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> Jean Prévost (Préfacier, etc.)
> Maurice Edgar Coindreau (Traducteur)

ISBN : 2070362213
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 121 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Elle éteignit sa cigarette.
- J’ai trente-quatre ans, tu sais. Je ne veux pas être une de ces garces qui débauchent les enfants.
- Non.
- Je ne veux pas devenir comme ça. Je me sens vraiment bien, tu sais, vraiment d’aplomb.
- Tant mieux. ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Christw, le 24 avril 2013

    Christw
    Hemingway fait partie de la génération américaine de l'entre deux-guerres dite perdue, selon l'expression de Gertrude Stein. Il s'agit de ces écrivains émigrés à Paris dans les années 20, parmi lesquels Fitzgerald, Steinbeck et Dos Passos, qui connaissent le désenchantement d'une Amérique bouleversée par les mutations sociales et morales. Leur exil n'a rien de dramatique et, ainsi que le raconte Paris est une fête et le présent roman, à côté de leurs recherches littéraires, les divertissements représentent une grand part de leurs occupations.

    Le Soleil se lève aussi pour Jake Barnes, le narrateur, gravement blessé dans sa virilité durant la guerre. Il est épris de Brett, personnage féminin, volage et excentrique, qui l'aime comme un véritable ami. À la lecture, on ressent, sans que l'auteur ne le précise, et c'est son talent, que ce Jake diminué est un être neutre, sage, transparent, en roue libre et sans ardeur de vivre[1]. Et parfois cynique, ne vivant plus que par le cœur et l'esprit. le récit se déroule d'abord à paris puis en grande partie en Espagne lors des fiestas de Pampelune, occasion pour Hemingway d'évoquer sa passion pour la tauromachie, qui offre non seulement de beaux passages sur le sujet mais aussi des explications, en pur connaisseur, des finesses de cette tradition culturelle controversée. La symbolique de la mise à mort du taureau trouve naturellement un écho dans le handicap du narrateur.

    Le style de Hemingway est journalistique, fait de courtes phrases, sans grande musicalité mais créant un certain lyrisme du désenchantement qui convient à cette histoire où le temps semble immobile, où les personnages répètent inlassablement sorties festives alcoolisées et querelles. L'ami de Jake, Robert Cohn a une liaison passagère avec Brett et subit une véritable discrimination d'amis jaloux. Cohn est juif, certes, et il en souffre mais il n'a pas ce qu'on appelle le code, cher à Hemingway, cette façon de traverser la vie avec honneur et style, il est à contre courant de ces gens vivant selon un mode singulier. le code c'est aussi la façon dont un torero s'en sort sans tricher face au taureau, avec risque et beauté. C'est aussi une façon de s'en sortir dignement quand on n'est plus tout à fait un homme. Cohn n'a pas le code qui lui permettrait de franchir ses insatisfactions. Jake bien.

    Hemingway ne se doutait sans doute pas que la traduction française (due à Maurice Edgar Coindreau) de ses phrases courtes au passé simple serait une telle tragédie sonore: "Ensuite, nous traversâmes une rivière et, après avoir passé par un petit village lugubre, nous recommençâmes à monter. Nous montâmes longtemps et franchîmes un autre col élevé que nous longeâmes, et la route redescendit à droite, et nous vîmes une nouvelle chaîne de montagnes au sud, [...]." Et si les œuvres d'Hemingway ne gardaient pas tout à fait leur valeur en version française ?

    La préface de Jean Prévost s'interroge sur la démarche de l'auteur américain, ce battant viril et sportif: "C'est une réduction et une mise au désespoir de lui-même qu'il semble avoir tentée là. Il n'y avait pas moyen autrement de donner à ce livre ce lyrisme secret et douloureux. [...]. Je crois qu'il s'est mis dans la peau de son malheureux eunuque par déguisement, par goût de se transposer, pour mieux se sentir lui-même à la fin de ce jeu."

    Le roman, édité en 1926, est considéré comme le plus riche et le plus significatif de l'œuvre du mythique anti-intellectuel de la génération perdue américaine.

    [1] le thème rappelle celui qu'a tenté Stendhal dans armance.


    Lien : http://www.christianwery.be/article-le-soleil-se-leve-aussi-ernest-h..
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 11 janvier 2012

    brigittelascombe
    Un roman poignant qui évoque (entre autres) un problème des plus épineux:l'impuissance masculine et les douloureuses conséquences qui en découlent, ici,noyés dans l'alcool.
    Drame en trois actes, Le soleil se lève aussi situe son premier volet dans le Paris nocturne du Quartier Latin où se croisent Jacob Barnes,dit Jake (le narrateur), Américain blessé de guerre, héros malheureux en ébriété constante,Lady Brett Ashley surnommée Brett "sacrément belle", "faite que de courbes"; Robert Cohn "à l'argent plein les poches", écrivain et ex-champion de boxe et bien d'autres qui trinquent allègrement du "Napolitain" au Café Sélect" et de l'Hôtel Crillon" à leur petit chez soi.
    Les noeuds de l'angoisse se tissent inexorables.
    "Hello, chéri!"
    Départ du groupe vers "la Fiesta" de Pampelune (où "le vin est compris") que Jake "l'aficionado" fréquente chaque année.
    "Buvons à la santé de.."
    L'alcool, parfois méchant, sort ses griffes cruelles, alors que cette "garce" de Brett, en instance de divorce, doit épouser "ce bon vieux" Mike, aime ce "maquereau" et "vieux poivrot" Jake(qui veut tout être sauf "une tante") platoniquement,l'aimante puis le repousse, le trompe avec Cohn "le sale juif" puis se prend de "béguin" pour Pedro Romero un jeune torero dont "la pureté de ligne absolue" des mouvements l'excite.
    L'amour sauve parfois de la violence rouge sang de taureau mais comme le confie Jake au comble du désespoir: "C'est vrai,mais ça finit toujours là".
    Un excellent roman qui descend dans les tréfonds de la conscience humaine.Deux petites fausses notes homophobe et antisémite, mais sans elles le glauque n'aurait pas lieu d'être.Et les bas fonds c'est pas clair-clair !
    Ernest Hémingway, écrivain américain qui a marqué le XX° siècle de son écriture, a connu la célébrité avec Le soleil se lève aussi.
    Marqué lui même par le traumatisme de la première guerre mondiale sur le Front Italien,alcoolique et insomniaque, il a dans ses premiers romans, cyniques aux illusions perdues (cf aussi:L'adieu aux armes), transposé son vécu.Dans la dernière partie de sa vie,c'est une philosophie empreinte de sagesse qui transparaît dans le merveilleux: Le vieil homme et la mer et démontre qu'en surmontant la violence,l'homme peut être amour.
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    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 10 février 2013

    monito
    Années folles d'après 1ère guerre mondiale, ces nombreux étrangers américains et anglais dans le Paris foisonnant de l'époque. Nonchalance, besoin d'en profiter, des vies en pointillés…
    Hemingway nous emmène à Pampelune, Jake Barnes nous sert de guide au travers des Pyrénées pour ces fêtes de San Firmin où j'irai l'an prochain.
    De beuveries en corridas, c'est Lady Ashley qui porte les regards et l'attention d'une génération sacrifiée par la guerre et qui fait mine de vouloir vivre, encore.
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 22 novembre 2010

    litolff
    Une jeunesse à la dérive.
    Paris dans les années 20. Un groupe de jeunes américains oisifs promènent leur mal être entre Paris et Pampelune, et trompent leur ennui, leur angoisse ou leur désespoir dans divers échappatoires : fêtes, alcool, pêche, alcool, amour, alcool et corridas... en affectant une joyeuse indifférence !
    Pas de grands sentiments, pas d'émotions, c'est ce que les protagonistes laissent voir d'eux-mêmes à travers le style sobre et dépouillé d'Hemingway. Et pourtant, de l'émotion, le roman en regorge mais il faut la lire entre les lignes. Rien n'est dit, tout est suggéré.
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    • Livres 3.00/5
    Par hanta, le 27 juillet 2012

    hanta
    Ecrire mon opinion sur ce livre d'Hemingway est un exercice très difficile car il est généralement considéré comme un très bon écrivain.
    Effectivement, il a un talent indéniable. Son style est épuré, ses mots sont simples mais il les agence d'une telle manière que cela provoque une magie qui vous happe dès la première ligne. Sans son style d'écriture, je n'aurai pas continuer bien longtemps à lire ce récit de beuveries d'Américains de bars en bars à Paris d'abord, puis à Pampelune.
    Ce livre m'a paru floue, comme si j'avais moi-même avalé des litres de whisky. Il ne se passe pas grand chose en effet : on suit des hommes et une femme dans leurs innombrables virées nocturnes. Leur existence m'a paru tellement inutile, superficielle et vaine : boire, aller à la pêche, boire, assister aux corridas et boire, encore et toujours. Ils ne sont ni antipathiques - même si parfois leurs préjugés envers les Juifs sont très marqués – ni sympathiques.
    Cette histoire provoque un malaise car nous sentons qu'une blessure au fond d'eux est pansée et étouffée par le nombre incalculable de verres d'alcools ingurgités : les séquelles physiques laissées par la guerre, un amour impossible, une femme volage et inconstante qui fait tourner la tête des hommes, la faillite personnelle…
    Pour une seconde lecture d'Hemingway, j'en ressors avec des sentiments mitigés. Souvent le style d'écriture que je trouvais si agréable au début m'a ennuyé dans certains passages qui groupaient trop de longueurs. J'ai l'impression de ne pas avoir tout saisi, d'être passé à côté de quelque chose de profond alors que j'ai pris tout mon temps pour lire tranquillement le livre. J'en ressors avec un goût amer dans la bouche, un sentiment mélancolique dans le cœur et une grosse déception !


    Lien : http://leslecturesdehanta.eklablog.com/le-soleil-se-leve-aussi-a8407..
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Citations et extraits

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  • Par brigittelascombe, le 10 janvier 2012

    Une amitié avec une femme,c'est tellement chic.Vraiment chic.Au début,il faut être amoureux de la femme pour que l'amitié trouve une base.J'avais en Brett une amie.Je n'avais jamais envisagé la chose de son point de vue.J'avais obtenu quelque chose pour rien.Cela ne fait que retarder la présentation de la note.La note vient toujours.C'est une de ces belles choses sur lesquelles on peut toujours compter.
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  • Par litolff, le 22 novembre 2010

    Peut-être, avec le temps, finit-on par apprendre quelque chose. Peu m'importait ce que c’était. Tout ce que je voulais, c'était savoir comment vivre. Peut-être, en apprenant comment vivre, pourrait-on finir par comprendre ce qu'il y a en réalité au fond de tout ça.

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  • Par brigittelascombe, le 10 janvier 2012

    -Avez-vous vu celui qui a frappé le boeuf? demanda Mike.C'était extraordinaire.
    -Ce n'est pas un métier d'être boeuf,dit Robert Cohn.
    -Vous trouvez? dit Mike.J'aurais cru que vous aimeriez beaucoup être boeuf.
    -Que voulez vous dire Mike?
    -Ils mènent une vie si tranquille.Ils ne disent jamais rien.Ils se contentent de suivre,comme ça,tout le temps.
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  • Par litolff, le 22 novembre 2010

    Il n'y a pas de raison, parce qu'il fait noir, pour qu'on voie les choses sous un autre jour que lorsqu’il fait clair. Je vous en fous !

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  • Par brigittelascombe, le 10 janvier 2012

    Je me méfie toujours des gens francs et simples,surtout quand leurs histoires tiennent debout,

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Clive Owen interprète Ernest Hemingway aux côtés de Nicole Kidman (Martha Gelhorn) dans le film "Hemingway et Gelhorne".








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