"
Mémoire de mes putains tristes" de
Garcia Marquez renvoie, entre autres, à cette citation d'
Anouilh :
"LA PREMIÈRE DAME : Cela existe, l'âge de raison, pour les hommes ?
ANTOINE : Mais oui, mais oui... Un pied dans la tombe, ils comprennent qu'ils ont été terriblement inattentifs, et qu'ils ont laissé passer le bonheur... "
(
Les Poissons rouges)
Cet âge de raison du héros est paradoxalement l'âge de sa folie. Il "perd la tête", sa tête actuelle, et se découvre tout autre, libéré du fardeau des ses habitudes et de ses façons d'être et de faire pendant 90 ans.
La narration mélange un peu la réalité et le rêve éveillé mais un rêve très réaliste loin des visions oniriques baroques. D'un mélange du laid, du pauvre, du parfois minable,
Garcia Marquez fait surgir la beauté et la vraie vie (ou la beauté de la vraie vie ?) L'ai-je apprécié parce que je n'ai presque rien lu d'autre de GM que ces 100 pages, difficile à dire évidemment.