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ISBN : 2070144100
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 205 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" J'ai appris qu'il était mort depuis des années. C'était en mai 90 (...). Je n'avais jamais pensé à sa mort. On m'a dit aussi qu'il était enterré à Sadec, que la maison bleue était toujours là, habitée par sa famille et des enfants. Qu'il avait été aimé à Sadec pour sa... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 12 septembre 2012

    cicou45
    Pour ceux qui me connaissent un peu et qui ont pu notamment lu mes dernières critiques, ils savent que je suis très sensible aux affaires de sexe et pourtant, dans ce livre, il n'est pratiquement question que de ça mais cela est dit sans crudité, d'une manière tellement belle que l'on ne peut pas considérer que le sexe est l'unique centre d'intérêt de cet ouvrage. En effet, derrière cette façade, il y a beaucoup plus et le sentiment le plus puissant qui est exprimé avec brio ici est celui de L'Amour ; L'Amour d'une jeune fille de quinze ans pour un jeune chinois, qui, lui en a 27 mais aussi L'Amour de cette même jeune fille pour son petit frère Paulo.
    L'histoire se déroule en 1930 dans le sud de l'Indochine où l'enfant (l'héroïne de ce roman qui n'est jamais nommée et est toujours désignée par cette appellation) vit avec sa mère, son frère aîné Pierre, son jeune frère Paulo et Than, un homme qui leur sert de chauffeur et que la mère a recueilli chez elle alors qu'il n'était encore qu'un jeune garçon.
    C'est alors que l'enfant va faire la connaissance de ce chinois originaire de Mandchourie et qu'entre eux va se nouer une relation extrêmement forte bien que ce dernier ait déjà connu de nombreuses femmes dans sa vie, la preuve étant qu'il l'emmène régulièrement dans sa garçonnière. Cependant, étant le fils d'un homme extrêmement riche, il est, depuis plusieurs années déjà promis à une jeune chinoise qui est elle aussi issue d'une famille très aisée et en Chine à l'époque, il y avait certaines traditions que l'on ne pouvait pas briser.
    Un roman construit sur des discours chaotiques, saccadées (c'est voulu et c'est d'ailleurs ce qui fait son charme), léger, agréable à lire et basé sur une valeur qui est pour moi la plus belle au monde, celle de L'Amour.
    Je n'avais jamais lu cet ouvrage auparavant de peur d'être choquée par les descriptions d'inceste et autres mais je me rends compte à présent que j'avais totalement tord car il n'en n'est rien. A lire !
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    • Livres 5.00/5
    Par comtesseoboulof, le 12 mars 2012

    comtesseoboulof
    A tous ceux qui ont aimés « Un barrage contre le pacifique » ( 1950) et « L'Amant » (1984), je n'ai qu'un mot à dire LISEZ ce dernier opus paru en 1991, cinq ans avant le décès de son auteure.
    Quel livre émouvant, le plus beau pour moi, épuré, allant à l'essentiel de cet amour qui a marqué à jamais Marguerite Duras. Quelle émotion de la lire, celle qui au soeuil de sa vie nous livre sa vision presque cinématographique , faisant référence au fait que l'enfant sait déjà qu'elle écrira cette histoire, car « même après la mort, il y aura des livres pour raconter, car ce n'est pas possible autrement ».
    On sent dans ce denier ouvrage, la réconciliation avec la mère, si éprouvée, ruinée par les gens du cadastre, qui lui ont vendus un terrain entre « montagne et mer » qui sera sa perte. L'enfant comprend tout d'elle, son combat perdu et la souffrance d'avoir entraîné ses enfants dans ce désastre. On ressent L'Amour trouble pour le petit frère, pour Thanh et Hélène Lagonelle son amie de la pension Lyautey. On revoit les lieux, la maison de la mère, le lycée à Saigon, la garçonnière de L'Amant chinois et sa Léon Bollée noire.
    Et surtout on est pris d'émotion par cette écriture épurée, qui va à l'essentiel , pour nous décrire, ce lien si particulier et si fort entre le chinois et l'enfant.
    « Ils se regardent, se regardent jusqu‘aux larmes. Et pour la première fois de sa vie elle dit les mots convenus pour le dire -les mots des livres, du cinéma, de la vie, de tous les amants.
    -Je vous aime. 
    Le chinois se cache le visage, foudroyé par la souveraine banalité des mots dits par l‘enfant. Il dit que oui, que c‘est vrai. Il ferme les yeux. Il dit tout bas : je crois que c‘est ça qui nous sera arrivé.».
    A emporter sur mon île déserte.
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    • Livres 5.00/5
    Par madameduberry, le 02 février 2014

    madameduberry
    Marguerite Duras écrivit l'Amant de la Chine du Nord après la sortie de l'adaptation cinématographique de l'Amant, par Jean-Jacques Annaud.
    Ce second texte sur l'amour entre une adolescente pour un homme de 12 ans son aîné, entre une fille de colons blancs et un chinois, est encore plus beau que la version initiale. Fâchée du succès du film, qu'elle juge hollywoodien et vulgaire dans son esthétisme éthéré, peut-être fâchée aussi des raisons du succès du livre, elle le réécrit, pour prouver au monde entier qu'elle est l'auteure et Annaud un pâle imitateur. Cette version, épurée, nettoyée de certains effets de style, surpasse en effet la première mouture. Cet ouvrage est dans mon sac pour une île déserte.
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    • Livres 4.00/5
    Par erellwen, le 18 avril 2010

    erellwen
    Elle.
    Elle n'a pas encore quinze ans.
    Cette enfant a poussé dans une famille saccagée.
    Le père, mort il y a bien longtemps.
    Le grand frère, opiomane violent.
    La mère, ruinée par des fonctionnaires véreux, qui n'en finit pas de sombrer dans la folie de son amour pour ce fils dangereux.
    Dangereux pour Paulo surtout, le petit frère. Celui que tout le monde sait fou. Hermétiquement clos, presque hors de portée des mots. Mais qui vit tout contre Elle, Elle qui l'aime. Au point que la nuit, leurs corps soudés pourraient se confondre.
    Et Tanh, le frère recueilli, l'enfant perdu de la forêt de Siam. Leur amour mutuel, tu.
    Ce jour-là, elle rentre à la pension Liautey, celle qui abrite les orphelines métisses et les blanches ruinées.
    Sur le bac, Il est là. Dans son costume grège, dans sa longue voiture noire. le riche homme chinois.
    Un regard échangé, une invitation.
    Et le désir monte, comme une évidence à laquelle ils ne peuvent se soustraire.
    Le désir qui les emporte comme un torrent impétueux.
    Jusqu'à la souffrance, La Douleur définitive du déchirement.

    Eblouissant.
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    • Livres 5.00/5
    Par igaluck, le 12 octobre 2014

    igaluck
    [Livre audio lu par Ariane Ascaride]
    Mon gros coup de cœur parmi les prétendants au Prix Lire dans le noir 2014 (qui me restera personnel, puisqu’il ne figure pas dans les finalistes).
    Je n’aurai jamais reconnu Ariane Ascaride si son nom n’avait pas figuré sur la pochette. Son interprétation est remarquable. Le texte est atypique, une mauvaise interprétation le rendrait facilement froid, artificiel ou incompréhensible. Ariane Ascaride nous l’offre sur un plateau. Concentrée, précise, elle se donne toute à l’interprétation sans une minute de relâchement. Je pense que n’aurai jamais eu une lecture aussi riche avec le livre papier, je serai plus ou moins passée à côté. Ariane Ascaride m’a offert l’écriture de Marguerite Duras au sens propre du terme. Un travail théâtral dans toute sa beauté.
    La langue est particulière. L’emploi systématique du présent dans les dialogues quand un passé ou un futur seraient requis donne une impression d’étrangeté. Les scènes et les personnages sont décrits par approche progressive, comme si l’auteure tournait un film (elle y fait souvent référence). L’approche de la sexualité, prégnante tout au long du récit, est délicate et pudique en même temps que sans fard. Troublante, sensible, elle transcende l’aspect sulfureux et possiblement choquant du sujet. Un beau travail de recherche sur l’écriture.
    [Écouté dans le cadre du Prix Lire dans le noir 2014]

    Lien : http://versautrechose.fr/blog2/?p=4555
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Citations et extraits

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  • Par erellwen, le 18 avril 2010

    Elle disait se souvenir de la peur. Comme elle se souvenait de la peau, de sa douceur. De celle-ci, à son tour, épouvantée.

    Les yeux fermés elle touchait cette douceur, elle touchait la couleur dorée, la voix, le coeur qui avait peur, tout le corps retenu au-dessus du sien, prêt au meurtre de l'ignorance d'elle devenue son enfant. L'enfant de lui, l'homme de la Chine qui se tait et qui pleure et qui le fait dans un amour effrayant qui lui arrache des larmes.


    La douleur arrive dans le corps de l'enfant. Elle est d'abord vive. Puis terrible. Puis contradictoire. Comme rien d'autre. Rien: c'est alors en effet que cette douleur devient intenable qu'elle commence à s'éloigner. Qu'elle change, qu'elle devient bonne à en gémir, à en crier, qu'elle prend tout le corps, la tête, toute la force du corps, de la tête, et celle de la pensée, terrassée.

    La souffrance quitte le corps maigre, elle quitte la tête. Le corps reste ouvert sur le dehors. Il a été franchi, il saigne, il ne souffre plus. Ca ne s'appelle plus de la douleur, ça s'appelle peut-être mourir.


    Et puis cette souffrance quitte le corps, quitte la tête, elle quitte insensiblement toute la surface du corps et se perd dans un bonheur encore inconnu d'aimer sans savoir.
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  • Par comtesseoboulof, le 10 mars 2012

    La nuit est venue. C'est le même décor. La mère est encore là où était la "fête" de l'après-midi. Les lieux ont été remis en ordre. Les meubles sont à leur place.

    La mère n'attend rien. Elle est au centre de son royaume : cette famille-là, ici entrevue.

    La mère n'empêche plus rien. Elle n'empêchera plus rien.
    Elle laissera se faire ce qui doit arriver.
    Cela tout au long de l'histoire ici racontée.

    C'est une mère découragée.

    C'est le frère aîné qui regarde la mère. Il lui sourit. La mère ne le voit pas.
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  • Par meyeleb, le 14 août 2011

    Elle, elle est restée celle du livre, petite, maigre, hardie, difficile à attraper le sens, difficile à dire qui c'est, moins belle qu'il n'en paraît, pauvre, fille de pauvres, ancêtres pauvres, fermiers, cordonniers, première en français tout le temps partout et détestant la France, inconsolable du pays natal et d'enfance, crachant la viande rouge des steaks occidentaux, amoureuse des hommes faibles, sexuelle comme pas rencontrée encore. Folle de lire, de voir, insolente, libre.
    Lui, c'est un chinois. Un chinois grand. Il a la peau blanche des Chinois du Nord. Il est très élégant. Il porte le costume en tissu de soie grège et les chaussures anglaises couleur acajou des jeunes banquiers de Saigon.
    Il la regarde.
    Ils se regardent. Se sourient.
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  • Par comtesseoboulof, le 10 mars 2012

    L'enfant vient de la pension Lyautey . Elle va au lycée. A cette heure-là la rue Lyautey est presque déserte. L'enfant est la seule de la pension à être dans le secondaire au lycée de Saigon, donc à passer par là.

    C'est le commencement de l'histoire.
    L'enfant est encore sans le savoir.

    Et puis, devant elle, tout à coup, le long de l'autre trottoir, à sa gauche, arrêtée, il y a l'histoire, l'auto du bac, très longue, très noire, tellement belle, tellement et chère aussi, tellement grande. Comme la chambre d'un Grand Hôtel.
    L'enfant ne le reconnait pas de suite. Elle reste là, arrêtée devant elle. A la regarder. Et puis à la reconnaître. Et puis à le voir, lui, l'homme de la Mandchourie endormi ou mort. Celui de la main, celui du voyage.
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  • Par cicou45, le 11 septembre 2012

    "C'est drôle le bonheur, ça vient d'un seul coup, comme la colère."

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Vidéo de Marguerite Duras

Exposition Duras Song, portrait d'une écriture .
À l?occasion du centenaire de la naissance de Marguerite Duras (1914-1996), la Bibliothèque publique d?Information et l?Institut Mémoires de l?édition contemporaine s?associent pour présenter l?exposition Duras Song consacrée à cette figure majeure de la littérature du XXe siècle. Donnant naissance à des textes importants comme le Barrage contre le Pacifique (1950), Le Ravissement de Lol V. Stein (1964) ou L?Amant (1984), participant au renouvellement des formes narratives, sondant les mystères de l?amour et les abîmes du sujet individuel, l?écriture résolument contemporaine de Duras s?est également déployée dans d?autres médias : le cinéma avec Hiroshima mon amour (1959) ou India Song (1975), mais aussi le théâtre, les pièces radiophoniques, de nombreux entretiens et des articles de presse où se manifeste son engagement politique.








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