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ISBN : 275783505X
Éditeur : Points (2014)


Note moyenne : 4/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Retrouvées après la mort de Raymond Carver, ces cinq nouvelles inédites sont autant de variations subtiles sur les grands thèmes carvériens : la séparation, la dépendance, le mensonge...

Carver nous livre le matériau brut de son ascèse litté... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 07 août 2015

    Nastasia-B
    Minimaliste et intimiste, Raymond Carver sait, au travers de ce recueil de cinq nouvelles, nous faire pénétrer dans l'univers des classes moyennes et d'âge moyen dans les États-Unis des années 1980 (éventuellement, fin 1970).
    Rien de spectaculaire, pas de chichi, pas d'enquête surprenante, pas de scénario alambiqué : seulement de petites tranches de vie de gens qui ont vécu ; des personnages qui ont un passé, une épaisseur, qui ont tissé des liens et parfois les ont rompu, qui ont connu des joies, des peines, qui ne sont ni bons ni méchants mais qui souvent se remettent en question, souhaitent changer de vie, se débattent avec l'alcool ou ont usé leur relation conjugale.
    (On suppose, à lire ces lignes qui sentent tellement le vrai, que derrière la fiction, l'auteur y a injecté une bonne dose d'autobiographie tellement ses personnages lui ressemblent, à des degrés divers, ou bien sont des copies quasi conformes de celles et ceux qui ont partagé sa vie.)
    Ce sont cinq nouvelles fortement empreintes de nostalgie et teintées d'un sentiment de vouloir tourner la page sans le vouloir vraiment, parce que c'est encore trop frais, parce que ça fait encore trop mal, parce que c'est tout de même une manière de déchirement qui s'opère, sous des airs d'être enveloppé dans du velours.
    Ce sont cinq nouvelles très cohérentes entre elles, où l'on peut facilement et sans délai d'adaptation glisser de l'une à l'autre grâce à un choix éditorial judicieux. (Je ne sais pas si tel est le cas dans l'édition américaine mais ici, pour la traduction française, les nouvelles ont été agencées de façon à ce qu'un ou plusieurs élément(s) de la nouvelle suivante rappelle(nt) la précédente et ainsi de suite jusqu'à la dernière qui pourrait à son tour amorcer la toute première, rendant ainsi le recueil parfaitement circulaire.)
    Presque à chaque fois, on retrouve, sur la côte ouest des USA, un couple de quadra/quinquagénaires qui bat plus ou moins de l'aile ou bien alors un seul des membres du couple, le tout essayant de se rabibocher du mieux possible avec une évidente bonne volonté mais sans beaucoup de résultats.
    Car la bonne volonté ne suffit pas toujours, surtout si l'alcool s'est invité dans le couple et y a laissé des traces, si l'usure du temps de la vie commune a consumé une grande partie du feu qui crépitait entre les cœurs, faisant s'envoler les espoirs d'avenir qui allaient avec.
    Raymond Carver s'attache à nous faire goûter des ambiances et des sentiments avec une volonté claire de ne surtout pas dépeindre au-delà de l'événement, du point d'orgue qui structure chaque nouvelle. On a l'impression de l'entendre nous dire : « Je vous fais un petit polaroïd et je m'en vais. Vous en ferez ce que vous voudrez. »
    Il aime à nous souligner le contraste qui existe entre le couple ou l'individu focal, d'une part, et un couple " bien portant " (ou supposé tel) d'autre part, en ayant soin, au préalable, de nous rappeler combien un couple (quel qu'il soit) peut paraître enviable et bien assorti — vu de l'extérieur — et combien précaire est l'équilibre de l'édifice, vu du dedans.
    En tout les cas, l'auteur, en vieux routier de la nouvelle, possède un art consommé de cette technique d'écriture, une maîtrise stylistique absolue, qui donne l'illusion que cette écriture est simple et naturelle ; c'est dire le talent de l'illusionniste ! Bref, un bon moment à passer, pas exceptionnel selon mes critères d'appréciation propres, mais à n'en pas douter un recueil très convenable et recommandable. D'ailleurs qu'est-ce que vous voulez savoir ? Ce n'est que mon avis après tout, c'est-à-dire bien peu de chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Malabar_, le 20 décembre 2012

    Malabar_
    De Carver, je n'avais lu qu'un recueil de poèmes et quelques histoires. Ces nouvelles ont confirmé ma première impression : j'aime Carver mais je ne saurais pas trop expliquer pourquoi.
    Les sujets sont souvent douloureux, les personnages malmenés par la vie, et pourtant on ne peut s'empêcher d'être happé par l'histoire.
    C'est le style de l'auteur, cette économie de moyens où chaque mot semble pesé, qui confère un équilibre au récit. Un exercice de funambule où l'empathie ne verse jamais dans le pathos.
    De cette sobriété se dégage une atmosphère particulière, presque poétique, directement contrebalancée par le sentiment ténu de l'imminence d'une catastrophe.
    Carver a su tirer de ces situations universelles des nouvelles d'apparence simples mais en réalité riches de sens et pleines d'humanité.
    Une plume forte et touchante, que je ne peux que vous inviter à découvrir par vous-même.
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    • Livres 3.00/5
    Par BlueGrey, le 27 août 2009

    BlueGrey
    Les cinq nouvelles de ce recueil ont été retrouvées et publiées après la mort de Carver en 1988. Pas tout à fait achevées peut-être, mais d'une extrême netteté, d'une grande précision et d'une minutie remarquable, ces nouvelles en "tranches de vie", par petites touches, parlent avec retenue des drames de la vie : séparation, dépendance, mensonge, solitude... Des histoires de couples partant à vau-l'eau, de séparations, de vies conjugales étiolées, jusqu'à la rupture comme solution logique. Des histoires qui nous plongent dans une Amérique très quotidienne et très banale, où évoluent des personnages ordinaires qui traînent des vies gâchées qui leur échappent. On ne sait pas grand-chose d'eux, on devine un traintrain quotidien que ne viennent même plus bousculer des espoirs de vie meilleure. Jusqu'au jour où une rupture, un changement, un presque rien se produit.
    Le tour de force de Carver est d'évoquer ces naufrages individuels dans un style absolument lisse et nu, une écriture dépouillée qui évite la psychologie et les effets, mais qui, pourtant, avec sobriété et sans misérabilisme, fait affleurer la souffrance de ces êtres à la dérive.
    La lecture de ces instantanés de vies laisse au lecteur un arrière goût de déprime car rien dans le dénouement en points de suspension de ces nouvelles ne laisse présager que l'après sera meilleur que l'avant...

    Lien : http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/archive/2009/05/09/qu..
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    • Livres 3.00/5
    Par JosselinP, le 08 août 2015

    JosselinP
    Cinq nouvelles posthumes de l'écrivain Raymond Carver qui nous plongent dans l'univers chaotiques de couples à la dérive.
    Les scènes décrites sont minimalistes.
    Le style ciselé de l'écrivain retransmet parfaitement chaque action, chaque sentiment des personnages.
    Les nouvelles sont cependant trop courtes pour s'imprégner totalement des histoires.
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    • Livres 1.00/5
    Par charlottelit, le 30 janvier 2013

    charlottelit
    nouvelles sans grand intérêt ; plutôt déprimant. d'où perte de temps.

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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 03 décembre 2014
    En quelques phrases apparemment dépouillées, Raymond Carver (1938-1988) suggère la désunion d'un couple, l'absence d'amour, le jeu inutile des apparences. [...] Autant de sujets que Raymond Carver aborde avec audace, mesurant parfaitement le risque du sentimentalisme et le détournant sans le refuser.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 04 août 2015

    — Qu'est-il arrivé ? lui ai-je demandé.
    — Il paraît que c'est un radiateur d'appoint qui a pris feu. En tout cas, c'est ce qu'on m'a dit. Il y avait deux gamins dans la maison. Trois, en comptant la baby-sitter. Elle a réussi à s'en sortir, mais pas les enfants, malheureusement. La fumée les a asphyxiés.
    On s'est dirigés vers chez nous, à pied. Dotty se cramponnait à mon bras et se serrait contre moi en répétant : « Oh, mon Dieu, mon Dieu ! »
    La maison était illuminée par les phares des pompiers. Un homme était debout sur le toit, tenant une lance à incendie dont ne s'égouttait plus à présent qu'un petit filet d'eau. La fenêtre de la chambre avait été brisée. À l'intérieur, j'ai vu un homme qui allait et venait dans la pièce, une hache à la main. Puis la porte de devant s'est ouverte et un autre homme en est sorti, portant quelque chose. Je me suis dit que ça devait être le chien des enfants et ça m'a fichu un coup terrible.
    Une camionnette de la station de télé locale était garée dehors. Un opérateur filmait, caméra à l'épaule. Des voisins battait la semelle, blottis les uns contre les autres. Certains étaient habillés, d'autres s'étaient jeté un manteau sur les épaules. Les moteurs des voitures de pompiers tournaient et de temps en temps leur radio se mettait à nasiller. Mais les badauds, eux, ne disaient rien. En les dévisageant, j'ai reconnu Rosemary, debout entre ses parents, la bouche ouverte. Puis les pompiers ont sorti les enfants de la maison, sur des brancards. De grands gaillards bottés, casqués, vêtus de longs manteaux, des hommes à l'air indestructible, qui semblaient avoir encore cent ans de vie devant eux. Ils sont sortis de la maison, chacun à un bout d'un brancard, portant les enfants.

    RÊVES.
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  • Par Nastasia-B, le 06 août 2015

    — Ce soir, tout le monde me manque, dit-elle. Toi aussi, tu me manques. Ça fait un bon moment que tu me manques. Tu m'as tellement manqué que j'ai fini par te perdre. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais je t'ai perdu. Tu n'es plus à moi.
    — Nancy, dis-je.
    — Non, non, dit-elle en secouant la tête.
    Elle se laissa tomber sur le canapé, face à la cheminée, et continua à secouer la tête.
    — Demain, je vais prendre l'avion et je vais aller rejoindre ma mère et Richard. Après mon départ, tu n'auras qu'à appeler ta copine.
    — Sûrement pas, dis-je. Je n'en ai aucune intention.
    — Tu l'appelleras, dit-elle.
    — Et tu appelleras Del, dis-je.
    J'étais vraiment salaud de lui dire des choses pareilles.
    — Tu peux faire ce qui te plaît, dit-elle en s'essuyant les yeux de la manche. Je suis sincère. Je ne veux pas te faire de scène. Mais demain je partirai à Pasco. Maintenant je vais aller me coucher. Je suis morte de fatigue. Je suis navrée, Dan. Je suis navrée pour nous deux, mais ça ne marchera pas. Tout à l'heure, ce pêcheur nous a souhaité bonne chance. ( Elle secoua la tête.) Moi aussi, je nous souhaite bonne chance. On va en avoir besoin.

    APPELLE SI TU AS BESOIN DE MOI.
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  • Par Nastasia-B, le 03 août 2015

    — Qu'est-ce que vous voulez voir, Sarah ? lui demanda Pete. À vous de choisir.
    — L'Alaska, dit Sarah. Et le Moyen-Orient. Nous avons passé quelques jours en Israël, il y a des années. Et l'Alaska, j'ai toujours eu envie d'y aller.
    Betty entra à son tour, avec le café.
    — Israël, on n'y a pas été, dit-elle. Notre circuit à nous ne comprenait que la Syrie, l'Égypte et le Liban.
    — C'est affreux, ce qui est arrivé au Liban, dit Pete. Jadis, c'était le plus beau pays du Moyen-Orient. J'y suis passé dans ma jeunesse, pendant la Seconde Guerre mondiale. J'étais dans la marine marchande. À ce moment-là, je m'étais promis d'y retourner un jour. Et dès qu'une occasion s'est présentée, on l'a saisie, Betty et moi. Hein, Betty ?
    Betty hocha la tête en souriant.
    — Regardons les diapos de Syrie et du Liban, dit Sarah.C'est celles-là que j'ai envie de voir. Enfin, j'aurais envie de les voir toutes, mais puisqu'il faut choisir…
    Pete commença à nous projeter des diapositives, que lui et Betty commençaient au fur et à mesure que le souvenir des endroits leurs revenait.
    — Là, c'est Betty qui essaye de monter sur un chameau, dit Pete. Il a fallu que le type en burnous lui donne un petit coup de main.
    Betty s'esclaffa et ses joues s'empourprèrent. Une autre diapo apparut sur l'écran et elle dit :
    — Là, c'est Pete qui parle avec un officier égyptien.
    — Vous voyez la montagne derrière nous, celle qu'il montre du doigt ? dit Pete. Attendez, je vais essayer d'agrandir un peu l'image. Les Juifs s'y étaient retranchés. Les Égyptiens nous ont prêté des jumelles pour qu'on les voie mieux. La montagne était couverte de Juifs. On aurait dit des fourmis.
    — Pete pense que s'ils n'étaient pas venus semer la zizanie au Liban il n'y aurait pas eu tout ce grabuge, dit Betty. Pauvres Libanais.

    QU'EST-CE QUE VOUS VOULEZ VOIR ?
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  • Par Nastasia-B, le 15 août 2015

    — J'essayais d'arrêter de boire et je sentais bien que je n'y arriverais pas en restant chez moi, mais je ne voulais pas aller dans une clinique ou un centre de cure, vous comprenez. Mon frère avait une maison où il n'allait que l'été — c'était au mois d'octobre — alors je l'ai appelé et je lui ai demandé s'il pouvait me la prêter une semaine ou deux, le temps que je me remette d'aplomb. Il a dit que c'était d'accord. Je me suis mis à faire ma valise en me disant que j'étais heureux d'avoir une famille, heureux d'avoir un frère, heureux qu'il soit prêt à me donner un coup de main. Mais là-dessus le téléphone a sonné, c'était mon frère, et il m'a dit qu'il en avait discuté avec sa femme, il m'a dit qu'il était désolé, qu'il ne savait pas comment me dire ça, mais que sa femme avait peur que je mette le feu à la maison. Tu comprends, m'a-t-il dit, tu pourrais t'endormir avec une cigarette allumée à la main, ou oublier d'éteindre le gaz. Bref, ils avaient peur que je foute le feu à leur maison, et à son grand regret il ne pouvait pas me la prêter. J'ai dit bon, d'accord, et j'ai redéfait ma valise.

    VANDALES.
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  • Par Nastasia-B, le 03 août 2015

    La maison où nous allions passer l'été était meublée, rien n'y manquait, même pas la vaisselle et les ustensiles de cuisine, aussi nous n'emportions que le strict nécessaire. Trois semaines plus tôt, j'avais pris ma voiture et j'avais parcouru les cinq cents kilomètres qui séparent Palo Alto d'Eureka, une petite ville du nord de la Californie, au bord du Pacifique, où j'avais loué la maison meublée en question. J'y étais allé en compagnie de Susan, la femme avec qui je sortais. Nous avions passé trois nuits dans un motel, à la périphérie de la ville. Dans la journée, j'épluchais les petites annonces et je faisais la tournée des agences. J'avais versé trois mois de loyer d'avance, en payant par chèque, sous les yeux de Susan. Plus tard, au motel, allongée dans le lit, une main posée en travers du front, elle m'avait dit :
    — Je suis jalouse de ta femme. Je suis jalouse de Nancy. On entend toujours dire que la maîtresse d'un homme marié n'a qu'un rôle subalterne, que l'épouse en titre garde ses prérogatives, que c'est elle qui a le vrai pouvoir, mais jusqu'à aujourd'hui je ne l'avais jamais compris, et du reste je ne m'en souciais pas. Maintenant, c'est clair. Je suis jalouse d'elle. Jalouse de la vie qu'elle va mener avec toi dans cette maison pendant tout l'été. Je voudrais être à sa place. Je voudrais que ce soit toi et moi. Ah, qu'est-ce que je suis jalouse ! Je sais, je sais, c'est vraiment mesquin de ma part, conclut-elle.

    APPELLE SI TU AS BESOIN DE MOI.
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"Birdman" film américain (2014), une adaptation de la nouvelle" Parlez-moi d'amour" (What We Talk About When We Talk About Love) écrite par Raymond Carver en 1981.








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