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> Claude Durand (Traducteur)
> Carmen Durand (Traducteur)
> Albert Bensoussan (Préfacier, etc.)

ISBN : 202023811X
Éditeur : Seuil (1995)


Note moyenne : 4.37/5 (sur 546 notes) Ajouter à mes livres
Quatrième de couverture : Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleur plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante d'une dynastie: la fondation, par l'ancêtre, d'un village sud-américain isolé du reste du monde; les grandes heures marq... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 26 janvier 2012

    Kittiwake
    Il est hautement probable que malgré et même peut-être à cause du plaisir que j'ai eu à lire Cent ans de Solitude je sois passée à côté d'un certain nombre de messages plus ou moins subliminaux cachés entre les lignes de cette saga qui retrace l'histoire hors du commun de la descendance d'un couple consanguin, créant une communauté villageoise quelque part en Amérique du Sud, si isolée du reste du monde que la gestion des règles de la communauté est extrêmement atypique, tant que le monde extérieur n'existe que par le biais du passage de troupes de gitans éblouissant les foules à l'aide de subterfuges de camelots
    D'emblée pour ceux qui oseraient se lancer dans l'aventure, haute en couleurs, le problème des 3 prénoms utilisés pour tous les garçons, en les associant entre eux (Arcadio, Auréliano, José) est facilement contournable : il suffit de chercher sur wikipédia un arbre généalogique de la lignée des Buendia et de l'utiliser en marque page pour ne plus s'y perdre. Cela dit je n'ai utilisé ce subterfuge que dans le dernier quart du livre, ayant abordé entre temps une autre lecture, ce qui m'avait fait un peu perdre le fil.
    Ces prénoms ont un rôle important, car ils conditionnent le destin et la personnalité de leur propriétaire. L'auteur facétieux ira jusqu'à inverser ceux d'une paire de jumeaux....
    L'originalité de cette histoire familiale réside dans le caractère très entier des personnages, qui vont profondément influencer le devenir de la communauté initiale, en permettant l'intrusion du monde extérieur, à chaque fois source de déséquilibre (que ce soit par la guerre, ou par la visite de gitans, ou encore par l'arrivée d'une ligne de chemin de ferChaque crise marque une évolution spectaculaire du contexte.
    Une autre singularité du roman tient à la présence ténue mais quasi constante de la magie qui donne au récit une dimension légendaire et mythique. Lévitations, spectres, chambres abandonnées préservées de la poussière, fécondations prolifiques du cheptel au rythme des copulations de leurs propriétaires...Mais tout n'est pas résolu de cette façon : José Arcadio ne parviendra jamais à transformer le métal en or.
    Les personnages féminins mériteraient à eux seuls une thèse de troisième cycle! Ursula, la mère fondatrice de lignée, d'une clairvoyance hors norme gardera presque jusqu'à la fin une emprise remarquable sur les quatre générations qui suivent. Rebecca et Amaranta, éternelles rivales amoureuses, Remedios la femme enfant , l'austère Fernanda...
    En filigrane enfin la guerre civile qui oppose conservateurs et libéraux, ces derniers conduits par Auréliano l'un des fils d'Ursula et José Arcadio. C'est l'occasion de mettre en évidence les agissements et manipulations pour le moins malhonnêtes des politiciens. L'on perçoit aussi,le désarroi du soldat quand la guerre n'a plus lieu d'être et le vide de l'existence privée de combats quand ceux-ci ne sont plus nécessaires.
    Avant de se plonger dans cette oeuvre foisonnante, j'avais découvert l'auteur en lisant un recueil de nouvelles «L'incroyable et triste histoire de la candide Erendira et de sa grand-mère diabolique». Cela permet de se familiariser avec l'univers de Gabriel Garcia Marquez et de se retrouver ainsi en terrain connu lorsqu'on aborde Cent ans de solitude. D'autant que l'on aura l'occasion de croiser des personnages déjà rencontrés dans les nouvelles, ce qui crée un climat de familiarité toujours très plaisant
    C'est donc une oeuvre dense,complexe, mais aussi drôle, très bien écrite, et qui mériterait certainement plusieurs lectures, permettant de nouvelles découvertes à chaque fois

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/01/cent-ans-de-solitude.html
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    • Livres 4.00/5
    Par meepingnie, le 06 octobre 2009

    meepingnie
    « Cent ans de solitude » est une monumentale fable sur l'épopée d'une famille qui pourrait symboliser l'histoire de la vie ou plus globalement de l'humanité : naissance, développement, décadence et disparition.
    La lignée Buenda naît sur un inceste, un meurtre et un exode qui permet la création de Macondo, un village colombien isolé et solitaire. Modèle d'organisation, de solidarité et de convivialité il se développe bien vite et atteint son apogée pour entamer sa lente dégradation qui commence par l'arrivée d'étrangers qui en venant leur apporter le progrès, la science et des chimères ruinent la simplicité et l'innocence. Suivent ensuite des générations d'hommes et de femmes qui par leurs caractères respectifs vont entraîner ou participer à la déchéance progressive. Guerres civiles, dictature, vols, intervention de la religion, pillage des ressources naturelles par des capitalistes sans merci, fléaux, décadence morale sont autant de facteurs qui conduisent au cataclysme final qui est la destruction du village et l'extinction de la lignée Buenda.
    Le cadre est très réaliste et correspond au parcours de la Colombie tout en étant universel. Les événements sont entourés d'éléments magiques qui entrent en œuvre régulièrement sans que cela ne perturbe notre crédulité. L'invraisemblable passe pour être la réalité et vient pimenter le récit en lui ajoutant une pincée d'humour, de rêve et de mystère.
    Le roman suit des spirales d'histoires, les noms des personnes reviennent sans cesse au fur et à mesure que les générations se succèdent. Les personnages sont bien différents, mais chacun a des traits de caractère hérités de leurs ancêtres et au bout du compte leurs destins sont marqués par le même malheur et la même solitude.
    « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez est ma première découverte de la littérature sud-américaine. Après quelques mois de lecture et de digestion, je suis surprise de me rappeler aussi bien du cadre de l'histoire et des personnages et je ne cesse de trouver d'autres pistes d'interprétations. Œuvre marquante qui me donne envie de continuer mon exploration.
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 03 septembre 2011

    meyeleb
    J'ai pris mon courage à deux yeux et lu Cent ans de solitude.... Yesssss.....
    Je suis assez fière de moi.
    Car il faut beaucoup de volonté pour arriver à bout de ce chef-d'oeuvre (j'ai envie de dire... baroque... mais les mots...), résister à l'idée qui parfois vous effleure (c'est looooong...) de refermer le livre et d'abandonner cette saga... fable, épopée, odyssée, fresque, allégorie... nous cherchons tous un mot assez « gros » pour contenir cette oeuvre, 6 générations d'hommes et de femmes de la lignée des Buendia, de José Arcadio à l'enfant d'Aureliano, poussés par les désirs, ambitions, prédictions, sentiments, hasards, folies, destins... et là encore il manque un mot où ranger la multitude de caractères qui poussent toujours le récit un peu plus loin. Une lecture qui nous invite à réfléchir sur la question du temps qui passe, la transmission, l'oublieuse mémoire des hommes, la fatalité... bon, je me résouds à ne pas trouver les mots pour qualifier cette........................vraiment.......................... par ses …...................... (vous compléterez les pointillés avec vos mots à vous, j'abandonne...).
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 21 décembre 2007

    Woland
    Cien años de soledad
    Traduction : Carmen & Claude Durand
    On m'avait beaucoup vanté "Cent ans de solitude." Trop sans doute. Comme on avait trop mis l'accent sur la fin du roman qui, pour autant qu'on me le disait, était seule à expliquer le reste de l'ouvrage. Aussi ai-je été déçue.
    Non cependant par l'ampleur épique du récit qui nous conte, en un style qui évoque à merveille les paysages et surtout l'atmosphère de l'Amérique du sud, la grandeur et la décadence de la famille Buendia et, à travers celles-ci, les tribulations d'un pays en formation, soumis à des guerres internes avant de se faire officieusement coloniser par les Etats-Unis, avec l'aval du parti conservateur mis en place par Simon Bolivar. (Face à eux, les libéraux, qui en tenaient pour Francisco de Paula Santander. Au bout du compte et en utilisant pour ce faire le personnage du colonel Aureliano Buendia - fils cadet de José Arcadio - Marquez les réunit dans le même sac politique, c'est-à-dire à la solde de la bourgeoisie et des USA.)
    Les personnages sont flamboyants et pleins de cette vie si particulière qui anime les héros des grands auteurs sud-américains. On peut même parler ici d'une débauche de vie, de quelque chose d'outrancier et de superbe dont la Mort elle-même ne peut venir à bout puisque les spectres des disparus, que ne parviennent d'ailleurs pas à voir tous les survivants, n'arrêtent pas de hanter la vaste maison fondée puis élargie par José Arcadio Buendia et sa femme, Ursula.
    Au premier rang de ces ombres, Melquiades, le gitan mystérieux et tutélaire, "mort aux laisses de la Sonde", qui fera découvrir aux habitants de Macondo d'authentiques tapis volants et lèguera à la famille Buendia une multitude de parchemins rédigés en un langage hermétique que, tour à tour, l'un ou l'autre des descendants mâles du premier José Arcadio tentera de déchiffrer.
    En vain jusqu'à ce qu'il soit trop tard.
    Au delà de l'ambiance très spéciale du roman, qui mêle le défilement de l'Histoire à un sens aigu du mythique, on peut voir dans la famille Buendia la Colombie elle-même, en tant que terre fertile et bénie des dieux, Grande Mère passive mais redoutable que les hommes, par leur folie, finissent par pousser à bout et qui reprendra ses droits à la fin du roman, après un déluge symbolique qui dura quatre ans. Car sous les yeux du lecteur, lentement mais sûrement, victime d'une malédiction qu'elle porte en elle ou pas, la famille Buendia se détraque : les générations échangent leur prénom, les rejetons légitimes sont élevés avec les rejetons adultérins, les jumeaux s'amusent à troquer leur personnalité, le temps semble tourner en rond, ce qui plonge l'arrière-grand-père et fondateur dans la folie alors que son arrière-petit-fils ne sait pas finalement s'il est amoureux de sa tante ou de sa propre soeur.
    Mais pour moi, la fin n'explique pas tout, elle semble plaquée au contraire sur une chronologie fabuleuse : bref, elle me paraît finir le roman sans le finir et l'on croirait l'auteur pris de court.
    Et vous, qu'en avez-vous pensé ?
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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 22 juin 2010

    vincentf
    Les vies folles d'une famille farfelue et tragique se bousculent dans un monde mystérieux, né aux temps où rien n'était, mort après cent ans de bizarreries effrénées. Les personnages se suivent et se ressemblent, ils se confondent, ils se quittent, se retrouvent, s'aiment et disparaissent, tantôt persistants, comme la vieille Ursula que l'on croit immortelle, tantôt fugace, comme Rémédios-la-Belle, qui s'envole en étendant le linge qu'elle ne porte pas. Les catastrophes naturelles font de Macondo un lieu sans mémoire, un village fantôme, sous le déluge ou sous le soleil infini. Tant d'événements sont racontés qu'il est impossible d'y déceler une intrigue, sinon celle de cette fuite en avant sans cesse répétée des membres maudits de la famille Buendia, qu'ils se nomment José Arcadio, comme l'ancêtre savant et criminel ou Aureliano, comme le colonel qu'à la fin, on oublie, comme tous sont oubliés, reclus, seuls, peut-être fictifs. Tant de sang a coulé, tant de corps se sont mêlés, tant de folies se sont heurtées que le lecteur est assomé par l'ouragan d'un temps qui avance à la vitesse du TGV tout en s'allongeant, tout en se tortufiant. Les années filent, tout change tout le temps, mais rien ne se passe au présent, tout dure, tout est à l'imparfait. Imagination sans borne. Peut-être oeuvre de génie. Trop sonné pour le dire.
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Citations et extraits

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  • Par bibliophage, le 15 janvier 2009 Première phrase du livre

    (incipit)
    Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Bendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d'une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d'une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des oeufs préhistoriques.
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  • Par Efery, le 15 août 2011

    Les poignées de terre rendaient moins lointain et plus réel le seul homme qui méritait pareil avilissement, comme si cette terre qu'il foulait de ses fines bottes vernies en quelque autre endroit du monde transmettait jusqu'à elle la densité et la chaleur de son sang, par cette saveur minérale qui lui laissait un goût de cendre dans la bouche et déposait un sédiment de paix au fond de son coeur.
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  • Par bibliophage, le 15 janvier 2009

    [..] le plus à craindre, dans cette maladie de l'insomnie, ce n'était pas l'impossibilité de trouver le sommeil, car le corps ne ressentait aucune fatigue, mais son évolution inexorable jusqu'à cette manifestation plus critique : la perte de mémoire. Elle voulait dire par là qu'au fur et à mesure que le malade s'habituait à son état de veille, commençaient à s'effacer de son esprit les souvenirs d'enfance, puis le nom et la notion de chaque chose, et pour finir l'identité des gens, et même la conscience de sa propre existence, jusqu'à sombrer dans une espèce d'idiotie sans passé.
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  • Par bibliophage, le 15 janvier 2009

    Il n'y avait, dans le coeur d'un Buendia, nul mystère qu'elle ne pût pénétrer, dans la mesure où un siècle de cartes et d'expérience lui avait appris que l'histoire de la famille n'était qu'un engrenage d'inévitables répétitions, une roue tournante qui aurait continué à faire des tours jusqu'à l'éternité, n'eût été l'usure progressive et irrémédiable de son axe.
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  • Par Persepolis, le 08 août 2011

    "Mais ce qui me préoccupe, ce n'est pas que tu me fasses fusiller, parce qu'en fin de compte, pour les gens comme nous, cette mort est la mort naturelle." [...] " Ce qui me préoccupe, poursuivit-il, c'est qu'à force de tellement haïr les militaires, de tant les combattre, de tant songer à eux, tu as fini par leur ressembler en tous points. Et il n'est pas d'idéal dans la vie qui mérite autant d'abjection."
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