tombent sont autant de chef-d'oeuvres de la littérature qui disparaissent dans les abîmes de l'oubli, au grand désespoir de Firmin. le petit rongeur au corps débile me rappelle le vieil aveugle sénile, Jorge de Burgos, du Nom de la rose. Ils sont tous les deux habités par leurs innombrables lectures, ils sont des bibliothèques vivantes vouées à disparaître.
    Le texte est richement agrémenté par les illustrations de Fernando Krahn, qui a vraiment su tirer des mots une figure hideuse de petit rat tordu. La première de couverture du livre original est, à mon avis, bien plus réussie que celle choisie par Actes Sud, mais je ne vais pas chipoter sur les questions éditoriales.
    Le livre se lit vite, un sourire narquois au coin des lèvres. A ce petit rat prétentieux et méprisant, j'ai souvent eu envie de dire: "Puisque tu n'aimes pas les humains, va vivre ailleurs!" J'aurais bien placé des tapettes au coin des pages... Je conseille ce texte aux amateurs d'humour noir et grinçant et de folie douce.


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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 28 mars 2012

    Corboland78
    Sam Savage est né en 1941 aux Etat-Unis et ce Firmin est son premier livre, paru en 2006 outre-atlantique, c'est à dire que l'auteur avait soixante-cinq ans ! Voilà une vocation bien tardive mais qui contredit l'autre lorsque il écrivait que « la valeur n'attend pas le nombre des années », car ce roman est très réussi et très amusant.
    Le titre exact du livre est Firmin, autobiographie d'un grignoteur de livres. Et le titre dit tout car il s'avère que Firmin est un rat, un rongeur né dans les années 60 dans un vieux quartier de Boston voué à la démolition. Très tôt il se sent différent de sa famille, trop frustre à son goût, mère alcoolique, frères et sœurs rustauds, Firmin se sent un peu décalé par rapport à ses congénères et sa solitude va le conduire à vivre chez un libraire qui tient une très vieille boutique où s'entassent des piles de livres en un fatras dont seul le propriétaire connaît les ressources. Notre rat va commencer par manger et grignoter les ouvrages avant d'en retirer la substantifique moelle. Ses lectures vont bientôt lui permettre de mieux comprendre l'espèce humaine mais il aura beaucoup de mal à communiquer avec les hommes même s'il s'essaie au langage des sourds. A signaler entre autres talents, celui de jouer du piano avec un instrument jouet pour enfant.
    Son quartier disparaît petit à petit, sa race n'est plus qu'un souvenir, cherchant la reconnaissance il va être recueilli par un écrivain marginal qui va s'occuper de lui mais leurs liens d'amitié ne seront pas à la hauteur des espérances de Firmin.
    Le livre est très amusant à lire, on ne peut s'empêcher de penser au dessin animé Ratatouille (le fameux rat qui voulait être cuisinier) mais en même temps, le ton est plus noir. Ce sont les limites du roman, d'un côté un aspect dessin animé pour les enfants, de l'autre une tristesse et une noirceur plus pour les adultes, au final on ne sait pas trop où classer l'ouvrage, mais en tout cas un excellent moment de lecture. Sam Savage peut-il écrire un autre roman ? Rien n'est moins sûr.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ellcrys, le 18 mai 2010

    Ellcrys
    Il y a des auteurs qui ont le don de vous faire vous identifier à n'importe qui, n'importe quoi. Sam Savage est un de ceux-là. le héro de son premier roman n'est autre qu'un rat, mais attention, il ne s'agit pas de n'importe quel rat. Firmin (c'est son prénom) est un rat fantastique qui aime lire et qui dévore (au propre comme au figuré) les milliers de livres de Pembroke Books, la librairie de Norman Shine, où ce jeune rat à fait son nid. Firmin est aussi un rat avec plein d'imagination, ainsi, il se rêve en poète qui voyage de part le monde, en Fred Astair entouré de "Mignonnes".Mais voilà, Firmin est aussi un rat chétif, fragile qui s'est vu privé du lait maternelle au goût d'alcool (eh oui, Flo sa mère était une rate alcoolique) par ses douze frères et soeurs, qui le maltraitaient à l'occasion. Firmin est donc un rat solitaire dans un monde fou.

    Contre toutes attentes, ce roman m'a charmé et ému. Et oui ! le talent de Sam Savage, outre sa très belle plume, est là ; je me suis complètement identifiée à Firmin. J'étais Firmin. Dès lors, les pages se sont enchaînées, j'ai ris, j'ai souris, j'ai pleuré. La fin du roman m'a littéralement laissé en larmes. Ce roman mêle tous ce qu'il faut : vieux quartier en perdition, humour, tristesse, passion, personnages hors du commun, livres... Quelques belles illustrations en noir et blanc, de Fernando Krahn, viennent offrir au lecteur un plaisir de plus.Firmin m'a fait du bien et je trouve que c'est une belle lecture, une belle histoire par ce mois d'octobre (prémisse d'un merveilleux automne).Tous cela pour vous dire de ne surtout pas hésiter à lire ce roman magnifique et sympathique.
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Citations et extraits

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  • Par kathy, le 28 mai 2012

    Parfois les livres étaient rangés sous le panneau correspondant à leur genre, mais il n'était pas rare qu'ils atterrissent un peu n'importe où. Au fur et à mesure que j'apprenais à connaître les humains, je me suis aperçu que les gens aimaient "Pembroke Books" justement à cause de ce capharnaüm. Ils ne venaient pas que pour faire de la gratte sur quelques livres. Ils venaient là pour se perdre dans les allées. Ils appelaient ça fouiner, mais leurs regards s'apparentaient davantage à de l'excavation ou à de l'exploitation minière. J'étais toujours étonné qu'ils n'entrent pas équipés de pelles. Ils creusaient à mains nues, parfois jusqu'aux aisselles, dans l'espoir de déterrer un trésor, et lorsqu'ils extrayaient une pépite littéraire d'une montagne de déchets, ils étaient encore plus ravis que s'ils l'avaient trouvée et achetée directement après avoir franchi la porte. De ce point de vue, faire ses emplettes chez "Pembroke" ressemblait à la lecture : impossible de deviner ce que vous réserve la page suivante - l'étagère, le carton ou la pile d'à côté -, tout le plaisir tient dans la surprise.
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  • Par kathy, le 28 mai 2012

    En Afrique, on a déjà vu des enfants manger de la terre en période de famine. Quand on a faim, on est prêt à avaler n'importe quoi. Le simple fait de mastiquer, d'avaler quelque chose, sans nourrir forcément le corps, nourrit les rêves. Et les rêves de nourriture valent bien les autres - vous pouvez en vivre jusqu'à la mort.
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  • Par ZiziMuleATresse, le 25 novembre 2010

    J’ai toujours imaginé que si, d’aventure, j’écrivais un jour l’histoire de ma vie, la première phrase en serait saisissante : quelque chose de lyrique à la Nobokov, «Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins» ou de radical à la Tolstoï au cas où le lyrisme me ferait défaut, «Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuse chacune à leur façon». Les gens se rappellent ces mots, même quand ils ont tout oublié du livre qui va avec. Mais à mon avis, en matière d’amorce, on n’a jamais surpassé celle du Bon soldat de Ford Madox Ford : «Voici l’histoire la plus triste qu’il m’ait été donnée d’entendre.» J’ai beau l’avoir lu des dizaines de fois, j’en reste encore comme deux ronds de flan. Ford Madox Ford, lui c’était un grand.
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  • Par GribouilleChat, le 29 août 2009

    "Est-il possible que moi, malgré mon invraisemblable apparence, j'aie une Destinée? me demandais-je. Et par Destinée, j'entendais le genre d'existence que mènent les personnages d'une histoire et qui, si chahutés, bousculés par les événements d'une vie soient-ils, sont finalement chahutés et bousculés avec une certaine cohérence. Dans les histoires, la vie a un sens, suit une direction. Même les plus stupides et insignifiantes, comme celle de Lenny dans Des souris et des hommes, parce qu'elles s'inscrivent dans une histoire, acquièrent au moins la dignité d'être des Vies Stupides et Insignifiantes, la consolation d'être des références en quelque chose. Dans la vie réelle, nous n'avons même pas cela." (p.54)
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  • Par liliba, le 29 février 2012

    Dans les premiers temps, mon appétit était primitif, orgiaque, imprécis, goinfre – une bouchée de Faulkner ou une bouchée de Flaubert, je ne faisais pas la différence -, mais il ne m’a pas fallu longtemps pour discerner quelques nuances. J’ai tout d’abord remarqué que chaque livre avait un goût propre – sucré, aigre, amer, aigre-doux, rance, salé, acide. J’ai également constaté que chacune de ces saveurs – puis, au fur et à mesure que mes sens s’aiguisaient, que la saveur de chaque page, chaque phrase et finalement chaque mot – s’accompagnait d’une série d’images et de représentations dont je ne savais pourtant rien vu mon expérience très limitée de la prétendue réalité : gratte-ciels, ports, chevaux, cannibales, arbre en fleur, lit défait, femme noyée, garçon volant, tête tranchée, ouvriers levant les yeux aux hurlements d’un idiot, sifflet d’un train, rivière, radeau, rayons obliques du soleil dans une forêt de bouleaux, main caressant une cuisse nue, casemate dans la jungle, ou moine agonisant
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