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ISBN : 2070388093
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 319 notes)
Résumé :
" J'ai appris qu'il était mort depuis des années. C'était en mai 90 (...). Je n'avais jamais pensé à sa mort. On m'a dit aussi qu'il était enterré à Sadec, que la maison bleue était toujours là, habitée par sa famille et des enfants. Qu'il avait été aimé à Sadec pour sa bonté, sa simplicité et qu'aussi il était devenu très religieux à la fin de sa vie. J'ai abandonné le travail que j'étais en train de faire. J'ai écrit l'histoire de l'amant de la Chine du Nord et de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
12 septembre 2012
  • 4/ 5
Pour ceux qui me connaissent un peu et qui ont pu notamment lu mes dernières critiques, ils savent que je suis très sensible aux affaires de sexe et pourtant, dans ce livre, il n'est pratiquement question que de ça mais cela est dit sans crudité, d'une manière tellement belle que l'on ne peut pas considérer que le sexe est l'unique centre d'intérêt de cet ouvrage. En effet, derrière cette façade, il y a beaucoup plus et le sentiment le plus puissant qui est exprimé avec brio ici est celui de l'Amour ; l'amour d'une jeune fille de quinze ans pour un jeune chinois, qui, lui en a 27 mais aussi l'amour de cette même jeune fille pour son petit frère Paulo.
L'histoire se déroule en 1930 dans le sud de l'Indochine où l'enfant (l'héroïne de ce roman qui n'est jamais nommée et est toujours désignée par cette appellation) vit avec sa mère, son frère aîné Pierre, son jeune frère Paulo et Than, un homme qui leur sert de chauffeur et que la mère a recueilli chez elle alors qu'il n'était encore qu'un jeune garçon.
C'est alors que l'enfant va faire la connaissance de ce chinois originaire de Mandchourie et qu'entre eux va se nouer une relation extrêmement forte bien que ce dernier ait déjà connu de nombreuses femmes dans sa vie, la preuve étant qu'il l'emmène régulièrement dans sa garçonnière. Cependant, étant le fils d'un homme extrêmement riche, il est, depuis plusieurs années déjà promis à une jeune chinoise qui est elle aussi issue d'une famille très aisée et en Chine à l'époque, il y avait certaines traditions que l'on ne pouvait pas briser.
Un roman construit sur des discours chaotiques, saccadées (c'est voulu et c'est d'ailleurs ce qui fait son charme), léger, agréable à lire et basé sur une valeur qui est pour moi la plus belle au monde, celle de l'Amour.
Je n'avais jamais lu cet ouvrage auparavant de peur d'être choquée par les descriptions d'inceste et autres mais je me rends compte à présent que j'avais totalement tord car il n'en n'est rien. A lire !
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zabeth55
30 avril 2015
  • 3/ 5
Commencé il y a de nombreuses années, je ne l'avais jamais terminé.
Voilà, c'est chose faite.
Ce que je n'avais pas aimé à l'époque m'a un peu moins dérangé cette fois-ci.
- le ton sec et détaché
- La manière distante de désigner les personnages : « l'enfant », « le chinois »
- le fait que les scènes soient vues sous l'angle d'un film, donnant une certaine froideur au récit.
- Les dialogues longs, inconsistants et ennuyeux.
Non, cela ne m'a pas rebutée en deuxième lecture. J'y ai même trouvé de l'originalité et un certain charme. Comme quoi !
« L'enfant rit, le chinois pleure, l'enfant pleure, le chinois rit »
Les verbes pleurer et rire sont utilisés tout le long du roman. Je n'ai pas eu le courage, mais j'ai failli reprendre la lecture pour compter le nombre de fois.
Marguerite Duras n'a certes pas eu une jeunesse ordinaire. Réécrire cette histoire sept ans après un roman sur le même sujet ; après l'adaptation cinématographique qui l'a déçue, prouve l'importance de cette étape dans sa vie.
Ici, il semble qu'elle ait voulu réécrire le film tel qu'elle, elle l'aurait voulu.
J'ai bien envie de lire « L'amant » et de voir le film pour me faire une opinion sur les trois versions. En tout cas, c'est une belle histoire de passion.
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comtesseoboulof
12 mars 2012
  • 5/ 5
A tous ceux qui ont aimés « un barrage contre le Pacifique » ( 1950) et « l'Amant » (1984), je n'ai qu'un mot à dire LISEZ ce dernier opus paru en 1991, cinq ans avant le décès de son auteure.
Quel livre émouvant, le plus beau pour moi, épuré, allant à l'essentiel de cet amour qui a marqué à jamais Marguerite Duras. Quelle émotion de la lire, celle qui au soeuil de sa vie nous livre sa vision presque cinématographique , faisant référence au fait que l'enfant sait déjà qu'elle écrira cette histoire, car « même après la mort, il y aura des livres pour raconter, car ce n'est pas possible autrement ».
On sent dans ce denier ouvrage, la réconciliation avec la mère, si éprouvée, ruinée par les gens du cadastre, qui lui ont vendus un terrain entre « montagne et mer » qui sera sa perte. L'enfant comprend tout d'elle, son combat perdu et la souffrance d'avoir entraîné ses enfants dans ce désastre. On ressent l'amour trouble pour le petit frère, pour Thanh et Hélène Lagonelle son amie de la pension Lyautey. On revoit les lieux, la maison de la mère, le lycée à Saigon, la garçonnière de l'amant chinois et sa Léon Bollée noire.
Et surtout on est pris d'émotion par cette écriture épurée, qui va à l'essentiel , pour nous décrire, ce lien si particulier et si fort entre le chinois et l'enfant.
« Ils se regardent, se regardent jusqu‘aux larmes. Et pour la première fois de sa vie elle dit les mots convenus pour le dire -les mots des livres, du cinéma, de la vie, de tous les amants.
-Je vous aime. 
Le chinois se cache le visage, foudroyé par la souveraine banalité des mots dits par l‘enfant. Il dit que oui, que c‘est vrai. Il ferme les yeux. Il dit tout bas : je crois que c‘est ça qui nous sera arrivé.».
A emporter sur mon île déserte.
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celdadou
21 mai 2015
  • 5/ 5
J'ai lu ce livre lorsque j'étais jeune étudiante ..il m'a marqué .Il peut paraitre banal ..mais pour moi il m'a fait découvrir cette vie dans une colonie française d'Asie ..dans cette ville Saigon .
C'est l'autobiographie de Marguerite Duras.elle nous livrera tout .
Son histoire d'amour impossible alors qu'elle est âgée de 15 ans avec un richissime Chinois ....c'est son "amant de Cholen".Lui il n'a pas le droit de l'aimer car de part sa tradition il devra se marier avec un Chinoise et suivre la tradition.
Marguerite découvrira la sexualité jeune, ainsi que les transformations de son corps alors qu'elle n'est seulement âgée de 15 ans.Elle ne recollera jamais et ira jusqu'au bout comme si elle avait toujours besoin de plus ..comme si l'addiction au sexe provenait d'une carence affective .
C'est une jeune fille assez solitaire qui se met à l'écart de sa famille .Elle a une bonne amie au pensionnat où elle réside la semaine.
La famille de marguerite , est très modeste .Le père est absent , la mère est débordée .Elle a un frère ainé , le préféré de sa mère qui est accroc à l'opium ..il ruinera sa mère et volera la famille.Son frère cadet qui est très proche de Marguerite est fragile, Marguerite aime danser avec lui et le protège car elle connait le contexte familial.
C'est comme s Marguerite retrouvait une sérénité , une image paternel avec ce Chinois.
Ce livre m'a touché car je l'ai lu jeune ...
C'est une belle autobiographie selon moi , même si l'enfance et l'adolescence de Marguerite n'a pas été des plus joyeuse....
Elle a trouvé des mécanismes de défense pour se protéger d'un frère violent et d'une mère non aimante .
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Rebka
05 octobre 2016
  • 4/ 5
A la base, j'avais envie de lire L'Amant du même auteur, mais il n'était pas à la bibliothèque ce jour là… Par contre j'ai trouvé ce livre ci, qui m'a vraiment intrigué pour le coup, je n'en connaissais pas l'existence. Pour la petite histoire, Marguerite Duras, n'ayant pas apprécié le parti-pris trop esthétique selon elle de l'adaptation cinématographique de son roman, a décidé de le réécrire. Ce roman est donc la seconde version de L'Amant, avec certaines modifications. Pour ma part, je me souvenais seulement de quelques images du film (vu il y a si longtemps) et vaguement de l'intrigue, ce fut donc une complète redécouverte.
L'effet est un peu déstabilisant au début car l'auteur évoque sa première version du livre en la nommant simplement « le livre » et idem pour « le film » dont elle parle également. du coup le style est plutôt spécial, on a l'impression de lire les directives destinées à un éventuel réalisateur sur un plateau de cinéma.
Amplifiant encore cet esprit cinématographique, les personnages ne sont presque jamais désignés par leurs noms (pour certains : jamais) mais par leurs rôles : l'enfant, le chinois, la mère, le frère aîné, etc… Pareil, l'effet est assez curieux au début mais on s'y fait et cela n'empêche pas de plonger dans l'histoire. Les dialogues sont plutôt chaotiques, mais l'écriture très épurée, efficace, va à l'essentiel et sert ce récit direct et sensuel en permettant au lecteur de saisir ce lien particulier, si fort et douloureux à la fois, entre le chinois et l'enfant.
Au final, on se retrouve complètement transporté dans l'Indochine des années 20, sur les rives du Mékong ou dans les rues de Saigon, et on achève sa lecture un peu troublé, un peu nostalgique aussi… C'est beau, tout simplement.
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Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
DamepluieDamepluie18 avril 2010
Elle disait se souvenir de la peur. Comme elle se souvenait de la peau, de sa douceur. De celle-ci, à son tour, épouvantée.

Les yeux fermés elle touchait cette douceur, elle touchait la couleur dorée, la voix, le coeur qui avait peur, tout le corps retenu au-dessus du sien, prêt au meurtre de l'ignorance d'elle devenue son enfant. L'enfant de lui, l'homme de la Chine qui se tait et qui pleure et qui le fait dans un amour effrayant qui lui arrache des larmes.


La douleur arrive dans le corps de l'enfant. Elle est d'abord vive. Puis terrible. Puis contradictoire. Comme rien d'autre. Rien: c'est alors en effet que cette douleur devient intenable qu'elle commence à s'éloigner. Qu'elle change, qu'elle devient bonne à en gémir, à en crier, qu'elle prend tout le corps, la tête, toute la force du corps, de la tête, et celle de la pensée, terrassée.

La souffrance quitte le corps maigre, elle quitte la tête. Le corps reste ouvert sur le dehors. Il a été franchi, il saigne, il ne souffre plus. Ca ne s'appelle plus de la douleur, ça s'appelle peut-être mourir.


Et puis cette souffrance quitte le corps, quitte la tête, elle quitte insensiblement toute la surface du corps et se perd dans un bonheur encore inconnu d'aimer sans savoir.
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celdadouceldadou21 mai 2015
Des années après la guerre, après les mariages, les enfants, les divorces, les livres, il était venu à Paris avec sa femme. Il lui avait téléphoné. C'est moi. Elle l'avait reconnu dès la voix. Il avait dit: je voulais seulement entendre votre voix. Elle avait dit: c'est moi, bonjour. Il était intimidé, il avait peur comme avant. Sa voix tremblait tout à coup. Et avec le tremblement, tout à coup, elle avait retrouvé l'accent de la Chine. Il savait qu'elle avait commencé à écrire des livres, il l'avait su par la mère qu'il avait revue à Saigon. Et aussi pour le petit frère, qu'il avait été triste pour elle. Et puis il n'avait plus su quoi lui dire. Et puis il le lui avait dit. Il lui avait dit que c'était comme avant, qu'il l'aimait encore, qu'il ne pourrait jamais cesser de l'aimer, qu'il l'aimerait jusqu'à sa mort.
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comtesseoboulofcomtesseoboulof10 mars 2012
La nuit est venue. C'est le même décor. La mère est encore là où était la "fête" de l'après-midi. Les lieux ont été remis en ordre. Les meubles sont à leur place.

La mère n'attend rien. Elle est au centre de son royaume : cette famille-là, ici entrevue.

La mère n'empêche plus rien. Elle n'empêchera plus rien.
Elle laissera se faire ce qui doit arriver.
Cela tout au long de l'histoire ici racontée.

C'est une mère découragée.

C'est le frère aîné qui regarde la mère. Il lui sourit. La mère ne le voit pas.
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cicou45cicou4511 septembre 2012
"C'est drôle le bonheur, ça vient d'un seul coup, comme la colère."
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meyelebmeyeleb14 août 2011
Elle, elle est restée celle du livre, petite, maigre, hardie, difficile à attraper le sens, difficile à dire qui c'est, moins belle qu'il n'en paraît, pauvre, fille de pauvres, ancêtres pauvres, fermiers, cordonniers, première en français tout le temps partout et détestant la France, inconsolable du pays natal et d'enfance, crachant la viande rouge des steaks occidentaux, amoureuse des hommes faibles, sexuelle comme pas rencontrée encore. Folle de lire, de voir, insolente, libre.
Lui, c'est un chinois. Un chinois grand. Il a la peau blanche des Chinois du Nord. Il est très élégant. Il porte le costume en tissu de soie grège et les chaussures anglaises couleur acajou des jeunes banquiers de Saigon.
Il la regarde.
Ils se regardent. Se sourient.
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