Il s'agit ici d'une relecture. J'avais déjà lu ce livre à sa sortie et j'en gardais un bon souvenir. Mais à force de lire des critiques pas toujours très positives, lui reprochant nombre de choses, j'ai eu envie de l'ouvrir à nouveau pour voir si ma première impression était la bonne. Car si j'étais restée sur un bon souvenir, c'était tout de même un souvenir assez flou même si je me souvenais des grandes lignes.
Charles Balanda est un architecte qu'une bonne quarantaine, mariée à une femme qui n'est plus vraiment la sienne et vivant également avec sa fille qu'il n'a pas fabriqué lui-même, comme il dit. Mais qu'il aime tout comme !
Un jour, presque par hasard, Charles apprend la mort de la femme la plus importante de son enfance et de son adolescence, Anouk. La femme qui gardera toujours une place à part dans son cœur et dans sa tête. Trois mots sur un bout de papier et des milliers de souvenirs ressurgissent, des souvenirs qui font mal, des souvenirs qui percent le cœur. Mais le genre de souvenirs, auxquels on aime penser malgré tout.
Au début, il fait comme si de rien n'était. Il faut dire que tout ça est tellement loin. Et puis, sa vie bat déjà assez de l'aile pour venir ajouter des évènements douloureux.
Mais à un moment, c'est le déclic ! Marre de cette vie qui n'est pas une vie, marre de courir, marre de fuir surtout. Il part alors affronter ses démons, son passé. Et part sur les traces de celle qu'il a tant aimée.
Tout au long de son cheminement, Charles va être entouré de personnages. Sa fille Mathilde, adolescente parfois distante, parfois insolente mais avec un cœur gros comme ça qui ne demande qu'à sortir de sa coquille. Sa femme, pris à un autre, en sachant très bien ce qu'il risquait. Une de ses sœurs, Claire, son miroir. Deux ovnis dans une famille que l'on pourrait trouver caricaturale mais qui en regardant plus près, est une famille tout à fait normale. Normale mais pas toujours supportable !
Anna Gavalda, c'est des personnages très riches, toujours approfondis. On peut les aimer ou non, mais on ne reste jamais indifférent. On a envie de les embrasser, de les câliner, de les secouer, de les frapper, de leur crier dessus, de les aimer. Mais jamais, on ne passe à côté.
Anna Gavalda, c'est des phrases qui font mouche, qui prennent au cœur. Des phrases qui me donnent les larmes aux yeux tellement tout me semble évident. Comme lorsque l'on se rend compte que l'on est en train de vivre un bonheur. A ce moment là, on ressent un bien-être intense. Avec elle, ces moments là arrivent très souvent.
Anna Gavalda, c'est aussi une manière de raconter la vie comme personne d'autre ne le fait. Certes, beaucoup le font et même très bien mais elle a ce petit plus qui fait que les personnages ne me quittent pas. Ce petit truc qui me fait regretter que tout ce petit monde n'existe pas vraiment.
Je ne préfère pas raconter le reste du roman, ni même donner des indices. Je vous laisse le découvrir par vous-même, c'est très beau. J'avais un bon souvenir de ce roman et la deuxième lecture n'en est que plus belle. C'est un coup de cœur ! Et même un énorme coup de cœur. Alors évidemment que j'ai remarqué ces petits reproches que certains faisaient comme par exemple ses phrases sans sujet ou bien ses longues énumérations. Mais je m'y suis fait très vite et puis c'est ça le charme du livre, selon moi. Et puis, l'histoire est d'une telle évidence que ces petites choses en deviennent dérisoires.
Une relecture plus qu'agréable. Un livre qui met des papillons dans la tête, dans le cœur, dans le corps. Un livre que j'ai été triste de refermer. Des personnes que je ne voulais pas quitter. Mais un coup de cœur ! Un merveilleux coup de cœur.