> Paul Alexandre (Traducteur)

ISBN : 271444508X
Éditeur : Belfond (2009)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 105 notes) Ajouter à mes livres
Journal, essai autobiographique, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Haruki Murakami se dévoile et nous livre une méditation lumineuse sur ce bipède en quête de vérité qu'est l'homme... Le L avril 1978, Murakami décide de vendre son club de jazz p... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lonesloane, le 22 juillet 2011

    lonesloane
    Alors là je suis vraiment heureux. Je suis un inconditionnel d'Haruki Murakami depuis plusieurs années, il me semble avoir lu à peu près tout ce qui a été traduit en français de cet auteur, mais jamais je n'ai su me lancer dans un chronique d'un de ses ouvrages, tant l'expérience me semble complexe. Et puis ce matin, au saut du lit je me suis souvenu de ce petit essai autobiographique qu'il nous a pondu il y a pas pas mal de temps déjà : « Autoportrait de l'auteur en coureur de fond ».
    C'est assez improbalbe, mais figurez-vous que je me suis retrouvé trait pour trait de ce récit. Comme Mr Murakami, il y a quelques années je me suis rendu compte que je m'empattais (activité sédentaire etc etc…), comme lui je fumais, fumais et fumais encore, et comme lui toujours, il m'a semblé nécessaire de me reprendre en main et de me plonger dans une activité physique qui avec le temps est devenue intensive, une quasi dépendance.
    Je comprenais donc merveilleusement bien les mécanismes qui ont poussé l'auteur à se lancer dans un tel récit.
    Lire un Murakami se lançant dans la description des souffrances inhérentes à un marathon, c'est plus que formateur, c'est mystique. On retrouve sa plume hors du commun, son style inégalable, et on referme le bouquin sans s'être aperçu du temps qui a passé. A n'en pas douter, cet ouvrage m'aide au quotidien lorsque je sens ma rigueur flancher… N'hésitez surtout pas à vous plonger dans cet autoportrait, même si vous imaginez être à des années lumière de la thématique, je suis certain que vous en ressortirez plus fort.

    Lien : http://testivore.com/autoportrait-de-lauteur-en-coureur-de-fond/
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par horline, le 23 mars 2011

    horline
    Pratiquant la course à pied, j'ai immédiatement été attirée par le titre de ce livre de Murakami dans lequel, selon un chroniqueur littéraire, "l'auteur réussit le prodige de sonder les secrets de l'écriture, activité d'endurance sur une route intime chaotique". Cette critique parue dans Télérama m'avait définitivement convaincue d'acquérir ce livre à grandes foulées.
    Une fois plongée dans la lecture, on est très loin des envolées poétiques et sonorités sophistiquées.
    D'abord, parce que l'auteur adopte l'écriture intime : il exprime toutes ses intériorités, des pensées immédiates mais récurrentes qui ont jalonné sa vie de coureur pendant vingt-cinq ans. C'est une écriture hétérogène, spontanée.
    Ensuite, parce qu'à force de courir 10 kilomètres par jour, six jours sur sept, le corps du marathonien a imposé son rythme et sa rigueur à l'esprit de l'auteur. On découvre que l'écriture est pour lui une activité aussi éprouvante que la préparation d'un marathon. La solitude, la patience, l'abnégation, l'humilité, la souffrance et la volonté de dépassement de soi au mépris de la quête du dépassement des autres, propres à la course à pied, sont autant de qualités qui ont modelé les méthodes de travail de l'auteur.
    Et finalement ce qui ressort est assez ennuyeux voire totalement insipide si j'étais non initiée aux sports d'endurance.
    Les secrets d'écriture de l'auteur apparaissent bien anecdotiques, l'auteur s'attachant davantage à décrire la discipline de fer à laquelle il s'astreint dans sa pratique quotidienne de la course à pied.
    Malgré la forme d'un journal intime, le récit est très sobre, trop pudique pour décrire et sublimer la beauté de l'effort. A force de descriptions minutieuses et d'une approche méthodique, le récit dégage peu d'intensité émotionnelle, trop peu pour que je puisse m'identifier à l'auteur.
    Les nombreuses réflexions sont abordées, de l'aveu même de l'auteur, de manière trop superficielles pour constituer un essai.
    Ça ressemble trop à mon goût à un carnet d'entraînement.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 septembre 2011

    brigittelascombe
    "Il y a de la philosophie même quand on se rase" affirmait Somerset Maugham.
    Une action répétitive tient de la méditation pense Haruki Murakami.
    Donc entre philosophie; écriture et course à pied il n'y a qu'un pas que l'auteur franchit allègrement chaque jour. Et le voilà à retranscrire son ressenti sur, sinon une vraie philosophie, des retours d'expériences et sur lui même en tant qu'homme qui court.
    Walkman aux oreilles, sur un Hawaï paradisiaque,il essaye chaque matin de dépasser la distance parcourue la veille.Jubilation.Accélération.Ilécoute"TheLovin'Spoonful".Souvenirs.
    Individualité.Dépassement de soi."Courir pour obtenir du vide."Absorber l'infini".Survie pour garder la tête hors de l'eau.Effort.Austérité.
    D'Athènes à Marathon.Fournaise de l'été.Compétition contre le soleil.Pourquoi?Soif.Souffrances.Concentration.Oubli.
    New York.
    Tokyo.
    Boston.
    Hokkaido.
    Cambridge.
    Il avale les kilomètres à grands pas de géant, constate à quel point ce réceptacle appelé 'moi' est vain".Marathons,triathlons, lunettes de natation,combinaison, il fend l'eau comme un poisson, enchaine sur un vélo.
    "De chaque échec,de chaque bonheur,il essaie de tirer une leçon concrète" et nous la transmet.
    Chapeau!
    Plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel,l'auteur de La Ballade de l'impossible a même rédigé son épitaphe:
    Haruki Murakami
    1949-2O..
    Ecrivain(et coureur)
    Au moins jusqu'au bout il n'aura pas marché.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par HK, le 20 mai 2011

    HK
    Etant coureur de fond moi même, je me suis reconnu dans de nombreuses situations. Les blessures, les périodes de doute, d'extrême fatigue... L'oeuvre est assez intimiste et l'auteur en explique la raison: ceux qui ne pratiquent ce sport exigeant ne peuvent en saisir l'impact sur la vie quotidienne. Il ne s'agit pas d'un simple hobby mais d'un investissement de temps et d'effort considérable.. D'ailleurs, le jogging s'est peu à peu mué chez Murakami en une véritable obsession. Toute son existence s'est organisée en fonction de ses séances de jogging quotidiennes. Une école du sacrifice qui a aussi grandement influencé sa manière d'écrire, désormais plus réfléchie et plus organisée... J'ai été pour ma part fort ému par le récit de sa compétition de 100 km qu'il a terminé dans un état lamentable, les pieds en sang, les jambes flageolantes. Ca peut sembler complètement fou, mais à mes yeux il s'agit d'un acte héroïque, d'une immense manifestation de courage qui ne peut que forcer le respect. Un jusquauboutisme admirable dont Murakami a fait son credo dans les autres secteurs de sa vie...
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    • Livres 2.00/5
    Par jcnb68, le 30 août 2011

    jcnb68
    Moi qui ai été un grand coureur de fond dans mon adolescence, je me dois de reconnaitre, à la lecture de ce récit autobiographique de l'auteur, que j'ai complètement perdu la forme.
    Ainsi, me suis-je essoufflé en cours de route sans jamais pouvoir atteindre la ligne d'arrivée de ce Murakami ; on se demande ce qu'il fout là !
    J'étais pourtant surexcité à l'idée de pouvoir en apprendre un peu plus sur l'intimité de l'auteur.
    Malheureusement, le salaud, ne nous laisse ici que quelques miettes rances parsemées le long d'un parcours pénible et tortueux.
    Autant pour moi. Ca m'apprendra à vouloir fouiller là où ça ne me regarde pas.
    Le pire, c'est que j'avais l'intention de reprendre de l'entrainement.
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°130 - juin 2009 - « On obtient souvent les choses qui ont une véritable valeur au moyen d'actes apparemment improductifs. » Un aphorisme qui pourrait résumer le rapport de Murakami à la course à pied. À ses détracteurs qui ne comprennent pas pourquoi il court 10 kilomètres tous les jours depuis 37 ans, il pourrait répondre que cela a du sens dans sa vie de romancier. L'auteur rend compte de son rapport au sport, depuis qu'il a choisi d'écrire. Les écrivains de génie ne sont pas si nombreux, et l'auteur revendique être un auteur « de fond », endurant. Il ne s'agit pas tant d'un éloge de la course à pied, que de constater qu'il est possible pour un être humain d'aller au-delà de la souffrance, de la fatigue et de ses propres limites. Le style de Murakami est ici identique à celui qu'il déploie dans ses romans. Mélange de sagesse, de simplicité et d'observation du monde qui l'entoure. Cet essai se lit comme un roman, avec la course à pied comme personnage, les marathons comme une succession d'actions insensées où la machine humaine obéit ou résiste. Murakami décrit le mécanisme de ses jambes qui refusent parfois de poursuivre le chemin. Cet auteur « coureur » saura séduire les lecteurs par l'humilité et la poésie de son propos. L'occasion également de désacraliser le stéréotype de l'écrivain auprès de l'adolescent : figure romantique marquée par le génie. Car ici, il est avant tout question de persévérance, de travail et de « littérature athlétique ». Anne Clerc

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Citations et extraits

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  • Par DIEGO, le 23 juin 2011

    La majorité des coureurs ordinaires sont avant tout motivés par un but personnel, qui consiste en général à parcourir telle distance en un temps donné. Quand l’athlète réalise ce temps, il (ou elle) a le sentiment d’avoir accompli ce qu’il s’est fixé de faire, et s’il n’y arrive pas, il aura le sentiment d’avoir failli. Même s’il ne parvient pas au temps qu’il espérait atteindre, tant qu’il éprouve la satisfaction d’avoir fait de son mieux – et, éventuellement, d’avoir découvert un aspect significatif de lui-même-, sa course est perçue comme un accomplissement, et il retrouvera ce sentiment positif lors de la compétition suivante. en d’autres termes, la fierté (ou ce qui ressemble à de la fierté) qu’éprouve le coureur de fond à être allé au bout de sa course reste pour lui le critère fondamental.
On peut dire la même chose à propos de ma profession. Dans le travail du romancier, pour autant que je le sache, la victoire ou la défaite n’ont pas de sens. Peut-être le nombre d’exemplaires vendus, les prix littéraires, les critiques élogieuses sont-ils des critères apparents qui fixent la réussite dans le domaine littéraire, mais rien de tout cela ne compte véritablement. l’essentiel est de savoir si vos écrits ont atteint le niveau que vous vous êtes assigné. Une chose difficile à expliquer. Aux autres, vous pouvez toujours fournir une explication appropriée. À vous-même, impossible de mentir. En ce sens, écrire un roman ou courir un marathon, voilà deux activités qui se ressemblent. Chez les créateurs, il existe une motivation intérieure, une force calme qu’il n’est pas du tout nécessaire de confronter à des critères extérieurs.
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  • Par sarasvati, le 06 mars 2011

    p.104/En ce qui me concerne, la plupart des techniques dont je me sers comme romancier proviennent de ce que j'ai appris en courant chaque matin. Tout naturellement, il s'agit de choses pratiques, physiques. Jusqu'où puis-je me pousser ? Jusqu'à quel point est-il bon de s'accorder du repos et à partir de quand ce repos devient-il trop important ? Jusqu'où une chose reste-t-elle pertinente et cohérente et à partir d'où devient-elle étriquée, bornée ? Jusqu'à quel degré dois-je prendre conscience du monde extérieur et jusqu'à quel degré est-il bon que je me concentre profondément sur mon monde intérieur ? Jusqu'à quel point dois-je être confiant en mes capacités ou douter de moi-même ? Je suis sûr que lorsque je suis devenu romancier, si je n'avais pas décidé de courir de longues distances, les livres que j'ai écrits auraient été extrêmement différents.
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  • Par Xav, le 17 avril 2011

    Les pensées sont comme les nuages dans le ciel. Les nuages ont différentes formes, différentes tailles. Ils vont et ils viennent, alors que le ciel reste le même ciel de toujours. Les nuages sont de simples invités dans le ciel, qui apparaissent, séloignent et disparaissent. Reste le ciel. Il existe et à la fois n'existe pas. Il possède une substance et en même temps il n'en possède pas. Nous acceptons son étendue infinie, nous l'absorbons, voilà tout
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  • Par albisia, le 03 mars 2011

    Nous sommes, il est vrai, une espèce d'humanité particulière. Penchons-nous un peu sur cette question. La plupart des participants à ces courses travaillent, ils ont des familles et, en plus, ils nagent, ils parcourent de longues distances à vélo, ils courent, ils s'entrainent dur, et tous ces exercices font partie de leur vie quotidienne. Du point de vue des gens ordinaires, ce mode de vie est insolite. Difficile de répondre à ceux qui nous qualifient même d'extravagants, d'originaux. Pourtant, sans aller jusqu'à évoquer un sentiment de solidarité, il existe entre nous une sorte de chaleureuse communauté de vue, comme un brouillard à peine coloré sur un pic à la fin du printemps.
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  • Par mangeclous, le 23 mai 2010

    La majorité des coureurs ordinaires sont avant tout motivés par un but personnel, qui consiste en général à parcourir telle distance en un temps donné. Quand l'athlète réalise ce temps, il (ou elle) a le sentiment d'avoir accompli ce qu'il s'est fixé de faire, et s'il n'y arrive pas, il aura le sentiment d'avoir failli... [...]... On peut dire la même chose à propos de ma profession. Dans le travail du romancier, pour autant que je le sache, la victoire ou la défaite n'ont pas de sens.
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