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Suzanne V. Mayoux (Traducteur)
ISBN : 2259211410
Éditeur : Plon (2010)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 219 notes)
Résumé :
Au cœur d'une période de désordre politique et religieux, dans l'Ecosse des massacres et des rois rivaux du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille maudite accusée de sorcellerie, attend le bûcher.

Le révérend Charles Leslie a fait le voyage depuis l'Irlande pour venir l'interroger sur les massacres dont elle a été témoin. Dans le clair-obscur d'une prison putride, les ombres du révérend et de la « sorcière » Corrag se frôlent et tremblent à la lueur de la... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
LydiaB10 septembre 2013
  • Livres 5.00/5
De l'Histoire de l'Écosse, je ne connais que ce que j'en ai lu dans la fabuleuse trilogie de Nathalie Dougal, "La mèche de guerre des Mac Donald". J'ai replongé avec délice dans cette période tourmentée (oui, je sais, cela peut paraître paradoxal) en lisant "Un bûcher sous la neige". Cette pauvre jeune femme, Corrag, vit ses dernières heures dans un cachot. le révérend Charles Leslie se rend à ses côtés afin qu'elle lui en dise plus sur le massacre auquel elle a assisté : celui de Glencoe. Il a besoin de savoir si le commanditaire de cette tuerie est bien le roi Guillaume.

Mais pourquoi Corrag se retrouve-t-elle dans cette situation ? Sa seule faute est d'être "libre" dans ce monde résolument encadré, aux normes parfois douteuses mais que l'on ne conteste pas et, surtout, que l'on ne contourne pas. Comme si cela n'était pas suffisant, elle a le don de "double vue" comme elle le dit. Et avoir des visions à cette époque n'est guère apprécié... On la traite de tous les noms d'oiseaux, dont le fatal "sorcière". Fatal car comme vous le savez, les "procès" (si on peut appeler cela ainsi) étaient vite réglés...

J'ai vraiment apprécié ce livre à double voix (le récit de Corrag d'un côté et la correspondance du révérend de l'autre). Je me suis retrouvée catapultée dans cette Écosse sauvage du XVIIe siècle, dans ce clan des MacDonald, dans cette société où tous les coups étaient permis. L'écriture est belle, empreinte de poésie là où l'on aurait pu attendre un style plus incisif. Je vous le conseille. Et je termine en remerciant la personne qui me l'a offert. Elle se reconnaîtra. Merci, merci, merci !

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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nadiouchka
nadiouchka15 août 2016
  • Livres 5.00/5
Quand j'ai vu dans une librairie ce livre UN BUCHER SOUS LA NEIGE de Susan Fletcher et après avoir lu la quatrième de couverture, je me suis dit : une histoire de sorcière en Ecosse ? Pourquoi pas ? Ça changera du monstre du Loch Ness. Je ne m'attendais pas du tout à ce que j'ai lu. Il y avait bien le résumé et malgré cela j'ai été tout de suite surprise et passionnée par l'histoire.
C'est un roman à deux voix, celle de Corrag la sorcière et celle du Révérend Charles Leslie venu la rencontrer dans son cachot et qui écrit à sa femme, Jane, chaque soir le compte-rendu de sa journée.
Corrag raconte comment elle a été arrêtée et se trouve dans l'attente de la fonte des neiges pour être brûlée vive. Sa principale faute a été de vivre libre dans un monde où il valait mieux être soumis à un suzerain.
Les faits ont lieu en Ecosse, dans les montagnes sauvages des Highlands où sa mère Cora lui a dit de fuir; de toujours aller vers le nord-ouest.
Corrag est tellement petite et frêle, physiquement, qu'elle ressemble à une enfant. Mais elle a un moral très fort et une volonté farouche. Tout ce qu'elle veut, c'est vivre libre et aider les autres à sa façon aussi humble soit-elle : donner un oeuf (à quelqu'un qui a faim), un morceau de tourbe (pour se chauffer), donner une pomme à un cerf et surtout, soigner avec ses plantes médicinales. Elle a la chance d'être acceptée ainsi sur les terres du clan des MacDonald.
Son récit est entrecoupé par les lettres du révérend Charles Leslie, venu d‘Irlande pour l'interroger sur des massacres dont elle a été témoin. Dans ses lettres à sa femme Jane, il relate donc, le récit de Corrag et petit à petit il est moins convaincu d'avoir affaire à une sorcière. Il raconte le trouble qui l'envahit au fur et à mesure de ses rencontres avec celle que l'on prétend sorcière. Il ne sait plus que penser et il est touché par la bonté de la jeune femme, par son amour du prochain – que ce soit des êtres humains que des animaux – par son humilité. Elle comprend qu'elle ne représente rien pour les puissants de cette terre. Mais elle ne comprend pas pourquoi, elle si humble et sans malice, on veut lui faire subir ce sort extrême. Elle redoute donc la fonte des neiges car cela signifie que bientôt son heure approche. le bûcher est prêt et n'attend plus qu'elle. D'ailleurs, en la voyant un jour, le bourreau se réjouit de la voir si menue car ainsi il aura moins de bois à brûler !
Susan Fletcher a écrit ce roman d'une façon plus que touchante. Elle a su exprimer le désarroi d'une frêle créature innocente mais qui a le tort d'avoir le don de double vue. Le récit est très poignant et le lecteur est envahi par une foule de sentiments. de plus, nous avons droit à des faits historiques dans cette Ecosse du XVIIème siècle, au cours d'un hiver très rigoureux. Mais c'est la saison de Corrag, la saison où elle est née, dans la neige, la saison qui la maintient en vie et on voit approcher avec angoisse le dégel.
Que va-t-il se passer ? L'heure approche à grands pas. Le révérend est de plus en plus tourmenté et ne sait plus que faire.
Le lecteur reste accroché à son livre pour en connaître le dénouement qui ne laissera pas de surprendre à moins que …
Vraiment, BRAVO Susan Fletcher pour ce magnifique roman qui a tenu en haleine la lectrice passionnée que je suis.
Il serait long de décrire par quels sentiments je suis passée mais je garde au fond de moi la beauté de l'histoire et l'émotion ressentie.
A vous de découvrir ce livre si ce n'est déjà fait.
Bonne lecture !
Nota : Dans la postface, Susan Fletcher nous explique quelques faits historiques sur le Massacre de Glencoe dont les écrits ont certainement été faits par le révérend Charles Leslie. D'autres faits sont également expliqués et nous disent que la légende de Corrag est très attachée à ces lieux.
Il y a également un Bref Rappel du Contexte Historique.
En prime, l'écrivaine nous offre le premier chapitre d'un autre roman : LES REFLETS D'ARGENT.
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litolff
litolff17 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
Inverary, XVIIe siècle, au coeur des Highlands : en plein hiver, Corrag, une jeune fille accusée de sorcellerie croupit dans un cachot sordide. Elle a été témoin des massacres qui ont ensanglanté Glencoe et le clan MacDonald et, en attendant le dégel et son bûcher, elle est interrogée par Charles Leslie, pasteur anglican qui enquête sur ces massacres en pleine révolution jacobite.
Celui-ci est venu interroger la « sorcière », il découvre une jeune fille étrange, presque une enfant, qui lui raconte l'existence qui fut la sienne et qui lui a valu le qualificatif de « sorcière ».
La voix confiante et naïve de Corrag s'élève dans un hymne poétique à la nature, décrivant avec force détails les landes et les montagnes écossaises balayées par les vents glacés, la pluie et la neige, la faune et la flore et s'entrecroise avec les lettres de Charles à sa femme qui peu à peu, abandonne ses préjugés et oublie la sorcière pour voir la jeune fille, sa différence et à sa pureté.
Véritable réquisitoire pour la tolérance, un récit émouvant et très poétique qui, à partir d'un fait historique, met en exergue la différence, et la méfiance, voire la violence qu'elle suscite.
Et en refermant ce livre, on n'a qu'une envie, aller découvrir les Highlands, les lochs et les glens, les Campbell et les MacDonald en sirotant un single malt !
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Elamia
Elamia18 mars 2015
  • Livres 5.00/5
Je suis heureuse d'avoir entrepris ce voyage auprès de la fascinante Corrag. Je ne peux que vous recommander ce roman exceptionnel et inoubliable.
A travers ce récit à deux voix, où s'entremêlent le témoignage de Corrag et les réflexions du prêtre Charles Leslie, ce roman nous emporte à travers les siècles, dans les hostiles et légendaires terres d'Écosse, les Highlands. Nous suivons l'histoire étonnante de cette douce et humble jeune fille, toute frêle, qui va côtoyer les imposants guerriers du clan des MacDonald. Dans cette contrée au climat rude et glacial, elle trouvera pour la première fois de sa vie, la chaleur et le respect qu'elle cherchait.
L'histoire tire son originalité mais aussi sa profondeur et sa force de l'absence volontaire de dialogues entre les deux figures principales. Corrag nous livre ses souvenirs, la moindre parcelle de sa vie passée, sous forme d'un monologue. Charles, ne s'adresse jamais ouvertement à elle, mais confie ses pensées sous forme de lettres destinées à son épouse. Homme d'église et politicien, ardent défenseur de la foi catholique, et de la loi, son regard critique va pourtant s'adoucir en découvrant les affres de la vie de Corrag. Il est très intéressant de voir son point de vue changer progressivement au fil de son introspection personnelle.
L'alternance entre les parties narratives et épistolaires, s'adapte idéalement au rythme du récit, puisque le cheminement est graduel. L'absence d'interaction directe entre Corrag et Charles est assez inédite, et participe finalement à créer un lien profond et solide entre les deux protagonistes.
Un voyage qui marque l'esprit mais aussi le coeur. Un ouvrage bouleversant, qui déstabilise par son authenticité, la sensibilité de cette jeune femme au destin troublant. Un bûcher sous la neige fait partie de ces livres, qui une fois refermés, vous reste en mémoire longtemps encore.
La plume est vraiment exceptionnelle, l'auteure parvient à exprimer des émotions, des ressentis, d'une manière poétique et vraiment belle. L'intégralité du livre mériterait d'être cité, tant la moindre phrase est percutante et lyrique. Si certain(e)s reprochent à ce livre de trop s'attarder dans des descriptions ou des détails insignifiants, pour moi c'est ce qui justement fait tout le charme et la beauté de cette histoire. Tout doucement, on prend le temps de connaître la vie ou plutôt les cinq vies de Corrag. En effet, elle sépare intentionnellement son existence en cinq parties bien distinctes. On note que le livre suit d'ailleurs logiquement ce découpage. Corrag commence par parler des années auprès de sa mère, puis du temps qu'elle a passé à fuir sur le dos de sa jument bien-aimée, ainsi que de son bonheur dans les froids et durs Highlands où elle a trouvé un véritable foyer. Elle retrace le parcours de toutes les personnes qui ont compté dans sa vie. Elle se souvient des moindres détails de sa vie passée, des sensations physiques et émotionnelles qu'elle a ressenti à chaque événement de son existence. Elle nous transporte dans son univers, nous fait ouvrir les yeux sur sa condition, son existence. Avec une sensibilité à fleur de peau, elle nous emmène loin des préjugés et des dogmes rétrogrades, à la découverte d'un monde insoupçonné. le monde de la nature, dans lequel elle parle aux animaux, aux roches et aux collines, elle voit une vie dans tout ce qui l'entoure. Avec une innocence enfantine, qu'elle conserve malgré les années, elle porte un regard différent sur la vie, et nous ouvre les yeux à sa manière. Comment ne pas être admirative de cette héroïne si jeune, qui a déjà vécu et vu tant de choses, et qui, pourtant analphabète, raconte son histoire avec grandeur et éloquence.
Par de simples mots, tirés de son vocabulaire prosaïque, avec des images et des comparaisons toujours en rapport avec la faune et la flore, Corrag nous fait prendre conscience de la grâce et de la beauté que la nature a à offrir. le bonheur ne réside pas dans les richesses ou dans les titres honorifiques, mais bien là, au milieu de la nature sauvage. La bienveillance de Corrag envers chaque être vivant (ou non) est touchante et son émerveillement spontané est réellement communicatif. Elle a un don pour nous attendrir et nous bercer avec ses paroles. Comme elle parvient à troubler le prêtre avec sa délicatesse et sa franchise, elle émeut le lecteur avec toute la bonté et l'amour qui émane d'elle. J'ai entrepris cette lecture sur les conseils d'une amie, qui m'a assurée que ce livre me plairait. A ce moment là, je craignais qu'il soit trop sensible et triste pour que je puisse l'apprécier. Mais, contre toute attente, Corrag a beau avoir une existence des plus rudes, son histoire n'est pas triste. Grâce à sa clairvoyance, elle reste malgré tout maîtresse de son destin et vit finalement sa vie comme elle l'entend. Elle a une façon de raconter qui instille l'espoir dans les coeurs, émet une douce chaleur et une lumière réconfortante.
En à peine plus de 400 pages, Susan Fletcher nous fait passer par des tas d'émotions diverses et variées. Elle nous entraîne dans le bouillonnement d'un contexte historique impétueux, le XVIIème siècle, où rivalités entre clans et conflits sanglants contre l'Angleterre sont à leur paroxysme. Elle dresse un portrait géographique précis des lieux, des lochs, des collines à travers les yeux de Corrag et nous fait découvrir toute la vigueur et la poésie de la langue gaélique. A travers son livre, elle aborde majestueusement les thèmes du devoir de mémoire et l'acceptation des différences. En somme, elle nous offre une magnifique leçon de vie à travers une héroïne des plus attachantes.
Il est certain que je conseille et recommande cet ouvrage, tant il est exceptionnel de par son fond et sa forme. L'atmosphère est chargée de vives et lourdes émotions, certaines un peu éprouvantes, d'autres plus joyeuses et légères. Une plume enchanteresse, lyrique et captivante, une véritable ôde à la vie, à l'amour et à la nature. Ne faîtes pas comme moi et n'attendez pas un instant de plus pour découvrir cette fabuleuse histoire.






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DawnG
DawnG26 juin 2013
  • Livres 4.00/5
Lecture effectuée dans le cadre d'un challenge sur le blog de lecture L'île aux Livres, je n'avais pas entendu parler de ce livre avant que J'ai Lu le propose au Club et ça aurait été dommage, je serais passée à côté d'une excellente lecture !
Susan Fletcher est une auteure que je souhaitais découvrir, bon, je pensais que je serai amenée à lire d'abord La fille de l'Irlandais, mais le destin en a voulu autrement.
J'avoue il est assez difficile (enfin moi j'ai trouvé) de se mettre dedans, parce que le style oral de Corrag est pas mal déstructuré. Imaginez une jeune fille sans éducation, au XVIe siècle, qui a vécu le plus souvent seule, dans la campagne anglaise, qui s'exprime comme elle pense, avec des gestes, un peu comme si elle n'était pas toute seule dans sa tête. Au début, c'est l'impression qu'on a, puisqu'elle ne s'entretient pas encore avec le révérend Leslie. Il faut donc s'habituer à sa façon de parler, décousue avec les idées qui se mélangent. On comprend ensuite ce qu'elle voulait dire parce qu'elle raconte à Charles les choses dans l'ordre chronologique et de façon petit peu plus ordonnée. Donc, on s'habitue et le récit va en s'améliorant du point de vue de la compréhension. En tout cas, pour moi, une fois dedans, ça se lit plutôt bien et j'ai eu rapidement envie de savoir comme l'histoire de Corrag et celle qu'elle nous raconte allaient finir.
Corrag a été élevée par sa mère Cora, elle n'a pas de père et elles vivent en retrait de la ville, dans une maison près d'un lac, légèrement beaucoup dominée par la nature. Cora est vue comme une sorcière, comme sa mère avant elle, et la première chose qu'elle dit à sa fille c'est qu'elle en est une aussi. Voilà dans quel contexte va grandir cette petite fille. Devenue femme, Corrag reste petite et fluette, on la "traite" souvent de gueuse, de sorcière. Mais est-elle vraiment une sorcière, qui envouterait les gens par ses mots et userait des plantes pour tromper son monde? Ou bien est-elle uniquement un être incompris, vivant avec la nature, un être que personne n'a jamais cherché à connaitre et à comprendre ?
Corrag sera amenée à fuir l'Angleterre et à trouver refuge en Écosse. Elle se sent attirée par les hauteurs, par les Highlands, par son climat froid, ses paysages sauvages et ses habitants que beaucoup considère comme des barbares. Ce n'est pas la violence qui l'attire mais va se sentir proche de ces gens qui sont comme elle, des marginaux.
Tout cela et bien plus encore, on l'apprend de Corrag même, qui raconte en plusieurs après-midi au révérend Leslie, sa vie, son enfance, son arrivée dans les Highlands et sa rencontre avec les MacDonald. Celle a qui Cora a demandé de ne jamais aimer parce qu'aimer c'est souffrir, ne fera pourtant que cela toute sa vie, aime sa mère, la nature, les animaux, lui… Et oui, elle a vu des choses en Écosse et oui, elle dira tout ce qu'elle sait à cet homme qui la regarde d'abord comme une étrangère, comme une sorcière, comme le Mal incarné et qui progressivement va comprendre beaucoup de choses sur elle, sur les Écossais et sur lui-même.
Même si au début, j'ai eu du mal à dissocier Corrag de sa façon de s'exprimer, je me suis progressivement attachée à elle, à son histoire. J'étais triste pour elle, pour le sort qu'on lui réserve, révoltée de penser que certaines choses se passaient vraiment comme ça.
Le récit est ponctué par des lettres de Charles à son épouse, qui est restée avec leurs fils en Irlande. Ces lettres sont belles, on découvre un homme qui doute, qui se questionne, qui écoute l'avis de sa femme, qui cherche à comprendre. Corrag est-elle emprisonnée pour sorcellerie ou il y a-t-il autre chose ? Je n'ai pas tout de suite apprécié Charles, sa passivité et sa façon d'être borné à la religion m'ont irrité, puis on apprend des choses sur lui, sur sa famille, il adore son épouse, il change progressivement et on apprend à l'apprécier.
J'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire, même si j'aurai préféré une fin différente. Bien entendu, je ne dirai pas comment cette histoire se termine, j'aurai aimé un peu plus de, comment dire, cohérence peut-être, mais bon, c'est presque un détail. Parfois, sur la fin, j'ai trouvé que cette jeune fille qui ressemble à une fillette quand même, faisait des choses peu cohérentes avec son gabarit, m'enfin, c'est un là encore peut-être juste moi qui chipote.
Un bûcher sous la neige, est une belle histoire avec des thèmes intéressants comme la différence, la tolérance, l'acceptation. C'est aussi un aperçu historique d'une Angleterre en transition, avec un peuple protestant qui craint un futur roi Catholique. Un livre sur les oppositions aussi entre foi/nature; Lowlands/Highlands, catholique/protestant; Angleterre/Écosse; barbares/civilisés. Où se situe la frontière entre les deux camps? Qui est préférable à l'autre ? Qui connait-on vraiment ? Les apparences sont trompeuses et personne ne peut être complément tout blanc ou tout noir.
Le gros plus, dans ce récit, fût pour moi, c'est les descriptions de la nature, et surtout de cette Écosse sauvage, au temps changeant, capricieux, des grands espaces aux tons vert, rouille, orange et marron. Des cascades, des rochers, des lochs, des monts,… Une immense sensation de liberté, d'espoir et pourtant ancré dans un sens de l'honneur et des traditions. Une invitation au voyage. Les descriptions sont belles et poétiques, un émerveillement qu'on partage avec Corrag. On a vraiment l'impression d'y être et de sentir le froid, les odeurs de tourbes et le vent.
Il faut donc essayer de passer la barrière du style au début et si l'histoire vous embarque, alors, je pense que comme moi, vous passerez un excellent moment avec ce livre. Par contre, dans le cas, contraire, la moindre chose pourrait vous faire lever les yeux aux ciels. Avec le recul, personnellement, je trouve même que c'était un pari osé mais réussi de faire parler une jeune fille étrange, qui peut s'embrouiller, aller trop vite d'un côté, ou détailler à l'extrême la nature qui l'entoure. Parce que c'est bien ce qu'on doit retenir de Corrag, elle est "nature", les plantes sont sa vie, son univers, elle ne connait que ça. Et rendre tout ça, sa façon de parler, comme si les idées émergeaient trop vite pour elle, ça n'a pas dû être quelque chose de facile à faire et à traduire.
J'ai donc beaucoup aimé ce roman et il m'a donné envie de lire d'autres livres de Susan Fletcher, notamment la fille de l'irlandais,que pas mal de membre du challenge Irlande et Littérature irlandaise, ont lu.
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Citations & extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka19 août 2016
Ils lançaient entre leurs dents : on sait ce que tu es… Le savaient-ils ? Ils le croyaient. Quand j’étais encore en Angleterre, ils se servaient de vieilles vérités – ma naissance enneigée, mon goût des marécages – pour forger de pures menteries, par exemple qu’on m’avait vue lever une épaule et me transformer en corneille. Jamais je n’ai fait ça.
J’ai vécu dehors. Sur des landes, à tous les vents. {...]
Et à présent ? A présent je suis ici.
Dans un cachot, enchaînée. P.19
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nadiouchkanadiouchka15 août 2016
J’ai reçu l’autre jour une nouvelle requête inattendue, à la suite de deux gros glissements de terrain qui se sont produits là où les bulldozers travaillent sur les gisements d’ardoise. D’après quelqu’un… c’est parce que les ouvriers dérangent la tombe de Corrag, célèbre sorcière de Glencoe au temps jadis… Précision intéressante, elle devait en dépit de sa réputation sulfureuse être inhumée à Eilean Munda, île funéraire. On observait, d’habitude que même si la mer était démontée, le temps épouvantable, un répit permettait au bateau d’assurer un enterrement. Dans le cas de Corrag, la tempête ne cessant pas, on finit par l’inhumer à cet endroit qui jouxte la route actuelle. Notons que dans les Highlands les îles servaient couramment de lieux de sépulture. Les loups ont subsisté ici, il faut s’en souvenir, bien plus tard que dans le Sud. Préface.
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nadiouchkanadiouchka15 août 2016
Elle était là haut ? A Glencoe ?
Ouiche. Elle a tout vu, qu’on dit. On dit qu’elle se mettait à genoux pour jeter ses sorts.
Elle appelait le Diable ?
Eh, ouiche. Tout ce sang et ces meurtres… Le diable y était, pour sûr. P.48
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LydiaBLydiaB10 septembre 2013
Je ne me suis pas arrêtée. C'est seulement arrivée sur l'autre face de la corniche que j'ai fait halte, car j'entendais des voix des Lowlands. Dans la neige, j'entendais des voix d'hommes. J'ai cligné des yeux. Pensé cache-toi. Deux habits-rouges grimpaient le col et s'approchaient, alors je me suis tapie. J'ai creusé une congère avec mes mains, me suis enfouie dans le trou et plaqué les mains sur la bouche pour museler mon souffle haché tandis qu'ils passaient devant moi. Ils se hâtaient. Un d'eux a dit je ne veux pas prendre part à ça ! Non ! Je ne peux pas... et l'autre a répondu c'est contraire à toutes les lois que je connais ! Et ils étaient aussi tourmentés que moi, ces deux hommes qui s'échappaient.
Ils se sont éloignés. Et j'ai pensé vas-y vite ! Cours ! Cours ! Je suis sortie de mon trou, et tandis que je descendais vers le glen j'ai trébuché, ce qui m'a fait tomber, rouler sur la pente comme une pierre, j'avais mal et je me sentais impuissante mais c'était une descente rapide, tout ce que je voulais. Puis j'ai couru vers l'ouest pour pénétrer dans le glen, par le même chemin que la première fois, une nuit silencieuse au clair de lune, et en atteignant le Mélange des eaux qui étaient gelées et d'un bleu luisant, j'ai regardé la vallée et vu une splendeur. Tout était blanc. Tout se taisait et brillait.
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steppesteppe26 août 2014
Et voilà qu'est venue une journée de couleur brune. Je me la rappelle, les feuilles qui s'envolaient, les fougères qui ployaient et prenaient le roux foncé de l'automne. La plupart des gens n'aime guère cette saison-là, l'humidité dans l'air, le brun. Mais moi elle ne m'a jamais déplu. Pourquoi nous déplairait-elle ? Les flaques qu'elle met dans le creux des troncs abattus font le bonheur des oiseaux, et les mois d'après l'herbe pourra reverdir grâce à cette saison. Elle argente les toiles d'araignées. Quand je serai morte, le brouillard me manquera, ça me manquera de marcher dans le brouillard, de le humer.
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