ISBN : 2070364364
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
Paludes, ou la semaine au jour le jour d'un littérateur en mal de voyage. Dans le microcosme étrangement fidèle que nous restitue le récit d'André Gide, domine la figure de Tityre, berger de tous les temps, habitant des marécages où fourmille une vie insolite. Mais quel... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par estella, le 29 mars 2010

    estella
    "Tiens, tu travailles ?
    Je répondis : "J'écris Paludes."
    - Qu'est-ce que c'est ? - Un livre.
    - Pour moi ? - Non.
    - Trop savant ? - Ennuyeux.
    - Pourquoi l'écrire alors ? - Sinon qui l'écrirait ?"
    Alors qu'on attend des premières lignes qu'elles nous renseignent sur ce que l'on s'apprête à lire, celles de Paludes laissent dubitatif. Paludes est un des premiers textes de Gide, dans lequel l'auteur tire un trait définitif sur ses premières expériences symbolistes (Poésies d'André Walter par exemple) et trace l'esquisse de ce que tout lecteur connaît à présent sous le nom de sotie gidienne.
    Paludes, c'est l'histoire d'un écrivain oisif, évoluant dans les cénacles fin de siècle, tentant d'écrire un livre, Paludes, qui ne viendra jamais.
    Paludes, c'est une satire du roman du dix-neuvième siècle, c'est un conte philosophique sur la contingence, c'est une lutte contre le roman réaliste et naturaliste qui hante la conscience du jeune Gide.
    Paludes, c'est l'histoire d'un livre à venir, pour reprendre le mot de Blanchot, qui aurait très bien pu dire à propos de Paludes, ceux-ci, en réalité destinés à Beckett :
    "Peut-être ne sommes-nous Pas en présence d'un livre, mais peut-être s'agit-il de bien plus que d'un livre de l'approche pure du mouvement d'où viennent tous les livres ; de ce point originel où sans doute l'œuvre se perd, qui toujours ruine l'œuvre, qui en elle restaure le désœuvrement sans fin, mais avec lequel il lui faut aussi entretenir un rapport toujours plus initial, sous peine de n'être rien."
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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 22 octobre 2011

    vincentf
    Etrange méta-roman de l'inaction. Que fait le narrateur ? Il écrit Paludes, le roman qu'on lit, l'histoire d'un homme seul dans une tour (celle d'ivoire de l'écrivain sans doute) qui regarde les marais et pêche des vers de terre. Mais ce que l'on lit est autre chose. L'écrivain est sans cesse interrompu. Il croise plein de littérateurs tous plus ridicules les uns que les autres. Il part en voyage, pensant que ça changerait sa trop monotone vie, mais le voyage, sous la pluie, tourne court. Il note dans un agenda son programme du jour, et ne le respecte jamais. Il écrit des pensées. Il souffre de la banalité de sa vie et de l'incompréhension des autres. Il raconte des aventures de chasse. Bref, le roman s'enlise, comme un marais (ou, pour faire plus littéraire, un palude), il est le récit d'un échec, sur un ton tantôt enjoué tantôt pathétique, petite bizarrerie sans ambition, petite incursion dans la modernité, quête inassouvie.
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Citations et extraits

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  • Par valetudinaire, le 29 septembre 2011

    [...] mais travailler à des besognes ridicules, songez donc ! celles qui ne rapportent que de l'argent ! dans les bureaux, de la copie à tant la page ! au lieu de voyager ! Il n'a rien vu ; sa conversation est devenue insipide ; il lit les journaux afin de pouvoir causer - quand il a le temps - toutes ses heures sont prises. - Il n'est pas dit qu'il pourra jamais rien faire d'autre avant de mourir.
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  • Par valetudinaire, le 29 septembre 2011

    [...] les évènements racontés ne conservent pas entre eux les valeurs qu'ils avaient dans la vraie vie. Pour rester vrai on est obligé d'arranger. L'important c'est que j'indique l'émotion qu'ils me donnent.
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  • Par valetudinaire, le 30 septembre 2011

    Nous n'usons pas notre mélancolie, à refaire chaque jour nos hiers nous n'usons pas nos maladies, et perdons chaque jour de la force. - Quelles prolongations du passé ! - J'ai peur de la mort, chère Angèle. - Ne pourrons-nous jamais poser rien hors du temps - que nous ne soyons pas obligés de refaire.
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  • Par minininie13, le 02 mars 2012

    Il y a des choses que l'on recommence chaque jour, simplement parce qu'on n'a rien de mieux à faire; il n'y a là ni progrès, ni même entretien - mais on ne peut pourtant pas ne rien faire...
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  • Par minininie13, le 02 mars 2012

    - Mais elle n'est pas heureuse, mon cher ami ; elle croit l'être parce qu'elle ne se rend pas compte de son état ; tu penses bien que si à la médiocrité se joint la cécité, c'est encore plus triste.
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Vidéo de André Gide

La Symphonie Pastorale 6/6, film français de Jean Delannoy, sorti en 1946 et adapté du roman d'André Gide. Il remporta la Palme d'or au festival de Cannes en 1946 et Michèle Morgan obtint le prix d'interprétation féminine pour le rôle de Gertrude








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