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ISBN : 2070364364
Éditeur : Gallimard (1973)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 136 notes)
Résumé :
Paludes, ou la semaine au jour le jour d'un littérateur en mal de voyage. Dans le microcosme étrangement fidèle que nous restitue le récit d'André Gide, domine la figure de Tityre, berger de tous les temps, habitant des marécages où fourmille une vie insolite. Mais quel est au juste ce Tityre, qui se nourrit de vers de vase, faute de pêches plus consistantes? Richard, peut-être, l'orphelin besogneux par nécessité et pauvre par vertu, dévoué jusqu'à épouser une femme... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
memma
29 novembre 2016
  • 5/ 5
Paludes est une sorte de pochade que Gide a écrit très jeune. Il prend partie contre la forme romanesque classique (comme le disent mieux que moi Estella et Lecassin) ; il y caricature les cercles de littérateurs ; mais surtout, il s'amuse.
Le narrateur a comme particularité récurrente d'être en train d'écrire Paludes ou plutôt de le dire sans arrêt (Qu'est-ce que tu fais ? J'écris Paludes). Paludes - le roman qui s'écrit - est entièrement parodique ; il met en scène Tityre, personnage de la première bucolique de Virgile ; celui-ci vit près d'un marécage, comme l'indique le nom de l'oeuvre, issu du latin « palus, paludis » qui signifie « marais ». Il s'y ennuie beaucoup, comme le Tityre des Bucoliques, qui au fond est condamné à vivre sans cesse sous son hêtre (Tityre tu patulae recubans sub tegmine fagi : Tityre, allongé à l'ombre d'un large hêtre).
En réalité, Tityre ne fait pas grand chose et le narrateur non plus : à ce titre le comique de répétition fonctionne à peu près comme dans le début de Belle du Seigneur où le fonctionnaire de la SDN se met au travail cérémonieusement tous les matins sans jamais rien faire. L'un est condamné à son retrait pastoral ; l'autre passe sa vie à des échanges mondains et littéraires tout à fait creux. Lors d'une réception, par exemple, il rencontre un ami qui évoque le proverbe latin « Numero deus impare gaudet » (qui signifie : le dieu aime le nombre impair) en le traduisant par « Le numéro deux se réjouit d'être impair ».
Ce roman était le roman fétiche de ma famille. Ma mère s'étouffait de rire en le lisant et nous poursuivait pour nous en relire des bouts. La séquence : « qu'est-ce que tu fais / j'écris Paludes » était devenu chez nous une sorte de scie.
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lecassin
16 août 2012
  • 4/ 5
A l'époque où Zola vient de terminer (1893) son oeuvre majeure, « Les Rougon Macquart », le jeune André Gide - il a vingt-cinq ans - regimbe contre cette littérature réaliste, naturaliste, qui lui semble stérile, soutenue qu'elle est par des cercles littéraires sclérosés.
« Paludes », c'est l'illustration de cette stagnation portée par l'histoire d'un personnage sans nom qui raconte sa volonté d'écrire un livre : il écrit, visite ses amis, se rend à des réunions de littérateurs, s'efforce de travailler, s'efforce d'agir, mieux, s'efforce de vivre, mais finalement n'y parvient pas ; il veut mais ne peut pas…
Écrit sous la forme d'un journal intime, « Paludes », est une satire, que l'auteur, lui même n'hésitera pas à qualifier de sotie, de la littérature de la fin du XIX ème siècle; et qui laisse entrevoir ce que seront les oeuvres futures d'un auteur qui refusera souvent les voies toutes tracées.
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estella
29 mars 2010
  • 4/ 5
"Tiens, tu travailles ?
Je répondis : "J'écris Paludes."
- Qu'est-ce que c'est ? - Un livre.
- Pour moi ? - Non.
- Trop savant ? - Ennuyeux.
- Pourquoi l'écrire alors ? - Sinon qui l'écrirait ?"
Alors qu'on attend des premières lignes qu'elles nous renseignent sur ce que l'on s'apprête à lire, celles de Paludes laissent dubitatif. Paludes est un des premiers textes de Gide, dans lequel l'auteur tire un trait définitif sur ses premières expériences symbolistes (Poésies d'André Walter par exemple) et trace l'esquisse de ce que tout lecteur connaît à présent sous le nom de sotie gidienne.
Paludes, c'est l'histoire d'un écrivain oisif, évoluant dans les cénacles fin de siècle, tentant d'écrire un livre, Paludes, qui ne viendra jamais.
Paludes, c'est une satire du roman du dix-neuvième siècle, c'est un conte philosophique sur la contingence, c'est une lutte contre le roman réaliste et naturaliste qui hante la conscience du jeune Gide.
Paludes, c'est l'histoire d'un livre à venir, pour reprendre le mot de Blanchot, qui aurait très bien pu dire à propos de Paludes, ceux-ci, en réalité destinés à Beckett :
"Peut-être ne sommes-nous pas en présence d'un livre, mais peut-être s'agit-il de bien plus que d'un livre de l'approche pure du mouvement d'où viennent tous les livres ; de ce point originel où sans doute l'oeuvre se perd, qui toujours ruine l'oeuvre, qui en elle restaure le désoeuvrement sans fin, mais avec lequel il lui faut aussi entretenir un rapport toujours plus initial, sous peine de n'être rien."
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vincentf
22 octobre 2011
  • 3/ 5
Etrange méta-roman de l'inaction. Que fait le narrateur ? Il écrit Paludes, le roman qu'on lit, l'histoire d'un homme seul dans une tour (celle d'ivoire de l'écrivain sans doute) qui regarde les marais et pêche des vers de terre. Mais ce que l'on lit est autre chose. L'écrivain est sans cesse interrompu. Il croise plein de littérateurs tous plus ridicules les uns que les autres. Il part en voyage, pensant que ça changerait sa trop monotone vie, mais le voyage, sous la pluie, tourne court. Il note dans un agenda son programme du jour, et ne le respecte jamais. Il écrit des pensées. Il souffre de la banalité de sa vie et de l'incompréhension des autres. Il raconte des aventures de chasse. Bref, le roman s'enlise, comme un marais (ou, pour faire plus littéraire, un palude), il est le récit d'un échec, sur un ton tantôt enjoué tantôt pathétique, petite bizarrerie sans ambition, petite incursion dans la modernité, quête inassouvie.
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Eejil9
29 novembre 2015
  • 5/ 5
Un livre sur rien, qui traite de la rédaction d'un livre sur rien... Dans un monde où les rapports sociaux et la vie sont désespérément vides, il ne reste que la littérature, mais cette dernière est également condamnée à la vacuité.
Ce livre, tout comme la définition qu'il donne de la littérature, est flottant. "J'écris Paludes.", leitmotiv qui revient sans cesse, mais le contenu de Paludes lui, n'est jamais le même, et change selon l'interlocuteur du narrateur.
Dernière pirouette, le narrateur écrit quelque chose (est-ce un roman ? autre chose ?) intitulé Paludes et dont le personnage se nomme Tityre. Mais le livre que nous tenons entre les mains s'appelle Paludes aussi, mais son personnage principal n'est pas le même. Ou peut-être le narrateur est-il un énième avatar de Tityre, le solitaire des marais, qui s'enlise dans le vide et la solitude...
Un chef-d'oeuvre, à mes yeux.
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Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
valetudinairevaletudinaire29 septembre 2011
[...] les évènements racontés ne conservent pas entre eux les valeurs qu'ils avaient dans la vraie vie. Pour rester vrai on est obligé d'arranger. L'important c'est que j'indique l'émotion qu'ils me donnent.
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valetudinairevaletudinaire29 septembre 2011
[...] mais travailler à des besognes ridicules, songez donc ! celles qui ne rapportent que de l'argent ! dans les bureaux, de la copie à tant la page ! au lieu de voyager ! Il n'a rien vu ; sa conversation est devenue insipide ; il lit les journaux afin de pouvoir causer - quand il a le temps - toutes ses heures sont prises. - Il n'est pas dit qu'il pourra jamais rien faire d'autre avant de mourir.
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lecassinlecassin16 août 2012
Il y a des choses que l'on recommence chaque jour, simplement parce qu'on n'a rien de mieux à faire
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valetudinairevaletudinaire30 septembre 2011
Nous n'usons pas notre mélancolie, à refaire chaque jour nos hiers nous n'usons pas nos maladies, et perdons chaque jour de la force. - Quelles prolongations du passé ! - J'ai peur de la mort, chère Angèle. - Ne pourrons-nous jamais poser rien hors du temps - que nous ne soyons pas obligés de refaire.
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ieo9ieo902 mars 2012
- Mais elle n'est pas heureuse, mon cher ami ; elle croit l'être parce qu'elle ne se rend pas compte de son état ; tu penses bien que si à la médiocrité se joint la cécité, c'est encore plus triste.
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