Mon avis sur la lecture de
La maison d'à côté de
Lisa Gardner:
Lisa Gardner, l'auteure de
La maison d'à côté a su écrire, avec brio, une intrigue haletante dans laquelle le suspens s'inscrit de la première à la dernière page.
Une petite cellule familiale, les JONES, composée d'un mari, Jason, d'une épouse, Sandra, tous deux parents d'une adorable petite fille précoce, Clarissa-Ree, sont les personnages de premier plan.
C'est autour de cette sympathique petite famille, à l'apparence plutôt « modèle » que
Lisa Gardner va nous entraîner dans des découvertes à la limite de l'avouable, et dans des mondes intolérables.
La disparition de Sandra Jones marque le début d'une trame bien ficelée, au sein de laquelle plusieurs personnages vont tour à tour prendre la place de suspects potentiels et crédibles, et auront à faire face à la redoutable, intransigeante et irréductible D.D. Warren, commandant à la brigade criminelle du commissariat central de Boston.
Ce que je mettrais en avant sur ce roman, est la pudeur dans l'écriture sur des sujets extrêmement sensibles, en particulier, celui de la pédocriminalité.
En effet, les mots, le ton, les sentiments utilisés essaient d'éviter le caractère passionnel du lecteur sur le versant ignoble de ce type de crime, mais sans entrer non plus dans l'excuse ou la justification.
Par ailleurs, toujours sur le style, l'auteure sait avec adresse, manier les contrastes en utilisant l'humour en dialogue, dans certaines situations qui ne s'y prêtent pas à priori.
Enfin, elle use tactiquement (pour le fond) du monologue « aparté » à la première personne, le je, pour ses principaux personnages, procédé favorisant ainsi l'aspect confidentiel acteur/lecteur. Chacun des principaux protagonistes se dévoile peu à peu en dessinant son propre portrait psychologique, de manière sincère, sans détour, avouant ses propres faiblesses face aux autres et aux évènements.
Typographiquement, les passages en aparté sont très lisibles en italique (pour la forme), donnant une parfaite lisibilité entre l'action et la confidence intimiste.
Le temps de conjugaison est le présent de l'indicatif, ce qui appuie encore davantage le rythme soutenu de l'action.
Il est important de souligner la façon dont l'auteure aborde le monde de l'informatique et d'internet : simple, compréhensible (au contraire de rébarbatif), accessible au simple lecteur, et certainement traité de manière « experte » pour les plus aguerris dans ce domaine.
Il en va de même, d'ailleurs pour tout ce qui concerne le système juridique et procédural, avec ses libertés et surtout ses contraintes.
D'ailleurs, le petit clin d'œil fait à certaines séries policières made in USA, n'est pas anodin.
Le seul petit bémol, tout petit par rapport à l'ensemble, est l'emploi, rare certes, mais existant quand même, de mots plutôt crus dans certains passages.
Pour conclure, ce roman peut être lu au rythme enlevé d'un bon scénario d'une série télévisée, dans lequel chaque heure compte, sans essouflement. Ce que j'ai pu noter, à ce titre est le « montage », passant habilement d'une séquence à une autre, sans que cela nuise au bon suivi de l'action.
Un roman osé dans les sujets abordés, cependant prude et équilibré.
Note : 9/10