ISBN : 2707321265
Éditeur : Editions de Minuit (2010)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 58 notes) Ajouter à mes livres
Gregor a inventé tout ce qui va être utile aux siècles à venir. Il est hélas moins habile à veiller sur ses affaires, la science l’intéresse plus que le profit. Tirant parti de ce trait de caractère, d’autres vont tout lui voler. Pour le distraire et l’occuper, ne lui r... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par GabySensei, le 17 janvier 2012

    GabySensei
    Ce livre nous raconte la vie d'un génie maudit du XX ème siècle: Nikola Tesla. Alors qu'il révolutionna notre mode de vie par ses inventions (le courant alternatif, la radio, le radar...il a déposé plus de 700 brevets) il ne sut jamais en tirer profit et s'est même fait voler la plupart de ses découvertes par d'autres (Edison, Marconi) qui avaient plus les pieds sur terre et le sens des affaires que lui.
    Titulaire de 14 doctorats et parlant couramment 8 langues, Tesla avait un don de visualisation qui lui permettait de créer des dispositifs sans avoir besoin de dessiner le moindre plan. Jean Echenoz nous montre bien que l'homme était plus intéressé par la création que par les relations publiques. Ainsi Tesla avait le don de se faire des ennemis en prenant les gens de haut et en étant parfois incroyablement arrogant.
    Son grand projet était de créer une énergie libre et gratuite pour tout le monde. On peut facilement imaginer que ce projet n'a pas soulevé l'enthousiasme des industriels car il aurait anéanti leur commerce. Peut-être était-il fou. En tout cas on ne lui a pas donné les moyens de poursuivre ses recherches et il est mort dans la misère.
    L'art d'Echenoz est de nous dépeindre ce personnage attachant avec beaucoup d'humour. J'ai découvert l'auteur avec ce livre et plusieurs personnes m'ont dit que c'était loin d'être son meilleur ouvrage. J'ai donc hâte de découvrir le reste de son œuvre...
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zazy, le 25 juillet 2011

    zazy
    Le premier chapitre démarre dans un tourbillon, que dis-je, un maelström : vent, pluie, éclairs… tout y passe pour faire de l'arrivée de Nikola Tesla alias Gregor un acte hors du commun et donc, de facto : un personnage hors du commun.
    Voilà, la base est posée….. rajoutons les Carpates, une ambiance de fin du monde et nous y sommes.
    Echenoz, dans ce dernier opus de « Une suite de trois vies » nous gâte.
    Gregor, est-ce le fait d'être né cette nuit d'orage, dans le noir…. voue une grande passion pour l'électricité. de cet esprit avide de connaissance, surdoué naîtra le courant alternatif et qui a prévu la naissance de « La radio. Les rayons X. L'air liquide. La télécommande. Les robots. le microscope électronique. L'accélérateur de particules. L'Internet. J'en passe », Echenoz nous le montre comme un personnage hors du commun avec un caractère « ombrageux, méprisant, susceptible, cassant ».
    Arrivé aux Etats-Unis vers 30 ans, il est engagé par Thomas Edison qui n'aura de cesse de discréditer son invention du courant alternatif, lui qui « n'à découvert que » le courant continu.
    Passant à la concurrence, chez Georges Westinghouse, il voit son train de vie s'améliorer, découvre la vie mondaine et le plaisir de se montrer en public avec de grands tubes lumineux et d'étincelles spectaculaires, qui font se pâmer les femmes et frémir tout le monde.
    Le seul problème de taille que connait Gregor c'est son inadaptation au monde moderne. Toujours une invention en tête, il ne pense pas à faire breveter correctement ses découvertes et se les fait piller. Avec son idée fixe d'électriser gratuitement la terre entière, il se met, petit à petit, tous ses mécènes à dos et passera d'un hôtel de très grand luxe à un hôtel minable et mourra seul et misérable.
    En dehors de l'électricité, la seule passion développée par Gregor est son amour des pigeons alors qu'il ne supporte aucune saleté, il va aller jusqu'à les garder dans sa chambre d'hôtel.
    Echenoz, dans son écriture, suit le rythme trépident de cette époque de grandes découvertes. Son écriture est aussi électrisée que les inventions de Gregor avec ce qu'il faut d'ironie.
    Un vrai régal. A travers cet ours des Carpates, Echenoz a été capable de me faire comprendre certaines de ses découvertes et lorsque j'allume la lumière, j'ai une petite pensée pour Nikola Tesla
    Une belle trilogie et un coup de cœur, comme le furent Ravel et Courir.
    En y repensant, je perçois dans ces 3 livres une grande solitude. Est-ce là l'apanage des surdoués et passionnés ?
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 16 juin 2011

    yv1
    ean Echenoz a déjà écrit deux livres de ce type : Ravel, sur le musicien du même nom (excellent livre) et Courir, sur Emil Zatopek (que je n'ai pas lu) ; avec Des éclairs, il finit brillamment une trilogie sur des hommes connus. Écrit sur un mode tragi-comique, ce livre est une perle. Si j'étais vulgaire, je dirais : "Putain, quel pied !" Mais comme je suis un garçon bien élevé et que parfois ma maman lit mes billets, je vais plutôt dire : "Fichtre, quel plaisir !"
    Je me suis régalé avec la langue de J. Echenoz (entendons-nous bien, c'est une image, ce n'est pas vraiment sa langue ; je n'ai pas l'heur de le connaître, et quand bien même je le connaîtrais... Mais bon, arrêtons-là ma parenthèse). C'est un vrai bonheur de lecture. Des phrases somptueuses, drôles par leur construction plus que par le choix des mot
    Je pourrais vous citer le chapitre 9 dans lequel Jean Echenoz raconte la naissance de la chaise électrique : je ne sais si l'anecdote -pour ceux qui ont le malheur d'y passer, c'est probablement plus qu'une simple anecdote- est véridique, mais l'intérêt réside dans la manière de nous narrer ce fait : irrésistible ! Sauf probablement pour William Kemmler, le premier condamné à être exécuté de la sorte.
    Revenons un peu à Gregor avant que je n'utilise tout les superlatifs que je connais pour qualifier le travail de l'auteur. Gregor ne vit que pour et par ses inventions : totalement inadapté à la vie en société (exceptée la bonne société qui peut financer ses faramineux projets), bourré de tics et d'habitudes, ayant une très haute opinion de lui-même, tout à fait conscient de sa valeur, il ne remarque pas les regards énamourés des femmes. Parce qu'en plus il est grand et beau
    En 175 pages, Jean Echenoz réussit l'exploit de raconter la longue vie de Gregor -presque 90 ans- sans jamais nous ennuyer, bien au contraire, même lorsqu'il parle électricité. Et croyez-moi si vous voulez, je bricole un peu chez moi pour remettre la maison en état (isolation, peintures, tapisserie, pose de sols, ... -je prends pas cher, si vous avez besoin !), eh bien, s'il est un domaine auquel je ne touche pas d'abord et avant tout parce que je n'y comprends rien c'est bien l'électricité. On m'a expliqué dix fois. Dix fois j'ai compris. Dix fois j'ai tout oublié étant incapable de ré-expliquer le moindre branchement. Je ne dis pas cela pour étaler ma vie privée ni mes piètres exploits électriques, mais simplement pour vous dire que malgré ma réticence à ce domaine pour moi totalement abstrus -je fais mon fier avec ce mot, mais en fait, je ne le connaissais pas avant de lire la page 88, et comme je le trouve bien, je m'en sers moi aussi. Y'a pas de raison-, je n'ai jamais eu la tentation de passer une seule page de ce livre.
    Je m'emballe, je m'emballe, je sais, mais là, croyez-moi, c'est pour la bonne cause, ou plutôt pour l'excellente Littérature !
    Un bouquin extra -si vous ne l'aviez pas saisi- que vous ne pouvez donc pas éviter.

    Lien : http://lyvres.over-blog.com
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ATOS, le 15 mai 2012

    ATOS
    Grégor n'est pas un inventeur.
    C'est un créateur et c'est sans doute là toute la différence.
    Il crée sans aucune ambition, sans aucun calcul, et n'aura jamais aucune animosité contre une société qui n'aura jamais su le comprendre.
    . Il est submergé par ses idées par ses visions. Il n'aura pas construit d'empire et n'aura pas graver son nom sur quelque Panthéon.
    Le roman d'Echenoz n'est pas une biographie, ce n'est pas la description d'un homme tombant en plein abîme.
    C'est le récit de la vie d'un homme qui n'avait pas choisi son destin et qui portait en lui tout simplement le souffle de la création.
    Astrid SHRIQUI GARAIN
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 25 février 2011

    chartel
    Après avoir lu les autres critiques sur babelio.com de "Des éclairs", j'ai trouvé que l'on réduisait ce roman à une biographie quasi documentaire, alors qu'elle est, bel et bien, une fiction. Jean Echenoz n'a pas scrupuleusement suivi les nombreuses sources biographiques qu'il a consultées pour l'élaboration de ce troisième roman dédié à un personnage ayant réellement existé (Ravel et Zatopek pour les deux premiers). Il s'est bien plutôt inspiré de ces sources pour créer un personnage de son cru, s'amusant même, par la voix de son narrateur, à grossir les traits, à se lancer dans des scènes comiques et burlesques, à se moquer de lui, à s'irriter de ses attitudes, parfois même à s'attendrir de ses malheurs.
    Ce Gregor vit, à l'image de l'invention qui le rendit célèbre, sur courant alternatif. Ce récit est une succession de hauts et de bas, d'avancées et de reculs. Cette vie trépidante et sous haute tension est d'ailleurs portée par un récit elliptique allant à l'essentiel, essayant en cela du mieux possible de suivre les passions de cet ingénieur électricien dénué de tout sens des affaires.
    Mais ce qui m'a le plus touché dans cette œuvre est cette ironie constante du narrateur évoquée plus haut. Il n'arrête pas d'interpeler le lecteur sur son récit et sur Gregor. A la manière d'Albert Londres, il fait mine de s'amuser et de rire, pour mieux faire passer l'amertume de la pilule, notamment pour la scène de la chaise électrique qui est bouleversante.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Jean-Baptiste Harang pour le Magazine Littéraire

    Le livre raconte la vie de Gregor et ne dit que son prénom, un inventeur génial qui a tout découvert et s'est fait détrousser de ses idées mal protégées par des brevets trop élémentaires pour notre mon... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par cprevost, le 09 octobre 2010

    Chacun préfère savoir quand il est né, tant que c'est possible. On aime mieux être au courant de l'insrtant chiffré où ça démarre, où les affaires commencent avec l'air, la lumière, la perspective, les nuits et les déboires, les plaisirs et les jours. Cela permet déjà d'avoir un premier repère, une inscription, un numéro utile pour vos anniversaires. Cela donne aussi le point de départ d'une petite idée personnelle du temps dont chacun sait aussi l'importance : telle que la plupart d'entre nous décident, acceptent de le porter en permanence sur eux, découpé en chiffres plus ou moins lisibles et parfois même fluorescents, fixé par un bracelet à leur poignet, le gauche le plus souvent que le droit.
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  • Par chantelire, le 31 octobre 2010

    Le pigeon, pourtant. Le pigeon couard, fourbe, sale, fade, sot, veule, vide, vil, vain. Jamais émouvant, profondément inaffectif, le pigeon minable et sa voix stupide. Son vol de crécelle. Son regard sourd. Son picotage absurde. Son occiput décérébré qu'agite un navrant va et vient. Sa honteuse indécision, sa sexualité désolante. Sa vocation parasitique, son absence d'ambition, son inutilité crasse.
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  • Par BMR, le 24 novembre 2010


    [...] Je sais bien que Gregor est antipathique, désagréable au point de laisser penser qu'il n'a que ce qu'il mérite, mais quand même. Le voici sans un sou et menacé de prison juste au moment où Edison, Westinghouse, Marconi et les autres, profitant de ses idées acquises à bas prix sinon carrément volées, s'épanouissent en affaires et se font un maximum d'argent. Non seulement lessivé, il voit bien amèrement que nombre d'entreprises, ne vivant que sur ses propres inventions, du courant alternatif à la T.S.F. en passant par les rayons X, se développent avec profit sans qu'il recueille l'ombre d'un dollar.
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  • Par chartel, le 25 février 2011

    Or on sait bien que tout le monde pense, toujours, la même chose au même instant. En tout cas se trouve-t-il toujours au moins quelqu’un pour avoir la même idée que vous. Mais il y en a toujours un aussi qui, avec la même idée que les autres, se montre plus patient, plus méthodique ou chanceux, mieux avisé, moins dispersé que Gregor, pour ne se consacrer qu’à elle et devancer le reste du monde en la réalisant.
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  • Par Filipvansnaeskerke, le 24 mars 2011

    Gregor naît une nuit d’orage au milieu des éclairs. Il devient vite un génie de l’électricité. Il invente, entre autres, le courant alternatif, la radio et le principe du radar.
    Sa vie se déroule à toute vitesse, la vitesse de l’éclair : c’est un inventeur infatigable et asocial, amateur d’annonces spectaculaires et de coups d’éclat, antipathique et attachant.
    Il travaille pour de grandes compagnies, il fréquente les plus puissants entrepreneurs américains. Mais il n’a aucun talent pour la comptabilité et la gestion de patrimoine : il finit sur la paille.
    Outre les phénomènes électriques, sa passion, ce sont les pigeons, qu’il recueille dans sa chambre d’hôtel et nourrit jusqu’à la fin de sa vie. Mais les pigeons, comme les capitalistes, sont ingrats.
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Interlignes - lecture Jean Echenoz .
Jean Echenoz lit, pour Interlignes, un extrait de son roman "Des Eclairs"








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