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> Claude Durand (Traducteur)
> Carmen Durand (Traducteur)
> Albert Bensoussan (Préfacier, etc.)

ISBN : 202023811X
Éditeur : Editions du Seuil (1995)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 1158 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quatrième de couverture : Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleur plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante d'une dynastie: la fondation, par l'ancêtre, d'un village sud-américain isolé du reste du monde; les grandes heures marq... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 16 août 2012

    NastasiaBuergo
    INCLASSABLE ! je crois que c'est une sorte d'OVNI ou plutôt d'OLVNI (le l'c'est pour littéraire). Cela aurait pu s'appeler "Histoire (sur)Naturelle de la Colombie" mais cela s'est appelé "Cent ans de solitude". Je ne vous en dirai que quelques mots car l'ayant lu il y a déjà trop longtemps, j'ai l'avantage du recul mais l'inconvénient de l'oubli.
    L'auteur dépeint et peint une fresque digne de la tapisserie de Bayeux qui s'étale sur plusieurs générations de la famille Buendia (c'est une saga au sens propre, je ne sais plus le nombre exact de générations mais environ 5 ou 6).
    Ce qui frappe, outre le style et sa maîtrise cyclique et chronologique impeccable, outre l'ampleur, la densité, outre le nombre et la diversité des références, outre les considérations coloniales, outre les aspects historiques véridiques, outre l'incroyable tempérament des personnages, outre l'originalité du propos, outre le lyrisme, outre tout, ce n'est pas l'étonnante synthèse que l'auteur a réussi à faire du destin de la Colombie, alias le ville de Macondo dans le roman, non, ce n'est pas cela qui frappe l'inconscient du lecteur, ce sont surtout ses subtils emprunts au surnaturel qui passent sans surprendre et deviennent presque naturels à nos yeux, mystifiés de toutes parts.
    Je ne classerais probablement pas le chef-d'œuvre de sortilèges de Gabriel García Márquez dans la catégorie de ceux qui m'ont le plus fait vibrer, mais j'ai vécu auprès de lui de très bons moments et j'en garde un souvenir bienheureux car je sais qu'il fait partie de ceux dont on se dit : "Je n'en lirai pas cinquante de cette trempe-là." Mais tout ceci n'est que mon avis, un parmi tant d'autres, c'est à dire, pas grand chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 26 janvier 2012

    Kittiwake
    Il est hautement probable que malgré et même peut-être à cause du plaisir que j'ai eu à lire Cent ans de Solitude je sois passée à côté d'un certain nombre de messages plus ou moins subliminaux cachés entre les lignes de cette saga qui retrace l'histoire hors du commun de la descendance d'un couple consanguin, créant une communauté villageoise quelque part en Amérique du Sud, si isolée du reste du monde que la gestion des règles de la communauté est extrêmement atypique, tant que le monde extérieur n'existe que par le biais du passage de troupes de gitans éblouissant les foules à l'aide de subterfuges de camelots
    D'emblée pour ceux qui oseraient se lancer dans l'aventure, haute en couleurs, le problème des 3 prénoms utilisés pour tous les garçons, en les associant entre eux (Arcadio, Auréliano, José) est facilement contournable : il suffit de chercher sur wikipédia un arbre généalogique de la lignée des Buendia et de l'utiliser en marque page pour ne plus s'y perdre. Cela dit je n'ai utilisé ce subterfuge que dans le dernier quart du livre, ayant abordé entre temps une autre lecture, ce qui m'avait fait un peu perdre le fil.
    Ces prénoms ont un rôle important, car ils conditionnent le destin et la personnalité de leur propriétaire. L'auteur facétieux ira jusqu'à inverser ceux d'une paire de jumeaux....
    L'originalité de cette histoire familiale réside dans le caractère très entier des personnages, qui vont profondément influencer le devenir de la communauté initiale, en permettant l'intrusion du monde extérieur, à chaque fois source de déséquilibre (que ce soit par la guerre, ou par la visite de gitans, ou encore par l'arrivée d'une ligne de chemin de ferChaque crise marque une évolution spectaculaire du contexte.
    Une autre singularité du roman tient à la présence ténue mais quasi constante de la magie qui donne au récit une dimension légendaire et mythique. Lévitations, spectres, chambres abandonnées préservées de la poussière, fécondations prolifiques du cheptel au rythme des copulations de leurs propriétaires...Mais tout n'est pas résolu de cette façon : José Arcadio ne parviendra jamais à transformer le métal en or.
    Les personnages féminins mériteraient à eux seuls une thèse de troisième cycle! Ursula, la mère fondatrice de lignée, d'une clairvoyance hors norme gardera presque jusqu'à la fin une emprise remarquable sur les quatre générations qui suivent. Rebecca et Amaranta, éternelles rivales amoureuses, Remedios la femme enfant , l'austère Fernanda...
    En filigrane enfin la guerre civile qui oppose conservateurs et libéraux, ces derniers conduits par Auréliano l'un des fils d'Ursula et José Arcadio. C'est l'occasion de mettre en évidence les agissements et manipulations pour le moins malhonnêtes des politiciens. L'on perçoit aussi,le désarroi du soldat quand la guerre n'a plus lieu d'être et le vide de l'existence privée de combats quand ceux-ci ne sont plus nécessaires.
    Avant de se plonger dans cette oeuvre foisonnante, j'avais découvert l'auteur en lisant un recueil de nouvelles «L'incroyable et triste histoire de la candide Erendira et de sa grand-mère diabolique». Cela permet de se familiariser avec l'univers de Gabriel Garcia Marquez et de se retrouver ainsi en terrain connu lorsqu'on aborde Cent ans de solitude. D'autant que l'on aura l'occasion de croiser des personnages déjà rencontrés dans les nouvelles, ce qui crée un climat de familiarité toujours très plaisant
    C'est donc une oeuvre dense,complexe, mais aussi drôle, très bien écrite, et qui mériterait certainement plusieurs lectures, permettant de nouvelles découvertes à chaque fois

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/01/cent-ans-de-solitude.html
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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 08 novembre 2012

    lecassin
    Comme beaucoup de ses lecteurs, c'est par « Cent ans de Solitude » que je me suis introduit dans l'univers de Gabriel Garcia Marquez. Publié en 1968 et pour ma part, lu en 1982, peu après l'obtention du prix Nobel de Littérature par son auteur, qui, à l'annonce de la nouvelle déclara à son épouse: « Je suis baisé »...
    Il est question de la création d'un village quelque part en Amérique du Sud et de la vie des habitants sur plusieurs générations plus où moins consanguines…
    Il y a aussi de la magie…
    Il y a aussi des politiques véreux…
    Un train…
    Des gitans…
    La guerre civile…
    Des papillons…
    Bref, un roman foisonnant, grave et drôle à la fois ; en même temps qu'une réflexion libre sur le temps.
    Un petit bémol : les noms donnés aux personnages masculins, les mêmes de génération en génération, ne facilitent pas la lecture… Mais n'est-ce pas voulu ? Est-ce bien important ?
    Et un conseil, aussi : il me semble que pour entrer dans la prose de Gabriel Garcia Marquez, « Chronique d'une mort annoncée » est plus abordable...
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    • Livres 4.00/5
    Par Ellen-R, le 06 août 2012

    Ellen-R
    La saga de la famille Buendia est tout simplement passionnante. Dans le style réaliste magique qui le caractérise, Gabriel Garcia Marquez nous fait accompagner six générations de Buendia à travers cent ans d'amère solitude.
    Assez ironiquement, tous les Buendia semblent avoir voulu s'étendre, s'ouvrir. José Arcadio Buendia repousse les limites de la connaissance avec son ami Melquiades, tandis qu'il explore les contrées sauvages qui entourent son village de Macondo. Ses fils partent à l'aventure ou à la guerre. Plus loin, on fait venir le monde dans le village en y important de nouveaux moyens de communication. Puis on va étudier à l'étranger. Mais toujours, ces pulsions expansives sont condamnées à finir dans une folie solitaire. Incomprise et abandonnée. Qu'elle soit simple vieillesse ou traîtres rêves de grandeur. La malédiction de la famille Buendia est déchirante. Elle nous entraîne dans un tourbillon dévastateur.
    Cette saga magnifique permet aussi à l'auteur d'aborder des thèmes étonnamment modernes. Les investissements étrangers en Amérique du Sud et la honteuse exploitation des ressources naturelles de ces territoires, cautionnée par des gouvernements conservateurs corrompus. Les guerres civiles incessantes de libérateurs qui finissent par étrangement ressembler à leurs persécuteurs, tels ces cochons d'humains orwelliens...
    A travers les Buendia et Macondo, c'est le continent Sud Américain des années 60 que nous présente l'auteur. Entre ouverture et repli, expansion et exploitation.
    Le tout est servi par un style splendide. Même si on finit par ressentir une certaine redondance dans cette tragique saga familiale, l'auteur entremêle si habilement faits réels et folklore, légendes et fables locales qu'on sourit sans cesse devant ces queues de cochon incestueuses, et que la malédiction d'une famille condamnée à ne pas avoir de seconde chance finit par présenter certains aspects tragi-comiques, magiques, où les vivants savent qu'ils continueront à vivre leurs passions par-delà la mort.
    Cent ans de solitude mérite parfaitement sa réputation de petit chef d'oeuvre de la littérature Sud-Américaine. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire un livre marquant. Malgré certaines longueurs, le plaisir reste inchangé du début à la fin d'un bien beau livre, où sentiments, personnages et relations partent tous dans une somptueuse dérive.
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 03 septembre 2011

    meyeleb
    J'ai pris mon courage à deux yeux et lu Cent ans de solitude.... Yesssss.....
    Je suis assez fière de moi.
    Car il faut beaucoup de volonté pour arriver à bout de ce chef-d'oeuvre (j'ai envie de dire... baroque... mais les mots...), résister à l'idée qui parfois vous effleure (c'est looooong...) de refermer le livre et d'abandonner cette saga... fable, épopée, odyssée, fresque, allégorie... nous cherchons tous un mot assez « gros » pour contenir cette oeuvre, 6 générations d'hommes et de femmes de la lignée des Buendia, de José Arcadio à l'enfant d'Aureliano, poussés par les désirs, ambitions, prédictions, sentiments, hasards, folies, destins... et là encore il manque un mot où ranger la multitude de caractères qui poussent toujours le récit un peu plus loin. Une lecture qui nous invite à réfléchir sur la question du temps qui passe, la transmission, l'oublieuse mémoire des hommes, la fatalité... bon, je me résouds à ne pas trouver les mots pour qualifier cette........................vraiment.......................... par ses …...................... (vous compléterez les pointillés avec vos mots à vous, j'abandonne...).
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Citations et extraits

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  • Par bibliophage, le 15 janvier 2009 Première phrase du livre

    (incipit)
    Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Bendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d'une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d'une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des oeufs préhistoriques.
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  • Par bibliophage, le 15 janvier 2009

    Il n'y avait, dans le coeur d'un Buendia, nul mystère qu'elle ne pût pénétrer, dans la mesure où un siècle de cartes et d'expérience lui avait appris que l'histoire de la famille n'était qu'un engrenage d'inévitables répétitions, une roue tournante qui aurait continué à faire des tours jusqu'à l'éternité, n'eût été l'usure progressive et irrémédiable de son axe.

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  • Par Efery, le 15 août 2011

    Les poignées de terre rendaient moins lointain et plus réel le seul homme qui méritait pareil avilissement, comme si cette terre qu'il foulait de ses fines bottes vernies en quelque autre endroit du monde transmettait jusqu'à elle la densité et la chaleur de son sang, par cette saveur minérale qui lui laissait un goût de cendre dans la bouche et déposait un sédiment de paix au fond de son coeur.

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  • Par bibliophage, le 15 janvier 2009

    [..] le plus à craindre, dans cette maladie de l'insomnie, ce n'était pas l'impossibilité de trouver le sommeil, car le corps ne ressentait aucune fatigue, mais son évolution inexorable jusqu'à cette manifestation plus critique : la perte de mémoire. Elle voulait dire par là qu'au fur et à mesure que le malade s'habituait à son état de veille, commençaient à s'effacer de son esprit les souvenirs d'enfance, puis le nom et la notion de chaque chose, et pour finir l'identité des gens, et même la conscience de sa propre existence, jusqu'à sombrer dans une espèce d'idiotie sans passé.
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  • Par lecassin, le 08 novembre 2012

    Mais avant d’arriver au vers final, il avait déjà compris qu’il ne sortirait jamais de cette chambre, car il était dit que la cité des miroirs (ou des mirages) serait rasée par le vent et bannie de la mémoire des hommes à l’instant où Aureliano Babilonia achèverait de déchiffrer les parchemins, et que tout ce qui y était écrit demeurait depuis toujours et resterait à jamais irrépétible, car aux lignées condamnées à cent ans de solitude, il n’était pas donné sur terre de seconde chance.
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