> Danièle Valin (Traducteur)

ISBN : 2070336387
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Erri De Luca fréquente la Bible depuis longtemps. Sa connaissance des Écritures ne doit pourtant rien à la foi ou un quelconque sentiment religieux : De Luca se dit non croyant, incapable de prier ou de pardonner. Il est néanmoins habité par le texte biblique au point d... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Piling, le 07 août 2009

    Piling
    Erri de Luca, qui lit quotidiennement la Bible, comme faisait Blanchot, comme tant d'autres, se dit "lecteur qui campe hors les murs", non-croyant, butant sur ces deux pierres d'achoppement que sont pour lui "la prière et le pardon" (on a tous les nôtres). Il revient dessus plus loin, en englobant cette fois son cas dans la presque totalité de l'humanité, ce qui n'est pas faux :
    " Une bonne partie de l'humanité n'est pas en état de remonter à Dieu. Avant même l'acte de foi, l'acte de confiance réclame trop d'efforts. En non-croyant, je reste un passant d'écritures saintes et non un résident."
    ...

    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2009/08/lacte-de-confiance-reclame-trop..
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 10 août 2009

    "S'est attaché mon souffle derrière toi, en moi a serré ta droite". Voici le souffle qui adhère à la piste de Dieu et s'y attache comme le fait le chien attentif et fidèle sur la trace, collant sa respiration au sol. Voici qu'au même moment, à cause de cet attachement physique de fidélité, David sent la main de Dieu, la droite, se serrer en lui comme un poing qui attrape, tient, soutient. C'est une impression physique, rien de mystique, d'impalpable, mais une sèche séquence de verbes de force, d'échange réciproque entre Dieu et lui.

    "Tomca", "serre", est un verbe qui est associé aux cordes dans un autre verset des Proverbes (Pr 5, 22) : ce n'est pas une caresse, mais l'étau le plus exaltant dans lequel une personne de foi puisse se sentir prise intérieurement. "En moi serre ta droite." Nous qui lisons des poèmes d'amour, avons-nous trouvé une égale puissance d'expression ? David l'obtient, il l'atteint par son enthousiasme et son attachement. Ainsi, il a longtemps tenu bon dans les déserts en résistant aux poursuites lancées contre lui, aux guets-apens. Il s'est fait lui-même un corps dans le désert, il s'est annulé dans le paysage désolé en faisant vivre seulement son souffle, son désir physique de Dieu, de son étreinte forte, âpre, heureuse au milieu de sa chair.
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  • Par Piling, le 05 août 2009

    Il ne naquit pas dans un moment de liesse, mais au cours d'un voyage, d'un déplacement forcé. Son peuple aimait les pèlerinages et se mettait volontiers en chemin pour célébrer des fêtes, Pâques ou d'autres, à Jérusalem. Mais lui ne naquit pas lors d'un pèlerinage. Ses parents se déplaçaient pour remplir un devoir triste et insidieux : obéir à un recensement. Aujourd'hui, nous sommes habitués à être comptés, inscrits et incorporés dans des listes, à disposer de nombreuses marques numériques. Certains estiment normal, par simple scrupule, de relever les empreintes de femmes et d'hommes arrivés jusqu'à nous dans leurs fuites sans fin. C'est pourquoi nous, hommes modernes, ne pouvons pas comprendre la peur des Hébreux d'alors, la ruine dont ils avaient déjà fait l'expérience quand un de leurs rois avaient osé compter le peuple auprès duquel Dieu avait d'abord planté une tente, puis un temple. Ce roi obtint des chiffres erronés et subit le châtiment d'une épidémie. Les Hébreux avaient donc déjà été mis en garde contre l'arrogance de donner un nombre aux êtres humains.
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  • Par Piling, le 05 août 2009

    Il naquit sous la queue et l'auspice d'une comète, ce qui n'était pas un signe de bonne fortune selon les croyances et les superstitions anciennes. Aujourd'hui, on épingle sur les crèches la petite étoile à la traîne d'or, réconfort dans la nuit, mais alors la comète était un impitoyable projecteur qui dénonçait le lieu et l'événement. Matthieu écrit que trois étrangers vinrent d'un autre orient pour enregistrer le prodige déjà annoncé par leurs calculs, apportant des offrandes solennelles dignes d'une naissance de roi. Le roi au pouvoir, Hérode, se fâcha, redoutant une usurpation. Il ordonna un massacre d'enfants, de zéro à deux ans, à Bethléem et dans tout le territoire environnant. Ce fut une mesure extrême et inefficace : il est prouvé, depuis Moïse, qu'il en réchappe toujours un, le bon, résumé de tous ceux qui ont été tués. Celui qui se trouve être le reste d'innombrables absents assume et possède les énergies de ces vies entravées. Faire des miracles alors n'est qu'un petit dédommagement.
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  • Par Piling, le 11 août 2009

    Lui qui a été rattrapé et traîné à Ninive pour crier la fin du monde, il se voit démenti comme un charlatan par son propre mandant. Iona sent douloureusement qu'il a été un pantin de Dieu. "Et il fut mal à Iona, un grand mal" (Jon 4, 1), ainsi commence le dernier quart du livre. "Retire mon souffle de moi : car bonne est ma mort plus que ma vie" (Jon 4, 3) : c'est ce que dit le plus affligé des hommes de Dieu, plus que Job qui, atteint dans son corps, dans ses biens et dans ses affections demande tout de même une explication. Iona n'en veut pas. Dieu lui demande alors si cette furieuse colère lui semble une bonne chose. Et il arrive de nouveau l'unique et l'imprévu dans les Saintes Ecritures : Iona ne répond pas à la question de Dieu. Ici, se produit un écart dans les rapports entre créateur et créature, l'éclatement d'une douleur qui a une force et une forme de protestation envers Dieu. Iona se raidit dans un silence d'opposition, tout le contraire de la locacité qui monte des ulcères de Job.
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  • Par Piling, le 05 août 2009

    S'il naissait aujourd'hui, il serait sur un bateau d'immigrés, jeté en mer avec sa mère en vue des côtes des Pouilles ou de la Calabre.
    Peut-être continue-t-il à naître ainsi, sans survivre et le 25 décembre n'est-il seulement que le plus célèbre de ses anniversaires.
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