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ISBN : 270732048X
Éditeur : Editions de Minuit (2008)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.89/5 (sur 311 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
On a dû insister pour qu'Émile se mette à courir. Mais quand il commence, il ne s'arrête plus. Il ne cesse plus d'accélérer. Voici l'homme qui va courir le plus vite sur la Terre.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par medsine, le 25 mars 2014

    medsine
    Quel bonheur que de lire ce court récit de Jean Echenoz, sur l'immense coureur de fond qu'était Emile Zatopek, la locomotive tchèque. Après le poussif et trop philosophique "Courir", essai homonyme, de Guillaume le Blanc, j'ai enchaîné ces 150 pages avec une grande aisance, un réel plaisir, une envie comblée.
    Emile, jeune ouvrier travaillant à l'usine de chaussures Bata est encouragé à courir sur le tard (fin de l'adolescence) et se découvre un talent inouï pour les distances de demi fond (5000 et 10 000 m). Il se met à tout gagner, puis continue à participer à des courses organisées pour les championnats militaires lors de son service puis lorsqu'il fera carrière dans l'armée, cette dernière étant trop heureuse d'avoir en son sein un champion très prometteur. Il gagnera tout par la suite, devenant un des plus grands champion Olympique de tous les temps.
    Le récit mêle les exploits sportifs hallucinants de cette bête de somme qu'est Emile, coureur sans classe et au style abominable mais qui brise tous ses concurrents sur la distance par ses ruptures de rythme et sa force surhumaine, avec les événements survenus en république tchèque durant la guerre froide. On y découvre au delà de la simplicité du champion, toutes les difficultés qu'il a pu rencontrer pour participer aux courses internationales (autorisations délivrées ou non par l'état major soviétique). On est enfin terrifié par le destin tragique et absurde du coureur broyé par les russes qui réprimèrent les acteurs, les plus illustres comme les plus anodins, du printemps de Prague.
    La prose de Jean Echenoz est simple et efficace, directe, sans chichi. Il touche au but, tout simplement.
    Février 2014
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    • Livres 5.00/5
    Par Marcelline, le 28 juin 2012

    Marcelline
    Voilà un petit bonheur offert par la littérature!
    Avec Courir, Jean Echenoz nous dresse un portrait tout en subtilité du coureur multi-champion de course à pied, Emile Zatopek.
    Le personnage est sympathique, étonnant, voire ahurissant dans ses records battus, et semble toujours repousser la limite de ses exploits, "l'air de rien", comme par hasard!...
    Mais le "plus" magistral de cette biographie, c'est l'écriture! Si Zatopek a fourni une matière qui incite à l'empathie, c'est surtout la façon d'en parler d'Echenoz qui fait toute la différence avec une biographie ordinaire: sous la narration informative, il y a toute l'ironie subtile de l'auteur, la finesse de son analyse et la fluidité de ses phrases. Il a le talent de faire couler les mots en donnant l'impression qu'on aurait pu les écrire nous-mêmes... alors que non!!!
    L'air de rien, comme s'il nous racontait l'histoire de vive voix et qu'il nous faisait alors un clin d'oeil, il donne à sourire sur les aberrations des dictatures staliniennes, les incohérences des anciens régimes du "bloc de l'est".
    J'avais déjà beaucoup aimé Ravel, du même auteur. Je me suis régalée avec Courir. J'ai hâte de découvrir Des éclairs!...
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 30 décembre 2008

    chartel
    Jean Echenoz, encore une découverte, bien qu'il ne soit pas né de la dernière pluie, mais c'est comme ça, j'ai des années et des années de vide culturel à combler.
    Jean Echenoz donc. Arrivé à lui par les bons tuyaux de la presse, j'ai été intrigué par cette histoire au titre laconique : "Courir", l'histoire de l'un des sportifs les plus emblématiques du XXème siècle, le grand Émile Zatopek.
    Ce roman, malgré sa forme plutôt courte (près de 150 pages), pourrait nous lasser par la monotonie d'une énumération des événements liés à une carrière sportive avec ses lots de victoires, de courses gagnées et de records battus à la pelle. Mais l'auteur réussit à éviter ce travers par une ouverture du récit (dès le début du roman) sur ce qui pourrait faire partie des non-événements sportifs dans la vie de Zatopek : les faits historiques particulièrement oppressifs de la Tchécoslovaquie communiste de l'après guerre, les aventures professionnelles extra-sportives du grand champion ou les considérations techniques propres aux séances d'entraînement. Mais ce qui rend cette oeuvre profondément attachante réside dans le ton anecdotique, presque désinvolte, de l'écriture de Jean Echenoz. Les événements partent en effet comme ils sont venus, sans qu'on s'y attende, à l'improviste, l'air de rien. Zatopek, tout comme la Tchécoslovaquie avec ses aléas politiques, semble écrire sa légende sans préméditation, au coup par coup. Tout est sans importance, sans gravité, on prend les choses comme elles viennent et comme elles sont, à la manière de son style, foulée lourde, bras ballants, tête dodelinante et expressions grimaçantes. Pouvait-on rendre plus bel hommage à Monsieur Émile Zatopek ?
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    • Livres 5.00/5
    Par BMR, le 17 janvier 2009

    BMR
    C'est l'histoire d'Émile.
    Émile n'aime pas le sport. Émile travaille dans une usine de chaussures Bata en Tchécoslovaquie (c'est ça le destin ?).
    Émile sera pourtant le coureur le plus rapide du monde.
    Émile n'aime pas trop son boulot à l'usine. Et on s'aperçoit qu'Émile est vraiment très rapide à la course, même s'il court n'importe comment.
    Alors, poussé par son entourage, Émile s'entraîne, s'entraîne encore, par tous les temps.
    Bientôt les records de Tchécoslovaquie commencent à tomber dans les poches du survêtement d'Émile.
    Encore quelques années d'entraînement et ce sera les records d'Europe puis du monde. le 5.000 mètres, le 10.000 mètres, le record de l'heure (plus de 20.000 mètres), les médailles d'or des Jeux Olympiques, jusqu'au mythique marathon.
    C'est l'histoire d'Émile.
    C'est l'histoire de Zatopek, Émile Zatopek, la locomotive tchèque qui sera pendant de nombreuses années l'homme le plus rapide du monde, accumulant records et médailles et courant n'importe comment, sans style, la tête bringuebalant sur le côté, sans méthode, au grand dam des entraîneurs et docteurs sportifs. À une époque où ces gens-là n'avaient pas encore inventé le mot dopage et où sur la piste, sur la cendrée comme l'on disait encore, il n'y avait que des hommes.
    Échenoz a l'intelligence de replacer la course d'Émile dans la course folle du monde.
    Émile a 17 ans quand le III° Reich envahit les Sudètes (beaucoup) et la Tchécoslovaquie (un peu, tant qu'on y est, on y reste). La première course officielle d'Émile est un cross de la Wehrmacht. Après la guerre il court à Berlin dans le stade construit par Hitler pour les fameux JO de 1936. Plus tard son talent est "utilisé" par la propagande communiste tchèque (ou même celle du PC français avec le cross de l'Humanité). Même si le pouvoir communiste ne lui délivre des visas qu'au compte-goutte ... dès fois qu'il prenne goût à la course de l'autre côté du rideau de fer.
    Encore un peu plus tard, il se rallie à la bannière de Dubcek pendant le printemps 68.
    On sait comment le printemps s'est terminé : Émile signera son autocritique et, après un passage par les mines d'uranium, finira archiviste dans un sous-sol du ministère des sports.
    Ce petit bouquin d'Échenoz (tous les bouquins d'Échenoz sont petits) se lit à toute allure, à toute vitesse.
    En moins de deux heures, en moins de temps qu'il n'en faut à Émile pour courir les 20.000 mètres.
    On suit tout cela (les courses d'Émile et la roue de l'Histoire) au rythme donné par Échenoz et Émile : c'est passionnant, captivant, haletant.
    Sous la plume d'Échenoz, on a l'impression de voir le monde courir à sa perte tandis que le petit bonhomme Émile court sur la panète essayant vainement d'échapper à L Histoire qui finit par le rattraper lorsque, avec l'âge, Émile s'essouffle et se trouve bien heureux de voir quelques jeunes prendre la relève.
    Échenoz est un écrivain français fort discret et fort talentueux. C'est son dernier bouquin et son écriture si caractéristique (une douce ironie, une tendre cocasserie, faussement naïves), est ici parfaitement dosée et maîtrisée.
    Impeccable.

    Lien : http://bmr-mam.over-blog.com/article-26861930.html
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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 16 février 2014

    kathel
    En 1938, au moment de l'invasion de la Bohème-Moravie, Emile Zatopek est apprenti dans l'usine Bata de sa ville, à travailler sur des semelles de chaussures. Ses parents auraient souhaité qu'il devienne instituteur mais à cette époque, l'épreuve de chant était indispensable pour devenir « cantor », or Emile chante comme une casserole. Emile n'est pas plus attiré par le sport, les compétitions de cross country auquel il doit participer sont une corvée pour lui. Pourtant, il n'y réussit pas trop mal, et commence à s'y intéresser, et comme tout ce qu'il entreprend, il se donne à fond. Il va jusqu'au bout de ses forces à l'entraînement, si bien que les compétitions lui semblent faciles. Les premiers rassemblements où, faute de comprendre la langue, il manque de rater l'appel des concurrents, le stade où il apparaît en bonnet à pompon et short, les courses où il laisse loin derrière les autres concurrents, ses démêlés avec l'administration du parti, les compétitions encore…
    Les chapitres se succèdent et dès le début, le style et le ton m'ont séduite et donné envie d'en savoir plus. Je ne connaissais pas Jean Echenoz et j'ai adoré son style tout en simplicité, avec un rythme parlé, et qui pourtant doit être fort bien travaillé pour être aussi concis et évocateur à la fois…
    De 1938 à 1968, l'histoire de la Tchécoslovaquie, la grande histoire, celle du sport et ce parcours individuel hors normes se mêlent pour donner un récit passionnant. L'auteur n'écrit pas la vie de ce sportif de façon exhaustive, mais un aspect, un éclairage, et le reste semble graviter autour, sans rien de lourd, ni d'inutile. Quant à l'humour discret de Jean Echenoz, il fait mouche comme lorsque l'auteur-narrateur déclare « Je ne sais pas vous mais moi, tous ces exploits, ces records, ces victoires, ces trophées, on commencerait peut-être à en avoir un peu assez. Et cela tombe bien car voici qu'Emile va se mettre à perdre. » !
    C'est l'auteur qui lit le livre, et il réussit parfaitement à faire coller le ton et le contenu, et à ne jamais lasser. Au contraire, j'étais ravie de retrouver ma voiture pour continuer !

    Lien : http://lettresexpres.wordpress.com/2014/02/16/jean-echenoz-courir/
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 08 mai 2010

    Émile, on dirait qu'il creuse ou qu'il se creuse, comme en transe ou comme un terrassier. Loin des canons académiques et de tout souci d'élégance, Émile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur son visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un rictus pénible à voir. Ses traits sont altérés, comme déchirés par une souffrance affreuse, langue tirée par intermittence, comme avec un scorpion logé dans chaque chaussure. Il a l'air absent quand il court, terriblement ailleurs, si concentré que même pas là, sauf qu'il est là plus que personne et, ramassée entre ses épaules, sur son cou toujours penché du même côté, sa tête dodeline sans cesse, brinqueballe et ballotte de droite à gauche
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  • Par chartel, le 18 décembre 2008

    Ce nom de Zatopek qui n’était rien, qui n’était rien qu’un drôle de nom, se met à claquer universellement en trois syllabes mobiles et mécaniques, valse impitoyable à trois temps, bruit de galop, vrombissement de turbine, cliquetis de bielles ou de soupape scandé par le k final, précédé par le z initial qui va déjà très vite : on fait zzz et ça va tout de suite vite, comme si cette consonne était un starter. Sans compter que cette machine est lubrifiée par un prénom fluide : la burette d’huile Émile est fournie avec le moteur Zatopek.
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  • Par BMR, le 17 janvier 2009

    [...] Un jour on calculera que, rien qu'en s'entraînant, Émile aura couru trois fois le tour de la Terre. Faire marcher la machine, l'améliorer sans cesse et lui extorquer des résultats, il n'y a que ça qui compte et sans doute est-ce pour ça que, franchement, il n'est pas beau à voir. C'est qu'il se fout de tout le reste. Cette machine est un moteur exceptionnel sur lequel on aurait négligé de monter une carosserie. Son style n'a pas atteint ni n'atteindra peut-être jamais la perfection, mais Émile sait qu'il n'a pas le temps de s'en occuper : ce seraient trop d'heures perdues au détriment de son endurance et de l'accroissement de ses forces. Donc même si ce n'est pas très joli, il se contente de courir comme ça lui convient le mieux, comme ça le fatigue le moins, c'est tout.
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  • Par Marcelline, le 29 juin 2012

    Sa curiosité le pousse quand même aussi à visiter le zoo de Berne où Emile se réjouit de voir enfin des singes, espèce qui n'a pas encore droit de séjour en Tchécoslovaquie. Mais les singes ont l'air méchants, aigris, amers, perpétuellement vexés d'avoir raté l'humanité d'un poil. Ca les obsède à l'évidence, ils ne pensent qu'à ça. Ils seraient prêts à le faire payer. Ce n'est pas qu'Emile soit déçu de ce spectacle, mais ça ne lui remonte pas le moral.
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  • Par CeCedille, le 28 janvier 2013

    Emile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur le visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un rictus pénible à voir. Ses traits sont altérés, comme déchirés par une souffrance affreuse

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Vidéo de Jean Echenoz

Jean-Echenoz est invité dans la Matinale de France Musique pour le spectacle "Ravel", qui se joue actuellement au Théâtre Artistic Athévains à Paris, à partir de son roman éponyme.








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