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ISBN : 2290054178
Éditeur : J'ai Lu (2012)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.43/5 (sur 176 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'histoire d'Un Cœur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 01 mars 2013

    NastasiaBuergo
    Flaubert a su faire de l'écriture un point de broderie. C'est vrai ailleurs dans son œuvre, et c'est vrai ici aussi dans Un Cœur Simple. Un ouvrage de facture pointilleuse, métrée, cadencée, contournée, imbriquée, complexe derrière une apparente simplicité, foisonnante sous ses airs de sobriété.
    Une écriture un peu trop précieuse et artificielle à mon goût car l'on n'y sent jamais aucune spontanéité, aucun élan incontrôlé comme chez Hugo, aucune pointe malséante, aucun crachat de l'esprit comme chez Balzac. Une forme certes épurée et recherchée mais qui n'atteint pas l'élégance ou l'harmonie de celle d'un Stendhal.
    Tout est maîtrisé, tout est sous contrôle ce qui nuit, je pense, à l'émotion que peut dégager cette écriture. Tout est trop net, trop épousseté, trop repassé, trop astiqué, trop apprêté, trop ordonné comme en ces appartements somptueux, où tout vie a disparu et dont toute faille humaine a déserté.
    J'aime pourtant Un Cœur Simple ; mais d'un amour froid, admiratif, non contagieux comme en ces expositions de dentelles d'Alençon, toutes plus belles, toutes plus incroyables, dont on se dit : " Quelle minutie ! Quel travail ! Comme ça a dû être laborieux ! Combien patientes et dextres ont dû être ces dentelières ! "
    Un Cœur Simple, probablement plus nouvelle que conte, bien que son auteur en ait décidé autrement, est intéressante à divers égards.
    Intéressante car Gustave Flaubert nous plonge à nouveau dans un univers " à la Madame Bovary ". Intéressante aussi parce qu'elle fait figure de passage de témoin entre Flaubert et Maupassant. Parue peu avant la disparition de papa Flaubert, à un moment où Maupassant, dans un registre un peu similaire entre en piste... la filiation est tentante.
    Pourtant, j'avoue avoir toujours un certain mal à percevoir cette filiation " naturelle ". Bien sûr, Maupassant est normand, comme lui, bien sûr ils se connaissaient et s'appréciaient mutuellement, bien sûr ils ont fait l'un et l'autre dans le régionalisme et dans la psychologie intimiste, bien sûr ils ont su tous deux remuer la nostalgie et les émotions mais il s'en faut de beaucoup, tout de même, pour faire De Maupassant un Flaubert et de Flaubert un Maupassant.
    Retirez le Trois contes et Un Cœur Simple en particulier de la production de Flaubert et vous ne verrez plus forcément énormément de liens entre les deux œuvres.
    J'aime le Pays d'Auge et certains sur Babelio savent même que j'y ai vu le jour, à deux pas des pâturages mêmes que décrit Flaubert. J'ai donc un attachement tout particulier à cette nouvelle. Je puis même ajouter qu'il m'est arrivé de rencontrer de vieilles filles normandes qui répondent trait pour trait au portrait de Félicité (mais on en trouve beaucoup également chez Maupassant et avec un côté " terroir " peut-être encore mieux rendu).
    Qu'est-ce qui nous touche dans Un Cœur Simple (ou du moins, qu'est-ce qui me touche, moi) ?
    Tout d'abord un sentiment de gâchis. Une femme dévouée, simple, timide et humble, trop humble pour oser aller chercher son bonheur là où il est, pour avoir un mari et des enfants à elle, pour se créer sa propre vie. Et donc, faute d'avoir Une vie à soi, elle goûte les miettes de la vie des autres en faisant montre d'un dévouement quasi surhumain et pour lequel elle ne recueille, bien souvent, que des marques de mépris.
    Ce qui me touche aussi dans cette nouvelle, c'est le sentiment de nostalgie que sait faire naître l'auteur, notamment au travers du culte des objets dérisoires que Félicité élève au statut de reliques inestimables, faibles vestiges des quelques émotions qui lui tiennent lieu de souvenirs.
    Ce que j'aime enfin dans Un Cœur Simple, c'est ce sentiment de douce pitié, de commisération que nous suscite Gustave Flaubert en nous dévoilant sur le tard, la principale, peut-être même la seule véritable histoire d'amour qu'ait connu cette petite femme dans sa vie, cette tendresse, cette communion, cet attachement entre elle et son perroquet Loulou.
    Combien encore de nos jours, surtout de nos jours, n'ont, pour seule compagnie et marqueur d'affection qu'un chien, qu'un chat, qu'un hamster, qu'un lapin nain ou... qu'un perroquet ?
    En cela, elle est belle cette histoire, belle et touchante, tout en subtilité, tout en caresse, mais bien sûr, ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par ballad, le 01 septembre 2012

    ballad
    Un coeur simple raconte la vie d'une femme simple, Félicité. C'est la dernière oeuvre de Flaubert, et il semble qu'il y ait mis beaucoup de ses souvenirs personnels en s'inspirant de personnages de son enfance. La technique de narration de Flaubert isole certains événements de la vie du personnage et les enchaîne l'un après l'autre, comme s'ils étaient proches dans le temps. On a ainsi l'impression de survoler une vie qui semble d'autant plus pauvre, plus austère et plus solitaire. Les événements contés sont une accumulation de malheurs et de cocasseries à la fois. La prose de Flaubert ressemble parfois à de la poésie. Une magnifique nouvelle.
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  • Par Aela, le 09 juin 2012

    Aela
    Un coeur simple, c'est celui de Félicité, jeune servante, qui consacre sa vie au service de Mme Aubain, dame de la petite bourgeoisie, après avoir connu une enfance misérable marquée par la perte prématurée de ses parents et les passages difficiles chez différents patrons.
    Un coeur simple mais qui s'attache durablement à la famille de Mme Aubain, en particulier ses deux jeunes enfants, Paul et Virginie.
    Félicité est dévouée, sensible, aimante, elle donne beaucoup d'elle-même, beaucoup d'affection, de soins, sans recevoir beaucoup en échange.
    Elle aime son neveu, qu'elle aide régulièrement, elle aide un vieillard qu'elle soigne.
    La vie va être particulièrement dure avec elle, retirant de son affection ces différents personnages, emportés par la maladie pour Virginie et par une tempête pour son neveu, jeune matelot.
    Elle soutiendra jusqu'à la fin l'inflexible et hautaine patronne Mme Aubain et n'aura plus qu'un perrroquet à qui donner de l'affection.
    C'est un récit court, sombre, mélancolique mais qui a le mérite de regorger de détails sur la vie quotidienne dans la Normandie du 19ème siècle, ainsi que sur la structure sociale de l'époque;
    Les personnages sont bien campés mais peut être manquent un peu de nuances.
    Une histoire sérieuse et triste qui nous plonge dans tout un univers.
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    • Livres 4.00/5
    Par charlottelit, le 19 octobre 2011

    charlottelit
    j'ai souffert et compati avec cette servante si confiante, sincère, bafouée comme il se doit ... ce coeur simple nous fait quand même voyager au bord de l'âme humaine et de ses facettes rutilantes ou sombres ... ouvrage musical comme souvent chez Flaubert qui se lit très vite et se savoure de même. Ne boudons pas notre plaisir.
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    • Livres 5.00/5
    Par vanuatu2000, le 25 mai 2011

    vanuatu2000
    Une écriture fluide, harmonieuse, lumineuse. "Un coeur simple" confine, pour moi, au génie littéraire. Flaubert ne se contente pas que de faire rentrer le lecteur dans la vie et l'esprit de son personnage, il donne vie et âme aux mots. Chaque page recèle un trésor de style et de narration. Chaque mot brille par sa justesse, son évidence. Ce récit sans fausse note de l'existence humble, voire banale, d'une servante du XIXème siècle réussi l'incroyable pari d'hypnotiser le lecteur tant les mots transcendent cette vie pourtant si ordinaire. D'une histoire simple découle, de la plume de Flaubert, un écrit sublime.
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Citations et extraits

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  • Par NastasiaBuergo, le 11 mars 2013

    Elle expira, ayant juste soixante-douze ans. (...) Félicité la pleura, comme on ne pleure pas les maîtres. (...) Dix jours après, (...) les héritiers survinrent. La bru fouilla les tiroirs, choisit des meubles, vendit les autres. (...) Le fauteuil de Madame, son guéridon, sa chaufferette, les huit chaises, étaient partis ! La place des gravures se dessinait en carrés jaunes au milieu des cloisons. Ils avaient emporté les deux couchettes, avec leurs matelas, et dans le placard on ne voyait plus rien de toutes les affaires de Virginie ! Félicité remonta les étages, ivre de tristesse.
    Le lendemain il y avait sur la porte une affiche ; l'apothicaire lui cria dans l'oreille que la maison était à vendre.
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  • Par NastasiaBuergo, le 10 mars 2013

    Il s'appelait Loulou. Son corps était vert, le bout de ses ailes rose, son front bleu, et sa gorge dorée. Mais il avait la fatigante manie de mordre son bâton, s'arrachait les plumes, éparpillait ses ordures, répandait l'eau de sa baignoire ; Mme Aubain, qu'il ennuyait, le donna pour toujours à Félicité.
    Elle entreprit de l'instruire ; bientôt il répéta : " Charmant garçon ! Serviteur, monsieur ! Je vous salue, Marie ! " Il était placé auprès de la porte, et plusieurs s'étonnaient qu'il ne répondît pas au nom de Jacquot, puisque tous les perroquets s'appellent Jacquot. On le comparait à une dinde, à une bûche : autant de coups de poignards pour Félicité ! Étrange obstination de Loulou, ne parlant plus du moment qu'on le regardait !
    Néanmoins il cherchait la compagnie ; (...) il cognait les vitres avec ses ailes, et se démenait si furieusement qu'il était impossible de s'entendre.
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  • Par NastasiaBuergo, le 02 mars 2013

    Un soir d'automne, on s'en retourna par les herbages.
    La lune à son premier quartier éclairait une partie du ciel, et un brouillard flottait comme une écharpe sur les sinuosités de la Toucques. Des bœufs, étendus au milieu du gazon, regardaient tranquillement ces quatre personnes passer. Dans la troisième pâture quelques-uns se levèrent, puis se mirent en rond devant elles. — " Ne craignez rien ! " dit Félicité ; et, murmurant une sorte de complainte, elle flatta sur l'échine celui qui se trouvait le plus près ; il fit volte-face, les autres l'imitèrent. Mais quand l'herbage suivant fut traversé, un beuglement formidable s'éleva. C'était un taureau, que cachait le brouillard. Il avança vers les deux femmes. Mme Aubain allait courir. — " Non ! non ! moins vite ! " Elles pressaient le pas cependant, et entendaient par-derrière un souffle sonore qui se rapprochait. Ses sabots, comme des marteaux, battaient l'herbe de la prairie ; voilà qu'il galopait maintenant ! Félicité se retourna, et elle arrachait à deux mains des plaques de terre qu'elle lui jetait dans les yeux. Il baissait le mufle, secouait les cornes et tremblait de fureur en beuglant horriblement. Mme Aubain, au bout de l'herbage avec ses deux petits, cherchait éperdue comme franchir le haut bord. Félicité reculait toujours devant le taureau, et continuellement lançait des mottes de gazon qui l'aveuglaient, tandis qu'elle criait : — " Dépêchait-vous ! dépêchez-vous ! "
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  • Par mandarine43, le 26 mars 2011

    Extrait de l'introduction de Piero Toffano

    Ceci n'est pas un conte sentimental
    Lorsqu'il écrit "Un cœur simple" (entre avril et août 1876), Flaubert se trouve dans un état de prostration ex­trême et traverse l'un des pires moments de sa vie : un an plus tôt, avait éclaté au grand jour la désastreuse si­tuation financière d'Ernest Commanville, mari de sa nièce Caroline qu'il chérissait, auquel l'écrivain avait confié, tant par paresse que par désintérêt, l'entière gestion de son patrimoine. Afin d'éviter à Commanville une faillite humiliante, Flaubert est contraint de vendre les propriétés héritées de ses parents. Et, après une existence à l'abri de tout embarras d'argent, voici qu'il risque de passer ses dernières années dans un état proche de l'indigence. Même la maison de Croisset, où il vit et travaille depuis 1846, se trouve menacée.
    Si l'on considère que, pour Flaubert, c'est là le dernier d'une série de récents traumatismes, sur les plans privé et public (en 1869, la mort de Bouilhet, son plus fidèle ami ; la mort de sa mère en 1872 ; la défaite de la France suivie de l'occupation militaire de Rouen par 1 armée prussienne, et la Commune de Paris en 1870 et 1871), on comprend aisément qu'il soit arrivé à douter de pouvoir écrire encore : «Pour faire de l'art, il faut avoir un insouci des choses matérielles, qui va me manquer désormais ! Mon cerveau est surchargé par des préoccupations basses. Je me sens déchu ! enfin, votre ami est un homme fini» (lettre à Léonie Brainne du 2 octobre 1875). Pour se rassurer, il abandonne le pénible travail d'écriture de Bouvard et Pécuchet et il se met à écrire «un petit conte pour voir», dit-il, «si je suis encore capable de faire une phrase» (lettre à Edmond Laporte datée du même jour). Le récit qu'il avait alors commencé, La légende de saint Julien l'Hospitalier, est un projet assez rapide à réaliser. Flaubert y avait songé en diverses occasions au cours des années précédentes. Il avait déjà lu et recueilli pour l'essentiel les matériaux nécessaires. Aussi, La légende de saint Julien achevée, entreprend-il un deuxième conte, Un cœur simple, qui n'exige pas non plus une longue préparation, puisqu'il se situe dans une Normandie provinciale que Flaubert connaît fort bien, chargée pour lui de nombreux souvenirs liés à son enfance et à son adolescence, ainsi qu'à des membres de sa famille maternelle. De nouveau lancé, il pourra désormais affronter et mener à bien la rédaction d'Hérodias, le dernier des Trois contes, qui nécessitait en revanche de nombreuses recherches, à la Bibliothèque Nationale de Paris, sur la Judée au temps de Jésus.
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  • Par NastasiaBuergo, le 05 mars 2013

    À l'église, elle contemplait toujours le Saint-Esprit, et observa qu'il avait quelque chose du perroquet. Sa ressemblance lui parut encore plus manifeste sur une image d’Épinal, représentant le baptême de Notre-Seigneur. Avec ses ailes de pourpre et son corps d'émeraude, c'était vraiment le portrait de Loulou. (...) Ils s'associèrent dans sa pensée, le perroquet se trouvant sanctifié par ce rapport avec le Saint-Esprit, qui devenait plus vivant à ses yeux et intelligible.
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Bouvard et Pécuchet film (1989) -- 1/16
Par une chaude journée d'été, à Paris, deux hommes, Bouvard et Pécuchet, se rencontrent et font connaissance. Ils découvrent que, non seulement ils exercent le même métier (copiste), mais qu'en plus ils ont les mêmes centres d'intérêts.








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    Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

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