ISBN : 2234061660
Éditeur : Stock (2010)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 118 notes) Ajouter à mes livres
« Clandestine depuis un an Il s’étonnait de voir des aliments disparaître de sa cuisine : un quinquagénaire célibataire des quartiers sud a installé une caméra et constaté qu’une inconnue déambulait chez lui en son absence. » Un simple fait divers dans un quotidien du m... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 09 février 2012

    le_Bison
    Le Nouvel Obs : « Eric Faye méritait depuis longtemps un grand prix littéraire. Il a fallu, comme souvent, qu'il publie son moins bon livre pour que l'Académie le couvre d'honneurs justifiés par ailleurs. »
    Je commence donc par le moins bon, d'après ce canard, Grand Prix du Roman de l'Académie Française tout de même. Je me demande ce que devait être ces précédents romans car pour ma part, ce dernier paru en 2010 m'a totalement subjugué et conquis l'espace de deux petites journées. le roman n'est pas bien épais, à peine 110 pages, mais pas un mot de trop pour une histoire tirée d'un fait divers paru dans plusieurs journaux japonais dont l'Asahi.
    Shimura-san est un météorologue, la cinquantaine, célibataire, un peu maniaque, un peu dépressif. Il vit seul dans une maison silencieuse de Nagasaki où chaque chose est rangée à sa place. Un quotidien d'une banalité effarant où Shimura-san ne fait strictement aucun écart de conduite à sa vie parfaitement réglée. Un jour, des soupçons envahissent son esprit. Il a le sentiment qu'un pot de yaourt a disparu et que le niveau du jus de fruit s'est légèrement abaissé… Il ne lui en faut pas plus pour installer une webcam dans sa cuisine et surveille ainsi, de son travail, la porte de son frigo… Jusqu'au jour où l'ombre d'une femme, ni belle ni jeune, apparait sur l'écran de son ordinateur…
    Comment décrire un tel livre, si court mais si humain. Je me revois lorsque je découvrais « Neige » ou « Soie », deux autres courts romans écrits par des occidentaux sur le Japon. Comme ces deux précédentes œuvres, j'ai eu le sentiment que l'auteur s'était mis au diapason de la littérature nippone. La plume aurait très bien pu être tenue par un auteur japonais sans que l'esprit du roman n'en soit affecté dans un sens ou l'autre. Et pour rester dans les impressions asiatiques, tout en lisant ce roman, je revoyais des images du film de Kim Ki Duc, « Locataires », le sentiment de découvrir en cette ombre parue furtivement sur la webcam de Shimura-san, une « visiteuse » venue s'apaiser dans cette maison vide et absente de son propriétaire…
    Il y a des livres qui semblent vous marquer plus que d'autres. Ce « Nagasaki » en fait partie. Juste une impression, celle d'avoir entrevue des sentiments humains dans ces deux personnages (et c'est suffisamment rare de nos jours). Je sais que je ne me contenterai pas de cette simple lecture. le livre est rangé dans ma bibliothèque, à l'abri de la poussière et de la lumière vive, à coté des autres romans japonais, et dans quelques mois, je le ressortirai et reprendrai plaisir à ressentir ces mêmes émotions… et sûrement à en découvrir d'autres…

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=270
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 07 février 2012

    Lune
    Japon : Nagasaki, un fait divers, un homme à la cinquantaine étonnée et solitaire, une ombre d'abord, une silhouette ensuite, une femme finalement.
    Miroir : solitude, engagement, non-dit, famille éclatée, éloignée.
    Un style : des ricochets de mots, des allitérations souriantes, de l'humour léger, des comparaisons renouvelées, le peu pour le plus, provocation imaginative.
    Un univers vital : fantastique, absurde, cruel, déstabilisant, futuriste.
    Une histoire : étonnante, époustouflante, brûlante sans avoir l'air d'y toucher.
    Une psychologie : tréfonds de l'âme, banalités, interrogations, vie fondue, confondue.
    Un bilan : exister pour ne pas disparaître complètement.
    Un livre court : tout est dit, le point de non-retour.
    L'homme : amertume, déstabilisé, en questionnement, culpabilisé.
    La femme : amertume, déstabilisée, en questionnement, culpabilisée.
    Le lecteur : suspense, compassion, réflexion, échos.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ppette007, le 11 septembre 2011

    ppette007
    Shimura-San, un quinqua célibataire, mène une existence minutieusement réglée jusqu'au jour où il s'aperçoit que des aliments disparaissent de son réfrigérateur et que des objets sont déplacés en son absence. Sa grande maison de Nagasaki semble habitée par quelqu'un d'autre que lui...Pour en avoir le cœur net, il décide de tendre un piège à cet « esprit » en installant une webcam dans la cuisine qu'il peut surveiller depuis son lieu de travail. Quand il voit apparaître une silhouette féminine à l'écran, son quotidien s'en trouve bouleversé. Il va en effet découvrir qu'une chômeuse en fin de droits habite clandestinement chez lui depuis un an.
    Inspiré d'un fait divers survenu au Japon en 2008, ce court récit (108 pages) m'a captivé du début à la fin grâce à son point de départ à la fois simple et original et à l'alternance des points de vue. L'auteur nous plonge tout d'abord dans l'intimité de Shimura-San puis reprend le récit à son compte avant de donner finalement la parole à « l'intruse » dans une lettre très émouvante. Avec l'utilisation de ces différents regards, le récit couvre un large éventail d'émotions: à l'angoisse et à la colère initiales de Shimura-San, se substituent des sentiments de culpabilité et de désespoir que nous retrouvons aussi chez « l'intruse ». le livre joue également avec succès sur l'ironie de la situation (un célibataire qui souffre de la solitude et qui partage sans le savoir son domicile avec une femme de son âge, célibataire elle aussi) et sur plusieurs paradoxes : Shimura-San finit par ne plus se sentir chez lui ou bien encore il est partagé entre l'angoisse et le ressentiment qu'a généré cette situation rocambolesque et la joie de voir qu'il se passe enfin quelque chose dans sa vie !
    La finesse et la richesse des descriptions m'ont aussi séduite dans ce livre. Une grande attention est portée aux petits détails du quotidien. A cet égard, l'inventaire du contenu du réfrigérateur très bien rangé de Shimura-San est un petit bijou. Cela m'a fait penser au reportage photo de Stéphanie de Rougé, « In Your Fridge », dans lequel la photographe remarque que « les gens ressemblent à leur frigo » (Le Monde Magazine, « L'ego est dans le frigo ») ce qui est diablement le cas ici ! Grâce aux descriptions très vivantes d'Eric Faye, le dépaysement est total. le récit rend très bien l'atmosphère d'une métropole avec ses bruits de tram, de circulation, les chants des cigales (« A la descente du tram, les cigales sont toujours là à me tourmenter, harpies lâchées sur moi, agitant leurs maracas sous mes oreilles »). Mais l'auteur ne nous transporte pas dans n'importe quelle métropole japonaise mais dans une ville meurtrie par la Seconde Guerre Mondiale, idée qui affleure par petites touches.
    Enfin, j'ai beaucoup apprécié le regard critique que propose l'auteur sur notre monde moderne. Les deux personnages sont en effet un exemple parmi d'autres d'hommes vivant dans un monde impersonnel et individualiste. Eric Faye fait ainsi dire à Shimura-San, forcé à un grand exercice d'introspection, que « le nous meurt" et qu'"au lieu de se regrouper autour d'un feu, les je s'isolent, s'épient. Chacun croit s'en sortir mieux que son voisin et cela, aussi, c'est probablement la fin de l'homme". Les hommes vivent de plus en plus longtemps (l'exemple de Tanabe Tomoji, "doyen de l'humanité » revient de manière lancinante) mais de plus en plus seuls et le narrateur imagine que ce sont des robots qui veilleront sur ses vieux jours. La Crise avec un grand C est aussi évoquée et le personnage de « l'intruse » nous renvoie irrémédiablement à notre propre peur du déclassement.
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 25 novembre 2011

    cicou45
    Lu en quelques heures seulement, on peut donc dire que j'ai littéralement dévoré cet ouvrage.
    L'histoire est celle de Kobo Shimura, un météorologue âgé de 56 ans et résidant à Nagasaki. Sa vie est des plus banales puisque célibataire, sans enfants, il vit seul, n'a pas de relation amoureuse et ne sort jamais avec ses collègues de boulot pour aller boire une bière après le boulot. Sa vie est d'un ennui à mourir et est chronométré à la minute près, à savoir par exemple qu'il de lui arrive pratiquement jamais de dîner après 18h30. Il connaît les rayons de son frigo par coeur, ce qui va lui permettre de se rendre compte que quelqu'un s'y sert de temps en temps. Après avoir mis cela sur le compte de la sénilité, il en est arrivé à obtenir des preuves irréfutables qu'une personne, une femme, se servait régulièrement dans son frigo. Il n'était donc ni fou ni sénile mais ce qu'il ignorait, c'est que cette même femme cohabitait avec lui depuis un an, et ce, à son insu. Lui qui est si méthodique et droit dans sa vie, comment ne s'est-il pas rendu compte plus tôt qu'une autre personne que lui utilisait la même douche que lui et dormait sous son toit ?
    Une histoire très émouvante et très bien écrite. La fin, que je ne vous dévoilerai pas, pour ne pas gâcher l'effet de surprise, m'a néanmoins laissée sur ma faim, effet bien évidemment intentionnel de la part de l'auteur. Je trouve d'ailleurs que ce dernier réussit parfaitement son coup puisqu'il permet au lecteur d'imaginer sa propre continuité de l'histoire en lui permettant de vaguer à mille et une interprétations possibles. de plus, qui a dit que "l'Histoire est un éternel recommencement ? "
    Lisez ce livre si vous voulez comprendre où je veux en venir...
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    • Livres 3.00/5
    Par Lisbei13, le 28 août 2010

    Lisbei13
    Dans un quartier tranquille sur les hauteurs de Nagasaki, un célibataire d'une cinquantaine d'années a l'impression de devenir paranoïaque … il constate que des aliments disparaissent de son frigo en son absence, alors que l'appartement est entièrement fermé. Pour en avoir le coeur net, il décidé d'acheter une webcam et d'espionner sa propre maison pendant qu'il est au travail. Il va surprendre chez lui une inconnue, qui sera arrêtée et emprisonnée quand il donnera l'alarme auprès de la police, outré et profondément mal à l'aise à l'idée que quelqu'un s'introduise chez lui. Et ce qu'il va apprendre après l'arrestation le surprendra encore plus : cette femme inconnue vivait chez lui à son insu depuis près d'un an …
    A partir de ce fait divers relaté dans un journal régional, Eric Faye va imaginer le quotidien croisé de ces deux personnages au moment de la crise. le sujet m'attirait beaucoup, ainsi que le pays dans lequel il se déroulait.
    C'est un tout petit roman, un peu plus d'une centaine de pages, et je l'ai lu en moins d'une heure, mais j'avoue avoir été déçue par deux choses. D'abord, le style. Non pas que celui de l'auteur soit désagréable, mais je le trouve bien inutilement chargé par rapport aux auteurs japonais que j'ai eu l'occasion de lire et d'apprécier, et du coup il y avait comme un télescopage entre ce style trop chargé et le décor de l'histoire. Et ensuite, ce qui m'a beaucoup déçu c'est la fin du livre. Pourquoi avoir voulu à tout prix justifier le geste de cette femme. Pourquoi lui avoir donné en deux pages un passé chargé, politisé, dramatique et inutile ? J'aurais préféré, et de loin, que son choix de la maison de cet homme reste inexplicable, à cette surenchère d'explications qui arrive sans prévenir dans les dernières pages du roman, gâtant pour moi le plaisir de la lecture de cette tranche de vie dans laquelle les Japonais excellent.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Jean-Baptiste Harang pour le Magazine Littéraire

    Éric Faye, qui vient d'obtenir le Grand Prix de l'Académie pour Nagasaki, a également publié chez Stock Le syndicat des pauvres types (2006) et L’homme sans empreintes (200... > lire la suite

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Critiques presse (2)


  • Telerama , le 12 octobre 2011
    Eric Faye est un auteur qui murmure, exige de l'attention pour parler de mélancolie et de solitude dans une société repliée sur elle-même.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeFigaro , le 05 octobre 2011
    Ce récit s'est vu décerner le Grand Prix du roman de l'Académie française à sa sortie en 2010. Ce n'est pas étonnant : il allie les qualités d'écriture et un sens de la narration qui emporte l'adhésion.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par pragmatisme, le 20 octobre 2010

    "Dans la cuisine, aussi, je devais redoubler d'attention jusqu'à tourner en bourrique. Le plus souvent pour manger, j'allais me servir dans les poubelles à l'arrière d'un libre-service du quartier, ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, qui m'entretenait sans le savoir en jetant des produits à peine périmés. Les jours de pluie torrentielle, ou lorsque je ne me sentait pas bien, je puisais un peu dans les stocks de mon hôte, me contentant de riz ou de pâtes. Je ne prenais rien dont il aurait pu remarquer la présence. Presque rien. Exceptionnellement, je succombais à la tentation d'un yaourt ou d'un peu de jus de fruits. C'est tout. Avec le temps, j'ai fini par me ranger à ses goûts, par les apprécier même."
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  • Par vchamp2010, le 06 novembre 2010

    "Il y avait plus. Par une sorte de "soupirail" que la présence de cette femme avait entrouvert dans ma conscience, j'y voyais un peu plus clair. Je comprenais que cette année commune, à elle et à moi, même si elle m'avait ignoré et que je n'avais rien su d'elle, allait me changer et que je n'étais plus tout à fait le même. En quoi, je n'aurais pas su le définir. Mais je n'en sortirais pas indemne."
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  • Par Lisbei13, le 28 août 2010

    Un jour il ne se passe plus rien. La corde du destin, d'avoir été trop tendue, a cassé net. Rien plus n'arrive. L'onde de choc de ta naissance est si loin désormais, oh! si loin. C'est la vie moderne. Entre échec et réussite s'étend ton existence.
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  • Par bibliame, le 08 mars 2011

    Je me dis qu’il faudrait inscrire dans toutes le constitutions du monde le droit imprescriptible de chacun à revenir quand bon lui semble sur les hauts lieux de son passé. Lui confier un trousseau de clés donnant accès à tus les appartements, pavillons et jardinets où s’est jouée son enfance, et lui permettre de rester des heures entières dans ces palais d’hiver de la mémoire. Jamais les nouveaux propriétaires ne pourraient faire obstacle à ces pèlerins du temps. J’y crois fort, et si je devais renouer un jour avec l’engagement politique, je me dis ce que ce serait l’unique point de mon programme, ma seule promesse de campagne.
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  • Par Bibliolibra, le 28 décembre 2011

    "J'aimais ma chambre, balcon sur le monde, sur la renaissance d'un monde où étaient morts plusieurs de mes aïeux, un 9 août lointain. Huit de mes années se sont écoulées là. Comme j'aimais ces pièces, ces murs... Je me dis qu'il faudrait inscrire dans toutes les constitutions du monde le droit imprescriptible de chacun à revenir quand bon lui semble sur les lieux de son passé. Lui confier un trousseau de clés donnant accès à tous les appartements, pavillons et jardinets où s'est jouée son enfance, et lui permettre de rester des heures entières dans ces palais d'hiver de la mémoire."
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