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ISBN : 2080502212
Éditeur : Flammarion (1992)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les Civilisés obtinrent le troisième prix Goncourt en 1905, mais ni le grand public ni le lectorat lettré ne savent rien de son auteur Claude Farrère, et du roman. Les Civilisés, ce sont les coloniaux, ceux qui devraient porter le fardeau de l'homme blanc vanté par Kipl... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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  • Par lanard, le 07 octobre 2011

    lanard
    Le lien suivant renvoie vers la page d'un site perso (ce n'est pas le mien) consacré à l'Indochine coloniale ( bellindochine.free.fr ) et donne à lire de brefs extraits de ce roman colonial qui décrit sans aménité la société des colons français en Indochine. Critique morale plutôt qu'anticolonialiste; le marin Claude Farrère ne semble avoir rien appris sur les peuples d'Indochine qu'il semble mépriser tout comme les méprisèrent les colons du Tout-Saïgon que Farrère étrille dans ce roman.
    Le mythe tenace (encore aujourd'hui) d'une mentalité orientale inaccessible et impénétrable à l'entendement occidental constitue le socle du savoir ethnologique de l'auteur sur les orientaux. Si ce que j'ai pu lire de Claude Farrère (c'est à dire pas grand chose) semble démontrer une connaissance familière de la littérature orientaliste de son temps, dans Les civilisés il n'évoque guère les asiatiques que pour la couleur locale; sa palette lexicale se contente de vocables exotiques tels "congaï", "saï", "phou", "boy" et curieusement le mot hispanique cañha pour désigner un habitat forcément crasseux... Quel dommage qu'un si beau style n'ait pas su donner à voir un peu de la vérité humaine sans plus de nuances qu'un violent contraste entre la beauté morale (Sélysette Sylva et sa mère) et la dépravation la plus aboutie (Mévil, Torral).
    Mais les peuples de l'Indochine ne sont pas le sujet du roman. Il s'agit plutôt de condamner au nom d'une morale pétrie de christianisme (mais non sans ambigüités), le donjuanisme du petit club des "Civilisés ». le docteur Mévil, l'ingénieur Torral, le journaliste corbeau Claude Rochet et le marin Fierce forment cette coterie d'individualistes chevronnés qui figure dans le portrait moral de la bonne société Saïgonaise comme une sorte de chancre abominable.
    Cette petite bande de débauchés affecte un profond mépris de tout sentimentalisme et s'acharne à n'aimer les femmes (et parfois, les petits garçons) qu'au physique.
    Les réminiscences du Don Juan se retrouvent dans les théories professées par l'idéologue de la bande, l'ingénieur Torral, pour qui la morale (comme le monde) se met en équation, selon une variante sorte de principe de moindre action; le rationalisme est ici poussé à quelques raffinements qui vont au bien au-delà du "je crois que deux et deux font quatre" de Don Juan à Sagnarelle.
    Au final, le docteur Mévil rencontre sa statue du commandeur (le fantôme de l'évêque d'Adran) et le personnage principal (Fierce) de même, d'une autre façon. Les deux sont précipités dans l'abîme et la tombe.
    Ne s'en tirent bien que les plus ignobles; Rochet et surtout Torral l'ingénieur jusqu'au-boutiste qui, désertant quand la guerre éclate avec les anglais, échappe à la mort en fuyant dans un navire allemand. Toute l'ambiguïté du roman tient dans le parcours de ce personnage; il est le plus antipathique (au physique comme au moral) mais par sa cohérence et sa parfaite logique, sa philosophie séduit. Parfois on a l'impression que Farrère veut lui donner raison. C'est lorsqu'il le condamne il n'est guère convaincant ; il nous ramène les curés et l'héroïsme barbare d'antan qu'il oppose à la dépravation des "civilisés". Il est vrai que Farrère écrivait en temps où l'élite intellectuelle pouvait croire sans rire que l'on mettrait bientôt tout l'univers en équations.


    Lien : http://belleindochine.free.fr/LesCivilises.htm
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    • Livres 5.00/5
    Par Thai_expat, le 24 février 2011

    Thai_expat
    Un grand classique et l'un des meilleurs ouvrages sur l'Indochine coloniale. Très belle écriture, vision aristocratique du monde, très "politiquement incorrecte" pour l'époque.

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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 30 janvier 2012
    Farrère entend dénoncer les idéologies officielles et retourner les présupposés en vigueur alors. Qui sont les sauvages? Qui sont les civilisés? Les rôles sont-ils si clairement définis?
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par lanard, le 07 octobre 2011

    Torral ricana.
    - "Séance de catéchisme. Je crois en un seul dieu: l'évolution déterministe; je crois au bien et au mal en tant que règlement d'utilité sociale, prudemment inventé par les malins contre les niais; et je crois même que l'homme est composé d'un corps et d'une âme, celle-ci étant mathématiquement définie, l'intégrale des réactions chimiques de celui-là. - Maintenant, pour plus ample commentaire, j'ajouterai que ce catéchisme des Civilisés, - est un secret qu'il faut cacher aux peuples, parce qu'ils en sont indignes, et réserver aux seuls individus d'élite, dont je suis. Toute civilisation doit être ésotérique; et la profanation des mystères rebrousse l'évolution vers la barbarie.'
    Il tira les dernières bouffées de sa cigarette et l'éteignit sous son pied.
    - "J'imagine d'ailleurs que tu sais tout cela comme moi?"
    (...)Fierce baissa la tête. Que répondre? Torral parlait vrai, et rien ne pouvait être opposé à son dogme irréfutable. Tout à coup, parmi les fantômes de sa pensée, Fierce revit Melle Sylva, - candide, croyante, absurde, heureuse.
    - "Eh oui! cria-t-il soudain. Je sais tout cela. Ton catéchisme; je l'ai appris au collège; et je le pratiquais d'instinc, avant de l'avoir appris: - et il n'y a de vérité qu'en lui, et tout le reste est mensonge. - Oui, parbleu, je sais tout cela. Mais encore? Il n'y a ni dieu, ni loi, ni morale; il n'y a rien, que le droit pour chacun de prendre son plaisir où bon lui semble, et de vivre aux dépens des moins forts. - Et puis? - J'en ai usé, de ce droit; j'en ai abusé. Et j'ai fait ma maîtresse de la vérité la plus égoïste et la plus implacable; est-ce ma faute, si j'étouffe aujourd'hui entre ses bras? est-ce ma faute, si j'ai trouvé la lassitude et l'écoeurement là tu dis qu'est le bonheur? Ne pas souffrir, - ne pas sentir! cela ne me suffit plus. J'ai soif d'autre chose. Je ne me résigne plus à vivre pour manger, boire et me coucher. Et je n'en veux plus, de cette vérité, qui n'a rien de meilleur à m'offrir; j'aime mieux le mensonge, j'aime mieux ses duperies, ses trahisons et ses larmes!
    - Tu es fou.
    - Non! j'y vois clair. La vérité, qu'ai-je à en faire? Rien, trois fois rien! Ce qu'il me faut, c'est le bonheur. Eh bien, j'ai vu des gens vivre selon le mensonge, parmi tout le fatras des religions, de l'honneur et de la vertu; ces gens-là étaient heureux...
    - Heureux comme des forçats à la double boucle.
    - Et quand même? s'il fait meilleur dans le cachot qu'à la belle étoile?
    (...)
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  • Par Thai_expat, le 24 février 2011

    Saïgon, proclama-t-il, capitale civilisée du monde […] libres de frein et de joug, ils se sont mis à vivre selon la bonne formule : minimum d’effort pour maximum de jouissance. Le respect humain ne les gênait pas, parce que chacun dans sa pensée s’estimait supérieur aux autres […]

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Claude Farrère : La maison des hommes vivants
Olivier BARROT, installé dans une chambre, présente une réédition de "La maison des hommes vivants" en poche Librio ; une histoire fantastique écrite par Claude FARRERE, auteur populaire, élu à l'Académie française.








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