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> Patrice Ghirardi (Traducteur)

ISBN : 2070429393
Éditeur : Gallimard (2004)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quand et pourquoi la Bible a-t-elle été écrite? Que savons-nous des premiers patriarches? Quand le monothéisme est-il apparu? Comment le peuple d'Israël est-il entré en possession de la Terre promise? Jérusalem a-t-elle toujours été le centre de l'ancien Israël ? Pour l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 08 juillet 2013

    Luniver
    La Bible a longtemps été considérée comme un livre d'histoire fiable, par son caractère sacré. Les premières recherches archéologiques ont été menées dans le but d'obtenir des preuves confortant les récits bibliques. Ce n'est que plus récemment que des archéologues se sont penchés sans a priori sur la question.
    Et on se rend compte que ça coince rapidement : les grandes villes mentionnées par la Bible n'existaient pas encore ou n'étaient que des bourgades mineures au moment supposé des faits, Jéricho n'avait pas de muraille et les grand royaumes de David et de Salomon se révèlent être de taille très modeste. Aucun Exode non plus : pas de traces archéologiques, et surtout, aucune mention dans les archives des puissances voisines, ce qui est très curieux dans le cas de l'Égypte, puisque les Hébreux auraient quitté le pays pour s'installer... dans une zone contrôlée également par l'Égypte. de même, aucun égyptien n'apparaît dans la conquête de Canaan alors que le pays est couvert de forteresses égyptiennes.
    La solution proposée par les auteurs est que la Bible a été rédigée dans sa forme actuelle au VIIè siècle av. J-C dans le royaume de Juda. Les villes que la Bible mentionne sont alors de vraies centres économiques qui méritent d'être citées. le récit des événements colle également beaucoup mieux aux résultats des fouilles et est confirmé par d'autres archives.
    Pourquoi une rédaction à cette période ? Probablement dans un soucis de propagande. Les puissances égyptiennes et assyriennes s'effondrent, et il y a plus de facilité pour s'agrandir. le récit de la Bible s'interprète alors facilement : tous les habitants de la Palestine ont le même ancêtre (même si les royaumes voisins sont issus de l'inceste ou autre, contrairement à Juda, un peu de chauvinisme ne fait jamais de mal). le seul souverain légitime, successeur direct de David, est le roi de Juda. Les autres peuples ont dévié de la « foi de leurs ancêtres », ont été et seront encore punis par Yahvé pour leur inconstance. La seule chance d'être sauvé est de renier bien vite ces hérésies et venir se replacer dans le giron de Jérusalem. Et en plus, Dieu a promis la victoire au successeur de David : il n'y a vraiment aucune raison de résister.
    Livre intéressant, qui part des preuves archéologiques pour examiner la Bible, et pas l'inverse. Je regrette toutefois que les auteurs ne parlent pas des origines des récits bibliques : s'il semble tout à fait possible qu'ils aient été un peu réécrits ou réinterprétés pour une cause politique, il est peu probable que ce soient de pures inventions.
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 01 juin 2008

    Woland
    The Bible Unearthed
    Traduction : Patrice Ghirardi
    C'est sur une impression de tristesse et de malaise que j'ai refermé ce livre pourtant soigneusement composé et dont l'argument repose sur des bases solidement étayées.
    Tristesse parce que ce livre confirme que plus de deux mille ans de notre civilisation ont été influencés par une morale bâtie sur des mensonges éhontés.
    Malaise parce que ses auteurs, bien qu'authentiquement possédés par la fièvre archéologique et la passion, toute scientifique, de leur métier, se laissent rattraper par le poids de leur culture et parlent avec respect et admiration de pseudo-prophètes qui ne furent, en fait - ils l'affirment eux-mêmes mais pas en termes aussi brutaux que ceux que j'utilise - que des menteurs doublés de fanatiques religieux.
    En effet, l'archéologie peut s'exprimer sur ce point avec une certitude absolue : les textes qui forment la Bible furent composés et compilés au VIIème siècle av. J. C., par les tenants religieux et politiques du royaume de Juda, lequel, depuis la chute du royaume nordiste d'Israel sous les assauts assyriens, s'estimait - et avec quelle satisfaction mesquine ! - seul élu par Jéhovah.
    Jéhovah ... Ce dieu jaloux, irascible, cruel et pétri de contradictions, est partout dans ce livre. Et partout - j'ignore si les auteurs en avaient conscience au moment de la rédaction de leur texte - il est en concurrence avec d'autres divinités. Non pas cependant comme le seul dieu unique, le seul vrai dieu de l'univers mais bel et bien comme un dieu parmi tant d'autres ...
    Les anciens Israélites eux-mêmes d'ailleurs adoraient d'autres dieux en parallèle de leur Jéhovah. La Bible elle-même rappelle - avec une horreur puritaine - le Veau d'Or que les compagnons de Moïse dressèrent pour l'adorer alors que leur chef s'en était allé sur le Sinaï recevoir les Tables de la Loi des mains (??) de Jéhovah. Mais bien plus tard, au temps de la dynastie des Omrides qui se trouva à l'origine du royaume d'Israël. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les monarques omrides ont été présentés sous des couleurs aussi épouvantables par les faussaires du VIIème siècle av. J.C. La malheureuse Jézabel par exemple - vous savez bien, la mère d'Athalie, qui a permis à Racine de composer son célèbre monologue : "C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit/Ma mère, Jézabel, a mes yeux s'est montrée/Comme au jour de sa mort pompeusement parée ... - est dépeinte comme une traînée orgiaque et criminelle tout simplement parce que, aux yeux des Juifs qui firent la Bible, elle avait le tort irréparable d'être née princesse assyrienne.
    Ah ! On en apprend, des choses, dans ce livre, je vous le certifie et, je le répète, sur le plan purement historique, les auteurs assurent d'une façon qui, parfois, paraîtra un peu ardue. Ils savent, en la ramenant à de justes dimensions politico-religieuses, rendre l'histoire de la Bible absolument palpitante.
    Là où ça pèche, c'est lorsqu'ils ne semblent pas se rendre compte de l'orgueil immense avec lequel ils évoquent le peuple d'Israël. Pour eux, il est clair qu'il n'y aura jamais de peuple égal à celui-là. La Bible est - je cite : "un chef-d'oeuvre de la littérature" et peut-être même le premier. Les Juifs sont et resteront "le peuple élu par Dieu" et Jéhovah est, bien entendu, le seul dieu acceptable, le seul qui triomphe au bout du compte, le seul qui restera quand notre planète aura explosé.
    Des horreurs engendrées par le culte monothéiste initié par la religion judaïque et plus ou moins adapté par le christianisme et l'islam, PAS UN MOT. "Ce n'était pas le propos du livre," direz-vous. N'empêche, vu le niveau de culture des deux auteurs ainsi que leur vision historique et professionnelle de la Bible, on aurait pu espérer mieux.
    Ceci dit, maintenant que je m'attaque à cette relation de ma lecture, je me dis que, du fait même de leurs origines ethniques et religieuses, les auteurs n'ont peut-être pas osé aller jusqu'au bout, estimant que des notations en apparence innocentes comme celle-ci : "... Les rédacteurs de la Bible donnèrent Ur comme racines à Abraham parce que, à cette époque, tout le monde savait bien que la civilisation venait de Sumer* ..."
    passerait mieux sous le manteau de la dévotion traditionnelle à Jéhovah et au destin exceptionnel (???) promis par lui au peuple juif.
    En tous cas, si vous lisez "La Bible dévoilée", n'hésitez surtout pas à venir nous confier vos impressions. Au reste, c'est un livre érudit, intéressant et aussi honnête que possible - vu les circonstances.
    * : je cite de mémoire. ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par zenzibar, le 08 février 2013

    zenzibar
    Cet essai relate les résultats de fouilles archéologiques sur des sites historiques de la Bible (ancien testament).Cela fait longtemps qu'en ce qui concerne les épisodes concernant la création de l'Univers, l'apparition de la vie, de l'homme "moderne" que la Bible n'est plus une référence historique. Au cas présent ces travaux confirment que les fondamentaux de cette oeuvre relatifs aux origines de la création d'Israël sont tout aussi fantaisistes. Il n'existe aucune trace archéologique d'événements fondateurs (fuite d'Egypte...) et lorsque des sites dont l'existence est certaine sont étudiés (Jérusalem, Jéricho...) les éléments ne correspondent pas du tout, notamment d'un point de vue chronologique à l'histoire "officielle".
    Ces résultats n'ont rien de surprenant compte tenu des données du problème déjà disponibles
    Cet essai ne vise pas à réfuter (ou à établir) l'existence du Dieu apparaissant dans l'ancien testament, qui est affaire de spîritualité individuelle intérieure, simplement à examiner certains faits allégués même si les résultats peuvent déranger : la Bible relève de la mythologie dans un contexte historique réel
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Citations et extraits

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  • Par Luniver, le 07 juillet 2013

    [À] travers le déroulement de l'histoire du royaume du Nord, l'historien deutéronomiste transmet au lecteur un double message, plutôt contradictoire. D'un côté, il dépeint Juda et Israël comme des États jumeaux ; de l'autre, il les décrit comme férocement antagonistes. Josias ambitionne de s'étendre au Nord et de s'approprier les territoires des hautes terres qui appartenaient jadis au royaume nordiste. La Bible, à l'appui de son ambition, répète donc à satiété que le royaume du Nord était établi sur les territoires de la mythique monarchie unifiée, gouvernée à partir de Jérusalem ; qu'il était un État jumeau ; que sa population était composée d'Israélites qui auraient dû accomplir leurs dévotions à Jérusalem ; que les Israélites qui y vivaient encore devaient se tourner vers Jérusalem ; et enfin, que Josias, l'héritier du trône davidique et de la promesse éternelle faite par YHWH à David, était également le seul héritier légitime des territoires de l'Israël vaincu. Les auteurs de la Bible se devaient d'ôter toute légitimité aux cultes nordistes – principalement celui du sanctuaire de Béthel – et de montrer que les traditions religieuses du royaume du Nord étaient impies, qu'elles devaient être éradiquées et remplacées par un culte centralisé au Temple de Jérusalem.
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  • Par Luniver, le 02 juillet 2013

    Avant que ne prît fin le XXe siècle, l'archéologie avait amplement démontré que les concordances entre, d'un côté, les découvertes réalisées en terre d'Israël et dans l'ensemble du Proche-Orient, et, de l'autre, le monde décrit par la Bible étaient bien trop nombreuses pour laisser croire que cette œuvre n'était qu'une fable littéraire et religieuse de composition tardive, écrite sans le moindre fondement historique. Mais, par ailleurs, les contradictions évidentes entre les découvertes archéologiques et la version biblique des événements demeuraient, elles aussi, bien trop abondantes pour affirmer que la Bible nous offre une description fiable de la manière dont ces mêmes événements se sont véritablement déroulés.
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  • Par Luniver, le 05 juillet 2013

    La situation est claire, à présent. Les sites mentionnés dans le récit de l'Exode ont bel et bien existé. Certains étaient connus et furent apparemment occupés, mais bien avant, ou bien après le temps présumé de l'Exode – en fait, après l'émergence du royaume de Juda, quand le texte du récit biblique fut composé pour la première fois. Malheureusement pour ceux qui sont attachés à l'idée d'un Exode historique, ces sites étaient inhabités au moment précis où ils auraient, paraît-il, joué un rôle dans les événements qui ont ponctués la marche dans le désert des enfants d'Israël.
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Vidéo de Israel Finkelstein

Entretien avec Israël Filkenstein, auteur d'"Un archéologue au pays de la Bible" (Bayard), au Salon du livre 2008.











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