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ISBN : 270732048X
Éditeur : Editions de Minuit (2008)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.89/5 (sur 385 notes)
Résumé :
On a dû insister pour qu'Émile se mette à courir. Mais quand il commence, il ne s'arrête plus. Il ne cesse plus d'accélérer. Voici l'homme qui va courir le plus vite sur la Terre.
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Critiques, Analyses & Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
Yassleo03 novembre 2015
  • Livres 4.00/5
Forrest Gump, ça vous parle? Mais si, le gars qui court tout le temps et qui part dans des délires avec les crevettes, vous savez. Bon, pas grave parce que ça n'a aucun rapport avec le Courir de Jean Echenoz, si ce n'est qu'on parle d'un gars qui court aussi. Et qui court en traversant l'Histoire de son pays. Mais qui se fout royalement des crevettes en revanche.
Ce gars c'est Zatopek. Emile de son ptit nom. Né en 1922 en Tchécoslovaquie. Et naître dans la Tchécoslovaquie du XXème siècle, on ne peut pas dire que ça démarre comme un conte de fées. Donc rien ne le prédestinait à devenir un des plus grands  athlètes de l'histoire du sport. Mais le destin réserve parfois des surprises.
Emile, il n'est pas contrariant. On le met à trimer dans l'usine Bata, il dit ok. On le change de poste quand ça arrange la hiérarchie, il dit ok. On lui dit tu vas courir contre une sélection aryenne surentrainée, il dit ok. On lui propose de servir son pays et d'entrer dans l'armée tchèque, toujours ok. Pas contrariant le gars, je vous assure. 
Mais, dans ce même temps, Emile s'aperçoit qu'il adore courir en fait. Ça en devient même une obsession. Courir, se surpasser et s'entraîner dès que possible.
Et à galoper comme un lapin par tous les temps et tous les chemins, il finit par se faire remarquer. Pas par son style, il ressemble davantage à un pantin désarticulé qu'à un Usain Bolt majestueusement sculpté (qu'était même pas né çui-la de toute façon) mais par son endurance et sa vitesse. 5, 10, 20 kilomètres ou marathon, même pas mal. Il vous court ça tranquille le Emile, fingers in the nose.
Cours Emile, cours.
Compétitions locales, européennes, internationales, Jeux olympiques : les records du monde sont pulvérisés. On le surnomme alors la locomotive tchèque, juste parce que le Concorde et le TGV n'existent pas encore. Il laisse ses concurrents sur place, à cracher leurs poumons dans son dos, pendant que lui s'envole sur le toit de l'Europe et du monde.
En revanche, il ne fait toujours pas ce qu'il veut. Car en pleine guerre froide et rideau de fer bien enraciné, c'est le gouvernement tchèque qui décide pour lui de ses compèts, si oui ou non il ira ou pas courir ici ou là-bas. Et Emile ne se rebelle pas, il accepte. Pas contrariant le bonhomme on vous dit.
Jean Echenoz nous retrace quelques moments de cette vie hors du commun. Ce n'est pas une biographie à proprement parler car il s'attarde uniquement sur la carrière sportive de Zatopek, en la mettant en relation avec l'actualité et le contexte politique de l'époque. L'histoire de Courir court (arf arf) sur une trentaine d'années en démarrant avec l'invasion de la Moravie par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale pour se terminer avec celle de la Tchécoslovaquie par les Russes fin des années 60.
De l'auteur, j'avais déjà aimé Ravel dans le même genre. Bon, il ne courait pas Maurice, faute de temps avec son Boléro à composer, mais l'écriture était assez semblable. Très accessible, fluide et légèrement teintée d'humour, on suit avec plaisir et sans grand effort l'épopée de ce grand athlète.
Et à en croire Gump mère : "la vie c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber". Donc Zatopek, lui, a chopé tous les bons chocolats au début de sa suprématie sportive, mais il s'est quand même enfilé un bon paquet d'indigestes ensuite (certainement ceux à la liqueur, ceux qui dégoulinent sur le menton) au vu de sa difficile après-carrière qui conclut le récit.
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medsine
medsine25 mars 2014
  • Livres 4.00/5
Quel bonheur que de lire ce court récit de Jean Echenoz, sur l'immense coureur de fond qu'était Emile Zatopek, la locomotive tchèque. Après le poussif et trop philosophique "Courir", essai homonyme, de Guillaume le Blanc, j'ai enchaîné ces 150 pages avec une grande aisance, un réel plaisir, une envie comblée.
Emile, jeune ouvrier travaillant à l'usine de chaussures Bata est encouragé à courir sur le tard (fin de l'adolescence) et se découvre un talent inouï pour les distances de demi fond (5000 et 10 000 m). Il se met à tout gagner, puis continue à participer à des courses organisées pour les championnats militaires lors de son service puis lorsqu'il fera carrière dans l'armée, cette dernière étant trop heureuse d'avoir en son sein un champion très prometteur. Il gagnera tout par la suite, devenant un des plus grands champion Olympique de tous les temps.
Le récit mêle les exploits sportifs hallucinants de cette bête de somme qu'est Emile, coureur sans classe et au style abominable mais qui brise tous ses concurrents sur la distance par ses ruptures de rythme et sa force surhumaine, avec les événements survenus en république tchèque durant la guerre froide. On y découvre au delà de la simplicité du champion, toutes les difficultés qu'il a pu rencontrer pour participer aux courses internationales (autorisations délivrées ou non par l'état major soviétique). On est enfin terrifié par le destin tragique et absurde du coureur broyé par les russes qui réprimèrent les acteurs, les plus illustres comme les plus anodins, du printemps de Prague.
La prose de Jean Echenoz est simple et efficace, directe, sans chichi. Il touche au but, tout simplement.
Février 2014
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Marcelline
Marcelline28 juin 2012
  • Livres 5.00/5
Voilà un petit bonheur offert par la littérature!
Avec Courir, Jean Echenoz nous dresse un portrait tout en subtilité du coureur multi-champion de course à pied, Emile Zatopek.
Le personnage est sympathique, étonnant, voire ahurissant dans ses records battus, et semble toujours repousser la limite de ses exploits, "l'air de rien", comme par hasard!...
Mais le "plus" magistral de cette biographie, c'est l'écriture! Si Zatopek a fourni une matière qui incite à l'empathie, c'est surtout la façon d'en parler d'Echenoz qui fait toute la différence avec une biographie ordinaire: sous la narration informative, il y a toute l'ironie subtile de l'auteur, la finesse de son analyse et la fluidité de ses phrases. Il a le talent de faire couler les mots en donnant l'impression qu'on aurait pu les écrire nous-mêmes... alors que non!!!
L'air de rien, comme s'il nous racontait l'histoire de vive voix et qu'il nous faisait alors un clin d'oeil, il donne à sourire sur les aberrations des dictatures staliniennes, les incohérences des anciens régimes du "bloc de l'est".
J'avais déjà beaucoup aimé Ravel, du même auteur. Je me suis régalée avec Courir. J'ai hâte de découvrir Des éclairs!...
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PetiteBalabolka
PetiteBalabolka26 juillet 2016
  • Livres 3.00/5
Emile n'était pas disposé à courir mais il ne sait pas dire non et en même temps quand tu risques d'être viré, tu t'alignes. Emile ne se pensait pas doué pour courir mais il est devenu bon, efficace comme en témoignent ses 4 médailles olympiques, malgré son style tout moche, tout grimaçant qui n'a pas la classe de masquer l'effort physique. Si, tout en courant, Emile avait pu nous livrer un peu plus des sensations qu'il éprouve, cette lecture aurait été bien plus frémissante sur le plan littéraire mais ça, je pense que c'est comme le style (du coureur et non de l'auteur), pas livré avec. Bon, on apprend qu'il va y prendre goût et qu'il aime bien gagner. On s'en serait douté un peu quand même. En général, pour obtenir l'or olympique, ces deux conditions doivent être réunies.
Si je suis un peu sévère, c'est que je connais et apprécie la qualité d'écriture d'Echenoz et je dois dire que j'espérais quelque chose d'un peu moins plat. J'ai trouvé que l'énumération des records ou des victoires devenait fastidieuse (c'est dire s'il en a gagné des courses !), je m'attendais à ce qu'on aille davantage dans l' intimité de l'effort et des sensations que peut donner la mécanique du corps. Au lieu de ça, on a surtout la description de sa méthode d'entrainement, particulière, certes. du descriptif bien écrit mais du descriptif quand même. Quel est donc alors le principal intérêt de ce roman ? Echenoz retrace le parcours d'un athlète dans un contexte historique précis, contexte qui va influencer nettement sa carrière. Reprenons. Relançons notre coureur au départ.
Des kilomètres, il en a couru Emile depuis les forêts de sa Tchécoslovaquie natale jusqu'aux pistes des stades du monde entier (ou presque et on comprendra plus tard la raison du presque), des kilomètres à user le caoutchouc de ses semelles sur la cendrée. Vous aurez noté tous les mots qui agissent comme des marqueurs de temps : nous sommes dans les années 40-50 dans un pays d'Europe centrale qui n'a pas encore procédé à sa partition et le contexte est bien évidemment celui de la Guerre froide (maintenant, vous saisissez les raisons du "presque").
Champion de demi-fond, pas mauvais non plus sur le Marathon, cet Emile-là a réellement existé (cherchez bien, ils ne sont pas si nombreux les champions tchèques de cette époque à s'être inscrits dans la mémoire des non initiés). Echenoz ne nous rappelle le nom qu'au bout de presque 100 pages. C'est habile car cela produit immanquablement son petit effet de surprise (je n'avais pas lu la quatrième de couverture et je n'avais bêtement pas pensé au substrat biographique) mais a contrario, tant qu'on est persuadé qu'il s'agit d'un pur personnage de fiction, on en veut un peu à l'auteur de ne pas être davantage expansif ou lyrique le concernant, bref de ne pas lui prêter davantage de sentiments. Je ne devrais peut-être pas dire "on" mais "je" quand d'autres, moins ballots que moi, auront compris d'emblée le matériau de départ. Ceci dit, il m'a semblé que l'écriture était en quelque sorte inféodée au réel, étriquée dans ses possibilités de développement. Par contre, l'analyse de l'athlète en tant qu'objet de propagande, à la fois exposé, manipulé, puis censuré est particulièrement réussie. Et dire qu'il n'a jamais pensé prendre ses jambes à son cou pour s'enfuir...

Lien : http://leschroniquesdepetite..
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chartel
chartel30 décembre 2008
  • Livres 4.00/5
Jean Echenoz, encore une découverte, bien qu'il ne soit pas né de la dernière pluie, mais c'est comme ça, j'ai des années et des années de vide culturel à combler.
Jean Echenoz donc. Arrivé à lui par les bons tuyaux de la presse, j'ai été intrigué par cette histoire au titre laconique : "Courir", l'histoire de l'un des sportifs les plus emblématiques du XXème siècle, le grand Émile Zatopek.
Ce roman, malgré sa forme plutôt courte (près de 150 pages), pourrait nous lasser par la monotonie d'une énumération des événements liés à une carrière sportive avec ses lots de victoires, de courses gagnées et de records battus à la pelle. Mais l'auteur réussit à éviter ce travers par une ouverture du récit (dès le début du roman) sur ce qui pourrait faire partie des non-événements sportifs dans la vie de Zatopek : les faits historiques particulièrement oppressifs de la Tchécoslovaquie communiste de l'après guerre, les aventures professionnelles extra-sportives du grand champion ou les considérations techniques propres aux séances d'entraînement. Mais ce qui rend cette oeuvre profondément attachante réside dans le ton anecdotique, presque désinvolte, de l'écriture de Jean Echenoz. Les événements partent en effet comme ils sont venus, sans qu'on s'y attende, à l'improviste, l'air de rien. Zatopek, tout comme la Tchécoslovaquie avec ses aléas politiques, semble écrire sa légende sans préméditation, au coup par coup. Tout est sans importance, sans gravité, on prend les choses comme elles viennent et comme elles sont, à la manière de son style, foulée lourde, bras ballants, tête dodelinante et expressions grimaçantes. Pouvait-on rendre plus bel hommage à Monsieur Émile Zatopek ?
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun08 mai 2010
Émile, on dirait qu'il creuse ou qu'il se creuse, comme en transe ou comme un terrassier. Loin des canons académiques et de tout souci d'élégance, Émile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur son visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un rictus pénible à voir. Ses traits sont altérés, comme déchirés par une souffrance affreuse, langue tirée par intermittence, comme avec un scorpion logé dans chaque chaussure. Il a l'air absent quand il court, terriblement ailleurs, si concentré que même pas là, sauf qu'il est là plus que personne et, ramassée entre ses épaules, sur son cou toujours penché du même côté, sa tête dodeline sans cesse, brinqueballe et ballotte de droite à gauche
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chartelchartel18 décembre 2008
Ce nom de Zatopek qui n’était rien, qui n’était rien qu’un drôle de nom, se met à claquer universellement en trois syllabes mobiles et mécaniques, valse impitoyable à trois temps, bruit de galop, vrombissement de turbine, cliquetis de bielles ou de soupape scandé par le k final, précédé par le z initial qui va déjà très vite : on fait zzz et ça va tout de suite vite, comme si cette consonne était un starter. Sans compter que cette machine est lubrifiée par un prénom fluide : la burette d’huile Émile est fournie avec le moteur Zatopek.
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BMRBMR17 janvier 2009
[...] Un jour on calculera que, rien qu'en s'entraînant, Émile aura couru trois fois le tour de la Terre. Faire marcher la machine, l'améliorer sans cesse et lui extorquer des résultats, il n'y a que ça qui compte et sans doute est-ce pour ça que, franchement, il n'est pas beau à voir. C'est qu'il se fout de tout le reste. Cette machine est un moteur exceptionnel sur lequel on aurait négligé de monter une carosserie. Son style n'a pas atteint ni n'atteindra peut-être jamais la perfection, mais Émile sait qu'il n'a pas le temps de s'en occuper : ce seraient trop d'heures perdues au détriment de son endurance et de l'accroissement de ses forces. Donc même si ce n'est pas très joli, il se contente de courir comme ça lui convient le mieux, comme ça le fatigue le moins, c'est tout.
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MarcellineMarcelline29 juin 2012
Sa curiosité le pousse quand même aussi à visiter le zoo de Berne où Emile se réjouit de voir enfin des singes, espèce qui n'a pas encore droit de séjour en Tchécoslovaquie. Mais les singes ont l'air méchants, aigris, amers, perpétuellement vexés d'avoir raté l'humanité d'un poil. Ca les obsède à l'évidence, ils ne pensent qu'à ça. Ils seraient prêts à le faire payer. Ce n'est pas qu'Emile soit déçu de ce spectacle, mais ça ne lui remonte pas le moral.
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CeCedilleCeCedille28 janvier 2013
Emile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur le visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un rictus pénible à voir. Ses traits sont altérés, comme déchirés par une souffrance affreuse
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Videos de Jean Echenoz (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Echenoz
Jean Echenoz - Envoyée spéciale .Jean Echenoz vous présente son ouvrage "Envoyée spéciale" aux éditions Minuit. Rentrée littéraire janvier 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/echenoz-jean-envoyee-speciale-9782707329226.html Notes de Musique : der Herbst: Intro And Recit (Hanne): Was Durch Seine Blute der Lenz Zuerst Versprach by MIT Concert Choir. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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